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KURTOVITCH Nicolas

Nouvelle-Calédonie

L’allée couverte de graviers blancs in Nouvelles calédoniennes (Vents d’ailleurs, 2012)
Autour Uluru (Au Vent des Îles, 2012)

Biographie

« Je crois m’être mis à l’écriture parce que je ne pouvais être musicien. Même si par la suite j’ai pu faire de la musique, j’ai tout de suite compris que je ne saurai créer quoi que ce soit en musique, ni même me contenter. J’ai donc accepté l’idée et l’acte, les actes, d’écrire. »

Né à Nouméa en 1955, sa famille maternelle est installée depuis le XIXème siècle en Nouvelle-Calédonie, faisant partie des premiers français à découvrir cette terre jusqu’alors inconnue de l’occident. Nicolas Kurtovitch y passe son enfance et son adolescence, puis, désireux de découvrir et d’habiter pleinement la diversité du Pacifique, il voyage en Nouvelle-Zélande et en Australie. Par la suite, il obtient une licence de géographie à l’Université d’Aix-en-Provence et rentre au pays natal où il enseigne dans un collège de Lifou, puis au lycée Do Kamo de Nouméa dont il devient le directeur.

Il publie son premier recueil de poèmes, Sloboda, en 1973, à l’âge de dix-huit ans. D’autres recueils suivront, mais aussi des nouvelles, des romans et des pièces de théâtre. Dans les différents écrits de Nicolas Kurtovitch, on ressent son amour des lieux, notamment dans son importante oeuvre poétique qui lui vaut d’obtenir en 2008 le prix Antonio Viccaro et parmi laquelle on trouve Le piéton du Dharma, recueil de poèmes qui obtient en 2003 le Prix du Livre Insulaire de Ouessant :
"Sur ces terres souples au rythme des pas
Le passé s’efface emportant les ultimes barrières
Il suffit d’être au monde dans le souffle du jour
Où réside la respiration unique de la terre"

Amour des lieux vus, Uluru par exemple, ce rocher de terre rouge dans le désert australien, à propos duquel il écrit dans Autour Uluru que, là-bas, "La roche est la page où s’écrit la vie, les plis, les couleurs, les petits rochers, les petites protubérances, les ombres, les trous, les pics, les traînées laissées par l’eau lorsqu’il pleut, sont les signes et l’alphabet qu’il faut apprendre à déchiffrer". Amour des lieux imaginés aussi, amour des lieux habités, amour de l’archipel, de l’île natale qu’il nomme ainsi dans son poème Être Caldoche aujourd’hui :
"Île mon île,
Une marche où se pose
Mon âme"

Son dernier recueil de poèmes, paru en 2010, Les arbres et les rochers se partagent la montagne renferme des mots sur la conscience de l’exil, contient le bruissement d’une île, son île et, toujours, le même amour du Lieu.

Ses romans et autres écrits contiennent le même souffle, porté par une écriture limpide, ciselée, poétique. Et les mots deviennent aussi le moyen pour Nicolas Kurtovitch de s’interroger et d’interroger le lecteur sur la question de l’identité et particulièrement de l’identité calédonienne. C’est le cas de Good night friend, un court roman paru en 2006, une histoire d’envoûtement et de meurtre. L’occasion pour l’auteur de parler du lien familial en Nouvelle-Calédonie, de dire les cultures du pays, l’entrelacs de ces cultures, la violence, le désenchantement que l’on peut ressentir à vivre là-bas lorsqu’on habite la ville, mais aussi la beauté du dehors. Et même la prison, personnage à part entière du roman dans lequel on peut voir une métaphore de la ville, devient un lieu de rencontres et d’amitiés fortes qui emporte l’âme humaine bien au-delà des différences ethniques.

A lire Nicolas Kurtovitch, nous sentons vibrer la terre, nous ressentons l’appartenance de l’auteur mais également notre propre appartenance au monde, nous voyons la Nouvelle-Calédonie et aussi, selon les dires de l’auteur, « si on veut, l’affirmation d’une identité calédonienne, mais à condition de n’oublier ni que l’homme libre reste indéfinissable, ni le fait incontournable qu’ici est une terre kanake ».


Bibliographie :

Roman :

  • Les Heures italiques (Au Vent des îles, 2009)
  • Good night friend (Au Vent des îles, 2006)

Récit :

  • Seulement des mots (Éditions chez l’auteur, 1977)

Poésie :

  • Les arbres et les rochers se partagent la montagne (Vents d’ailleurs, 2010)
  • Cette Poignée de main illustré par Annie Rosès (Éditions Livre d’artiste, collection Les Océanîles, 2009)
  • Haibun de Ouessant illustré par Annie Rosès (Éditions Livre d’artiste, collection Les Océanîles, 2006)
  • Le dit du cafard taoïste illustré par Mathieu Venon (Association Kalachakra, 2005)
  • Le piéton du dharma (Grain de sable, 2003)
  • Ode aux pauvres (Association Kalachakra, 2002)
  • Autour Uluru (Librairie-Galerie Racine, 2002), nouvelle édition : texte intégral précédé d’une préface de Philip McLaren et suivi de Dialogue avec Bashô ou Haïkus du Chemin kanak (Au Vent des îles, 2011)
  • Poème de la solitude et de l’exil (Association Kalachakra, 2001)
  • On marchera le long du mur (Librairie-Galerie Racine, 2000)
  • Dire le vrai / To Tell the Truth avec Déwé Gorodé, édition bilingue de 18 poèmes, traduction anglaise de Raylene Ramsay et Brian Mackay, (Grain de Sable, 1999)
  • Avec le masque (Éditions Guy Chambelland, 1997)
  • Assis dans la barque (Grain de Sable, 1994)
  • Homme Montagne (Éditions Guy Chambelland, 1993)
  • L’Arme qui me fera vaincre (Vent du Sud, 1988)
  • Souffles de la nuit (Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1985)
  • Vision d’Insulaire (Éditions Saint-Germain-des-Prés, 1983)
  • Sloboda (Éditions chez l’auteur, 1973)

Nouvelles :

  • L’allée couverte de graviers blancs in Nouvelles calédoniennes (Vents d’ailleurs, 2012)
  • Totem (Grain de Sable, 1997)
  • Lieux (Grain de Sable, 1994)
  • Forêt, Terre et Tabac (Éditions du Niaouli, 1993)

Théâtre :

  • La Commande texte de la pièce suivi d’un entretien avec l’auteur (Traversées, 2004)
  • Les dieux sont borgnes avec Pierre Gope (Grain de sable, 2002)
  • Le Sentier Kaawenya suivi de deux courtes pièces en un acte : L’Autre et Qui sommes-nous ? (Grain de Sable, 1998)

Présentation de Les arbres et les rochers se partagent la montagne

La poésie de Nicolas Kurtovitch est une étrange rumeur, le bruit d’une île, la parole d’une terre partagée. C’est sûrement ce mélange entre conscience d’un exil et recherche d’une place juste qui fait que son écriture résonne tant en nous. Ce « nous » universel et pluriel qui nous interroge sans cesse dans notre quotidien singulier. C’est de cette matière qu’est faite la poésie de Nicolas Kurtovitch : une glaise où chaque homme trouve à façonner son quotidien pour construire son existence.

Présentation de Good night friend

Un roman qui, malgré sa brièveté, nous en dit beaucoup sur la Nouvelle-Calédonie et sur le lien familial fort qui englobe présents et absents, les ancêtres mais aussi ceux qui sont adoptés. Par petites touches, à la manière des impressionnistes, l’auteur jour avec le " je " du narrateur qui devient comme un témoin et passe d’un personnage à l’autre. Il dévoile au fil du récit une sombre histoire d’envoûtement avec meurtre et nous tire jusqu’au cœur des problématiques océaniennes attachées au nom et à la terre. Commençant par l’énigme d’un rêve et se terminant par une parabole, Good night friend parle du tressage des cultures, de Kanaks qui aiment l’opéra, de l’exil hors des tribus, du va’a, de la terre qui est maintenant dans l’inconscient, mais aussi d’être désormais de la ville. La ville vue à travers la métaphore de la prison de pierre qui enferme mais qui permet l’amitié malgré les différences ethniques.


Revue de presse :


Nicolas Kurtovitch, 5 Questions pour Île en île par ileenile

Interview de l’auteur sur France Inter

(...) Nicolas Kurtovitch, de Nouvelle-Calédonie, écrit des poèmes de piéton. Sa poésie est celle de "l’homme- en-marche", de l’homme migrant vers la plénitude de sa définition d’homme. Il s’y applique à suivre les pistes des humains et de la vie, dans sa permanence comme son actualité, pour habiter pleinement la sienne. Ce mouvement, qui préside à sa quête, a séduit les membres du jury du Prix international de poésie Antonio Viccaro, réunis, comme chaque année, au restaurant Aux Trois Canettes, rue des Canettes, à l’occasion du Marché de la Poésie 2008 de Paris. (...) Nicolas Kurtovitch est homme de lieux, de routes et de trajets. De ceux qui bruissent de la parole des hommes, mais aussi, surtout peut-être, de leurs silences, partagés ou non, et des questions que renvoie à chacun la présence de l’Autre.
Festival International de poésie de Trois-Rivières (Québec), à l’occasion de la remise du prix Antonio Viccaro à N. Kurtovitch, 2008

Autour Uluru. Ballade

Au Vent des Iles - 2012

Les peuples dits "sans écriture" ne sont pas pour autant des peuples "sans lecture". Bien au contraire, ces peuples - aborigène, kanak, ma’ohi - que l’on a dit primitifs lisent. Ils lisent beaucoup et souvent, ils lisent en tout et partout. Ils savent lire ce que nous, gens de sociétés "modernes" et même "postmodernes", ne savons plus lire. La nature, dans toutes ses dimensions visibles et invisibles, est un inépuisable livre de lecture, une encyclopédie, une somme de connaissances. Pour les Anunga, le peuple "autour de Uluru", le Grand Rocher est l’encyclopédie première et ultime, celle qui contient tout, là où tout est écrit, de l’origine du monde à l’origine du peuple, jusqu’à la fin de cette vie. Il y a, écrit sur ce Rocher, d’une façon que je ne sais pas lire, le devenir de chacun des Anunga et de chacun d’entre nous. Les Anunga savent lire la nature, tout simplement, et c’est une capacité sans limite, un trésor que nous avons essayé d’approcher en faisant, à notre tour, la marche de la connaissance et de la rencontre. Nouvelles Calédoniennes, Vents d’Ailleurs mai 2012 Auteurs : Waej Guenin-Juin, Noëlla Poemate, Nicolas Kurtovitch, Frédéric Ohlen, Denis Pourawa, Anne Bihan Des histoires, des sensations, des paroles et des gestes, inspirés, soufflés, par cette terre de la Nouvelle-Calédonie. Hula, jeune fille promise selon la coutume à son futur époux, qui commet l’irréparable car elle n’ose avouer sa grossesse à ses proches ; ce lépreux, isolé, banni de la compagnie des hommes qui, au soir de sa vie, rencontre la chaleur humaine grâce à un jeune garçon ; ces souvenirs olfactifs, tactils enfouis au plus profond de la mémoire d’un homme déjà avancé en âge qui se remémore son entrée à l’internat ; l’odeur des sorghos qui prend à la gorge, envahit les narines et tisse des fils entre la Bretagne et Bâ… Les heures italiques Et c’est ainsi que les hommes vivent. En Nouvelle-Calédonie et ailleurs. Caldoches, Kanaks. Des gens ordinaires liés par la famille ou l’amitié. Des choses extraordinaires ou non tissent la vie : un procès pour meurtre, le travail quotidien, la fatigue, le souvenir amer d’un passage à tabac, une danse, une marche dans la nature, la volupté d’une baignade, l’attente d’un bateau pour emmener l’éternel exilé vers une terre rêvée. Et puis les rêves, les douleurs, les amours, l’entraide, les peurs, ici comme ailleurs. Dans ce beau roman douloureux, Nicolas Kurtovitch plaide pour l’accord entre humains et communautés qui partagent une même terre.


Les heures italiques

Au Vent des Iles - 2009

Et c’est ainsi que les hommes vivent. En Nouvelle-Calédonie et ailleurs. Caldoches, Kanaks. Des gens ordinaires liés par la famille ou l’amitié. Des choses extraordinaires ou non tissent la vie : un procès pour meurtre, le travail quotidien, la fatigue, le souvenir amer d’un passage à tabac, une danse, une marche dans la nature, la volupté d’une baignade, l’attente d’un bateau pour emmener l’éternel exilé vers une terre rêvée. Et puis les rêves, les douleurs, les amours, l’entraide, les peurs, ici comme ailleurs. Dans ce beau roman douloureux, Nicolas Kurtovitch plaide pour l’accord entre humains et communautés qui partagent une même terre.

Quand les peuples prennent la parole

Avec Rhys Graham, Nicolas Kurtovitch, Moetaï Brotherson et Zhou Xiaoping - Saint-Malo 2012

Rencontre avec Rhys Graham, Nicolas Kurtovitch, Moetaï Brotherson et Zhou Xiaoping


Nouvelle-Calédonie : La natte des poètes

Avec Frederic Ohlen, Nicolas Kurtovitch, Anne Bihan et Chantal T. Spitz - Saint-Malo 2012

Avec Frederic Ohlen, Nicolas Kurtovitch, Anne Bihan et Chantal T. Spitz.


Jeunes à la dérive

Avec Chantal T. Spitz, Alan Duff et Nicolas Kurtovitch - Saint-Malo 2012

Une rencontre entre Chantal T. Spitz, Alan Duff et Nicolas Kurtovitch, animée par Géraldine Delauney.


Être avec l’autre

Avec Déwé Gorodé, Nicolas Kurtovitch, Frédéric Ohlen - Saint-Malo 2012

Une rencontre entre Déwé Gorodé, Nicolas Kurtovitch, Frédéric Ohlen, animée par Yvon le Men.


Les pièges de l’exotisme

Avec Chantal T.Spitz, Nicolas Kurtovitch, Marc De Gouvenain et Jean-Luc Coatalem - Saint-Malo 2012

Avec Chantal T.Spitz, Nicolas Kurtovitch, Marc De Gouvenain et Jean-Luc Coatalem, animé par Mireille Vignol