LE MEN Yvon

France

2 avril 2019.

Depuis Vie (1974), écrire et dire sont les métiers d’ Yvon Le Men : « L’écriture, c’est la solitude et l’absence. La scène, c’est la présence et le partage. J’ai besoin de ces deux chemins. » En 1997 il ouvre un espace dédié à la poésie au festival Étonnants Voyageurs. Il est l’auteur d’une œuvre poétique importante à laquelle s’ajoutent onze récits et deux romans. Ses poèmes sont traduits dans une vingtaine de langues. En 2019 il reçoit Le Prix Goncourt de la Poésie.

 

« En Bretagne, la parole est forte : les conteurs, les chanteurs, il existait donc un certain terreau. L’écriture, c’est la solitude et l’absence. La scène, c’est la présence, le partage. J’ai besoin de ces deux chemins. »

Depuis Vie (1974), écrire et dire sont les métiers d’ Yvon Le Men : « L’écriture, c’est la solitude et l’absence. La scène, c’est la présence et le partage. J’ai besoin de ces deux chemins. » Ce poète breton, né en 1953 à Tréguier, va à la rencontre des amoureux de la poésie pour partager avec le plus grand nombre sa passion des mots : dans les écoles, les salles de spectacles, et bien sûr au festival Étonnants Voyageurs, où il se fait le passeur des poètes et des écrivains du monde entier. Il y ouvre, en 1997, un espace dédié à la poésie.

De sa chronique hebdomadaire publiée de 2006 à 2008 pour le journal Ouest France, il a tiré un livre, Le Tour du monde en 80 poèmes : une anthologie de 80 poèmes qu’il commente, fort de plus de trente ans d’expérience et de rencontres poétiques. Yvon Le Men, avec son incroyable ouverture au monde, ne cesse de prouver que la poésie ne s’arrête pas aux frontières.

Auteur d’une œuvre poétique importante, il reçoit en 2019 Le Prix Goncourt de la Poésie. Ses poèmes sont traduits dans une vingtaine de langues. À cette production littéraire s’ajoutent onze récits et deux romans.

Proche du monde et surtout des êtres qui l’entourent, il puise son inspiration dans les événements qui ont jalonné son existence, dans les émotions vécues, et porte de sa voix une sincérité sans pareille : « On peut mentir dans la vie mais pas dans un poème ». Écrire, c’est aussi un travail de mémoire, comme pour redonner vie à ceux qui ne sont plus là. Pour Yvon Le Men, ce souffle vital est l’essence même de la poésie : « la poésie pour moi, c’est être au monde encore plus, ce n’est pas une évasion du monde ». En résulte une sensation vibrante qui émane de la lecture de ses textes : on se rappellera de l’émotion palpable qui s’empara de la salle lors de la poignante lecture de Chambres d’Echo par Denis Podalydès lors du festival en 2008.

Radié du statut d’intermittent du spectacle, accusé par Pôle Emploi "de voler dans les caisses du chômage", Yvon Le Men, fervent défenseur de la poésie, voit sa vie basculer lorsque cette organisation lui demande de rembourser des années d’indemnités. Le goût de la pauvreté remonte à la surface, la colère et l’incompréhension surgissent. Au jargon administratif, Yvon Le Men répond par des vers dans En fin de droits illustré par son ami Pef. Ce livre, loin d’être la complainte d’un homme aux prises avec l’administration, est en vérité un cri parmi tant d’autres. Par des mots simples, des phrases chocs et un ensemble drôle, ce long poème s’empare d’un thème qui nous concerne tous, le chômage, car :
« Qui a peur des chômeurs ?
Les futurs chômeurs
Qui se voient dans leurs yeux ».

Au printemps 2015, l’écrivain est en résidence durant 3 mois à Rennes, immergé à Maurepas, quartier populaire situé au nord-ouest de Rennes. Il en résulte une création narrant la vie de ces habitants, un livre-poème superbement illustré par le dessinateur Emmanuel Lepage, et chantant les expériences, les rencontres et les vies qui animent ce quartier. Entre les différentes nationalités et générations qui coexistent, surgit un long poème urbain et humain, clair et plein d’espoir. L’ouvrage, intitulé Les Rumeurs de Babel, sort en 2016 aux éditions Dialogues.

Pour sa trilogie Les continents sont des radeaux perdus, le poète explore dans un premier temps l’espace clos de l’enfance avec Une île en terre. Avec son deuxième tome, Le poids d’un nuage, il « s’ouvre au dehors » et fait la part belle aux rencontres et aux paysages dans un ouvrage vibrant de légèreté et de justesse. Pour clore sa trilogie autobiographique, il nous fait parcourir le monde à travers 41 poèmes. Autant de petites histoires qui nous transportent d’un bout à l’autre du globe. Cette excursion profondément poétique trahit une volonté de comprendre le monde et ses habitants dans un langage libéré de toute contrainte : les mots, les vers et les rimes de l’écrivain s’affranchissent des règles formelles et donnent vie à un carnet de voyages porté par un regard bienveillant.


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DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Les continents sont des radeaux perdus - Tome 3 : Un cri fendu en mille

Bruno Doucey - 2018

Avec Le poids d’un nuage, précédent volume de la trilogie Les continents sont des radeaux perdus, le poète découvrait la carte du monde par la peinture et la littérature. Avec Un cri fendu en mille, il nous parle de la découverte physique, sensible, amoureuse de notre planète. Il ne s’agit plus de rêver le monde, il faut le parcourir. Les premières destinations nous entraînent en Allemagne, en Italie, en Roumanie, à Lisbonne. Puis viennent les voyages au long cours, autour du mont Liban, en Israël, à Bamako, en Chine, sur le plateau tibétain, en Haïti ou au Brésil. D’un pays à l’autre,un même désir d’étreindre le monde, une même soif de rencontres, une même propension à se penser soi-même comme un autre. Un carnet de voyages, au cœur du monde, à travers soi. Et l’assurance, pour vous qui entrez dans ce livre, d’un merveilleux voyage immobile.