Ella Maillart

(Marc Bessou, La Sept / Pathé cinéma / Julianne films, 1992, 13’)

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© Isabelle Lévy

Élevée avec les livres de Conrad et London, Ella Maillart est une petite fille de la haute société, qui a mal tourné. Elle avoue : "Je n’ai jamais appris à écrire. Je dois regarder chaque mot dans le dictionnaire. C’est un supplice !" Puis elle confie : "Vous ne voyagez pas si vous avez peur de l’inconnu. Vous voyagez pour l’inconnu. Ça vous révèle à vous-même."
Mais la dame remuante garde son secret : "La vie spirituelle n’est pas une chose à discuter en public." Navigatrice chevronnée, sportive accomplie, cette aventurière a traversé la Chine d’Est en Ouest, parcouru le Népal, le Yemen, l’Inde et Java dès les années trente. Le monde est sa maison. On s’attache à ce visage de vieille intrépide au sourire moqueur qui a créé le premier club de hockey féminin en Suisse, retrouvé des traces d’antiques civilisations iraniennes au coeur de la Chine et prétend n’avoir pas fait d’enfant parce qu’elle n’aurait pas su répondre à ses questions. Ella Maillart refuse de se laisser saisir dans sa vie, comme dans ses livres. Elle confie cependant : "Longtemps, j’ai voyagé pour découvrir des différences ; maintenant, je voyage pour découvrir des ressemblances."