Mo Yan, "La dure loi du Karma" (Seuil)

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Mo Yan, l’une des grandes voix de la littérature chinoise, publie La dure loi du Karma (Seuil, 2009), sans doute l’un de ses ouvrages les plus drôles et qui reste malgré tout un témoignage juste et acerbe sur la Chine des cinquante dernières années. Son protagoniste, Ximen Nao subit la dure loi du Karma et son cycle de réincarnations : âne, bœuf, cheval, cochon... auprès de sa descendance il revient, suit leur quotidien... Et croise un curieux personnage, mal élevé et dérangeant : Mo Yan.

 
 

Revue de presse :

Résumé de La dure loi du Karma :

« Je suis innocent ! Moi, Ximen Nao, j’ai vécu trente ans dans le monde des humains, j’ai aimé travailler, je me suis montré diligent et économe dans la tenue de ma maison, j’ai donné pour la construction de ponts et de routes. [...] Chaque pauvre de ce canton a pu se nourrir grâce aux aumônes en grains que je lui ai faites. [...] Pourtant [et là, je m’égosille] moi, un homme si bon, si droit, un si brave homme, voilà qu’ils m’ont ligoté serré, m’ont poussé jusque sur le pont et m’ont fusillé ! … »
Mo Yan

Selon la dure loi du karma, Ximen Nao est condamné à être réincarné en animal. Il sera âne, bœuf, cochon, chien, enfin singe, il revient sans cesse sur ses propres traces et auprès de ses descendants, partageant leur quotidien. Témoin discret et acteur décalé, comique et déguisé, il suit, cinquante ans durant, de la « libération » maoïste à notre époque marchande actuelle en passant par la Révolution culturelle, le destin d’une communauté de paysans.

Et justement, dans le village vit aussi un petit drôle, un sale gosse mal élevé, chétif et laid, emmerdeur et terriblement bavard : Mo Yan.