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WILLIAMS Thomas C.

États-Unis - France

Une soudaine liberté. Identités noires et cultures urbaines (Grasset, 2019)

Diplômé de philosophie, ce journaliste et critique a grandi dans le New Jersey avant de s’installer à Paris et écrit, entre autres, pour le New York Times Magazine. C’est dans un essai éminemment personnel que l’écrivain se confie sur sa jeunesse et sa plongée au cœur de la culture hip-hop. De sa plume, il dissèque les travers de la culture afro-américaine et met en garde sur son pouvoir d’enfermement, dénonçant ainsi les ravages d’une masculinité pernicieuse et menant une lutte éclairée pour l’émancipation.

Enfant issu de la classe moyenne, Thomas Chatterton Williams a passé toute une partie de sa jeunesse dans le New Jersey. Il est le fils d’un père noir et d’une mère blanche. Pour lui, sa peau métissée le place d’emblée dans la catégorie des gens de couleur noire et le fait basculer dès l’adolescence dans la culture hip-hop.

Dans ses écrits, l’auteur témoigne et se confie sur sa jeunesse. Auprès de ses camarades noirs, il se met à jouer les durs, adopte une posture de caïd afin d’impressionner les blancs et d’intimider les filles. Imitation des rappeurs en vogue, comportement machiste et virilisme exacerbé sont alors l’apanage de beaucoup de jeunes afro-américains qui cherchent à faire leurs preuves et à trouver leur place dans un milieu où la pression sociale est forte.

Dans son essai Une soudaine liberté. Identités noires et cultures urbaines, Thomas C. Williams alerte sur le fait que la culture hip-hop constitue le foyer d’une multitude de stéréotypes que trop de jeunes prennent au pied de la lettre afin de s’affirmer en tant qu’individu. De sa plume, il dissèque les travers de la culture afro-américaine et met en garde sur son pouvoir d’enfermement. Dans cette lutte pour l’émancipation, l’auteur dénonce les ravages d’une masculinité pernicieuse. Au gré des pages, il revient sur son adolescence et les premières années de sa vie adulte, se livrant sur le combat éclairé qu’il a mené afin de s’affranchir de certains codes de la culture hip-hop. Ne niant pas l’existence de nombreux préjugés et de contraintes sociales oppressantes, Thomas C. Williams veut avant tout faire des afro-américains les acteurs de leur avenir et non pas les victimes. Il insiste sur l’importance de l’introspection afin de prendre du recul et de se détacher de certains schémas ethniques. Son œuvre rend également hommage à son père qui, par la transmission de sa passion pour la littérature, a permis à l’écrivain de prendre son envol.


Bibliographie

  • Une soudaine liberté. Identités noires et cultures urbaines (Grasset, 2019)
Une soudaine liberté. Identités noires et cultures urbaines

Une soudaine liberté. Identités noires et cultures urbaines

Grasset - 2019

En 2011, Thomas C. Williams est encore inconnu du public américain lorsqu’il publie La défaite de l’imagination. Le jeune journaliste y décrit son enfance dans le New Jersey, celle d’un garçon né d’un père noir et d’une mère blanche qui a décidé de se fondre dans la masse des jeunes afro-américains de son âge grâce aux cultures urbaines, et notamment au hip-hop. Un vocabulaire cru, une démarche spécifique, une façon de s’habiller, un rapport trouble à l’argent et aux filles reproduisant l’imaginaire des clips qui se succèdent à la télévision. Une vision de l’histoire et de l’art aussi, lorsqu’on respecte une minute de silence pour l’anniversaire de la mort d’un rappeur assassiné mais qu’on ne connaît pas la date du décès de Martin Luther King, qu’on célèbre Jay-Z mais qu’on n’a jamais entendu parler de Toni Morrison. La littérature et l’imaginaire n’ont plus leur place lorsqu’on cherche à reproduire des codes au nom d’une identité, tournant le dos à la culture.

Une adolescence aux teintes « gangsta » donc, également marquée par l’obsession du père de Thomas pour les livres et les échecs. Grâce à l’éducation parallèle que ce dernier s’obstine à donner à ses fils, Thomas réussit finalement à entrer à l’université de Georgetown, à Washington. Il réalise alors qu’une autre voie est possible, il découvre de nouvelles manières de penser le monde, de nouvelles musiques, et les voyages qui lui permettront d’aller vers des cultures radicalement différentes. Puis Thomas passera plusieurs mois à Paris avec l’impression d’avoir fait exploser le carcan des cultures urbaines, cette « colle invisible  » qui, selon lui, maintient dans une forme d’esclavage la communauté noire-américaine.

Ce récit personnel est une plongée dans les dérives du hip-hop dont les codes, pris au premier degré, empêchent toute émancipation. Plus qu’une histoire intime, Thomas C. Williams bâtit un discours foisonnant sur la question du métissage, sur la possibilité d’échapper au milieu dans lequel on a grandi et combat l’idée que toutes les cultures se valent, malgré leurs dérives parfois misogynes et ultraviolentes.

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Colin Reingewirtz


  • “Face au mouvement de radicalisation des intellectuels noirs aux Etats-Unis, Thomas Chatterton Williams fait partie des voix qui s’élèvent contre la tentation du communautarisme. Le courageux examen auquel il se livre est un miroir qui nous est tendu.” Le Monde

Programme


Samedi

17h30
La construction de soi
Magic Mirror 2 - Grands débats

Invités : SARR Felwine, ORLEV Itamar, WILLIAMS Thomas C., VERZEMNIEKS Inara


19h00
Signatures
 

Dimanche

17h30
Une soudaine liberté
Nouveau Monde - salle 1

Invité : WILLIAMS Thomas C.


18h20
Signatures
 

Lundi

14h00
Le pouvoir de la littérature
La Grande Passerelle - Médiathèque

Invités : ORCEL Makenzy, WILLIAMS Thomas C., RABIE Mohammad


15h45
Entrez deux mondes
Nouveau Monde - salle 1

Invités : BULLE Estelle-Sarah, WILLIAMS Thomas C.


16h50
Signatures