Tarun J. Tejpal, "Histoire de mes assassins" (Buchet Chastel)

image

Quatre ans après Loin de Chandigarh que Tarun J. Tejpal était venu présenter à Saint-Malo, le romancier et journaliste indien publie Histoire de mes assassins, très largement salué par la presse indienne lors de sa sortie. En France, Frédéric Joignot dans Le Monde 2 parle d’"un livre magnifique et noir" qui offre une plongée sans fard au cœur de "Mother India".
Inégalité des chances, fatalité, violence et complots politiques, c’est toute la face sombre du miracle Indien que Tarun J. Tejpal explore ici à travers les trajectoires de six personnages : cinq assassins issus des bas-fonds indiens et leur victime, un journaliste politique qui pourrait être l’auteur lui-même. Journaliste politique engagé, fondateur du magazine indépendant Tehelka, Tarun Tejpal a été par le passé menacé de mort et vit sous protection policière depuis plusieurs années maintenant.
Montrer toute la difficulté de pouvoir juger des hommes ayant perdu tout sens moral - pour peu qu’ils aient jamais eu la chance une fois dans leur vie de pouvoir en développer un - quand, au final, ils sont eux-mêmes les victimes d’un système et d’une société qui avance avec une violence aveugle, c’est l’un des tours de force d’Histoire de mes assassins.

Dans le Train du Livre en 2006 : Pankaj Mishra et Tarun Tejpal
© Gaël Le Ny




Presse

Liens

Résumé d’Histoire de mes assassins :

Delhi, de nos jours. Le narrateur, un journaliste très renommé, apprend par un flash d’information qu’il vient d’échapper de justesse à une tentative d’assassinat.
S’agit-il d’un complot fomenté contre lui suite à ses révélations de corruption au sein du gouvernement indien ?
C’est au tribunal, escorté par une escouade de policiers et une équipe de juristes, que cet homme, qui ne connait rien de ses assassins, va peu à peu découvrir leur vrai visage…
Tout oppose les existences de ces criminels venus des entrailles de l’Inde rurale prêts à frapper pour quelques roupies, à celle du journaliste qu’ils doivent éliminer.

Des avenues de Delhi aux petites bourgades du nord du pays, on découvre les trajectoires violentes de Chaku (le tueur au couteau), Kabir (l’héritier musulman de la Partition sanglante de 1947), Kaliya et Chini qui vivent et volent dans la gare depuis l’enfance, sans compter Hathoda Tyagi (connu pour réduire la cervelle de ses victimes à coup de marteau). Ces cinq assassins, nés dans la cruauté et l’environnement innommable des masses indiennes, marqués par leur orgine ont tous en commun d’avoir perdu trop tôt l’âge d’or de leur innocence…

En redonnant une dignité et une identité à ces cinq anonymes perdus dans l’immensité de la population indienne, TT les érige en martyrs devenus les symboles des grandes failles de l’Inde moderne. Il dénonce ainsi le système des castes, les conflits religieux persistants, la corruption et la misère…