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YEHOSHUA Avraham B.

Israël

Un feu amical (trad. Sylvie Cohen, Calmann-Lévy, 2008)

Avraham B. YEHOSHUA
© Basso Cannarsa / Opale

Avraham B. Yehoshua, né en 1936 à Jérusalem, est l’un des chefs de file de la littérature israélienne contemporaine. Issu d’une famille profondément religieuse - il appartient à la cinquième génération de juifs sépharades installés en Israël - mais lui-même profondément laïc, il suit des études à l’Université hébraïque de Jérusalem puis démarre une carrière d’enseignant. De 1963 à 1967, il réside à Paris. Il rejoint l’Université de Haïfa en 1972.
Avbraham B. Yehoshua a embrassé une carrière d’écrivain dès la fin de son service militaire dans les rangs de Tsahal. Se définissant lui-même comme "romancier tardif", il ne publie son premier roman qu’à l’âge de 40 ans.
Avraham B. Yehoshua s’est également engagé en faveur du processus de paix israélo-palestinien et a participé à l’Initiative de Genève. Il a remporté de nombreuses récompenses littéraires dont le très prestigieux Prix d’Israël pour l’ensemble de son oeuvre, et ses livres sont traduits en 28 langues.

Révélé en France par Maurice Nadeau dans la collection « Lettres nouvelles », il a peu à peu conquis le public français, d’abord avec Au début de l’été 1970 (Calmann-Lévy, 1980) puis L’Amant (Calmann-Lévy, 1983). Chacun de ses livres rencontrera un succès critique aussi bien que public.

Dans son nouveau roman, Un feu amical, Avraham B. Yehoshua met en scène un couple qui s’aime depuis trente ans. La femme, Daniela, part en Afrique rendre visite à son beau-frère dont la femme vient de mourir. Ce roman est d’abord un livre sur l’amour conjugal mais il analyse aussi le « feu amical », tir d’un soldat israélien qui a tué un autre soldat par erreur, le neveu de Daniela, une mort qui pèse sur tous les protagonistes.
Comme dans ses romans précédents, Avraham B. Yehoshua raconte avec brio une histoire simple et profondément humaine.


Bibliographie :

  • Un feu amical (trad. Sylvie Cohen, Calmann-Lévy, 2008)
  • Israël : un examen moral (trad. Denis Charbit, Calmann-Lévy, 2005)
  • Le responsable des ressources humaines (trad. Sylvie Cohen, Calmann-Lévy, 2005)
  • La Mariée libérée (trad. Francine Lévy & Clarisse Cohen, Calmann-Lévy, 2003)
  • Voyage vers l’an mil (trad. Francine Lévy, Calmann-Lévy, 1998)
  • Shiva (trad. Arlette Pierrot, Calmann-Lévy, 1995)
  • Monsieur Mani (trad. Arlette Pierrot, Calmann-Lévy, 1992)
  • Pour une normalité juive (Liana Lévi, 1992)
  • L’année des cinq saisons (trad. Guy Séniak, Calmann-Lévy, 1990)
  • Un divorce tardif (trad. Guy Séniak, Calmann-Lévy, 1983)
  • L’Amant (trad. Jacques Pinto, Calmann-Lévy, 1983)
  • Au début de l’été 1970 (trad. Guy Séniak, Calmann-Lévy, 1980)

Présentation de Un feu amical :

Le nouveau roman de A. B. Yehoshua met en scène un couple qui s’aime, après plus de trente ans de mariage. Lui, Yaari, dirige un bureau technique d’installation d’ascenseurs, à Tel-Aviv. Sa femme, Daniella (professeur d’anglais) part en Afrique centrale rendre visite à son beau-frère, Jérémie, dont la femme (sœur de Daniella) est décédée.
Ils n’ont pas l’habitude d’être séparés. Un dialogue intime se poursuit dans la tête de chacun – à l’occasion de ce voyage. Sept chapitres correspondent aux sept jours du voyage, pendant la fête juive de Hanouka. Sept chapitres composés de quinze à vingt brefs sous-chapitres, qui alternent avec une parfaite régularité la voix de Yaari et celle de Daniella.
On pourrait dire que Un feu amical est d’abord un livre sur l’amour conjugal. Mais il est bien plus que cela : ce « feu amical », c’est les lumières de la fête familiale, joyeuse, de Hanouka, et les feux des campements de brousse en Afrique. Mais c’est aussi le « tir ami » : le fils du beau-frère de Daniella a été tué il y a quelques années par un feu amical (le tir d’un autre soldat israélien), et cette mort pèse sur tous les protagonistes du roman.
Et au-delà, les nuages sombres sont nombreux qui s’amoncellent autour de l’amour conjugal de Yaari et de Dianella : les difficiles relations avec les belles-filles, l’énigme des petits-enfants, le contexte israélien plein d’incertitudes, l’Afrique centrale où veut se dissoudre le beau-frère qui, comme le prophète Jérémie, est désespéré et a décidé de couper tout lien avec la civilisation juive : « J’ai 70 ans, et j’ai le droit de me séparer de tout cela. »
Quant au style du roman, on retrouve dans Un feu amical toutes les qualités qui ont fait d’A. B. Yehoshua un des plus grands auteurs israéliens vivants : la description minutieuse et réaliste des comportements humains, le souci des détails, les étincelles d’humour, les situations comiques latentes, l’étrangeté de la réalité, le rôle des répétitions, des parallélismes, des résonances : ainsi la vie quotidienne en Israël et en Afrique s’éclairent l’une l’autre, le bruit du vent dans l’ascenseur de Tel-Aviv fait écho au bruit du vent en Afrique, et au spiritualisme païen des Africains rencontrés là-bas, etc. Se crée ainsi une harmonie nouvelle, que seule permet l’écriture littéraire.
Malgré une apparence plus simple, moins complexe, plus quotidienne que les précédents livres de A. B. Yehoshua (Le Responsable des ressources humaines, La Mariée libérée, Voyage vers l’an mille, etc.), Un Feu amical est peut-être une œuvre encore plus subtile