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TEULE Jean

France

Gare à Lou ! (Julliard, 2019)

Romancier des coulisses de l’histoire, Jean Teulé est l’un des auteurs les plus populaires de France. Son approche résolument punk-rock des personnages dépoussière les icônes historiques ou littéraires tels que Rimbaud, Villon ou encore Charles IX. Il revient cette année avec un roman drolatique délicieusement barré. Lou, jeune fille de 12 ans à l’orée de sa crise d’adolescence, détient un super pouvoir peu commun convoité par le Président de la République. Kidnappée par l’État et utilisée comme arme contre les ennemis de la nation, Lou va faire vivre un véritable enfer à ses ravisseurs... Pire qu’une bombe atomique.

Jean Teulé est devenu l’un des auteurs les plus populaires de France grâce à un terrain d’écriture atypique : les coulisses de l’histoire, bien plus fascinantes que les hauts faits des manuels scolaires. La tragédie et la cruauté humaine, que l’on cache sous le tapis en espérant que le temps qui passe les fera oublier, revêtent sous la plume de l’écrivain une saveur inoubliable qui a dès le début conquis le lectorat. Mêlant au style classique une approche résolument punk-rock des personnages, Jean Teulé ne recule devant rien et dépoussière avec humour noir des icônes historiques ou littéraires tels que Rimbaud, Verlaine, Villon, Louis-Henri de Montespan ou Charles IX.

Après avoir exercé ses talents à la télévision puis dans la BD, ce natif de Saint-Lô né en 1953 délaisse tout à l’aube des années quatre-vingt-dix pour se consacrer corps et âme à l’écriture. Son premier roman, Rainbow pour Rimbaud, est publié en 1991 chez Julliard. Plusieurs de ses récits ont été adaptés : son fameux Je, François Villon, qui a reçu le prix du récit biographique, a été adapté en BD par Luigi Critone en 2011, tandis que Le Magasin des Suicides a envahi les salles de cinéma en 2012 sous la forme d’un long métrage d’animation.

Dans son roman paru en 2013 Fleur de Tonnerre, le lecteur redécouvre la figure de la bretonne Hélène Jégado, la plus grande tueuse en série de l’histoire. Sans le coup d’État de Napoléon III, survenu quatre jours avant son procès, nul doute que cette figure méconnue du crime aurait accédé au panthéon des légendes de Bretagne...

En 2015, c’est l’amour fou entre Héloïse et Abélard qu’il nous raconte. Son nouveau roman Héloïse, ouille ! est une version punk des amours « passions » d’Abélard, philosophe et théologien breton marquant son siècle (XIIème) dans le domaine de la logique et Héloïse son élève et amante. Une passion charnelle empreinte de spiritualité les consume bien loin des enseignements reçus par chacun d’eux et se mue en échange intellectuel et philosophique qui traverse le temps. Un amour, qui, au fil des mots, n’a pas d’âge, mais demeure universel.

Il revient cette année avec un roman drolatique délicieusement barré. Lou, jeune fille de 12 ans à l’orée de sa crise d’adolescence, détient un super pouvoir peu commun convoité par le Président de la République. Kidnappée par l’État et utilisée comme arme contre les ennemis de la nation, Lou va faire vivre un véritable enfer à ses ravisseurs... Pire qu’une bombe atomique. Une farce rafraîchissante menée avec brio !


Bibliographie

  • Gare à Lou ! (Julliard, 2019)
  • Entrez dans la danse (Julliard, 2018)
  • Héloïse, ouille ! (Julliard, 2015)
  • Fleur de Tonnerre (Julliard, 2013)
  • Charly 9 (Julliard, 2011)
  • Mangez-le si vous voulez (Julliard, 2009)
  • Le Montespan (Julliard, 2008) Grand Prix Palatine du roman historique, prix Maison de la Presse 2008.
  • Le Magasin des suicides (Julliard, 2007)
  • Je, François Villon (Julliard, 2006)
  • Ô Verlaine ! (Julliard, 2004)
  • Les Lois de la gravité (Julliard, 2003)
  • Longues Peines (Julliard, 2001)
  • Bord cadre ( Julliard, 1999)
  • Darling (Julliard, 1998)
  • Balade pour un père oublié (Julliard, 1995)
  • L’Œil de Pâques (Julliard, 1992)
  • Rainbow pour Rimbaud (Julliard, 1991)
Gare à Lou !

Gare à Lou !

Julliard - 2019

Avec Gare à Lou !, Jean Teulé revient à la veine fantastique qui avait fait le succès du Magasin des suicides et laisse libre cours à un imaginaire plus débridé que jamais.

Comme le disaient Mozart et Shakespeare : " Il est très agréable de jouir d’un don exceptionnel, mais il ne faut pas oublier que c’est une source inépuisable d’embêtements. " À 12 ans, Lou partage absolument cette opinion. Au prétexte qu’elle est en mesure de faire tomber immédiatement les pires calamités sur la tête de tous ceux qui la contrarient, on l’enferme dans un endroit secret en compagnie de militaires haut gradés pour qu’elle devienne une arme absolue capable de mettre en échec les plans malveillants des ennemis du pays ou, pire, d’ourdir de méchantes et sournoises manœuvres afin de causer des torts effroyables à d’autres nations. De telles occupations n’offrent pas à une adolescente les satisfactions que la vie aurait pu lui promettre. D’autant que son super pouvoir, aussi extraordinaire soit-il, ne fonctionne pas toujours comme prévu. Rien ne pouvait mieux inspirer Jean Teulé que d’imaginer les horreurs qu’un être humain bien disposé peut infliger à ses contemporains.

Entrez dans la danse

Julliard - 2018

Une étrange épidémie a eu lieu dernièrement
Et s’est répandue dans Strasbourg
De telle sorte que, dans leur folie,
Beaucoup se mirent à danser
Et ne cessèrent jour et nuit, pendant deux mois
Sans interruption,
Jusqu’à tomber inconscients.
Beaucoup sont morts.
Chronique alsacienne, 1519


Héloïse, ouille !

Héloïse, ouille !

Julliard - 2015

Jean Teulé revisite avec gourmandise les amours tumultueuses d’Héloïse et Abélard dans une version d’une modernité ébouriffante.
En l’an 1118, le célèbre théologien Pierre Abélard est sollicité par un influent chanoine pour parfaire l’éducation de sa ravissante nièce, Héloïse.
D’une réputation irréprochable, Abélard n’a qu’une seule et unique maîtresse : la dialectique. Mais les charmes irrésistibles d’Héloïse s’apprêtent à lui faire découvrir une dimension jusqu’alors inconnue : l’amour fou, quel que soit le prix à payer. Le plus grand logicien de son temps et sa jeune et brillante élève se laissent alors emporter par une passion au-delà de toute rationalité.
Partant du principe que l’essentiel de l’amour tient dans la rencontre entre deux corps - idée trop souvent occultée par la bienséance, y compris par Héloïse et Abélard, dont la célèbre correspondance n’évoque qu’entre les lignes l’aspect charnel de leur liaison -, Jean Teulé, plus rabelaisien que jamais, s’est donné pour but de combler certaines lacunes. Et qui mieux que ce trouvère d’aujourd’hui pour chanter la folie de ces deux amants éternels ? Qui mieux que lui pour oser s’emparer du couple le plus mythique de l’histoire médiévale et relater, avec la joyeuse obscénité de l’époque, leurs pratiques érotiques ?
Car il en fallait du courage, du talent, de la rage d’écrire pour faire naître un tel texte, transgressif, débridé, ambitieux et pétri de l’amour de ces deux amants légendaires, à jamais enlacés dans le même tombeau du Père-Lachaise. Grâce à cette version punk de la romance d’Héloïse et Abélard, Jean Teulé nous met en bouche un amour qui touche au divin, et nous fait, à nous, simples mortels, entrevoir l’absolu.


Fleur de tonnerre

Fleur de tonnerre

Julliard - 2013

Hélène Jégado a tué des dizaines de ses contemporains sans aucune raison apparente. Quels secrets renfermait cette tête qui, le 26 février 1852, sur le Champ de mars de Rennes, roula dans la corbeille de la guillotine ? C’était au temps ou l’esprit des Lumières et le catéchisme n’avaient pas soumis l’imaginaire populaire aux lois de la raison et du Dieu unique. Partout en Bretagne, dans les forêts et les landes, sur les dunes fouettées par les vents fous de l’Atlantique, couraient les légendes les plus extravagantes. Le soir, au creux des fermes, on évoquait inlassablement les manigances des êtres surnaturels qu’on savait responsables de la misère et des maux qui frappaient sans relâche. De tous, l’Ankou, l’ouvrier de la mort, était le plus craint, et c’est cette terrible image qui frappa avec une violence inouïe l’esprit de la petite Hélène Jégado. Blottie contre le granit glacé des gigantesques menhirs, l’enfant minuscule se persuada qu’elle était l’incarnation de l’Ankou. Elle devait donc tuer tous ceux qui se trouveraient sur sa route et remplit sa mission avec une détermination et un sang-froid qui glacent le sang. Après avoir empoisonné sa propre mère qui l’avait surnommée « Fleur de tonnerre », elle sillonna la Bretagne, éliminant sans la moindre hésitation tous ceux qui accueillaient avec bonheur cette cuisinière si parfaite. Elle tuait tout le monde, hommes, femmes, enfants, vieillards et nourrissons. Elle empoisonnait dans les maisons, dans les presbytères, dans les couvents, dans les bordels. Et elle était si bonne, si compatissante aux chevets des mourants, que personne ne pouvait soupçonner un seul instant son monstrueux dessein. Au contraire, on plaignait cette personne si dévouée que la malchance conduisait toujours dans des familles victimes de la guigne. À laisser trop de traces, elle finit par se faire prendre, le jour ou elle s’attaqua à un ancien juge, expert en affaires criminelles. Hélène Jégado reste la plus grande « serial killer » de France et, sans doute, du monde entier.


Charly 9

Charly 9

Julliard - 2011

Il fallait tout le culot de Jean Teulé pour surnommer ainsi Charles IX, roi de France de 1560 à 1574, dont il nous raconte ici le règne pathétique et sanguinaire. Il est vrai que Charles IX ne fut pas un roi comme les autres et qu’il n’aurait pas laissé un grand souvenir s’il n’avait ordonné, en août 1572, le massacre de la Saint-Barthélemy, carnage qui horrifia l’Europe, à l’exception du pape et des Espagnols qui y virent, eux, la bienheureuse volonté de Dieu. Cette décision n’était pas la sienne mais celle de sa mère, la redoutable Catherine de Médicis qui utilisa toute sa vie sa nombreuse progéniture pour assouvir son appétit dévorant de pouvoir : dès qu’un de ses fils mourait, elle poussait illico le suivant sur le trône de France. Charles IX avait 22 ans à l’époque, et il ne possédait ni la cruauté ni la détermination, ni la force morale d’assumer un crime aussi horrible. Accablé par le poids de sa faute, il sombra dans une folie qui le conduisit en quelques mois à la maladie et à la mort. C’est cette terrifiante descente aux enfers que Jean Teulé raconte dans ce roman baroque et magnifique. Avec la verve qu’on lui connaît, il décrit les extravagances de ce malheureux jeune homme : la manière dont il coursait furieusement des lièvres qu’il délivrait dans les appartements de sa maîtresse ; comment il massacrait le bétail, la basse-cour et tous les animaux des fermes ou le hasard de ses errances le conduisaient, comment il empoisonna une partie de la population en lui offrant du muguet le 1er mai, ce qui, en ces temps de famine, poussait ses sujets à manger cette fleur vénéneuse qu’il croyait être une sorte de salade ; comment il provoqua l’invention du poisson d’avril en officialisant le changement de date du début de l’année du 1er avril au premier janvier ; comment il crut remplir les coffres vides du royaume en fabriquant de la fausse monnaie... et bien d’autres folies encore, aussi saugrenues que sanglantes.


Mangez-le si vous voulez

Julliard - 2009

Après le succès du Montespan, Jean Teulé retrace, avec l’humour noir et l’esprit décalé dont il a le secret, un événement historique extraordinaire et méconnu... Nul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capables du pire ! Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. C’est un jeune homme plaisant, aimable et intelligent. Il compte acheter une génisse pour une voisine indigente et trouver un couvreur pour réparer le toit de la grange d’un voisin sans ressources. Il veut également profiter de l’occasion pour promouvoir son projet d’assainissement des marais de la région. Il arrive à quatorze heures à l’entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l’Allemagne et sous la menace d’une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d’une phrase mal comprise et d’une accusation d’espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s’interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s’efforceront d’arracher la malheureuse victime des mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver. Incapable de condamner six cents personnes d’un coup, la justice ne poursuivra qu’une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n’auront qu’une seule réponse : « Je ne sais pas ce qui m’a pris. » Avec une précision redoutable, Jean Teulé a reconstitué chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l’une des anecdotes les plus honteuses de l’Histoire du XIXe siècle en France.


Le Montespan

Julliard - 2009

Voici l’histoire du cocu le plus célèbre et le plus insolent du siècle de Louis XIV... En 1663, Louis-Henri de Montespan, jeune marquis désargenté, épouse la somptueuse Françoise « Athénaïs » de Rochechouart. Lorsque cette dernière accède à la charge de dame de compagnie de la reine, ses charmes ne tardent pas à éblouir le monarque – à qui nulle femme ne saurait résister. D’époux comblé, le Montespan devient alors la risée des courtisans. Désormais, et jusqu’à la fin de ses jours, il n’aura de cesse de braver l’autorité de Louis XIV et d’exiger de lui qu’il lui rende sa femme. Lorsqu’il apprend son infortune conjugale, le marquis fait repeindre son carrosse en noir et orner le toit du véhicule d’énormes ramures de cerf. La provocation fait scandale mais ne s’arrête pas là. Le roi lui a pris sa femme, qu’à cela ne tienne : il séduira la sienne. Une fois introduit dans la chambre de la reine, seule la laideur repoussante de celle-ci le fera renoncer à ses plans. À force d’impertinences répétées, l’atypique, facétieux et très amoureux marquis échappera de justesse à une tentative d’assassinat, puis sera exilé sur ses terres jusqu’à sa mort. En ayant porté haut son indignation, y compris auprès du pape, le marquis de Montespan fut l’une des premières figures historiques à oser contester la légitimité de la monarchie absolue de droit divin. Il incarne à lui seul l’esprit révolutionnaire qui renversera un siècle plus tard l’Ancien Régime. Après avoir si brillamment dépeint le Moyen Âge dans Je, François Villon, Teulé, qui a le don de brosser l’atmosphère d’une époque, restitue le temps des précieuses ridicules et des salons mondains, comme celui des chansons paillardes et des crasseuses garnisons du roi. Son style emprunte aussi bien à la verve des fabulistes dont Mme de Montespan fut la protectrice, qu’à la grivoiserie populaire. Et nous fait reprendre goût, par son humour irrésistible, à la saveur d’une langue piquante et imagée...


Le Magasin des suicides

Julliard - 2007

Imaginez une petite entreprise ou l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients pour se suicider. Bienvenue dans le Magasin des Suicides, au célèbre slogan : "Mort ou remboursé !" Mishima Tuvache, le père, spécialisé dans les morts violentes, dirige la maison d’une main de fer. Lucrèce, la mère, adepte de l’empoisonnement, confectionne elle-même des mixtures fatales. Vincent, le fils aîné, projette la création d’un parc d’attractions sur le thème du suicide. Sa soeur, Marilyn, qui se croit moche et inutile, voudrait en finir avec l’existence, mais ses parents lui rappellent que : "Chez les Tuvache, on ne peut pas se suicider parce que sinon qui tiendrait le magasin ?" Dans cette famille malheureuse et contente de l’être, le destin a frappé le jour ou Mishima et Lucrèce ont testé un préservatif poreux destiné à ceux qui veulent mourir par contamination sexuelle. C’est ainsi qu’est né le petit dernier, Alan, que la nature a doté d’un horrible défaut : il adore la vie. Un enfant pareil, c’est un coup du sort. Il console les clients, sème une joyeuse pagaille avec son sens de l’humour et ses chansons. Mishima en fait une dépression et doit s’aliter quelques jours, le temps pour Alan de métamorphoser la boutique avec l’aide de sa mère, sa soeur et son frère, atteints par son optimisme. Dorénavant, le M.D.S. (Magasin des Suicides) devient une sorte de M.J.C. locale ou les clients se retrouvent pour faire la fête et chercher des solutions à l’avenir du monde. Tout cela se terminera peut-être dans une sorte d’apothéose, car, finalement, le pire n’est jamais sûr !


Je, François Villon

Julliard - 2006

Après Rimbaud et Verlaine, Jean Teulé ne pouvait mieux clore son voyage en Poésie qu’en endossant avec orgueil et humilité les haillons magnifiques de François Villon. Frères humains qui après nous vivez, N’ayez les coeurs contre nous endurcis. Il est peut-être né le jour de la mort de Jeanne d’Arc. On a pendu son père et supplicié sa mère. Il a appris le grec et le latin à l’université de Paris. Il a joui, menti, volé dès son plus jeune âge. Il a fréquenté les miséreux et les nantis, les étudiants, les curés, les prostituées, les assassins, les poètes et les rois. Aucun sentiment humain ne lui était étranger. Des plus sublimes aux plus atroces, il a commis tous les actes qu’un homme peut commettre. Il a traversé comme un météore trente années de l’histoire de son temps et a disparu un matin sur la route d’Orléans. Il a donné au monde des poèmes puissants et mystérieux et ouvert cette voie somptueuse qu’emprunteront à sa suite tous les autres poètes : l’absolue liberté.


Ô Verlaine !

Julliard - 2004

Les derniers mois de la vie de Verlaine... Alcoolique grandiose, amant frénétique et désordonné, il tituba jusqu’au tombeau entre l’ignominie et le sublime. La vie de Verlaine fut extravagante, mais ses derniers mois touchèrent au surréalisme. Il n’avait que cinquante et un ans, perclus de maux : syphilis, altération sanguine, diabète, souffle au coeur, cirrhose du foie, erysypèle infectieux, hydarthrose, pneumonie (il fallut ajouter une seconde pancarte au pied de son lit d’hôpital pour en dresser la liste complète). Et c’est au moment ou il ne lui restait qu’une poignée d’admirateurs inconditionnels (dont le préfet Lépine qui interdit aux policiers du Quartier latin d’arrêter Verlaine quelles que soient ses frasques), au moment de la pire déchéance matérielle et morale, au moment ou les gloires de l’époque l’accablaient de leur mépris, qu’une vague de sympathie naquit chez les étudiants qui en firent leur idole. Ils aimaient sa liberté de ton, la force de ses anathèmes, le désordre de sa vie, le génie de sa poésie. Ils se battaient pour l’écouter dans les cabarets, étripaient les mauvais esprits qui ne partageaient pas leur passion, encombraient sa chambre d’hôpital pour l’écouter déclamer et lui assurèrent à sa mort des funérailles grandioses. Ce jour-là, le Destin poussa la générosité jusqu’à faire tomber le bras de la Poésie après que le corbillard fut passé sous la statue de Carpeaux qui orne la façade de l’Opéra... Fol amoureux de cet homme magnifique et terrifiant, Jean Teulé raconte ces derniers mois extravagants à travers les yeux d’un personnage réel, le jeune Henri-Albert Cornuty, cet adolescent de Béziers qui décida de monter à Paris à pied dans le seul but de rencontrer Verlaine.


Les lois de la gravité

Julliard - 2003

Dans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat. Il sera alors libre d’oublier pendant deux jours les turpitudes et les angoisses qu’inflige à ceux qui l’exercent le dur métier de policier. À cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande à être arrêtée pour avoir assassiné son mari. « Comment l’a-t-elle occis ? » En le poussant pas la fenêtre de leur appartement du 11e étage. « Quand ? » Il y a dix ans. « Pourquoi ? » Parce qu’il était sadique, irresponsable et qu’il la battait, elle et ses enfants. « Comment se fait-il qu’elle n’a jamais été inquiétée ? » Parce qu’elle a dit qu’il s’agissait d’un suicide et comme son mari sortait d’un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l’a crue. « Pourquoi se dénoncer si longtemps après ? » Parce qu’elle a des remords. « Et pourquoi justement ce soir ? » Parce que c’est, jour pour jour, le dixième anniversaire du décès et que demain le crime sera prescrit... Le lieutenant Pontoise n’en croit pas ses oreilles. Il refuse d’entendre de telles âneries. Voilà une femme qui, en tuant un franc salaud, a protégé l’avenir de ses enfants, que personne ne soupçonne et qui veut aller en prison pendant des années alors qu’elle a commis le crime parfait. Jamais il ne l’arrêtera. Qu’elle s’en aille cuver ses remords chez elle. Pendant quelques heures, la meurtrière et le policier vont s’affronter avec une violence rare. Elle veut qu’on l’arrête. Il s’y refuse absolument. Dans ce roman étrange, tiré d’une histoire authentique, Jean Teulé continue cette minutieuse exploration des mystères du coeur humain qui lui a inspiré ses plus beaux romans comme Darling, Bord cadre ou Longues peines.


Longue peines

Julliard - 2001

Vous qui, sur les talons de Jean Teulé, entrez dans l’univers carcéral, vous allez affronter l’épouvante en riant aux éclats... Dans la cellule 203, ils sont quatre : Jacky Coutances, maigrichon et sournois, a probablement tué trois de ses amoureuses dont on n’a jamais retrouvé les corps ; Sergueï Kazmarek, colosse illettré et irritable, a rendu hémiplégique une jeune mariée dont le futur époux avait eu la mauvaise idée de lui faire une queue de poisson ; Pierre-Marie Poupineau, pataud et bonhomme, a trop aimé les enfants en général et ses belles-filles en particulier. Elles ont attendu la mort de leur mère pour l’envoyer en prison ; Et Sébastien Biche, instituteur fragile, a, dans un moment d’épuisement et de folie, tué son bébé en lui cognant la tête contre la cheminée. Dans la 108, elles sont trois : Corinne Lemonnier, monstre femelle qui offrait ses neveux et ses nièces aux plaisirs sadiques de son amant ; Nadège Desiles, qui a tué son bébé à sa naissance par crainte de déplaire à son mari ; Et Rose Allain, dont tout laisse à penser qu’elle est là par erreur. Jacky aime Corinne et Corinne aime Jacky. Ils ne se connaissent que par les mensonges amoureux qu’ils échangent en hurlant, chacun collé aux barreaux de leur fenêtre respective. Kazmarek fait lire et écrire ses lettres d’amour par ses codétenus contre de menus services (comme d’accompagner Poupineau à la douche pour lui éviter de se faire sodomiser, car la prison est dure aux pédophiles). Sébastien Biche s’étiole en silence. Nadège Desîles, elle, s’est prise d’affection pour le deuxième barreau de la fenêtre de sa cellule ou elle croit reconnaître son mari tant aimé. Et tout le monde plaint la petite Rose Allain, qui est si mignonne. Le directeur fou d’amour pour son épouse stérile sombre lentement dans une douce démence alors que, tel un choeur antique, les gardiens commentent et explicitent les lois étranges qui régissent cet enfer. Et si l’un d’entre eux croit pouvoir franchir la ligne invisible qui sépare ceux qui sont détenus de ceux qui les gardent, il en crève.Peut-être aurez-vous le sentiment que Jean Teulé a poussé le bouchon un peu trop loin. Que son imagination enfiévrée et son goût immodéré de la provocation l’a poussé hors du cadre. Que son amour de la phrase enlevée, du mot juste et de la scène explosive l’ont fait disjoncter. Sachez simplement que les histoires qui tissent ce roman magnifique sont tirées de faits authentiques.


Bord cadre

Julliard - 1999

Un critique a écrit : "La peinture de Sainte-Rose est à placer sur la pyramide des larmes." Ce talent à saisir l’expression d’un désarroi déchirant, Sainte-Rose l’a d’abord exercé en reproduisant avec minutie le regard très particulier des foetus de canard. La vogue des portraits de foetus morts s’épuisant, il s’est attaqué aux humains vivants. Pour faire surgir dans l’oeil de ses modèles cette même lueur d’effroi halluciné, il leur balance des vacheries abominables au moment adéquat. L’ambition venant avec le succès, il décide de s’attaquer au portrait d’un couple. Le projet pose problème. Comment faire surgir cette fameuse lueur chez deux personnes différentes, exactement au même moment ? Pour atteindre ce sommet de son art, Sainte-Rose monte une véritable machination. Il organise la rencontre de deux de ses amis qui, au demeurant, lui sont très chers. À cinquante ans, Hélène est une femme superbe qui gère sa vie et sa carrière d’une main de fer. Roland, à quarante, laisse les siennes se débrouiller comme elles l’entendent. Ils ont en commun de souffrir d’un grand manque affectif et les mettre en présence revient à jeter une allumette dans une pinède un jour de canicule et de grand vent. La passion qui les noue est immédiate et sauvage. Sainte-Rose exulte. Il referme le piège en donnant à Roland l’idée d’écrire l’histoire de deux amants qui se jurent de ne jamais tricher et de toujours dire tout ce qu’ils pensent et tout ce qu’ils ressentent. Aveuglés par la passion, Hélène et Roland s’emparent de cette gageure avec l’enthousiasme et la jubilation de deux enfants découvrant un nouveau jeu. Mais ou est la limite ? L’affrontement brûlant et somptueux de ces deux magnifiques personnages est un pur régal. En refermant le livre, on éprouve ce sentiment délicieux que provoque l’assurance que l’amour sait triompher des épreuves les plus rudes. À la réflexion, on se dit que si l’envie vous prend de jouer à ce jeu fascinant, il est préférable d’avoir une grosse santé et de bien choisir son partenaire.


Darling

Julliard - 1998

Un soir, une jeune femme aborda Jean Teulé. Curieusement affublée, elle semblait sortir d’un sketch des Deschiens mais son regard, sa démarche et son assurance gouailleuse intriguèrent l’écrivain. Elle dit s’appeler Darling, vouloir raconter son histoire afin qu’il en tire un livre. Elle estimait qu’ils rendraient tous les deux un grand service à leurs contemporains en montrant qu’on peut toujours s’en sortir en dépit de la violence et des catastrophes qui vous tombent sur la tête. En écoutant le récit de Darling, Jean Teulé a entendu l’éternelle lamentation de ceux qui traversent les déserts abominables des vies sans affection, sans respect, sans ressource. Mais il a discerné aussi la voix d’une personnalité étonnante, la voix d’une femme capable de dévisager le malheur avec insolence et d’en parler avec des mots étonnamment justes. De son frère, mort bizarrement dans un accident de la route, elle dira : Quand je l’ai vu, la tête transpercée par une barre de fer tombée d’un camion, j’ai trouvé qu’il ressemblait à un joueur de baby-foot. Succession de coups durs, de rebuffades, d’humiliations, de rêves salopés, de tortures morales et physiques, sa vie a été une longue et lente chute sur le toboggan social d’une France impitoyable, descente aux enfers dont chaque étape lui a laissé une cicatrice incurable. Jean Teulé n’a pas voulu écrire une biographie, il a tenté de rendre, à travers l’écriture romanesque, la trajectoire baroque et tragique d’une femme exceptionnelle que le sort accable, que la société ignore et méprise et qui, pourtant, continue inlassablement à se battre pour redonner à sa vie une cohérence et un but. Grâce à ce roman tendre et terrible, drôle aussi, Jean Teulé – dont le premier livre Rainbow pour Rimbaud a rencontré un immense succès – confirme toute la profondeur et la richesse de son talent.


Balade pour un père oublié

Julliard - 1995

C’est l’histoire d’un garçon surprenant, l’allure insolite. C’est l’histoire d’un garçon qui vit connue on rêve : sitôt disparu, on ne s’en souvient plus. Et puis, un jour, le voilà papa ! Enveloppant bébé dans un vieux journal, il quitte la maternité sans en aviser ni la mère ni personne. L’enfant sous le coude, il part en cavale à la rencontre des femmes de sa vie. Les femmes connues, les femmes aimées, les femmes croisées : Carla, l’anonyme du jardin des Tuileries, Denise, le professeur d’arts plastiques, Héloïse, la petite amoureuse... Toutes le racontent, l’une après l’autre, cruelles, tendres ou drôles. Mais nulle ne le reconnaît. Dans ce road- movie insolite, les femmes sont des ports, des gares : éternelles mais amnésiques. Il faudra tout le miracle et le paradoxe de la paternité pour qu’un enfant, enfin, reconnaisse son père...


L’Œil de Pâques

Julliard - 1992

Le centre du monde est à Calais, entre les falaises de craie et le trou dans le Channel. Le centre d’un monde où passent les orbites de six planètes bien humaines. Pâques, beauté métisse venue d’Inde, joue le rôle du soleil. Chacune lui tourne autour, attiré par sa chaleur. Depuis la nuit des temps, ces planètes sont appelées à se percuter, pour faire jaillir des gerbes de bonheur lilas. Et pour que ce miracle advienne, un crime doit être commis.


Rainbow pour rimbaud

Julliard - 1991

On n’est pas sérieux quand on a 36 ans, une queue-de-cheval rouge, une taille de géant et une armoire pour couche de prédilection. Robert vit à Charleville-Mézières, chez ses parents. Comme d’autres connaissent toutes les paroles de leur chanteur préféré, Robert sait tout Rimbaud. Par coeur. Isabelle, standardiste à la SNCF, ne sait encore rien de Rimbaud, rien de l’amour, ni rien du monde. Un doux colosse nommé Robert, échappé de Charleville, les lui révélera. Entre Le Caire, l’île Maurice, Dakar et Tarrafal, ces deux-là brûleront d’amour et de poésie. Vagabonds célestes, amants absolus, ils laissent à jamais sur lé sable et sur les âmes la trace de leurs semelles de vent. Enfin, leur odyssée sublime confirmera le mot du poète, tatoué sous le nez même de Robert : Je est un autre... Je est Rimbaud.

Des Bretagnes singulières

Jean Teulé, Yann Queffelec - Saint-Malo 2013

Avec Jean Teulé, Yann Queffelec.
Animé par Géraldine Delauney


De l’usage du fait divers

Jean Teulé, Didier Decoin - Saint-Malo 2013

Avec Jean Teulé, Didier Decoin
Animé par Noëlle Bréham


Quand les rois deviennent fous

Saint-Malo 2011

Avec Jean Teulé et Patrick Rambaud


Coureurs d’aventure

Saint-Malo 2011

Avec Roger FALIGOT, Anne VALLAEYS, Anne PONS, Jean TEULE. Un débat animé par Marie-Madeleine Rigopoulos.