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KATZIR Judith

Israël

Chère Anne (trad. Arlette Pierrot et Ziva Avran, Editions Joëlle Losfeld, 2008)

Judith KATZIR
© Dan Porges

Née en 1963 à Haïfa en Israël, Judith Katzir a étudié la littérature et le cinéma à l’université de Tel Aviv. Elle est actuellement lectrice pour la maison d’édition Hakkibutz/Siman Kriah Hameuchad et enseigne l’écriture créative à l’université de Tel Aviv.

Dans les années 80, elle publie des histoires courtes et des « novellas » dans la presse israélienne. Aujourd’hui, auteur de best-sellers dans son pays, elle a été récompensée par de nombreux prix dont le Book Publishers Association Gold Platinium Book Prizes et le Prime Minister’s Prize en 1996 et en 2007, et son œuvre a été traduite dans plusieurs langues.

En France, le prix Wizo 2004 a été attribué à Judith Katzir pour son second roman Matisse a le soleil dans le ventre, publié en français sous le titre La mer est là ouverte, aux Editions Joëlle Losfeld.. Le livre traduit en français a reçu d’excellentes critiques.


Bibliographie :

Romans :

  • Chère Anne (trad. Arlette Pierrot et Ziva Avran, Editions Joëlle Losfeld, 2008)
  • La mer est là ouverte (trad. Laurence Sendrowicz, Editions Joëlle Losfeld, 2003) prix Wizo 2004

Nouvelles :

  • Migdalorim Shel Yabasha, (Inland Lighthouses) (Hakibbutz Hameuchad/Siman Kriah, 1999)
  • Migdalorim Shel Yabasha, (Phases intérieures) (Hakibbutz Hameuchad/Siman Kriah, 1999)
  • Sogrim Et Ha-Yam, (Closing the sea) (Hakibbutz Hameuchad/Siman Kriah, 1990)

Jeunesse :

  • Leshachrer Et Ha-Feiot, (Freeing the Fairies) (Sifriat Poalim, Hakibbutz Hameuchad, 2006)
  • Bua Al Gav Ha-Ruach, (Bubble in the Wind) (Hakibbutz Hameuchad/Siman Kriah, 2003)
  • Ha-Piknik Shel Amaliah, (Le picnic d’Amalia) (Hakibbutz Hameuchad, 1994)

Présentation de Chère Anne :

C’est parce qu’elle vient d’enterrer Mikhaéla, une femme qu’elle a beaucoup aimée et qui fut son professeur de littérature au collège, que la narratrice, Rivi, songe soudain aux journaux qu’elle avait écrits adolescente puis cachés quelque part dans le jardin public du quartier de Haïfa où elle habitait. Ses pas la ramènent sur les traces de son passé, et elle déterre, le cœur battant, ces quatre cahiers qui, intacts, semblent l’avoir attendue là.
À l’instar d’Anne Frank dont elle venait à l’époque de découvrir le journal, Rivi adolescente décida, elle aussi, d’écrire son journal. Et comme elle avait besoin de s’adresser à une amie « immatérielle », elle choisit d’être la fameuse Kitty et d’écrire à Anne. C’est ainsi qu’aujourd’hui elle retrouve consignée dans ces cahiers, l’évolution d’une passion amoureuse doublement interdite : d’une part parce qu’elle survient entre Mikhaéla, alors âgée de vingt-sept ans, professeur de littérature au collège, et elle qui n’en a que quatorze, et d’autre part parce qu’il s’agit d’un amour homosexuel.
Sans la moindre gêne, Rivi décrit les sensations, les émotions, les ébats, les premiers jours où, sous le charme de cette jeune professeur respirant la littérature, elle rêve à une liaison, puis le passage à l’acte, et les deux années où les amantes se sont éperdument données l’une à l’autre.
Au fur et à mesure des quatre parties, qui correspondent aux quatre cahiers, la Rivi de quarante ans se repositionne par rapport à ce qu’elle vient de lire, puis replonge dans ses souvenirs, se laissant happer par la nostalgie.
Chère Anne est un récit initiatique s’il en est, puisque l’héroïne y retrace non seulement son éveil sexuel mais aussi littéraire — son professeur est sa première lectrice, celle qui donne goût au vrai travail d’écriture et qui croit à son talent. Dans son style si singulier, Judith Katzir mêle la vie réelle et la littérature, des questionnements sur l’essence de l’écriture et des descriptions sensuelles livrées sans tabou. Elle décrit une relation interdite qui, tant que nous la suivons à travers les yeux de l’adolescente, ne pose aucun problème moral. Ce n’est que lorsque Rivi adulte, enceinte de sa deuxième fille, retrouve Mikhaéla, qu’elle s’interroge sans jamais éprouver le moindre regret, et ose un : « Comment cette femme a-t-elle pu se permettre une aventure avec une élève de quatorze ans ? Que ferais-je si cela arrivait à ma propre fille ? » Question à laquelle elle ne cherche finalement pas à répondre.