Life and debt

(Stéphanie Black, 2004, 78’)
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La Jamaïque, ses plages, son rhum, son reggae... et sa dette : sept billions de dollars qui absorbent l’essentiel du produit national, une croissance négative sur les 25 dernières années. Ce "paradis tropical" ne l’est plus guère qu’aux yeux des touristes américains qui déferlent sur une île où tout est fait pour qu’ils ignorent le dénuement de sa population et le délabrement de son économie. Un portrait désenchanté de la Jamaïque aujourd’hui, réalisé par Stephanie Black sur un scénario sans complaisance de l’écrivain Jamaica Kincaid (“Lucy” [1990], “Autobiographie de ma mère” [1996], “Mon frère” [1997]) qui collectionne les prix internationaux, et est présenté ce printemps en France, où il a reçu le prix spécial du jury du Festival international du film des droits de l’homme. Responsables, selon Michael Manley, l’ancien premier ministre qui négocia en 1977 un prêt du FMI (auquel, d’ailleurs, répond Stanley Fisher, du FMI) : le choc pétrolier brisant net le développement de l’île, les conditions imposées par le FMI et la Banque mondiale... Mais les seuls responsables, vraiment ? Un film poignant, sans manichéisme, porté par le texte magnifique, lyrique, amer, de Jamaica Kincaid, et la musique de Buju Banton, Sizzla, Harry Belafonte, Bob Marley, Peter Tosh et Yami Bolo.