LOPES Henri

Congo

Une enfant de Poto-Poto (Gallimard, 2011)

Biographie

Peintre sarcastique des malheurs de l’Afrique post-coloniale, chantre d’une Afrique métissée et d’une langue française en perpétuelle réinvention, Henri Lopes est l’un des grands noms de la littérature congolaise. Homme politique et diplomate, il a reçu pour son oeuvre de romancier le Grand Prix de la francophonie de l’Académie Française en 1993.

Étudiant à Paris dans les années 1960, il fréquente la librairie Présence Africaine où il découvre l’Anthologie de la poésie africaine et malgache de Senghor qui devient son livre de chevet. Ses premiers écrits sont ainsi imprégnés de l’influence de Senghor, de Césaire, mais aussi d’Aragon, à ses yeux le plus grand poète français. De retour au Congo, il est nommé Directeur de l’Enseignement puis Ministre de l’Éducation nationale en 1969. Commence alors une carrière politique marquée par un passage de trois ans au poste de Premier Ministre (1973-1975). Au début des années 1980, Henri Lopes rejoint l’Unesco où il travaillera pendant de longues années avant d’être nommé Ambassadeur du Congo en France en 1998.

En 1982, rompant avec ses précédents romans, Le pleurer-rire s’impose comme un livre exemplaire du renouveau esthétique observé à l’époque dans le roman africain. Produit de la désillusion des lendemains de l’indépendance, il peint les frasques et les bouffonneries d’un « Maréchal-Président » tyrannique dans une langue truculente, ironique, truffée de "congolismes".

Délaissant la thématique du pouvoir dans ses romans suivants, Henri Lopes, lui-même métis, met en scène des personnages à l’identité problématique, dont l’histoire se partage entre plusieurs continents. Critique vis à vis de la Négritude, il revendique une identité plurielle, ouverte, dans un recueil d’articles paru en 2003 Ma grand-mère bantoue et mes ancêtres les Gaulois. Après presque dix ans de silence, il revient au roman avec Une enfant de Poto-Poto (Gallimard), couronné en 2011 par le Prix de la Porte Dorée. L’histoire d’un trio amoureux métissé dont les passions traversent le temps et les frontières, portée par une langue chatoyante, protéiforme, créolisée à la sauce lingala.

Bibliographie :

  • Une enfant de Poto-Poto (Gallimard, 2011) , Prix de la porte dorée
  • Ma grand-mère Bantoue et mes ancêtres les Gaulois (Gallimard, 2003)
  • Dossier classé (Seuil, 2002)
  • Sur l’autre rive (Seuil, 1992)
  • Le chercheur d’Afriques (Seuil, 1990)
  • Le pleurer-rire (1982, réédité par Présence africaine en 2003)
  • Sans tam-tam roman (1977)
  • La nouvelle romance, roman (1976)
  • Tribaliques, nouvelles (1972)

Présentation de Une enfant de Poto-Poto :

couverture A la une, la photo d’une foule en liesse… En bas, dans le coin gauche, quelqu’un lève deux doigts. C’est Pélagie. A sa gauche, c’est moi, Kimia… C’était le 15 août 1960. La nuit de notre Indépendance… Pour Pélagie et moi, il s’agissait plus d’une occasion de réjouissance que d’une date historique. » Suit le récit d’une amitié ente deux jeunes femmes que l’évolution de leur pays va séparer un temps. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, de jalousie et, surtout, mue par une indéfectible solidarité au coeur d’un monde divisé. Entre Pélagie et Kimia, un Moundélé, comme on appelle les Blancs, là-bas ! Mais ne serait-il pas, lui aussi, un enfant de Poto-Poto ?… Doublant l’intrigue amoureuse, une plongée dans les consciences de trois êtres dont les identités se forgent à la fusion des boues et des glaises des sols d’Afrique et d’ailleurs. A contre-courant des clichés, l’auteur, à l’écriture dépouillée, rapide, cinématographique, nous offre trois palpitants destins en perpétuels dialogues. De l’Europe aux Etats-Unis, ce trio fiévreux de passion et d’intelligence reste uni par une aspiration commune, le désir de s’assumer et de se dépasser, que traversent les parfums et les saveurs du Congo dans les rythmes des rumbas du pays bantou.


Revue de presse :

  • « Une enfant de Poto-Poto, éloge de la rumba congolaise, de la danse, de l’habillement « chic tout chic », est une confession émouvante, joyeuse et badine, avec, en toile de fond, la photographie en noir et blanc d’une jeunesse africaine en quête de repères dans un monde ébloui par les « soleils des indépendances » » Lire la critique d’Alain Mabanckou
  • « Il faut lire ce roman dont la force réside à la fois dans sa narration tenue d’une main de maître par un romancier au sommet de son art, et dans cette langue, souvent « congolisée » (au niveau des dialogues), et surtout sensuelle et truculente, devenue la marque de fabrique de l’auteur du Pleurer-rire. » Henri Lopes : la saga de la génération « dipanda » à lire sur rfi.fr

L’Afrique qui vient - Anthologie

Hoëbeke - 2013

Un monde meurt, et avec lui bien de nos repères – un autre monde naît, dans le tumulte et le chaos, mais avec une formidable énergie. Et une nouvelle Afrique, qui entend prendre sa place dans le siècle qui commence. Une Afrique qui met à mal nos discours convenus. Une Afrique dont les artistes, les écrivains, les poètes, nous dessinent aujourd’hui les contours. Lisez-les : ils nous parlent aussi de nous-mêmes, et de notre futur. 28 écrivains, nous disent ici, à travers 28 nouvelles, cette Afrique qui vient, surprenante, inquiétante, fascinante : un continent entier qui se met en marche, et dans le mouvement, s’invente. Parmi eux, des auteurs aujourd’hui de grand renom mais aussi la nouvelle vague des auteurs africains qui vont être les révélations des années à venir, et imposent des voix nouvelles. Nés après l’indépendance, ils ont grandi dans le cauchemar des génocides, sous le joug des dictatures, contraints souvent à l’exil. Le génocide de 1994 au Rwanda aura été un tournant : la fin de l’innocence, des paradis perdus, des discours seulement victimaires quand l’Afrique découvre sa capacité à s’autodétruire. Le nouvel espace romanesque africain n’est plus, sur place, celui du village, de la répétition du discours anti-colonialiste, du mythe d’une Afrique à retrouver, de la tradition, mais celui tout à la fois de l’exil et celui de la ville, monstrueuse, hybride, tentaculaire, où s’expérimentent également, mais d’une autre manière, métissage et multiculturalisme, se met en place un univers créole. La ville, où s’invente, au-delà du roman, une culture de la rue, slam, hip-hop, rap, par laquelle la jeunesse exprime sa révolte et ses espoirs. Lisez-les : ils vont vous étonner.   


Une enfant de Poto-Poto

Gallimard - 2012

À la une, la photo d’une foule en liesse... En bas, dans le coin gauche, quelqu’un lève deux doigts. C’est Pélagie. À sa gauche, c’est moi, Kimia... C’était le 15 août 1960. La nuit de notre Indépendance... Pour Pélagie et moi, il s’agissait plus d’une occasion de réjouissance que d’une date historique. » Suit le récit d’une amitié liant deux jeunes femmes que l’évolution de leurs pays va séparer un temps. Amitié profonde, complexe, sillonnée de rivalités, de jalousie et, surtout, mue par une indéfectible solidarité au cœur d’un monde divisé. Entre Pélagie et Kimia, un Moundélé, comme on appelle les Blancs, là-bas ! Mais ne serait-il pas, lui aussi, un enfant de Poto-Poto ?... Doublant l’intrigue amoureuse, une plongée dans les consciences de trois êtres dont les identités se forgent à la fusion des boues et des glaises des sols d’Afrique et d’ailleurs. À contre-courant des clichés, l’auteur, à l’écriture dépouillée, rapide, cinématographique, nous offre trois palpitants destins en perpétuels dialogues. De l’Europe aux États-Unis, ce trio fiévreux de passion et d’intelligence reste uni par une aspiration commune, le désir de s’assumer et de se dépasser, que traversent les parfums et les saveurs du Congo dans les rythmes des rumbas du pays bantou.


Ma grand-mère Bantoue et mes ancêtres les Gaulois

Gallimard - 2003

Que représente aujourd’hui le mouvement de la négritude pour un écrivain africain ? La réappropriation des « poupées noires », à laquelle appelait le Guyanais Léon Gontran Damas, compagnon de Senghor et de Césaire, est-elle encore à l’ordre du jour ? L’héritage culturel, oral, d’une grand-mère bantoue devient-il suranné quand on passe à l’écrit, surtout en ces temps de « mondialisation » et de « globalisation » ? Faut-il, pour féconder sa création littéraire, cultiver son, ou ses, identité(s) La francophonie constitue-t-elle un fructueux apport ou un obstacle à l’entreprise ? Que signifie le métissage ? Une dilution ou un apprentissage ? Autant de questions que se pose Henri Lopes, en proposant des réponses qui ne ressortissent ni au domaine de la philosophie ni au domaine de la politique mais à celui de la création littéraire, en ayant à l’esprit la singularité de la situation du continent noir. Des réponses en forme de « simples discours » pour le dire avec Paul-Louis Courier. Mais en nous éclairant sur les origines de la plus jeune des littératures, celle du continent le plus ancien, l’auteur s’adresse aussi à tous les écrivains et aux lecteurs de tous les continents.


Dossier classé

Seuil - 2002

« La République du Mossika ne figure sur aucun Atlas. Ce pays existe pourtant. Je l’ai visité il y a quelques années ; il appartient à mon Afrique intérieure. » Lazare Mayélé a la quarantaine accomplie et apaisée, lorsque la revue américaine pour laquelle il travaille l’envoie en reportage dans ce pays qu’il a dû fuir à l’âge de six ans. Un autre mobile pousse le narrateur à ce retour : quelques années après l’Indépendance, son père a été assassiné dans des circonstances jamais élucidées. A sa descente d’avion, c’est la peur qui accueille Lazare Mayélé. La nuit africaine est noire comme un cachot et il y a perdu tous les repaires de son enfance. Haletant comme une enquête policière, Dossier classé est l’histoire des retrouvailles impossibles entre un homme et son histoire.


Sur l’autre rive

Seuil - 1992

Dans une île des Caraïbes, vit Marie-Éve, une femme apparemment comblée. A la veille d’un vernissage qui va assurer sa consécration, elle rencontre un couple étrange, qu’elle a peur de reconnaître. Commence alors un long voyage intérieur qui nous conduit au Gabon, puis sur les srives du Congo. Au centre du roman une histoire d’amour dans une Afrique ensoleillée, qui danse et chante ; une Afrique qui veut demeurer attachée à d’anciennes croyances et, dans le même mouvement, s’interroger sur sa place dans ce siècle de vitesse. La narratrice nous fait découvrir une société sur laquelle elle pose un regard affectueux, souvent ironique, toujours lucide. Au delà d’un pays, c’est une plongée dans la profondeur d’un être décidé à aller jusqu’au bout d’elle-même. Il lui faudra franchir le fleuve, changer de paysage, aborder l’autre rive.


Le chercheur d’Afriques

Seuil - 1990

Il y a d’abord, au coeur de l’enfance, l’Afrique intemporelle sur une rive du Congo. André, un petit Noir aux yeux verts, découvre, mêlés à l’inépuisable tendresse maternelle, la fraternité et les rires de sa tribu, les eaux lourdes du fleuve, les odeurs de la forêt. Les siens s’amusent de tout et surtout de cet homme, le Commandant, qu’ils appellent le Mouroupéen. Qui est-il, ce Blanc ? Que cherche-t-il dans ce petit village noir ? Et puis - vive la France - voici Nantes. Entouré de ses camarades, toujours prêts à la fête, André se grise de jazz. Et le soir du carnaval, dans la foule des masques, il aperçoit le visage radieux de Fleur. Cette passion, née du hasard, le met, au-delà du drame, en présence de lui-même et de son destin. Il y a dans ce roman né du choc de deux mondes un rythme puissant où roulent, avec des mots nouveaux, la frénésie du jazz et les battements d’un coeur amoureux. Et, à jamais, la nostalgie de l’Afrique.


Le pleurer-rire

Présence Africaine - 1982

Ce livre est dominé par Tonton Hannibal-Ideloy Bwakamé Na Sakkadé. Ancien baroudeur devenu Président de la République à la faveur d’un coup d’état, il exerce un pouvoir illimité. A travers ce roman, c’est le problème du pouvoir et du contre-pouvoir qui est posé dans toute son ampleur.


Sans tam-tam

Editions Clé - 1977

La nouvelle romance

Editions Clé - 1976

Ce livre met à l’honneur la femme africaine dans sa lutte pour son émancipation.


Tribaliques

Editions Clé - 1972

"Tribaliques" se compose de huit nouvelles qui sont autant de portraits qui dépeignent des individus et la société dans laquelle ils vivent. Huit histoires fortes, variées, qui, sans avoir l’air d’y toucher, abordent quelques problèmes essentiels de l’Afrique moderne et les passent au crible d’une critique toute de finesse et de discernement. Ni voix brouillée de larmes, ni complaisance malsaine à l’égard de soi. Pas même cette indignation rétrospective qu’il est d’usage de prodiguer en évoquant, à grand renfort rhétorique, les méfaits d’un colonialisme qui n’en finit pas de mourir. Le colonialisme - le plus redoutable, celui qui ne pardonne pas - c’est nous qui le portons, entre cuir et os, comme un virus têtu dont le nom va changeant au gré de nos intérêts : réalisme, traditionalisme, tribalisme, népotisme. Pour tout dire en un mot : arrivisme. Telle est la leçon que ces récits enseignent. Récits brefs et bravement menés qui, mieux que la fiction romanesque, permettent à l’auteur de braquer le projecteur de l’analyse sur tel ou tel aspect particulier de la réalité africaine d’aujourd’hui. Grand Prix littéraire de l’Afrique noire en 1971,

Habiter la frontière

Les grands débats en vidéo
Saint-Malo 2013

Avec Kim THUY, Diana EVANS, Henri LOPES, Noo SARO-WIWA
Animé par Catherine PONT-HUMBERT


La vie à bras le corps

Les cafés littéraires
Avec Jim Fergus, Henri Lopes et Chantal Pelletier - Saint-Malo 2013

Participants : Jim Fergus, Henri Lopes et Chantal Pelletier