KASMAÏ Sorour

Iran

La Vallée des aigles : Autobiographie d’une fuite (Acte Sud, mars 2006)

Sorour Kasmaï

Sorour Kasmaï est née à Téhéran en 1962. Elle a quitté son pays en 1983 et vit depuis à Paris. Auteur de nouvelles, traductrice et spécialiste du théâtre russe, elle est surtout spécialiste de la littérature iranienne contemporaine.Son premier roman, Cimetière de verre, inaugure la collection "Horizons persans" chez Actes Sud consacrée aux littératures afghanes et iranienne, collection qu’elle dirige aujourd’hui. Ce texte écrit en persan a été traduit en français par l’auteur elle-même. Son dernier livre La Vallée des aigles est le récit de sa fuite d’Iran, écrit 20 ans plus tard après que Sorour Kasmaï fut retournée en Iran, « Comme si je devais attendre la fin pour pouvoir raconter le début ».


Bibliographie :

  • La Vallée des aigles : Autobiographie d’une fuite (Acte Sud, mars 2006)
  • Le cimetière de verre (Acte Sud, 2002)
  • Le jardin de solitude : Nouvelles d’Iran (Éditions Mille et une nuits, 2000)

Résumé de La Vallée des aigles : Autobiographie d’une fuite :

“Téhéran vivait cette année-là ses jours les plus noirs, ses nuits les plus blanches. Après une première vague d’exécutions révolutionnaires d’hommes politiques et de ministres du Shah, le tour était venu des révolutionnaires de tout bord : les marxistes-léninistes, les trotskistes, les maoïstes, les prosoviétiques critiques, les prosoviétiques non critiques, les ultra-radicaux, les marxistes religieux... On persécutait les artistes, les femmes maquillées, les lycéens ayant vendu des journaux dans la rue, les étudiants absents un jour de grève, les ouvriers revendiquant une augmentation, les Kurdes indépendantistes... Ah ! Les Kurdes indépendantistes !... IIs étaient de loin les plus romantiques des opposants au nouveau régime, disséminés dans les montagnes, pantalon bouffant et fusil à l’épaule, musique et danse folklorique, une tradition guerrière née, comme les cimes de leurs montagnes, dans la nuit des temps, des revendications centenaires d’autonomie, détestant les azéris turcophones, avec aussi, comme chez toutes les populations frontalières, un faible pour la contrebande. C’est justement la contrebande et ses sentiers muletiers à pente raide qui a fait d’eux les sauveurs de dizaines de milliers de révolutionnaires trop idéalistes. (... )
J’ai fui l’Iran il y a vingt ans. Nous avons quitté le pays, ma sœur et moi, à dos de cheval, via les montagnes du Kurdistan iranien avant de franchir clandestinement la frontière turque. Notre fuite a duré trois mois, et connu beaucoup de péripéties. Pendant vingt ans, je n’ai cessé de vouloir raconter ma fuite. J’en avais fait un petit journal de bord que je gardais sur moi. Comme une sorte de carte d’identité. La seule carte d’identité iranienne en ma possession, tous mes papiers m’ayant été confisqués au poste de frontière de Séro, lors de notre première tentative d’évasion. ...Vingt ans plus tard, il m’a fallu retourner en Iran, pour que je puisse enfin le faire. Comme si la boucle était bouclée. Comme si je devais attendre la fin pour pouvoir raconter le début.”

Les vallées des aigles

Actes Sud - 2006

Fêlures

Les cafés littéraires
Avec : Gil COURTEMANCHE, Gisèle PINEAU, Sorour KASMAI, Yvon LE MEN - Saint-Malo 2006