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SLIMANI Leïla

France - Maroc

Le parfum des fleurs la nuit (Stock, 2021)

Francesca Mantovani

Après une enfance à Rabat, puis de brillantes études à Paris, la Franco-Marocaine connaît un premier beau succès avec Dans le jardin de l’ogre. Le Prix Goncourt 2016 pour son second roman, Chanson Douce, fait d’elle un phénomène littéraire et médiatique. Nommée en 2017 « représentante personnelle du chef de l’État pour la francophonie », elle appelle à porter un autre regard sur l’espace francophone. Invitée cette année à passer une nuit blanche, seule, dans le musée de la Pointe de la Douane à Venise, elle tire de sa visite son ouvrage le plus intime, dans lequel elle dépeint avec passion les sentiments d’enfermement et de liberté que procure l’écriture.

« Il ne faut pas nier que la langue française est venue, notamment en Afrique, par la colonisation. Mais aujourd’hui, cette langue est à nous et on n’a plus à se justifier de l’utiliser. La langue française est aujourd’hui devenue une langue africaine. » (France Culture)

On lui reconnaît un réel talent à décortiquer l’ambiguïté des sentiments, une écriture clinique et une rage dans son combat en faveur des Marocaines. Sa personnalité solaire se confronte à ses angoisses intimes, puisqu’elle déterre les sujets les plus sinistres : le regard odieux sur la libido des femmes, l’infanticide…

Avec Le Pays des autres, premier volet d’une ample trilogie familiale, elle s’attaque à « l’hypocrisie de la société marocaine ». Roman ambitieux et personnel, il retrace les origines de l’autrice, le sentiment d’être étranger dans une société étriquée, ne laissant aux femmes et à la littérature qu’une infime part de liberté.

Invitée cette année à passer une nuit blanche, seule, dans le musée de la Pointe de la Douane à Venise, Leïla Slimani se trouve face à des oeuvres qui lui parlent peu ; de cette impasse, elle raconte les hauts et les bas de la situation d’écrivain, ainsi que l’enfermement et la liberté procurés par l’écriture. Un exercice littéraire qui dévoile tout le talent de sa plume.

Bibliographie

  • Le Pays des autres (Gallimard, 2020)
  • Chanson douce (Gallimard, 2016)
  • Dans le jardin de l’ogre (Gallimard, 2014)

Essais

  • Le parfum des fleurs la nuit (Stock, 2021)
  • Sexe et Mensonges : La Vie sexuelle au Maroc (Les Arènes, 2017)
  • Simone Veil, mon héroïne (L’Aube, 2017)
  • Le diable est dans les détails (L’Aube, 2016)
  • La Baie de Dakhla : Itinérance enchantée entre mer et désert (Malika Éditions, 2013)

Romans graphiques

  • Paroles d’honneur, avec Laetitia Coryn (Les Arènes, 2017)
Le parfum des fleurs la nuit

Le parfum des fleurs la nuit

Stock - 2021

Comme un écrivain qui pense que « toute audace véritable vient de l’intérieur », Leïla Slimani n’aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ?

Autour de cette « impossibilité » d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leila Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s’enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois.

C’est une confession discrète, où l’auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c’est une confession pudique, qui n’appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : « Écrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle ».

C’est aussi un livre, intense, éclairé de l’intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l’urgence d’en jouir, la splendeur de l’éphémère. Leila Slimani cite Duras : « Écrire, c’est ça aussi, sans doute, c’est effacer. Remplacer. » Au petit matin, l’auteure, réveillée et consciente, sort de l’édifice comme d’un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.

Le pays des autres

Le pays des autres

Gallimard - 2020 - 2020

En 1944, Mathilde, une jeune Alsacienne, s’éprend d’Amine Belhaj, un Marocain combattant dans l’armée française. Après la Libération, elle quitte son pays pour suivre au Maroc celui qui va devenir son mari. Le couple s’installe à Meknès, ville de garnison et de colons, où le système de ségrégation coloniale s’applique avec rigueur. Amine récupère ses terres, rocailleuses ingrates et commence alors une période très dure pour la famille. Mathilde accouche de deux enfants : Aïcha et Sélim. Au prix de nombreux sacrifices et vexations, Amine parvient à organiser son domaine, en s’alliant avec un médecin hongrois, Dragan Palosi, qui va devenir un ami très proche. Mathilde se sent étouffée par le climat rigoriste du Maroc, par sa solitude à la ferme, par la méfiance qu’elle inspire en tant qu’étrangère et par le manque d’argent. Les relations entre les colons et les indigènes sont très tendues, et Amine se trouve pris entre deux feux : marié à une Française, propriétaire terrien employant des ouvriers marocains, il est assimilé aux colons par les autochtones, et méprisé et humilié par les Français parce qu’il est marocain. Il est fier de sa femme, de son courage, de sa beauté particulière, de son fort tempérament, mais il en a honte aussi car elle ne fait pas preuve de la modestie ni de la soumission convenables.

Aïcha grandit dans ce climat de violence, suivant l’éducation que lui prodiguent les Sœurs à Meknès, où elle fréquente des fillettes françaises issues de familles riches qui l’humilient. Selma, la sœur d’Amine, nourrit des rêves de liberté sans cesse brimés par les hommes qui l’entourent. Alors qu’Amine commence à récolter les fruits de son travail harassant, des émeutes éclatent, les plantations sont incendiées : le roman se clôt sur des scènes de violence inaugurant l’accès du pays à l’indépendance en 1956. Inspiré par l’histoire de la grand-mère de Leïla Slimani, le récit est à la fois dense et haletant. Les nombreux personnages sont peints avec une finesse remarquable. Tous vivent dans « le pays des autres » : les colons comme les indigènes, les soldats comme les paysans ou les exilés. Les femmes vivent dans le pays des hommes et doivent sans cesse lutter pour leur émancipation. Tous sont déchirés entre des traditions immuables et le désir de modernité.

L’accession du Maroc à l’indépendance est vue à travers ces destins attachants. La réalité ambiguë de la colonisation est parfaitement disséquée, comme celle de la condition féminine, sans manichéisme. Après deux romans au style clinique et acéré, Leïla Slimani se révèle une romancière de grande amplitude, capable de faire vivre une époque et ses acteurs avec humanité, justesse, et un sens très subtil de la narration. Un roman magnifique


Comment j'écris

Comment j’écris

L’Aube - 2018

« Lorsque je me mets à ma table de travail, je ne suis plus vraiment moi. Je ne suis plus une femme, je ne suis plus marocaine ou française, je ne suis même plus à Paris ni quelque part, je suis affranchie de tout.
Quand on s’engage en littérature, on est obligé de s’engager totalement. »
Leïla Slimani
Conversation avec Éric Fottorino


Paroles d'honneur

Paroles d’honneur

Les Arènes - 2017 - 2017

Rabat, été 2015. Suite à la parution de son livre Dans le jardin de l’ogre, un roman cru et audacieux qui aborde la thématique de l’addiction sexuelle, Leila Slimani part à la rencontre de ses lectrices marocaines. Face à cette écrivaine francomaghrébine décomplexée qui aborde la sexualité sans tabou, la parole se libère. Au fil des pages, l’auteur recueille des témoignages intimes déchirants qui révèlent le malaise d’une société hypocrite dans laquelle la femme ne peut être que vierge ou épouse, et où tout ce qui est hors mariage est nié : prostitution, concubinage, homosexualité. Le code pénal punit toute transgression : un mois à un an de prison pour les relations hétérosexuelles hors mariage, six mois à trois ans de prison pour les relations homosexuelles, un à deux ans de prison pour les adultères. Soumises au mensonge institutionnalisé, ces femmes nous racontent les tragédies intimes qui égrènent leurs vies et celles des femmes qui les entourent : IVG clandestines, viols, lynchages, suicides. Toutes sont tiraillées entre le désir de se libérer de cette tyrannie et la crainte que cette libération n’entraîne l’effondrement des structures traditionnelles. A travers cette BD, il s’agit de faire entendre la réalité complexe d’un pays où l’islam est religion d’Etat. Et où le droit des femmes passera, avant tout, par la défense de leurs droits sexuels.


Chanson Douce

Chanson Douce

Gallimard - 2016

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame. À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Prix Goncourt 2016


Revue de presse

  • « Leïla Slimani confirme son talent narratif et incroyablement féroce dans Chanson douce, deuxième roman uppercut contant la dérive délirante d’une nounou meurtrière. » Elle
  • « La virtuosité tient autant à l’écriture, d’une puissance froide, contenue, nerveuse, qu’à la construction, tirée au cordeau, filant droit au but. » Lire
  • « Puissant, radical, parfaitement maîtrisé. » Le Journal du Dimanche
  • « Une tragédie sociale haletante, inquiétante, édifiante. » La Croix
  • « Un thriller intimiste à haute tension. Magnifique et glaçant. » Le Parisien Magazine

Le français, un monde en relation

Théâtre de l’Opéra - Grands débats
Avec Leïla SLIMANI, Anna MOÏ, BESSORA, Grégoire POLET -

Animé par Raouia KHEDER

« Francophonie », un mot exaspe ?rant portant tant d’espoirs, tant de de ?sillusions, de malentendus et d’occasions manque ?es ! Mais aussi, tant d’œuvres qui en manifestent la vitalite ? et font, malgre ? tout ce qui pe ?se, de notre histoire commune, l’espace immense d’un dialogue. Cet « espace-monde » : l’utopie concre ?te d’E ?tonnants Voyageurs. S’inscrivant dans le prolongement de la pensée d’Édouard Glissant et sa « Poétique de la relation », Felwine Sarr cherche ce qui nous relie en tant qu’être vivant, tant à notre terre, qu’à nous-même en tant qu’être vivant. « Habiter le monde, c’est se concevoir comme appartenant à un espace plus large que son groupe ethnique, sa nation… c’est pleinement habiter les histoires et les richesses des cultures plurielles de l’humanité. » (Habiter le monde, ed. Mémoire d’encrier). Une politique relationnelle qui ouvre le champ des possibles et invite à renouveler les imaginaires de la relation que nous établissons avec nos semblables et le vivant. L’auteur y appelle à une réinvention du politique et du langage afin d’habiter l’infini du monde. Une langue française en partage, une et multiple à la fois, et comme un fil reliant entre eux les imaginaires à travers la planète, le poème et la littérature.


Entre deux mondes

Théâtre des Jeunes Créateurs - Cafés Littéraires
Avec Abigail ASSOR, Leïla SLIMANI, Emmelie PROPHÈTE, Kim THUY -

Animé par Maëtte CHANTREL

Comment vit-on l’entre-deux ? Entre deux mondes ? Entre deux langues ? Dans son dernier livre, Leïla Slimani, invitée cette année à passer une nuit blanche, seule, dans le musée de la Pointe de la Douane à Venise, nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident. Avec Les villages de Dieu, Emmelie Prophète nous attire dans les tréfonds de Port-au-Prince et dit l’effondrement et la banalité du mal dans cette ville livrée à ses démons. C’est dans les riches quartiers de Casablanca et les lointains bidonvilles que nous emmène Abigail Assor, pointant du doigt les travers de la société marocaine, décortiquant les rapports de domination entre riches et pauvres, hommes et femmes. Un récit d’une grande force sur les illusions de pouvoir.


Que signifie écrire en français

Théâtre de l’Opéra - Grands débats
Avec Laurent GAUDÉ, Leïla SLIMANI -

Animé par Ahlem Ghayaza

Ouverture du congrès.
Quel rapport intime l’écrivain entretient-il avec sa langue d’écriture ? Lorsque celle-ci n’est pas la langue maternelle, pourquoi choisit-on d’écrire français ? Ce choix peut-être le fruit de l’histoire, un choix d’amour, un legs familial. Le français est vivant, chaque auteur en fait sa propre langue, le tord pour lui donner de multiples accents. Le mot francophonie porte certes le poids de l’histoire mais porte aussi les œuvres de grands hommes : Fanon, Césaire, Yacine, Glissant… : leurs imaginaires n’auront cessé de se croiser, de s’enrichir, au point de dessiner un territoire commun, où se déploie toute la complexité de leur rapport à l’Histoire, à l’identité, à l’origine, au paysage.

Programme


Samedi

10h00
Que signifie écrire en français
Théâtre de l’Opera

Invités : MOÏ Anna, GAUDÉ Laurent, ČOLIĆ Velibor, SLIMANI Leïla


Dimanche

14h30
Entre deux mondes
Théâtre des Jeunes créateurs

Invités : PROPHÈTE Emmelie, THÚY Kim, SLIMANI Leïla, ASSOR Abigail

16h45
Le français, un monde en relation
Théâtre de l’Opera

Invités : MOÏ Anna, BESSORA, POLET Grégoire, SLIMANI Leïla