GÜNDAY Hakan

Turquie

Encore (Galaade, 2015)

© Selen Ozer

Étoile montante de la scène littéraire turque, Hakan Günday a découvert la littérature avec Louis-Ferdinand Céline ; une influence qui ne l’a plus jamais quitté. Né à Rhodes en 1976, il vit à Istanbul. Francophone, il suit son père diplomate à Bruxelles et dans nombre de pays européens. Après des études littéraires à l’université Haccetepe d’Ankara, il poursuit son cursus en sciences politiques à l’université libre de Bruxelles et à l’université d’Ankara. C’est alors qu’il commence à écrire.

D’un extrême à l’autre, son septième roman, est le premier à être traduit en français. Prix du meilleur roman de l’année 2011 en Turquie, D’un extrême à l’autre critique les crispations identitaires sous toutes leurs formes et dynamite les reliquats de l’orientalisme. Un grand roman insolent, un cri dans la nuit de la part de « l’enfant terrible » de la littérature turque.

Il est aussi l’auteur d’une pièce de théâtre écrite pour la compagnie du comédien Murat Daltaban. Par ailleurs son roman Piç, qui signifie littéralement « bâtard », est en cours d’adaptation cinématographique.

Son roman historique Ziyan, paru initialement en 2009, sort en France en 2014 aux éditions Galaade. Hakan Günday y met en scène son arrière-grand-oncle, qui fut exécuté en 1926 pour avoir tenté d’assassiner le président Mustafa Kemal. Fasciné par cette histoire, l’auteur imagine la jeunesse de son aïeul, sa découverte de l’Allemagne et son rôle dans le mouvement de libération de la Turquie. Günday signe ici un récit antimilitariste fort.

La consécration opère à la fin de l’année 2015 lorsque son tout dernier roman, Encore, reçoit le Prix Médicis étranger. À travers ce récit poignant et terrifiant, ancré dans notre réalité politique et sociale, l’auteur décrit la vie d’un jeune passeur turc, à la fois tortionnaire et victime, pris dans ce drame humain orchestrant l’exploitation des plus faibles, ces exilés anonymes qui se perdent et s’enlisent jusque dans la mort. Aujourd’hui, Hakan Günday se fait la voix de toute une génération, et devient par là même représentant des jeunes écrivains contemporains turcs de grand talent.


Bibliographie :

  • Encore (Galaade, 2015), Prix Médicis étranger 2015
  • Ziyan (Galaade, 2014)
  • D’un extrême à l’autre, traduction de Jean Descat (Galaade, 2013)
  • Az (Few) (2011)
  • Ziyan (2009)
  • Azil (Dismissal) ( 2007 )
  • Malafa (Mandrel) (2005)
  • Piç (Bastard) (2003)
  • Zargana (2002)
  • Kinyas ve Kayra (2000)

Malafa

Galaade - 2016

Antalya, située au sud de la Turquie, est la destination touristique bon marché par excellence. A des prix si alléchants, vous, le touriste, devrez faire le tour de tous les magasins, un par un, qu’il s’agisse de cuirs, de tapis ou de bijoux. Vous voici arrivé devant le Grand Bazar, immense magasin et pôle d’attraction de toute la ville. Son nom : Topaze. Vous serez forcé d’y entrer, et vous vous dirigerez vers ce qu’il y a de moins coûteux. Evidemment ! Mais vous vous heurterez alors à Kozan. Kozan est là pour vous convaincre d’acheter les plus beaux bijoux du monde ! Il vendrait n’importe quoi, Kozan, du moment qu’il vend. Il a même son argot, Kozan, pour mieux vous faire oublier le monde extérieur. Topaze, c’est un monde à part, une langue à part, et quand on entre chez Topaze, quand on parle à Kozan, le monde entier s’évanouit. Chez Topaze, on est ailleurs, terre de rêves et de mensonges, bling-bling et arnaques assurés. Hakan Günday, l’auteur d’Encore, Prix Médicis étranger 2015, choisit avec Malafa d’explorer d’un tout autre point de vue les relations entre Orient et Occident, n’hésitant pas à comparer tourisme et diplomatie et offrant au lecteur une critique sociale et économique drôle, acerbe et sans concession du tourisme de masse en Turquie.

Encore

Encore

Galaade éditions - 2015

« Les clandestins montaient dans la caisse du camion et, après un voyage de deux cents kilomètres, ils montaient à bord des bateaux et se perdaient dans la nuit… »
Gazâ vit sur les bords de la mer Egée. Il a 9 ans quand, à peine sorti de l’école, il devient passeur de clandestins. Il travaille avec son père Ahad, ainsi que les frères Harmin et Dordor, commandants des bateaux qui emmènent les migrants en Grèce. Pendant des années, Gazâ et Ahad entreposent dans un dépôt cette marchandise humaine, ces individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Jusqu’au jour où Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan du nom de Cuma, le seul être humain qui ait fait preuve d’un peu d’humanité envers lui. Dès lors, dans ce monde violent et désabusé, Gâza ne cesse de penser à Cuma et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui n’empêche pas Gazâ de transformer le dépôt en terrain d’observation des dynamiques de domination et de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Cependant, un soir, tout bascule et c’est désormais à lui de trouver comment survivre…


Revue de presse :


Ziyan

Ziyan

Galaade - 2014

« Un mauvais rêve peut-il transformer l’existence de quelqu’un en cauchemar ? Peut-il lui faire abandonner son éducation à mi-parcours ? Le rendre fou ? »

ll a vingt ans, il est soldat. Dans l’est de la Turquie, où l’armée contrôle les populations kurdes, lutte contre les rebelles du PKK et la contrebande généralisée, la vie au quotidien est dure. Au cœur d’un hiver interminable, les tours de gardes sont de véritables supplices – sans compter les relations difficiles avec la population locale et la hiérarchie militaire.

Une nuit, un homme lui rend visite. Il dit s’appeler Ziya Hurşit, l’un des conjurés qui fut pendu pour avoir participé à la tentative d’assassinat contre Mustafa Kemal en 1926. Est-ce la fatigue ou l’hypothermie qui provoque chez le soldat une telle hallucination ? Serait-ce que son esprit tourmenté s’enfonce progressivement dans la folie ?

Ziya lui raconte sa découverte de l’Allemagne au début des années 1910, l’avant-garde artistique de Berlin, Dantzig, la guerre au sein de la marine allemande, puis la Turquie occupée et démantelée, enfin sa rencontre avec Mustafa Kemal et son rôle dans le mouvement de libération et la reconstruction du pays, jusqu’au jour où, face à la montée d’une nouvelle classe politique trop éloignée de ses idéaux, le terrorisme lui apparaît comme la seule échappatoire.


D’un extrême à l’autre

Galaade Editions - 2013

« Cette nuit-­là, Derdâ se déploya comme un blanc étendard devant sa fenêtre. Elle resta nue comme un cri dans le noir. Mais nul n’entendit ce cri. La vitre était muette et nul ne vit son corps qui avait été battu comme plâtre. »

Cela fait cinq ans que Derdâ, originaire d’Anatolie, vendue et mariée de force à un islamiste, vit prisonnière au douzième étage d’un immeuble de Londres. Elle refuse d’être une victime et devient l’icône du milieu pornographique : sous son tchador, elle ne laisse voir que ses yeux et se venge. Il y a aussi Derda, un gamin qui croise le regard de Derdâ à Istanbul lors de son transfert de Turquie en Angleterre. Lui aussi fait une rencontre qui bouleverse radicalement sa vie : celle d’un écrivain, Oğuz Atay.

De l’Anatolie à Londres, de l’innocence à toutes les formes de violence, Hakan Günday imagine l’histoire de Derdâ et Derda, deux personnages en miroir, qui font tout pour se libérer de leurs prisons respectives.

Avec D’un extrême l’autre, Hakan Günday, l’enfant terrible de la littérature turque contemporaine, nous offre ici une fable, un conte cruel et ironique, sublimé par l’amour et la littérature, une leçon de crime et de châtiment, dont l’audace, l’humour et le suspens font de cette critique implacable et décalée des dérives de nos sociétés un grand roman.


Revue de presse :

  • « Entre mystère et baraka, sous l’imagination truculente, le burlesque désamorce le pathos du réel, le faux kitsch n’empêche pas la critique du fondamentalisme islamique, ni celle des fantasmes orientalistes. Un conte oriental philosophique aux accents schopenhaueriens. » Livres Hebdo

D'un extrême à l'autre

D’un extrême à l’autre

Galaade - 2013

Derdâ a onze ans quand sa mère choisit de lui faire quitter l’école et la vend. Arrachée à son village d’Anatolie, la gamine est mariée à un islamiste du nom de Bezir. Elle le suit à Istanbul, où, le temps d’un regard, elle croise la route d’un jeune garçon de onze ans, qui porte presque le même prénom, Derda, et qui est lui aussi aux prises avec un destin extrêmement difficile. Puis elle est emmenée de force à Londres, où elle est séquestrée pendant cinq ans, battue et abusée.
 
Pour échapper à sa prison, elle choisit de devenir l’esclave sexuelle d’un anglais, Stanley, qui l’oblige à pratiquer des relations sado-masochistes et à participer à des films pornographiques. Sous son tchador, elle ne laisse voir que ses yeux et fait fantasmer le marché clandestin de Londres, devenant ainsi une icône du milieu pornographique.
 
Puis tout bascule. Impliquée dans le marché de la drogue, Derdâ devient accro à l’héroïne jusqu’au moment où, devenue le point d’intersection du milieu turc clandestin de Londres, entre mafia des trafiquants de drogue et organisation d’islamistes radicaux, elle est récupérée in extremis et confiée à un centre de désintoxication.
 
Elle y rencontre Anne et commence une nouvelle vie, plus prometteuse.

Et il y a Derda aussi, le jeune garçon qui, du haut de ses 11 ans, a croisé le regard de Derdâ dans un cimetière stambouliote. C’est là que, plus tard, vivant seul en observant le monde, témoin de bien des trafics, il fait une autre rencontre qui change aussi sa vie. Ayant reçu la mission de prendre soin de la tombe d’un écrivain, il découvre son œuvre et décide d’y consacrer sa vie – et de le venger, ce qui l’amènera à croiser à nouveau la route de Derdâ.

De l’Anatolie à Londres, de l’innocence à toutes les formes de violence, de la recherche de liberté à l’accomplissement, Hakan Günday imagine l’histoire de Derdâ et Derda, deux personnages aussi éloignés que les deux lettres de l’alphabet A et Z, deux personnages en miroir, qui sont enfermés et qui font tout pour sortir de leur prison et se libérer, se croisent et finissent par s’unir, se perdre et se retrouver, pour toujours. D’un extrême l’autre, dans une critique implacable et décalée des dérives et des travers de nos sociétés, Hakan Günday nous offre, non sans humour et non sans suspens, ce magnifique conte cruel, sublimé par l’amour et la littérature.

D’un extrême l’autre constitue l’un des livres les plus singuliers et les plus percutants de la littérature turque contemporaine.

Des Revenants

Les cafés littéraires
Hakan GUNDAY, Velibor COLIC, Ayana MATHIS - Saint-Malo 2014

Avec Hakan GUNDAY, Velibor COLIC, Ayana MATHIS.
Animé par Maette CHANTREL et Pascal JOURDANA.


Entre deux mondes

Les cafés littéraires
Avec Diana Evans, Hakan Gunday, Kim Thuy, Teju Cole - Saint-Malo 2013

Participants : Diana Evans, Hakan Gunday, Kim Thuy, Teju Cole

Orient-occident, le rêve impossible ?

Avec Jean-Pierre Perrin, Tahar Ben Jelloun, Hakan Günday, Olivier Weber - Saint-Malo 2017

AvecJean-Pierre Perrin, Tahar Ben Jelloun, Hakan Günday, Olivier Weber
Animé par Yann Nicol

Cette union, ce dialogue, furent le rêve eurasien d’Alexandre le Grand. Comment se peut-il que ce territoire coïncide avec, aujourd’hui, la zone d’extension du djihadisme ? s’interroge Jean-Pierre Perrin dans un essai-récit de voyage, prix Kessel de cette année (Le Djihad contre le rêve d’Alexandre, Le Seuil), Tahar Ben Jelloun, tenant résolu d’un Islam des Lumières est comme un pont exemplaire entre les deux continents, et a multiplié les ouvrages sur ce thème, Olivier Weber, grand reporter, a arpenté cet espace en tout sens, fait de ce face à face la matière de plusieurs de ses livres, et dans son dernier roman, Hakan Gunday, le nouveau grand des lettres turques, a pour personnage central, qui prend une dimension symbolique sur le rapport Orient-Occident, un jeune passeur turc tout à la fois tortionnaire et victime (Encore, Galaade). Un rêve véritablement impossible ? Ou bien impose-t-il, aussi, une interrogation de l’Occident sur lui-même ?


Scène ouverte aux poètes

Sur scène : Mackenzy Orcel en maître de cérémonie, Dany Laferrière, Coutechève Lavoie Aupont, Yahia Belaskri, Jean-Marie Blas De Roblès, Ananda Devi, James Noël… - Saint-Malo 2017

« Quelque soit le lieu d’où résonne la littérature, elle fait entendre, photographie, questionne les mots/maux du monde. Elle parle de l’humain, donc est résolument ancrée dans l’universel. Elle est le langage d’hier, d’aujourd’hui et du monde qui vient. Elle porte les cicatrices de l’Histoire. Elle doit être lue, être entendue, secouer les consciences, désarmer les certitudes. » (Mackenzy Orcel)
Avec Sophie BOUREL, Néhémy PIERRE-DAHOMEY, Dany LAFERRIÈRE, Jean-Marie BLAS DE ROBLÈS, Rodney SAINT-ELOI, Ananda DEVI, Hakan GÜNDAY, Coutechève LAVOIE AUPONT, Yahia BELASKRI, Martine FIDÈLE, Aurélia LASSAQUE, Nii AyikweiI PARKES, James NOËL, Makenzy ORCEL, Guy-Junior REGIS et la présence d’Azad Zyia EREN… : ils sont les nouvelles voix qui nous viennent d’Haïti, ou qui portent Haïti au cœur. Rassemblés pour une soirée magique à l’Univers, superbement accompagnés par le guitariste Yoann MINKOFF.


Quand la Méditerranée nous submerge : Enjeux des temps présents

Avec Hakan Günday, Tahar Ben Jelloun, Michel Agier, Jean Viard - Saint-Malo 2017

Avec Hakan Günday, Tahar Ben Jelloun, Michel Agier, Jean Viard
Animé par Yann Nicol

L’essai que publie Jean Viard sous ce titre (Actes Sud) nous interpelle : là-bas se joue une partie qui nous concerne tous. Et le débat n’est pas entre réalisme et sentimentalisme. Car c’est une idée de nous-même, de nos valeurs, de ce qui nous fait être ensemble, qui meurt chaque jour en Méditerranée.


Une Turquie plurielle

Avec Azad Zyia Eren, Hakan Gunday, Emmanuelle Colas - Saint-Malo 2017

Avec Azad Zyia Eren, Hakan Gunday, Emmanuelle Colas
Animé par Hubert Artus


Mère Méditerranée

Avec Simon Abkarian, Seyhmus Dagtekin, Cypris Kophides, Azad Zyia Eren, Sylvia Lacarrière, Gil Jouanard, Hakan Günday, Ömer Kalesi - Saint-Malo 2017

Avec Simon Abkarian, Seyhmus Dagtekin, Cypris Kophides, Azad Zyia Eren, Sylvia Lacarrière, Gil Jouanard, Hakan Günday, Ömer Kalesi
Animé par Yvon Le Men


Démocratie : État de crise

Avec Hakan Günday, James McBride, Michel Agier - Saint-Malo 2017

États-Unis, Turquie, Moyen-Orient, monde musulman, Europe dite de l’Est, et France, bien sûr : les signes se multiplient d’une crise inquiétante. Ici, énorme crise de la représentation, là, haine absolue, ailleurs tentations de solutions radicales. Un après-midi avec James McBride (Américain, National Book Award en 2013), auteur de Mets le feu et tire-toi, chez Gallmeister, superbe récit « à la recherche de James Brown et de l’âme de l’Amérique », Hakan Günday, grande figure montante de la littérature turque, Prix Médicis 2015 pour Encore (Galaade) et qui publie Malafa, roman drôle, acerbe et sans concession sur la Turquie d’aujourd’hui, Yann Moix qui pose dans Terreur (Grasset) la question de la transcendance et de sa perte ou encore Jean Viard dont l’essai Quand la Méditerranée nous submerge (L’Aube) tire la sonnette d’alarme et appelle à la solidarité.
Animé par Baptiste Liger

Avec Hakan Günday, James McBride et Michel Agier


Frontières

Avec Olivier JOBARD, Hakan GÜNDAY, Olivier WEBER, Jean-Paul MARI - Saint-Malo 2016


Avec Olivier JOBARD, Hakan GÜNDAY, Olivier WEBER, Jean-Paul MARI
Animé par Jean-Louis VINET


Café littéraire : Passeurs vers l’enfer

Avec Hakan Günday, John Vaillant, Jean-Paul Mari - Saint-Malo 2016


Avec Hakan Günday, John Vaillant, Jean-Paul Mari


Turquie, carrefour orient/occident

_ Avec Hakan GÜNDAY, Çiler ILHAN, Ahmet INSEL, Ece TEMELKURAN - Saint-Malo 2016

Avec Hakan GÜNDAY, Çiler ILHAN, Ahmet INSEL, Ece TEMELKURAN
Animé par Marie-Madeleine RIGOPOULOS


France Culture : Tout un monde par Marie-Helène Fraïssé

Saint-Malo 2014

Avec Velibor Colic.

Avec Hakan Günday.


Prendre parti

Saint-Malo 2014

Avec Hakan Günday et Drago Jancar.
Animé par Eduardo Castillo.