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Dico des invités

KANOR Fabienne

France

Faire l’aventure (Jean-Claude Lattès, 2014)

© Yves Tennevin

À travers ses romans, l’écrivaine et réalisatrice Fabienne Kanor défend l’idée que l’identité n’est pas une chose figée mais toujours à réinventer ; ses personnages déracinés, désabusés, questionnent leur passé et leur présent à la recherche d’une échappatoire ou d’un nouveau départ. Cette romancière française d’origine antillaise, ancienne journaliste, a fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature avec la publication de D’eaux douces, récompensé par le prix Fetkann ! en 2004, décerné aux livres favorisant le travail de mémoire des pays du Sud. Son dernier roman, Faire l’aventure (JC-Lattès, 2014), conte les pérégrinations de deux jeunes Sénégalais vers l’Europe, entre rêves et désillusions.

Le voyage - parfois introspectif - est un motif récurrent dans son œuvre. Née en 1970 à Orléans, Fabienne Kanor suit des études de littérature comparée et de communication avant de se lancer dans le journalisme, travaillant notamment pour France 3, Radio Nova, RFI ou encore La Cinquième. Désireuse de rencontrer l’Afrique, elle part pour le Sénégal et s’installe à Saint-Louis pendant deux ans. C’est à son retour, en 2004, qu’elle se met à écrire. Elle s’intéresse dans ses romans au récit personnel et à la quête d’identité, dans des contextes historiques et sociaux précis (féminisme, esclavage, immigration).

Parallèlement à son activité littéraire, elle entame une carrière de réalisatrice dès 2004 avec La Noiraude, un film qu’elle produit avec sa sœur Véronique Kanor. Cette fiction raconte les tracas et remises en question d’une Antillaise à Paris. Elle réalise par la suite divers documentaires et moyen-métrages.

Le personnage de son dernier roman, Biram, jeune Sénégalais de 17 ans « qui n’avait encore rien vu », regarde l’horizon depuis Dakar et rêve de Faire l’aventure. À nouveau l’auteur s’intéresse à l’humain derrière les chiffres, ceux de l’immigration cette fois. Elle replace la dignité humaine dans ce débat en contant les rêves d’ailleurs de ces jeunes qui quittent leur pays pour découvrir d’autres mondes. Le roman, entre récit d’initiation et histoire d’amour, fait ainsi voyager ses personnages de Dakar à Rome en passant par les Canaries.


Bibliographie :

Romans

  • Faire l’aventure (Jean-Claude Lattès, 2014)
  • Anticorps (Gallimard, 2010)
  • Les Chiens ne font pas des chats (Gallimard, 2008)
  • Humus (Gallimard, 2006)
  • D’eaux douces (Gallimard, 2004 - prix Fetkann 2004)

Littérature de jeunesse

  • Le Jour où la mer a disparu, illustrations d’Alex Godard (Albin Michel, 2007)

Théâtre

  • Homo Humus Est (2005)
Faire l'aventure

Faire l’aventure

Jean-Claude Lattès - 2014

Biram a 17 ans et il n’a encore rien vécu. Mais il a du temps et beaucoup d’imagination. Alors avec ses jumelles pointées sur la ligne d’horizon, il imagine ce que sera sa vie à des milliers de kilomètres du Sénégal et de Mbour : il dansera un funk sur une piste de danse, il portera une veste de cuir, il conduira une voiture allemande, des filles l’entoureront. Il oubliera ce village loin de tout, la maison de sa tante, la buvette où il travaille deux jours par semaine, ces pleureuses qu’il croise chaque jour sur la plage, là où elles ont vu leur fils partir faire l’aventure et ne jamais revenir. Il oubliera même Marème, cette petite crâneuse, une fille de Dakar, qui passe ses vacances au village et qui est son premier amour. Lorsque Biram se tient face à l’océan, c’est comme s’il possédait le monde. Il se fiche des discours de ceux qu’il appelle les « anciens combattants », ceux qui sont partis en Europe, preuves vivantes que l’aventure se termine souvent au point de départ, sur un convertible épuisé à ressasser des souvenirs de voyages ratés. Biram, comme Marème, rêvent de quitter Mbour où le temps semble passer moins vite qu’ailleurs. Ils « feront l’aventure ».


Revue de presse

  • "L’aspect documentaire de ce roman est, bien sûr, passionnant - et glaçant : la vie sans filet des sans-papiers, les rapports venimeux entre les Blancs et les Noirs. Mais Faire l’aventure est d’abord un grand roman d’initiation, une odyssée de la désillusion, une "éducation sentimentale" africaine, où le cœur s’endurcit et où les lendemains déchantent, comme dans toutes les vies." Elle
  • "Les faits et les dialogues sont donnés sans jugement de valeur (...). Cette absence totale de pathos donne au récit une puissance peu commune, certaines idées (fraternité, solidarité...) sont battues en brèche. Kanor a écrit un roman documentaire alliant la magie de la fiction à la force du réalisme." Africanaute
  • "Sans manichéisme ni indulgence pour ses personnages, Fabienne Kanor a écrit, avec Faire l’aventure, un roman ambitieux et diffus, réaliste et salutaire, qui devrait être prescrit dans toutes les écoles, ici et là-bas." Livres Hebdo
Volcaniques. Une anthologie du plaisir

Volcaniques. Une anthologie du plaisir

Mémoire d’encrier - 2015

Douze femmes, auteures du monde noir, évoquent le plaisir féminin. Comment s’écrivent aujourd’hui le corps, la sensualité, la sexualité ?

« Volcaniques : une anthologie du plaisir est un ensemble riche. Les nouvelles dévoilent des figures féminines et des environnements variés. Les âges de la femme y sont également divers, ce qui est heureux. Certains textes ébranleront par leur puissance poétique et / ou érotique. D’autres séduiront par le ton, le phrasé, l’humour ou par une capacité analytique qui a su ne pas prendre l’ascendant sur la narration. Bien des femmes se reconnaîtront dans ces pages, d’où qu’elles soient. Quant aux hommes, ils trouveront peut-être la clé du grand mystère que semble être, pour certains, le plaisir féminin. »

Léonora Miano

Collaboratrices : Hemley Boum, Nafissatou Dia Diouf, Marie Dô, Nathalie Etoke, Gilda Gonfier, Axelle, Jah Njiké, Fabienne Kanor, Gaël Octavia, Gisèle Pineau, Silex, Elizabeth Tchoungui, Léonora Miano.


Revue de presse

  • « Chacune à sa façon, ces auteures explorent les multiples facettes du désir avec volupté, quelques touches d’humour et une pointe de lucidité qui épicent agréablement le tout. Et ouvrent de nouvelles dimensions à leurs histoires. » (Le Droit)
  • « Volcaniques offre un regard intéressant sur le rapport des femmes à elles-mêmes, sur la manière dont elles se perçoivent dans le jeu de la séduction, du sexe et de l’amour (quand il y en a). Et aussi riches et variées que soient ces productions littéraires dans les singularités qu’elles explorent et la manière dont elles abordent ces questions liées au plaisir féminin, ces textes ne tendent tous qu’à un but essentiel : l’affirmation de la femme, sa déculpabilisation quant à l’usage qu’elle fait de son corps, son épanouissement, donc. Un engagement ouvertement féministe. » (Ralphanie Mwana Kongo, Le Point)

Anticorps

Gallimard - 2010

« C’est nouveau ça ? C’est vieux, très vieux même. Mais si tu savais comme aujourd’hui j’en ai assez de compter, comme les calendriers me font horreur, comme mes anniversaires me font pitié. Si tu savais mes peurs, mes incapacités, si seulement tu voulais bien m’écouter, Jacques. Que disais-tu, mon cœur ? Rien. Il n’y a rien, dans mes mots, qui puisse s’inscrire dans ton programme, ce plan de fin de vie que tu as cru bon de fixer, qu’au fil des ans, patiemment, presque sournoisement, tu as échafaudé, à seule fin de t’en tirer. Où te figures-tu donc aller ? Combien de points vieillesse as-tu mis de côté ? Chérie ? » La vie d’une femme qui se raconte après quarante ans de mariage et quarante ans de rébellion étouffée… Un humour ravageur. Une ironie mortelle. Des éclats de rires. Une désespérante vitalité. De l’émotion à chaque ligne. Avec la grâce et la force d’une écriture crue qui se reconnaît aux premiers mots.


D’eaux douces

Gallimard - 2004

Les grands débats en vidéo

Écritures migrantes

Saint-Malo 2014

Avec Nigel Thomas, Fabienne Kanor, Julien Delmaire, Hippolyte, Nii Ayikwei Parkes.
Animé par Géraldine Delauney

Ils disent l’entre-deux, le télescopage des cultures, l’expérience de l’exil – et la force alors du roman, pour habiter l’inconnu du monde, lui donner forme et visage…

Les cafés littéraires

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De l’écrit à l’écran

Saint-Malo 2008
14h30 : De l’écrit à l’écran
Dany LAFERRIERE, Fabienne KANOR, Xiaolu GUO.

Y a-t-il une langue du maître ?

Saint-Malo 2008
10h00 : Y a-t-il une langue du maître ?
Tahar BEN JELLOUN, Fabienne KANOR, Dany LAFERRIERE, Michel LE BRIS