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MANAI Yamen

Tunisie

Bel abîme (Elyzad, 2021)

© Gabriel Carrère

Ingénieur de formation, il confirme, roman après roman, une place incontestée dans la nouvelle génération d’auteurs tunisiens, bâtissant ses œuvres comme des contes modernes inspirés tant par l’actualité que les nouvelles technologies. J.-M. G. Le Clézio dit de lui qu’il "parle avec la réserve et l’exactitude de l’homme de science et en même temps avec le feu du poète et l’imagination du romancier. » Après L’Amas ardent, couronné de nombreux prix dont celui des Cinq continents de la francophonie, Yamen Manai publie cette année un nouveau roman d’une fougue rare, déroulé comme le monologue d’un adolescent révolté contre le monde. Brillant portrait d’une jeunesse meurtrie, qui décide de renverser les rôles et accuse la société de détruire tout ce qui est beau.

« Écrire en français me permet de toucher un panel plus large et de rendre la voix de la Tunisie plus audible. » (RFI)

Considéré comme l’un des représentants les plus talentueux de la nouvelle génération d’auteurs tunisiens, Yamen Manai interroge les ressorts de la modernité et de la liberté politique. Si ses romans sont emprunts d’actualité, l’auteur veut créer une œuvre intemporelle et universelle qui ne se limite pas à un moment précis de l’Histoire. Ingénieur romancier, il construit ses œuvres comme des contes à l’aide de personnages forts et s’inspire des nouvelles technologies - un domaine qui le fascine. Jean-Marie Gustave Le Clézio dit de lui qu’il "parle avec la réserve et l’exactitude de l’homme de science et en même temps avec le feu du poète et l’imagination du romancier."

Il grandit en Tunisie avant de partir en France faire ses études. À Paris, il se passionne pour la littérature et découvre avec émerveillement les nombreuses librairies, les rencontres littéraires et les débats. C’est alors qu’il publie son premier roman, La Marche de l’incertitude, très belle histoire à l’humour joyeux, entre influences du conte traditionnel africain - destins croisés de personnages forts - et son goût pour la science et la technique. Publié en 2010 en poche aux éditions Elyzad, basées à Tunis, le récit est placé sous le signe du hasard. Immédiatement remarqué, Yamen Manai a reçu le prix Comar d’Or, prestigieux prix littéraire tunisien, et le prix des lycéens Coup de cœur de Coup de Soleil en France, dont l’ambition est de mieux faire connaître la littérature du Maghreb.

Dans son deuxième roman La Sérénade d’Ibrahim Santos, paru en 2011 et pour lequel il a reçu le prix Alain Fournier qui récompense de jeunes écrivains, Yamen Manai nous plonge dans l’univers du réalisme magique sud-américain en proposant une peinture de la réalité qu’il s’amuse à travestir. L’écrivain interroge la dictature et ses ressorts ainsi que les limites des prouesses technologiques en transportant le lecteur par la musique d’Ibrahim Santos, musicien météorologue. L’écrivain, qui a commencé l’écriture du roman trois ans avant la révolution tunisienne, a confié avoir senti les prémices des mouvements de contestation à venir.

En 2017, il signe L’Amas ardent, récompensé du Prix des cinq continents de la Francophonie. Dans cette fable moderne aux allures de conte philosophique, il trace un parallèle entre la lutte d’un apiculteur pour sauver ses abeilles des frelons asiatiques, et l’invasion du fondamentalisme religieux. C’est sa façon de donner un sens à l’actualité, à la crise écologique et au fanatisme, mais aussi de proposer une solution : la solidarité, le travail collectif pour un objectif commun, à l’image des abeilles. Si la réalité tunisienne l’a influencé, Yamen Manai a voulu faire un roman universel qui s’adresse à tous les hommes, résolument tourné vers l’espoir.

Yamen Manai revient en 2021 avec le court et intense Bel abîme, récit à la première personne où un adolescent raconte les raisons de sa vengeance sur le monde après la disparition de sa chienne Bella, qu’il aimait tant. Portrait critique d’une société où le pouvoir ne change jamais de main, le roman met brillamment en scène la colère après l’injustice, la jeunesse fougueuse contre l’ordre établi.


Bibliographie

  • Bel abîme (Elyzad, 2021)
  • L’Amas ardent (Elyzad, 2017)
  • La Sérénade d’Ibrahim Santos (Elyzad, 2011)
  • La Marche de l’incertitude (Elyzad, 2010 et réédité Didier éditions, 2013)
L'Amas ardent

L’Amas ardent

Elyzad Éditions - 2017

Aux abords de Nawa, village de l’arrière-pays, le Don, apiculteur, mène une vie d’ascète auprès de ses abeilles, à l’écart de l’actualité. Pourtant, lorsqu’il découvre les corps mutilés de ses "filles", il doit se rendre à l’évidence : la marche du monde l’a rattrapé, le mettant face à un redoutable adversaire. Pour sauver ce qu’il a de plus cher, il lui faudra conduire son enquête dans une contrée quelque peu chamboulée par sa toute récente révolution, et aller chercher la lueur au loin, jusqu’au pays du Soleil-Levant.
 
En véritable conteur, Yamen Manai dresse avec vivacité et humour le portrait aigre-doux d’une Tunisie vibrionnante, où les fanatiques de Dieu ne sont pas à l’abri de Sa foudre. Une fable moderne des plus savoureuses.


Revue de presse

  • "Dans cette fable aux accents voltairiens […], avec humour et une écriture limpide, l’auteur nous en apprend davantage sur les pulsions meurtrières des fous de Dieu que bien des discours." (Paula Jacques, présidente du Jury du Prix des cinq continents de la Francophonie)
  • "Yamen Manai nous offre ici un beau roman à échelle humaine mais à portée universelle." (Serge Cabrol, Encres vagabondes)

La marche de l’incertitude

Didier Editions - 2013

Un colonel à la retraite qui trouve un bébé devant sa porte… Une jeune fille amoureuse forcée à l’exil à cause d’un oeuf « magique »… Un adolescent qui se passionne pour les sciences et la littérature… Un « chat » qui voledes tapis… Mais quel est le lien entre tous ces personnages ? Entre la Tunisie et la France, entre les superstitions et l’univers rationnel des sciences, le hasard joue à séparer et réunir les hommes par les moyens les plus improbables. Un roman à l’humour joyeux pour se rappeler que dans la vie tout peut arriver… Même le meilleur !


La Sérénade d'Ibrahim Santos

La Sérénade d’Ibrahim Santos

Elyzad - 2011

LE PRIX ALAIN-FOURNIER 2012 a été attribué à Yamen Manai pour La sérénade d’Ibrahim Santos

Dans la bonne ville de Santa Clara, celle qui produit le meilleur rhum du pays, personne n’est au courant de la Révolution que le dictateur Alvaro Benitez a menée il y a une vingtaine d’années. Les habitants vivent et cultivent comme autrefois, au gré des sérénades d’Ibrahim Santos, musicien météorologue. Alors forcément, l’intrusion des troupes armées révolutionnaires, et plus encore l’arrivée d’un jeune ingénieur agronome brillantissime, vont bousculer un peu les habitudes...

Sur le mode du conte, avec une pincée de réalisme magique latino-américain, un roman drôle et satirique sur nos avancées techniques, et une parodie des dictatures.

Né en 1980 à Tunis, Yamen Manai vit à Paris. Ingénieur, il travaille sur les nouvelles technologies de l’information. Son premier roman, La marche de l’incertitude (Elyzad poche, 2010), a reçu en Tunisie le Prix Comar d’Or 2009, en France le Prix des Lycéens Coup de Coeur de Coup de Soleil 2010 (région Languedoc-Roussillon).


Revue de presse

Toute langue est étrangère à elle-même

Théâtre de l’Opéra - Grands débats
Avec Anna MOÏ, Yamen MANAI, Nathalie PAPIN, Abigail ASSOR -

Animé par Samia KASSAB

Être écrivain c’est faire l’expérience que toute langue est étrangère, à commencer par la sienne propre. Peut-on encore sérieusement tenir l’équation langue = identité ? Il se pourrait que l’enjeu soit moins de « posséder » une langue que d’affirmer un « style »… Et Kourouma de poursuivre : « Au long terme, ce qu’on veut, ce qu’on veut obtenir, c’est de creuser dans le français universel un petit trou, un petit univers, dans lequel on est chez soi et on est à l’aise, dans lequel on puisse exprimer toutes les réalités africaines, tous les sentiments des personnages africains. »


Migrations, exil, perte et reconstruction de soi

Théâtre des Régions - Rencontres
Avec Yamen MANAI, Anna MOÏ, Seyhmus DAGTEKIN -

Animé par Christine CHAUMEAU

Télescopage des cultures, appartenances multiples et déracinements… Nous vivons, à l’échelle de la planète, un temps de grandes migrations. En sorte que de plus en plus de gens se trouveront, par choix ou par contrainte, devoir vivre dans une culture, parfois une langue, qui n’étaient pas celles de leur pays d’origine. Nous sommes à temps de basculement où nous sommes sommés d’apprendre à penser le flux et le mouvant. Comment se reconstruire, ailleurs, dans une autre culture, dans une autre langue ? En élaborant les récits permettant d’articuler ces différentes strates. Chacun aura à inventer son propre récit pour se construire. Et l’on voit bien que la littérature, la création artistique jouent un rôle essentiel. Le roman n’est-il pas cela : l’articulation en une forme mouvante « faisant monde » de personnages, de strates différentes ? Car n’est-ce pas le pouvoir de la littérature, que de « mettre en musique » à travers des fictions ces voix multiples autour de soi, en soi — n’est-ce pas la définition même du roman ?


Écrire et éditer en français en Tunisie

Théâtre des Jeunes Créateurs - Cafés Littéraires
Avec Elisabeth DALDOUL, Karim BEN SMAIL, Yamen MANAI, Kamel DAOUD -

Animé par Hatem BOURIAL

Dans les prolongements des États Généraux du livre en français, une rencontre avec deux éditeurs tunisiens de livres francophones : Élisabeth Daldoul des éditions Elyzad et Kamel Ben Smaïl des éditions Cérès, en compagnie de deux de leurs auteurs, Yamen Manaï et Kamel Daoud. L’occasion de dresser un état des lieux du secteur de l’édition francophone en Tunisie.

Prix Orange Afrique

Avec D. AMAL, K. DIALLO, Y. A. ELALAMY, P. K. KANGANNOU, Y. MANAI, S. LOUAFA - Saint-Malo 2019

Avec D. AMAL, K. DIALLO, Y. A. ELALAMY, P. K. KANGANNOU, Y. MANAI, S. LOUAFA

Animé par Valérie MARIN LA MESLÉE


La vie est un conte

Avec Yamen MANAI, Pierre Kouassi KANGANNOU, Mohammad RABIE, Mbarek BEYROUK - Saint-Malo 2019

Avec Yamen MANAI, Pierre Kouassi KANGANNOU, Mohammad RABIE, Mbarek BEYROUK
Animé par Sophie EKOUE


Le jour où j’ai basculé

Avec Carsten Jensen, Elnathan John, Yamen Manai et Omar Youssef Souleimane. - Saint-Malo 2018

Rencontre avec Carsten Jensen (traduit par Marguerite Capelle), Elnathan John (traduit par Marie Furthner), Yamen Manai et Omar Youssef Souleimane.
Animé par Marie-Madeleine Rigopoulos


Contes philosophiques

avec Miguel Bonnefoy, Yamen Manai et Sylvain Prudhomme - Saint-Malo 2018

Animé par Baptiste Liger
Avec Miguel Bonnefoy, Yamen Manai et Sylvain Prudhomme