Coups de cœur Télérama : T.C. Boyle

Etats-Unis
image
© Pablo Campos

T.C. Boyle continue donc de disséquer joyeusement le cauchemar américain. Drôle de destin pour celui qui se voyait en musicien éternellement maudit ! Après avoir pleuré sur sa carrière avortée (Water Music), scruté les méfaits de la psychiatrie ou ceux des régimes alimentaires dans des romans comme Aux bons soins du Dr Kellogg ou des nouvelles comme Vingt-Cinq Histoires d’amour, ce sale gosse de la littérature installe ici ses héros en 2025 au cœur de la Californie. Il ne cesse d’y pleuvoir d’étranges acides transformant les maisons en éponges. Et des maladies mystérieuses se développent plus vite que les chercheurs… Quant aux écologistes, ils ont du pain sur la planche entre l’effet de serre et la disparition de la plupart des animaux sauvages. Ty, le héros, s’est beaucoup battu pour les écolos lorsqu’il était jeune, mais, à 76 ans, il se contente de gérer une espèce de zoo pour bestioles en voie d’extinction. Quand son ex débarque à l’improviste, liftée comme une princesse, le passé lui revient en pleine figure, entre turpitude rigolotes et vrais combats pour la nature. Mais le temps passe, et le militantisme d’autrefois n’a plus la cote…
Il ne faut pas croire que toute cette aventure soit sérieuse, car chez T.C. Boyle nul ne contrôle jamais rien, et lui-même semble dans le doute… Pas de message donc dans cet Ami de la terre, juste un récit loufoque avec un pauvre vieux qui tente de sauver ses animaux de la noyade, regrette le temps où il faisait la bringue et finit par se retrouver comme un homme égaré dans une quête de la vie primitive…
C.F.

Un ami de la terre, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Robert Pépin (Editions Grasset, 2001)