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KANE Cheikh Hamidou

Sénégal

L’aventure ambigue (Julliard, 1963, réédité en 2003 par 10/18)

« Pour apprendre de l’autre, est-on condamné à perdre ce que l’on est ? » Cette question traverse toute l’œuvre et la réflexion du sénégalais Cheikh Hamidou Kane, figure respectée de la première génération d’écrivains africains, dont le roman autobiographique L’Aventure Ambiguë, véritable classique des lettres africaines paru en 1961, est aujourd’hui lu et enseigné aux quatre coins du continent.

Plus qu’un écrivain, le vieux sage, dont la vie se confond avec le XXème siècle africain, se considère avant tout comme un témoin. Né en 1928 à Matam (Sénégal), il a vécu les trente dernières années de la colonisation, fréquenté l’école coranique puis l’école coloniale française à Saint-Louis, à Dakar, avant de partir étudier le droit et la philosophie à la Sorbonne. Comme son personnage Samba Diallo, dans L’Aventure Ambiguë, il fait alors l’expérience de l’écartèlement entre sa culture d’origine et la pensée occidentale, de la synthèse compliquée entre tradition et modernité, du risque de la perte de soi.

Fréquentant les cercles intellectuels et collaborant à la revue Esprit, il fait partie de cette élite lettrée qui prend les rênes des États africains au lendemain des indépendances. Diplomate puis fonctionnaire international, notamment pour l’Unicef, il est nommé ministre sous Senghor (1978-1981), puis à nouveau sous Abdou Diouf (1981- 1988). Il prend alors la mesure du décalage persistant entre les élites occidentalisées et les populations africaines qu’il mettra en scène dans son second roman, Les Gardiens du Temple (1995).

La longue expérience des responsabilités n’a érodé ni la lucidité ni l’optimisme de Cheikh Hamidou Kane. Voix critique et observateur politique respecté, il continue à rêver des "États-Unis d’Afrique", qui en dépassant les frontières héritées de la colonisation, constitueraient l’étape ultime de l’indépendance du continent.


En savoir plus :


Bibliographie :

  • Sénégal, portraits (Riveneuve, 2009)
  • Les Gardiens du Temple (Stock, 1995 / Nouvelles éditions ivoiriennes, 1996)
  • Les Danseuses d’impé-eya : Jeunes filles à Abidjan (Inades, 1976)
  • L’aventure ambigue (Julliard, 1963, réédité en 2003 par 10/18)

Présentation de L’aventure ambigue :

spip_logo Voilà un livre fondateur, où se résument les contradictions vibrantes des héritages différents de l’Afrique contemporaine : héritages socio-culturels liés à l’importance des clans et des familles, héritages spirituels catholiques ou musulmans, apports scientifiques, techniques, politiques, des traditions occidentales.
Adapté à la télévision (en un temps où Hervé Bourges dirigeait TF1), édité et réédité, le grand livre de Cheikh Hamidou Kane, L’Aventure ambiguë, est peut-être la conciliation la plus réussie de l’écriture romanesque classique et de la pensée philosophique et mystique de l’Afrique occidentale, dans une prose française parfaitement équilibrée, juste et belle, qui ne s’interdit pas de prendre des accents poétiques.
L’éducation et la formation de Samba Diallo seront doubles : traditionnelles d’abord, sous la férule religieuse du Maître des Diallobé et l’autorité de la Grande Royale, véritable chef de famille ; occidentales ensuite, par la fréquentation de " l’école étrangère " et les études supérieures parisiennes. Comment conjuguer l’identité peule, toute cette mémoire de sagesse et de rigueur héritée de générations de Diallobé et l’efficacité cartésienne de la civilisation des colons ? Est-ce seulement possible ? Le déchirement intérieur de Samba Diallo, peut-il en faire profiter son peuple ? Peut-il seulement en profiter lui-même ? L’écrivain est un peu dubitatif, irrésolu, et c’est pourquoi l’aventure reste " ambiguë ".

Car telle est la subtile et belle dialectique du métissage, dont Cheikh Hamidou Kane montre bien la complexité, et peut-être l’impossible synthèse : le grand écart entre deux modes de pensée peut-il se réduire, pour éviter l’incompréhension, les dangers, toujours présents, de la folie ? Il n’offre pas de réponse : par son écriture de la douleur et de l’exil intérieur, ce grand écrivain sénégalais est un peu l’anti- Senghor, apôtre impeccable d’une culture francophone qui joue un rôle de passerelle entre Afrique et Occident.

Mais comme celle de Senghor, son œuvre est aussi, par la langue, une célébration affectueuse d’une mémoire noire pétrie de très anciennes valeurs, et toujours imprégnée des couleurs, des saveurs, des senteurs généreuses d’une terre excessive, où l’existence est comme plus dense…— Khaled Elraz —


Présentation de Les Gardiens du Temple :

Cinq ans après son indépendance, un pays africain qui ressemble fort au Sénégal, est déchiré entre traditions et progrès, affirmation de soi et influence occidentale. Aussi, n’est-ce pas un hasard si la révolte éclate dans la communauté qui défend le plus farouchement ses coutumes ancestrales : les Sessene.

L’Aventure ambiguë

Editions 10/18 - 2003

L’Aventure ambiguë Voilà un livre fondateur, où se résument les contradictions vibrantes des héritages différents de l’Afrique contemporaine : héritages socio-culturels liés à l’importance des clans et des familles, héritages spirituels catholiques ou musulmans, apports scientifiques, techniques, politiques, des traditions occidentales. Adapté à la télévision (en un temps où Hervé Bourges dirigeait TF1), édité et réédité, le grand livre de Cheikh Hamidou Kane, L’Aventure ambiguë, est peut-être la conciliation la plus réussie de l’écriture romanesque classique et de la pensée philosophique et mystique de l’Afrique occidentale, dans une prose française parfaitement équilibrée, juste et belle, qui ne s’interdit pas de prendre des accents poétiques. L’éducation et la formation de Samba Diallo seront doubles : traditionnelles d’abord, sous la férule religieuse du Maître des Diallobé et l’autorité de la Grande Royale, véritable chef de famille ; occidentales ensuite, par la fréquentation de " l’école étrangère " et les études supérieures parisiennes. Comment conjuguer l’identité peule, toute cette mémoire de sagesse et de rigueur héritée de générations de Diallobé et l’efficacité cartésienne de la civilisation des colons ? Est-ce seulement possible ? Le déchirement intérieur de Samba Diallo, peut-il en faire profiter son peuple ? Peut-il seulement en profiter lui-même ? L’écrivain est un peu dubitatif, irrésolu, et c’est pourquoi l’aventure reste " ambiguë ". Car telle est la subtile et belle dialectique du métissage, dont Cheikh Hamidou Kane montre bien la complexité, et peut-être l’impossible synthèse : le grand écart entre deux modes de pensée peut-il se réduire, pour éviter l’incompréhension, les dangers, toujours présents, de la folie ? Il n’offre pas de réponse : par son écriture de la douleur et de l’exil intérieur, ce grand écrivain sénégalais est un peu l’anti- Senghor, apôtre impeccable d’une culture francophone qui joue un rôle de passerelle entre Afrique et Occident. Mais comme celle de Senghor, son œuvre est aussi, par la langue, une célébration affectueuse d’une mémoire noire pétrie de très anciennes valeurs, et toujours imprégnée des couleurs, des saveurs, des senteurs généreuses d’une terre excessive, où l’existence est comme plus dense…— Khaled Elraz — —Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.


Les gardiens du temple

Stock - 1995
Témoins du siècle

Témoins du siècle

Saint-Malo 2011

“Nous n’étions pas destinés à être des écrivains. Nous étions surtout destinés à être des témoins de cette époque : les dernières années de la colonisation et les premières années de l’indépendance.”Cheikh Hamidou Kane

 

Avec Cheikh Hamidou Kane, Roland Colin, Jean-Michel Djian. Présenté par Josiane Guéguen.


L'aventure Présence Africaine

L’aventure Présence Africaine

Saint-Malo 2011

1947 : “Commence la redoutable épreuve d’admettre que les hommes peuvent être égaux sans être semblables.” Roland COLIN

 

Avec Romuald FONKOUA, Christiane Yandé DIOP, Cheikh Hamidou KANE et Roland COLIN. Animé par Ousmane Ndiaye.