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GRENVILLE Kate

Australie

Le lieutenant (Métailié, 2012)

Biographie

© Lorrie Graham

Encore peu connue en France, Kate Grenville est pourtant l’un des écrivains les plus aimés d’Australie. Auteur de huit romans et quatre essais sur l’écriture créative, elle collectionne les prix littéraires. Le Fleuve Secret remporte le prix Commonwealth Writers’ Prize et le New South Wales Premier’s Literary Award en 2006. The Idea of Perfection (encore indisponible en Français) remporte aussi le prestigieux Orange Prize for Fiction en 2001.

C’est au cœur des archives nationales australiennes qu’elle puise son inspiration : les journaux de marins, d’officiers anglais, regorgent d’histoires fascinantes, de véritables pépites romanesques, mais aussi de témoignages très précis des réalités d’une époque. Elle parvient ainsi à restituer avec beaucoup de fidélité les mentalités du début du XIXe siècle. Elle déclare néanmoins que ses livres sont « souvent inspirés par l’histoire, même s’ils restent des constructions imaginaires, et non des essais de réécriture de l’histoire ».

Avec sa trilogie composée du Fleuve Secret, du Lieutenant, et de Sarah Tornhill (sorti en 2011 en Australie), Kate Grenville analyse l’histoire de l’Australie, des relations conflictuelles entre Aborigènes et colons. Selon elle, il s’agit de l’une des clés de la compréhension de l’actualité sociale australienne. Contrairement à ce que les couvertures anglo-saxonnes de ses romans suggèrent, elle ne s’égare jamais dans un romantisme colonial, et retrace avec beaucoup de réalisme les atrocités commises par les premiers colons envers les populations aborigènes. Elle cite néanmoins Jane Austen ou encore Virginia Woolf comme ses deux grandes influences : la première ses descriptions ironiques de la société, l’autre pour la musicalité de sa prose.

Dans Le lieutenant, deuxième tome de sa trilogie, Kate Grenville interroge la question du langage et des relations noirs-blancs au travers de deux figures impressionnantes : celle de Daniel Rooke, prodige de l’Académie Navale de Portsmouth, en mission scientifique avec les premiers colons anglais, et aussi celle de Tagaran, jeune fille aborigène avec laquelle il se lie d’amitié. C’est en découvrant le journal d’un jeune officier de la marine anglaise, William Dawes, que Kate Grenville décide d’en tirer une histoire. Elle est en effet très touchée par la modernité des deux jeunes personnes, dont la curiosité dépasse tous les préjugés du XIXe siècle, mais aussi par les devoirs auxquels ils doivent de plier, comme lorsque William Dawes se voit obliger de mener une expédition punitive contre des Aborigènes, et des proches de son amie. « Il y a dans cette histoire, tous les éléments d’un grand roman tragique » concède Kate Grenville lors d’une interview pour Cannongate.tv.


Bibliographie :

  • Le lieutenant (Métailié, 2012)
  • Le Fleuve secret (Métailié, 2010)
  • Lilian’s Story (Le Fil Invisible, 2004)

Présentation du Lieutenant

Traduit de l’anglais par Mireille Vignol

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Daniel Rooke est un enfant exceptionnellement doué. Ses maîtres l’envoient étudier à l’Académie navale de Portsmouth où il se trouve embarrassé par son origine trop modeste et son intelligence trop vive. Son horizon s’élargit quand il découvre la navigation et l’astronomie. L’Astronome royal, qui a repéré en lui un esprit hors norme, l’envoie en expédition scientifique pour étudier le retour d’une comète qui ne sera visible que de l’hémisphère Sud. Il navigue donc vers la Nouvelle-Galles du Sud en compagnie de prisonniers anglais condamnés à vivre dans une colonie pénitentiaire.
Le lieutenant Rooke s’installe à l’écart du camp pour y mener ses observations. Il prend petit à petit conscience de la présence des aborigènes, qui apparaissent et disparaissent, l’observent de loin ou pénètrent dans sa cabane par curiosité. Pendant ce temps, le manque de nourriture fait monter la tension entre les nouveaux venus et les premiers occupants.
Le lieutenant se lie d’amitié avec un groupe d’aborigènes et, en particulier, une jeune fille en qui il reconnaît sa propre soif de connaissance et dont il tombe amoureux. Elle lui apprend à parler sa langue. Il découvre la nature immense, il découvre la solitude, il découvre les Australiens et leur culture, il découvre avec exaltation qu’il peut employer son intelligence à la constitution de la connaissance de la langue de ce pays inconnu, jusqu’au jour où on lui demande de prendre parti dans un conflit sanglant.

Ce roman est – librement – inspiré du journal de William Dawes, un officier anglais arrivé en Australie en 1888 avec la première vague de bagnards anglais.

Revue de presse :