DENIS Jean-Claude

France

Plutôt plus tard, Futuropolis, 2016

Personnalité rare dans le monde de la bande dessinée, ce musicien, illustrateur pour la jeunesse, scénariste et dessinateur a su imposer, au fil des années, un ton, un style qui ne ressemblent qu’à lui et qui parcourent toute son œuvre. Dans ses récits peuplés de personnages marginaux ou simplement décalés, il livre une vision douce-amère de la vie comme elle va. Après des premiers pas en bd dans les revues Pilote et (A suivre), il signe une œuvre prolifique, saluée par deux fois à Angoulème et ponctuée depuis 40 ans par les aventures de Luc Leroi. Les planches originales du dernier tome sont exposées à la Grande Passerelle, l’occasion de redécouvrir son travail riche et prolifique, en suivant les aventures de ce personnage attachant et lunaire, en décalage avec une société qui laisse peu de place à la poésie. Jean-Claude Denis poursuit par ailleurs avec élégance sa singulière autobiographie avec le 2e tome, La Terreur des hauteurs… où il raconte sa peur du vide.

Sorti de l’école supérieure des arts décoratifs de Paris en 1974, Jean Claude Denis obtient un diplôme de communication visuelle. Tout le prédispose donc à s’engager dans la publicité... Il commence par illustrer des publicités ainsi que des couvertures de livres pour les grands éditeurs français. Il publie en parallèle les premières planches de sa bande dessinée André le Corbeau dans le magazine Pilote avant de les faire publier chez Dargaud en 1980. Il réalise aussi, en collaboration avec Martin Veyraud un album pour la jeunesse chez Casterman en 1978. Il commence ensuite sa carrière solo et publie sa première bande-dessinée Cours tout nu chez Futuropolis en 1979.

Il dessine les premières aventures de Luc Leroi à partir de 1980, et les fait publier dans le magazine (À suivre) avant d’en faire des bande-dessinées qui ponctuent son œuvre. Il recevra pour Le Nain Jaune (1986) le prix du public au festival d’Angoulême. Et, consécration ultime, le Grand prix du festival d’Angoulême en 2012 pour l’ensemble de son œuvre. Anti-héros attachant et pessimiste, il voit sa vie déclinée en huit ouvrages. Luc Leroi, un anti-héros ? C’est le mot qui le désigne le plus souvent, en vingt ans d’existence éditoriale (1980-2000). Luc Leroi est un marginal, vivant dans une mansarde, sous les toits de Paris. Lunaire, attachant, pudique, succombant plus souvent qu’à son tour au charme des femmes, il quitte parfois sa mansarde pour vivre, à son corps défendant, des mésaventures où le danger côtoie le burlesque. Bohème, il évolue dans un quotidien contemporain. C’était alors une idée plutôt nouvelle que de raconter des histoires se basant sur la réalité, sans référence ni aux genres traditionnels de la BD, ni au cinéma, ni à la littérature. Jean-C. Denis, avec Luc Leroi, raconte des histoires simples qui reflètent, d’une certaine manière, sa vision personnelle de la vie, s’amusant du pessimisme qui l’habite.

Plutôt plus tard (2016) est le dernier tome de ses aventures paru. On y découvre son voyage jusqu’à Tahiti pour accompagner sa fiancée Alinéa, dont il revient avec un ukulélé. À son retour à Paris, il croise un étrange homme portant un chapeau melon, qui l’invite à dîner avec Paul Gauguin…
Jean-Claude Denis en expose les planches durant le festival Étonnants Voyageurs à l’occasion d’une exposition qui lui sera consacrée, à la Grande Passerelle de Saint-Malo.

Le vertige est par ailleurs le sujet de son dernier livre La Terreur des hauteurs. Sujet autant personnel qu’universel ! Après Nouvelles du monde invisible et ses arômes subtils, Jean-C Denis poursuit avec élégance sa singulière autobiographie, dont La Terreur des hauteurs est le deuxième volet…

Photo : ©Daniel Fouss


Bibliographie sélective

  • La Terreur des hauteurs (Futuropolis, 2018)
  • Plutôt plus tard (Futuropolis, 2016)
  • Nouvelles du monde invisible (Futuropolis, 2008)
  • Belém, un mirage à l’envers (Futuropolis, 2005)
  • L’ombre aux tableaux (Albin Michel, 1991)
  • Le Nain jaune (Futuropolis, 1986)
  • André le corbeau (Dargaud, 1980)
  • Cours tout nu (Futuropolis, 1979)
La Terreur des hauteurs

La Terreur des hauteurs

Futuropolis, 2018 - 2018

Jean-C. Denis est sujet au vertige. Et le vertige est le sujet de son nouveau livre. Sujet autant personnel qu’universel ! Après Nouvelles du monde invisible et ses arômes subtils, Jean-C Denis poursuit avec élégance sa singulière autobiographie, dont La Terreur des hauteurs est le deuxième volet…

Déambulant avec sa compagne sur un chemin des douaniers, au bord de la mer, l’auteur s’arrête tout soudain : « Ça a commencé par une vague sensation de tristesse, un sentiment diffus d’absence et d’abandon. Rien de très remarquable au fond. Je ne me suis pas méfié du tout. »
Mais de quoi l’auteur ne s’est-il pas méfié ? De la peur du vide. De la terreur des hauteurs, ce monstre issu de l’imagination qui toujours triomphe de la raison. Autrement dit, le vertige, qui « absorbe et retient toute pensée cohérente ». Poursuivant, tant bien que mal, sa marche sur le sentier littoral – « Enfoirés de douaniers ! » –, l’auteur se remémore ces « paniques à bord » qui ont marqué, ô combien, sa vie.
Souvenirs discrets ou envahissants, parfois peu glorieux, toujours précis, Jean-C. Denis raconte ces moments, aussi étranges que familiers, avec l’humour, la profonde légèreté et la délicatesse qui caractérisent toute son oeuvre.

Plutôt plus tard

Plutôt plus tard

Futuropolis, 2016 - 2016

Double de papier de son auteur à bien des égards, Luc Leroi revient plus alerte que jamais, dans une rencontre savoureuse avec Paul Gauguin, en 1894.

Alinéa, la douce amie de Luc Leroi, a décidé de rentrer à Tahiti. Elle a le mal du pays. Pour combler le vide de sa tristesse, Luc l’emmène au musée d’Orsay voir les toiles tahitiennes de Gauguin, dont il admire l’œuvre. Alinéa finit par convaincre Luc de l’accompagner à Papeete. Celui-ci est accueilli dans la maison familiale de sa fiancée. Elle habite encore chez ses parents. Il est plus pratique d’avoir un amoureux près de la maison plutôt qu’à l’autre bout du monde… Luc cependant doit rentrer à Paris. Les parents d’Alinéa lui offrent un ukulélé. Luc Leroi se retrouve donc à Paris, son ukulélé à la main. Dans une rue déserte, il est abordé par un homme étrange, coiffé d’un chapeau melon. Le prenant sans doute pour un autre, l’homme le conduit, « pour la soirée du lundi », chez Paul Gauguin…


Les rameaux de Jéricho

Editions DS - 1994