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SANTAKI Rachid

France

Les Anges s’habillent en caillera (Moisson Rouge 2011)

Biographie

« J’ai beaucoup observé les parcours autour de moi. Certains sont passés de l’autre côté, sont partis en prison et sont revenus changés, ça ne donnait pas envie », se rappelle-t-il.

Rachid Santaki qui a grandi entre Saint-Ouen et Saint-Denis où il a "adopté la mentalité de la cité", s’amuse à se rebaptiser "Rachid Balboa", en référence à Rocky Balboa. Il raconte que son père lui a donné "l’envie de prendre une revanche, de faire plein de choses " et parmi elles, l’écriture, avec la publication cette année de son deuxième roman Les Anges s’habillent en caillera, préfacé par Oxmo Puccino.

Pas de gants de boxe mais une plume, de l’optimisme et de la pugnacité pour une belle revanche, en effet, pour celui qui se décrit comme un « symbole de l’échec scolaire » avec sa 4e techno et son BEP comptablité.
Ancien éducateur sportif, passionné de boxe, il ne se destinait pas à une carrière d’écrivain.
Son intérêt pour la culture urbaine le pousse d’abord à créer le site internet hiphop.fr puis, en 2003, un mensuel gratuit 5styles dédié aux artistes urbains, aujourd’hui diffusé à 50 000 exemplaires et pour lequel il a obtenu de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris le prix "Espoir de l’économie 2006". C’est comme cela qu’il découvre le monde de la presse et de la rédaction.
Il se met alors à écrire son premier roman La Petite Cité dans la prairie, un livre qui parle de lui, que son éditeur publie à 3000 exemplaires qui seront tous vendus.
Très énergique et créatif, il est aussi co-fondateur du Syndikat, association qui a pour but de « promouvoir la lecture et l’écriture » en banlieue, de défendre la « littérature urbaine contemporaine », née d’un constat simple : la ghettoïsation, voire la prohibition de la lecture et de l’écriture en banlieue quand lire un livre dans une cour de récréation ou écrire un texte qui n’est pas un morceau de rap est perçu comme méprisable, voire répréhensible.
Le Syndikat sera donc un portail Internet qui proposera à de jeunes auteurs francophones qui ne sont pas publiés d’envoyer de courts récits de fiction. Les meilleures seront publiés en ligne et si matière il y a, Moisson Rouge éditera une anthologie dans sa collection "Le Syndikat"

La Seine Saint Denis, sa banlieue, et l’intérêt de Rachid Santaki pour la culture urbaine l’ont mené à s’inspirer d’histoires de banlieusards bien réels pour écrire son second roman, un polar cette fois, Les Anges s’habillent en caillera, (parodie du titre du roman de Lauren Weisberger Le Diable s’habille en Prada sur la vie d’une jeune assisante dans le milieu impitoyable de la mode new-yorkaise). Mais chez Rachid Santaki, les méchants ne sont pas des directrices de rédaction en talons hauts mais sortent de prison et s’appellent Ilyès, dit "Le Marseillais". Cet escroc de Saint Denis, personnage réel avant d’être personnage de fiction, Rachid Santaki l’a rencontré et a eu envie d’inventer une fiction, de monter tout un univers autour de lui. On lui demande souvent s’il ne fait pas l’apologie de la violence dans son roman ; il répond que son livre est une fiction et qu’il a simplement mis l’intrigue au centre de la banlieue. Il affirme d’ailleurs que
les jeunes ne s’identifient pas forcément à Ilyès qui est toujours en train de fuir et dont la vie est une longue et lente chute.
L’écriture est pleine de l’énergie de la ville, influencée par la danse, le rap et la boxe thaï (discipline qu’enseignait Rachid Santaki). Elle cherche à intégrer tous les langages pour inviter la littérature dans la culture urbaine et casser les barrières.


Bibliographie :

  • Les Anges s’habillent en caillera (Moisson Rouge, 2011)
  • La Petite Cité dans la prairie (Editions le Bord de l’eau, 2008)

Présentation de Les Anges s’habillent en caillera

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Ilyès, dit le Marseillais, sort de prison. Il vient de purger une peine de 18 mois à la maison d’arrêt de Villepinte pour vol à la ruse. Il veut reprendre les affaires, mais il doit d’abord s’occuper de la balance qui l’a envoyé à l’ombre : un ex-poto empêtré dans des histoires de drogue, une petite poukave qui taffe avec les flics.

Les Anges s’habillent en Caillera s’inspire de la vie du Marseillais, escroc de Saint-Denis, peut-être le voleur de carte bancaire le plus doué de sa génération, devenu à 23 ans une légende en région parisienne. Sa route va croiser celle de Stéphane, un flic corrompu de la police judiciaire, manipulateur, violent et déterminé. Leurs histoires parallèles nous plongent dans l’univers de Saint-Denis, ville-personnage, avec sa galerie de anges (verlan de gens).

Revue de presse :

  • « Un polar bien ficelé (…) haletant, rugueux, addictif et écrit au pied de biche » CANAL STREET

Flic ou caillera

Edition du Masque - 2013

L’imaginaire de la banlieue

Saint-Malo 2011

Avec Rachid SANTAKI, Jean-Pierre THORN, Jacky IDO.
Animé par Emmanuelle Dancourt.


Les nouveaux langages de la ville

Saint-Malo 2011

"Les expressions de la rue. Entre néologisme et barbarisme. Le nouvel argot, un patois de banlieue ? Etymologie urbaine. D’où viennent les expressions qu’utilisent les jeunes ? Dis-moi combien tu utilises de mots, je te dirai qui tu es. Les ghettos linguistiques. Les discriminations grammaticales. Face à la rhétorique redoutable des politiciens, les phrases fragiles de ceux qui inventent des mots tellement ils en ont peu..." (spéciale dédicace à Souleymane Diamanka pour le développement de ce débat).

Avec Alfred Alexandre, Rachid Santaki, Insa Sane, Charles Robinson.

Un débat animé par Willy Persello.


Le pouvoir des mots

Saint-Malo 2011

Avec Oxmo PUCCINO et Rachid SANTAKI, animé par : Margot Loizillon


Gangsters, détectives, prostituées... Les personnages du roman urbain.

Saint-Malo 2011

avec : Richard LANGE, OTSIEMI Janis, ARANGO François, SANTAKI Rachid
animé par : Josiane Gueguen