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SHAYEGAN Daryush

La conscience métisse (Albin Michel, 2012)

Biographie :

© Frédéric Poletti

Philosophe et romancier né en 1935 à Téhéran, D. Shayegan vit entre Paris et l’Iran. Il a forgé, suite à la révolution khomeyniste, le concept d’« idéologisation de la religion », Contre les oppositions factices entre Orient et Occident, modernité et tradition, il s’attache à construire une « pensée de l’entre-deux ». Puisant dans les philosophies européenne et arabomusulmane, il analyse dans La conscience métisse les amalgames, les ruptures et les connexions qui traversent aujourd’hui chaque être en tout lieu de la planète.

Présentation de La conscience métisse :

Daryush Shayegan a forgé il y a trente ans déjà, suite à la révolution
khomeyniste, le concept d’« idéologisation de la religion », repris par
de nombreux experts pour rendre compte de l’islam politique et de
ses impasses. Il a aussi pensé la notion d’individu non plus en
termes d’origine et d’appartenance uniques mais comme un
patchwork d’identités multiples et décrit le monde contemporain
non plus en opposant Orient et Occident, modernité et tradition
mais en analysant cette « pensée de l’entre-deux », les amalgames, les
distorsions, les ruptures et les connexions qui traversent chaque être
en tout lieu de la planète. Encore faut-il pour dégager le sens de
cette « conscience métisse » interroger la mémoire historique, les
constituants spécifiques qui ont permis à l’Occident d’émerger avec
ses universaux (pensée critique, analyse scientifique, démocratie,
etc.) issus des Lumières face à un Orient déboussolé vivant un
temps autre qu’historique, théologique, mystique voire
mythologique qui s’est fissuré avec la mondialisation, la
virtualisation et les réseaux sociaux.
Multiculturalisme, identités plurielles, métamorphoses du religieux,
interconnectivité, zones d’hybridation, déterritorialisations, autant
de combinatoires que l’auteur analyse à l’heure des « révolutions
arabes » qui voient s’opposer société civile et pouvoir anachronique.
Les mutations qui bouleversent le monde ne sont pas venues du
jour au lendemain : en renvoyant aussi bien aux philosophes de
Nietzsche à Deleuze et Baudrillard qu’aux théologiens arabomusulmans
c’est à penser la généalogie et le devenir de notre « être
dans le monde » que nous convie l’auteur.