SARO-WIWA Noo

Nigéria

Transwonderland, voyages au Nigéria (Hoëbecke, 2013)

Biographie

Bijou d’humour et de lucidité, classé par le Guardian parmi les 10 meilleurs ouvrages africains du moment, Looking for Transwonderland, le premier livre de la jeune britannique d’origine nigériane Noo Saro-Wiwa, offre un point de vue original, à la fois distant et familier, sur le Nigéria contemporain.

Des faubourgs chaotiques de Lagos à la beauté calme des paysages de l’Est, cette épopée drolatique nous balade avec bonheur aux quatre coins de ce pays colossal de 160 millions d’habitants, doté de ressources naturelles fantastiques mais accablé par la corruption, où la ligne de partage entre le Sud chrétien et le Nord musulman se superpose à une incroyable diversité ethnique.

Sur ce récit au ton enjoué plane une ombre : celle de Ken Saro-Wiwa, le père de l’auteur, écrivain, producteur pour la télévision et militant, exécuté en 1995 par la dictature de Sani Abacha pour son engagement en faveur des droits de la minorité Ogoni. Au delà du simple carnet de voyage, le livre fait ainsi le récit des retrouvailles émouvantes de l’écrivain avec ce pays où elle n’a plus mis les pieds après la mort de son père. Comme l’indique le titre, Looking for Transwonderland, est aussi le compte-rendu d’une quête, un road trip cathartique à la recherche d’un autre Nigéria, débarrassé des fantômes de la dictature et des souvenirs douloureux, un Nigéria que symbolise pour l’auteur l’improbable parc d’attraction de Transwonderland et ses étranges manèges décrépits.

Auparavant rédactrice pour le Lonely Planet ou le Rough guide, Noo Saro-Wiwa signe un premier livre piquant, irrévérencieux et tendre qui n’a rien d’un guide de voyage mais tout d’une entrée réussie en littérature. Elle envisage actuellement un second livre consacré aux communautés africaines de Londres. À suivre...


Bibliographie :

  • Transwonderland, voyages au Nigéria (Hoëbecke, 2013)

Présentation de Transwonderland, voyages au Nigéria

couverture Le Nigéria ne fait pas partie des plus grandes destinations touristiques. Noo Saro-Wiwa va pourtant y passer tous ses étés pendant près de 15 ans. Née au Nigéria en 1976, élevée par sa mère en Angleterre, tous les ans elle vivra comme une punition le fait de devoir retourner auprès de son père dans ce pays qu’elle déteste et dont elle ne supporte pas le manque de confort, l’insalubrité, la vie misérable de ces habitants et l’absence de télévision… En 1995, son père, Ken Saro-Wiwa, écrivain respecté, producteur de télévision et militant écologiste engagé, est exécuté par le régime militaire du dictateur Abacha. Pour la jeune fille, c’est la rupture totale avec le pays, elle n’y retournera qu’en 2005, bien décidée à comprendre pourquoi son père aimait tellement ce pays qu’il en est mort. Dans ce livre, mi- récit de voyage, mi- mémoire personnelle et familiale, Noo raconte ses cinq mois de voyage, du chaos exubérant de Lagos aux magnifiques montagnes de l’Est. De l’absurdité d’un parc d’attraction désert et décrépit – Transwonderland, qui se voulait être la réponse africaine à Disneyland –, à Nollywood (le Nigéria est le deuxième producteur de films au monde, juste derrière l’Inde et bien avant Hollywood). On y voit aussi comment la corruption, l’absence total de contrat social, le détournement de fonds publics font de ce pays, (pourtant deuxième puissance du continent africain après l’Afrique du Sud et 1ere puissance en exportation de pétrole) un des pays dont la population est la plus pauvre : Paradoxes de cette nouvelle Afrique en marche, où l’ancrage dans une modernité mondialisée cohabite violemment avec des traditions qui se vivent au quotidien. Mais Noo Saro-Wiwa rencontre aussi des hommes et des femmes en qui elle reconnaît les forces mêmes de son pays : l’humour, la tolérance, une énergie immense, et l’ingéniosité stupéfiante nécessaire pour faire face à tout, à commencer par les coupures d’électricité et les pénuries d’eau… Noo Saro-Wiwa, qui signe ici son premier livre, se révèle être un formidable écrivain mais aussi une fine observatrice, dont la compassion, l’œil aiguisé et l’honnêteté illuminent les pages de ce livre, tout à la fois drôle, tragique, chaleureux, et merveilleusement écrit.

Revue de presse anglophone :

  • « Sans abandonner son ton guilleret, l’auteur montre par son observation avisée de la société nigériane qu’elle est la digne fille de son père. » The Observer
  • « Plus qu’un "travel book" ce livre est une tentative pour renouer avec une patrie perdue. Deux voyages se mêlent : Noo Saro-Wiwa fait son chemin à travers un Nigéria haut en couleur (...) peuplé de personnages fascinants ; et elle traverse en même temps un paysage gris, indicible, jonché de souvenirs douloureux et de rappels constants à la vie et à l’héritage de son père. » The Independant

Transwonderland, voyages au Nigéria

Hoëbeke - 2013

Descending an escalator in Nigeria a few years ago, I noticed to my alarm that a crowd of people had stopped at the bottom to argue with one another. As dozens of us headed downwards into the stationary throng, I pictured the headline : “Human Avalanche Kills 50”. “Move forward !” I shrieked. “We never do ! That is the problem with our people,” exclaimed a wry Nigerian behind me. Everyone guffawed, moved onwards, and we all lived to see another day. Noo Saro-Wiwa, daughter of the executed human rights activist Ken, has written an entire book lamenting Nigeria’s failure to move forward, but she has uproarious fun proving her point. The journey begins in disorderly Lagos, at the home of Aunty Janice. Saro-Wiwa considers the lack of water and a capricious electricity supply less troublesome than being roused at two every morning by Aunty Janice praying : “Die witches ! Die, die, die !” However hard she tries to escape it, the church always finds her. Preachers board the Lagos minibuses to thunder against the wiles of Satan. Every Nigerian she meets passionately explains the world in terms of religion. There is even an entire town, replete with schools and hospitals devoted to evangelical worship, called Prayer City. As she journeys through Africa’s most populous country, Saro-Wiwa becomes increasingly disheartened by the effects of government corruption. Nigeria is the world’s 12th largest oil producer , but oil ministers sell fuel to black marketeers at an inflated price, causing severe petrol shortages. Saro-Wiwa is concerned about the effects of oil pollution on the delicate eco-system. Little has changed since the 1990s, when her father led peaceful protests against Shell’s environmental destruction. Despite all this, the dominant tone of this book is one of humour and affection. Saro-Wiwa visits ape sanctuaries, dog shows and the Transwonderland of the title, a dilapidated funfair whose rides are overgrown with weeds. In Kano she attends the Durbar pageant, where she marvels at the costumes, turbans and embroidered umbrellas of the Hausa warriors. Further south she meets white Zimbabweans who have settled in Nigeria to run hugely successful farms.


L’Afrique qui vient - Anthologie

Hoëbeke - 2013

Un monde meurt, et avec lui bien de nos repères – un autre monde naît, dans le tumulte et le chaos, mais avec une formidable énergie. Et une nouvelle Afrique, qui entend prendre sa place dans le siècle qui commence. Une Afrique qui met à mal nos discours convenus. Une Afrique dont les artistes, les écrivains, les poètes, nous dessinent aujourd’hui les contours. Lisez-les : ils nous parlent aussi de nous-mêmes, et de notre futur. 28 écrivains, nous disent ici, à travers 28 nouvelles, cette Afrique qui vient, surprenante, inquiétante, fascinante : un continent entier qui se met en marche, et dans le mouvement, s’invente. Parmi eux, des auteurs aujourd’hui de grand renom mais aussi la nouvelle vague des auteurs africains qui vont être les révélations des années à venir, et imposent des voix nouvelles. Nés après l’indépendance, ils ont grandi dans le cauchemar des génocides, sous le joug des dictatures, contraints souvent à l’exil. Le génocide de 1994 au Rwanda aura été un tournant : la fin de l’innocence, des paradis perdus, des discours seulement victimaires quand l’Afrique découvre sa capacité à s’autodétruire. Le nouvel espace romanesque africain n’est plus, sur place, celui du village, de la répétition du discours anti-colonialiste, du mythe d’une Afrique à retrouver, de la tradition, mais celui tout à la fois de l’exil et celui de la ville, monstrueuse, hybride, tentaculaire, où s’expérimentent également, mais d’une autre manière, métissage et multiculturalisme, se met en place un univers créole. La ville, où s’invente, au-delà du roman, une culture de la rue, slam, hip-hop, rap, par laquelle la jeunesse exprime sa révolte et ses espoirs. Lisez-les : ils vont vous étonner.   

On l’appelle "Creative non fiction"

Les grands débats en vidéo
Avec David VAN REYBROUCK, Gabi MARTINEZ, Noo SARO-WIWA, Paolo RUMIZ, Michel LE BRIS - Saint-Malo 2013

Avec David VAN REYBROUCK, Gabi MARTINEZ, Noo SARO-WIWA, Paolo RUMIZ, Michel LE BRIS
Animé par Baptiste LIGER


Habiter la frontière

Les grands débats en vidéo
Saint-Malo 2013

Avec Kim THUY, Diana EVANS, Henri LOPES, Noo SARO-WIWA
Animé par Catherine PONT-HUMBERT


Vues d’Afrique

Les cafés littéraires
Ryad ASSANI-RAZAKI, Uwem AKPAN, Noo SARO-WIWA - Saint-Malo 2013

Ryad ASSANI-RAZAKI, Uwem AKPAN, Noo SARO-WIWA