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Dico des invités

ROUX Christian

France

Adieu Lili Marleen (Rivages, 2015)

© Doume

Selon Christian Roux, le roman noir, son genre de prédilection, est avant tout un « roman social, roman qui raconte l’histoire de personnages ancrés dans la réalité contemporaine et qui doivent d’une manière ou d’une autre se battre pour leur survie ». Ce pianiste de formation né en 1963 partage aujourd’hui son temps entre musique et écriture, deux formes d’expression qui lui permettent de mettre à mal les travers de la société de consommation et de dénoncer la marginalisation sociale sous toutes ses formes. Lauréat de nombreux prix pour ses polars, dont le Prix du Premier Polar SNCF 2002 pour Braquages, il ne se limite pas au roman et écrit aussi pour le cinéma, la radio et le théâtre.

Avant de se consacrer à la composition et à l’écriture, Christian Roux, enchaine les petits boulots alimentaires en se faisant successivement instituteur, berger, libraire, caissier, magasinier, coursier, déménageur, machiniste, pianiste de bar, peintre en bâtiment… Cette accumulation involontairement poétique cesse lorsqu’il adopte en 1997 le statut d’intermittent du spectacle. Il n’en reste pas moins un touche-à-tout, travaillant aussi bien sur des scénarios de longs et courts métrages que sur des nouvelles, des pièces de théâtre ou encore des pièces radiophoniques. Côté musique, Christian Roux fait d’abord partie du groupe Vern, puis sort deux albums en son nom : Défardé en 2007, et Goutte à goutte en 2010.
Que ce soit dans ses chansons ou dans ses textes, son écriture donne à voir une réalité brute, sans apparat, qui ne manque pourtant pas d’une certaine poésie. Ses personnages, des marginaux, des oubliés de nos démocraties libérales, n’ont qu’une solution : sortir des sentiers battus. C’est le cas dans Kadogos (2009) du personnage de Marnie, tueuse à gages de malades en phase terminale, ou encore de Larry dans L’homme à la bombe (2012), un chômeur désespéré qui se lance dans une série de braquages pour ne plus avoir à subir l’humiliation quotidienne des entretiens d’embauche et de l’assistanat. Ces romans noirs illustrent et dénoncent, grâce à un style précis et quasi-cinématographique, la psychologie du désespoir causée par un monde contemporain regorgeant de cruauté.
Christian Roux est aussi l’auteur d’œuvres à la jeunesse, qui se concentrent cependant toujours sur des thématiques proches de ses polars pour adultes. Ainsi, dans La maison aux paupières crevées (2008), l’histoire de l’amitié entre deux adolescentes lui permet d’aborder le racisme ordinaire et les difficultés liées à l’expulsion des sans-papiers, tandis que La Cabane au fond du chantier relate la vie d’adolescents dans une banlieue défavorisée.

Si pendant longtemps littérature et musique formaient pour Christian Roux deux « chantiers de création distincts », il édifie un pont entre ces deux arts dans son nouvel ouvrage, Adieu Lili Marleen, qui paraît en 2015 aux éditions Rivages. “Lili Marleen” est une référence au titre d’une célèbre chanson allemande des années 1950 : c’est cette chanson que Julien, héros du roman et pianiste dans un restaurant du Ve arrondissement, doit jouer tous les soirs sur la demande de Magalie de Winter, une vieille dame élégante. Le soir où celle-ci cesse de venir, Julien se voit subitement rattrapé par son passé de trafiquant. De son côté, Magalie est elle aussi confrontée à son histoire personnelle, étrangement liée aux musiciens qualifiés de « dégénérés » persécutés par le régime nazi…


En savoir plus


Bibliographie :

  • Adieu Lili Marleen (Rivages, 2015)
  • L’homme à la bombe (Rivages, 2012)
  • La cabane au fond du chantier (Syros, 2012)
  • La Bannière était en noir (La Branche, 2009)
  • Kadogos (Payot & Rivages, 2009)
  • La maison aux paupières crevées (Syros Jeunesse, 2008)
  • Les Ombres mortes (Payot & Rivages, 2005)
  • Braquages (Le Serpent à plumes, 2002 / Gallimard, 2004)
  • Placards (Le Serpent à plumes, 2003)
Adieu Lili Marleen

Adieu Lili Marleen

Rivages - 2015

Julien est pianiste dans un restaurant du Ve arrondissement. Chaque soir, Magalie de Winter, une cliente âgée à l’élégance surannée, lui demande de jouer Lili Marleen. Jusqu’au jour où elle cesse de venir. En revanche, Julien reçoit la visite de « Carlos », un individu patibulaire qui l’oblige à le suivre. Il comprend que son passé l’a rattrapé. Dans une autre vie, il a failli devenir un concertiste de haut niveau. Mais les premiers prix des concours lui ont échappé et il s’est retrouvé dans les griffes d’un agent artistique de seconde zone, un type louche qui remplit des « missions » pour le compte d’un réseau de trafiquants. Julien pensait bien avoir tourné la page, or le voilà contraint de reprendre du service pour Kamel et sa bande. Sa mission : jouer du piano sur le yacht d’un milliardaire russe. Lorsqu’il découvre que Magalie de Winter est à bord du bateau, il comprend que cette vieille dame excentrique a elle aussi un passé caché. Magalie était l’épouse d’Arno de Winter, homme d’affaires et mécène d’origine allemande. Dans les années trente, ils vivaient en Allemagne, organisaient des festivals et soutenaient des musiciens que le régime nazi allait bientôt qualifier de « dégénérés » puis persécuter jusqu’à la mort et l’oubli total. Comme un petit nombre de leurs compatriotes, ils ont cherché à résister...

L'homme à la bombe

L’homme à la bombe

Rivages - 2012 - 2012

L’homme à la bombe Larry est ingénieur acousticien mais, restructurations obligent, il a perdu son emploi et, à quarante ans passés, n’intéresse plus les employeurs. Pourtant, il a une femme et une fille à nourrir. Il essaie de décrocher n’importe quel travail de manutentionnaire, en vain. Trop diplômé. Et il est noir, ce qui ne joue pas en sa faveur. Alors, comme beaucoup de travailleurs au chômage qui menacent « de tout faire sauter », il fait une bêtise, fabrique une bombe. Elle est fausse mais seul lui le sait, et en attendant, son pouvoir de persuasion est immense, surtout dans les bureaux de poste qu’il se met à dévaliser. Il tombe un jour, au cours d’un braquage, sur une fille à la tignasse rouge qui est venue faire la même chose que lui. C’est Lu. L’ancien cadre et père de famille va alors devenir un bandit en cavale.


La cabane au fond du chantier

La cabane au fond du chantier

Syros - 2012

La barre Guillaume-Apollinaire où Thierry, sa famille et ses amis ont passé toute leur vie, est promise à la destruction. La cité où ils seront relogés sera bâtie sur le gigantesque terrain vague qui jouxte leur immeuble bientôt défunt. Fasciné par cette immense étendue encore vierge, Thierry et sa petite bande décident d’y construire une cabane avec la complicité d’Alban, le vieux gardien chargé de surveiller les lieux. Mais Alban change brusquement d’attitude et leur interdit du jour au lendemain l’accès au chantier, tandis que Méziane, le grand frère d’un ami de Thierry, censé croupir en prison, est aperçu dans les parages...


Kadogos

Kadogos

Rivages - 2009

Marnie exerce une activité très particulière : elle envoie dans un monde meilleur des malades en phase terminale, à la demande de familles qui ont les moyens de se payer ses services. Un jour, elle est contactée pour exécuter un contrat par une certaine Catherine Bermann, qui veut assurer à son beau-père, riche propriétaire de plusieurs cliniques, une fin digne et rapide. Marnie remplit sa mission mais, à sa stupéfaction, elle découvre la commanditaire assassinée, mutilée de façon effroyable. C’est le début d’une série de crimes atroces sur lesquels va enquêter l’officier de police Eustache Lerne. De son côté, Marnie se lance dans une quête éperdue de la vérité, tandis qu’un événement imprévu vient bouleverser sa vie personnelle...

Christian Roux s’est fait connaître avec Braquages (prix du 1er polar SNCF). Dans ce roman à la construction brillante, il pose avec fougue la question de la violence infligée aux plus faibles, qu’ils soient victimes de meurtres, d’abus sexuels ou de guerres qui les dépassent.


Braquages

Braquages

Gallimard - 2004

Quatre SDF sont recrutés par le mystérieux Hensley pour devenir braqueurs professionnels. Après une préparation quasi militaire, tout est en place pour le coup d’essai : le braquage d’une banque en plein Paris. Mais rien ne se passe comme prévu...
Un scénario magistral pour un roman noir, tendre et énervé, qui met en vedette, une fois n’est pas coutume, les vrais oubliés de nos démocraties libérales.

Cérémonie d’ouverture - Journée des lycéens et apprentis

Saint-Malo 2015

Cérémonie d’ouverture - Journée des collégiens

Saint-Malo 2015

Le jazz est un roman

Avec Arthur H, Christian Roux, Koffi Kwahulé, Fiston Mwanza Mujila, Michel Le Bris. - Saint-Malo 2015

Le jazz est né avec le XXe siècle d’un « nuit et brouillard » transcendé en une beauté convulsive jusque-là inouïe, ouvrant à l’universelle humanité et en cela se confondent le roman du jazz et celui de son siècle. Roman : jazz et littérature ont beaucoup à se dire – du primat du souffle, de la parole, et qu’au commencement, toujours, il y a le rythme…

Avec Arthur H, Christian Roux, Koffi Kwahulé, Fiston Mwanza Mujila, Michel Le Bris. Rencontre animée par Willy Persello

Rencontre passionnée entre le musicien Arthur H, les romanciers Christian Roux (pianiste également), Michel Le Bris, Koffi Kwahulé et Mwanza Mujila, tous fous de jazz, et le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart.


Toutes les nuances du noir

Avec Jérôme Noirez, Saul Black, Christian Roux, Pascal Dessaint. Rencontre animée par Josiane Gueguen. - Saint-Malo 2015

Avec Jérôme Noirez, Saul Black, Christian Roux, Pascal Dessaint. Rencontre animée par Josiane Gueguen.


Pouvoir de la violence

Avec Christian Roux, Stefan Mani et Henry Kénol - Saint-Malo 2012

Avec Christian Roux, Stefan Mani et Henry Kénol, une rencontre animée par Josiane Guéguen