CHATEAUREYNAUD Georges-Olivier

France

8 mars 2019.

Nouvelliste et romancier au style riche, cet ancien président de la Société des Gens de Lettres est l’auteur d’une vingtaine d’œuvres traduites à travers le monde entier. Ses ouvrages mêlent l’historique à l’onirisme, le réalisme au fantastique. Dans ce recueil critique constellé d’éléments autobiographiques, l’écrivain nous transporte dans une réflexion profonde sur la littérature, et sur le fantastique. Son écriture spirituelle et teintée d’humour rassemble analyses, souvenirs, anecdotes et hommages, conviant ainsi le lecteur dans l’intimité de la bibliothèque de l’auteur.

 

Marqué par une enfance difficile, il se plonge très jeune dans la lecture, dévorant aussi bien l’Ile au trésor que l’Amant de lady Chatterley. Il entame sa carrière d’écrivain en exerçant un grand nombre de métiers différents. Ouvrier spécialisé dans une usine automobile ou encore brocanteur aux Puces de Montreuil, il puise dans ses expériences une connaissance sensible et concrète des réalités humaines. En parallèle, il poursuit sa carrière d’écrivain, et fonde plusieurs revues littéraires avec son ami Hubert Haddad. Les deux écrivains sont, en outre, identifiés dans les années 1990 comme les figures de proue du mouvement littéraire de la Nouvelle Fiction française. Lauréat du Prix Renaudot pour La Faculté des Songes, en 1982, il fait partie du jury de ce prix depuis 1996. Il remporte par ailleurs le Grand Prix de l’Imaginaire du roman francophone pour L’autre rive en 2009.

Traduit en 2010 en anglais par les éditions Small Beer Press, son recueil de nouvelles A life on paper, rencontre un vif succès chez les lecteurs anglophones. Considéré outre Atlantique comme un Kafka ou un Edgar Allan Poe à la française, il reçoit le prix Science Fiction & Fantasy Translation Award en 2010, et fait partie des nominés pour le prix Best Translated Book Award.

Il publie en 2013 un nouveau recueil de nouvelles au titre aussi insolite que son contenu, Jeune vieillard assis sur une pierre en bois ; ce sont huit histoires fantastiques où le surnaturel intervient dans le quotidien d’hommes ordinaires. De celui qui, par trois fois dans sa vie, aura eu le pouvoir de voler, à celui qui se réveille après une opération pour trouver le monde « pas conforme », Georges-Olivier Châteaureynaud joue avec l’âge et les représentations du temps et étonne sans cesse son lecteur.

Dans Aucun été n’est éternel (Grasset, 2017), la scène se passe en 1965. À travers les aventures d’Aymon, l’auteur retrace l’histoire de la musique folk des années 60 à la manière d’un road movie qui mène le protagoniste d’Athènes à Londres en passant par Tanger pendant un été plein d’expériences nouvelles pour le jeune parisien de dix-huit ans.

En 2018, l’écrivain met sa plume élégante au service de la littérature, explorant les pouvoirs et les vertus de l’imagination et menant une réflexion avertie sur certains genres littéraires, telles que la poésie ou la nouvelle. Il emmène le lecteur à la découverte de certains auteurs, comme Noël Delvaux, La Motte-Fouqué ou encore André Hardellet. Ce recueil, dans lequel l’auteur manie les mots avec brio, permet également de mettre en lumière certains épisodes de la vie de Georges-Olivier Châteaureynaud.


Bibliographie

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Contre la perte et l’oubli de tout

Albin Michel - 2018

En nous entourant de livres, nous nous efforçons de délimiter autour de nous un enclos d’éternité. Une telle compulsion signe notre appartenance à l’espèce humaine : nous le savons jusque dans nos gènes, rien n’est impérissable, et nous tentons désespérément d’apurer notre éternel débit sur les registres du temps.

Dans notre lutte contre la perte et l’oubli de tout, nous usons d’armes paradoxales. Le fragile papier dure plus que le granit. C’est qu’il se prête à la duplication, à la multiplication, à la dissémination. Les vingt ou trente exemplaires combustibles et putrescibles d’un incunable avaient plus de chances de traverser les siècles qu’une stèle de pierre. Pour celle d’Hammourabi qui nous est parvenue, combien reposent à jamais « sous dix couches de ténèbres » ?

A contrario, a-t-on vraiment perdu une phrase, une ligne, depuis l’invention de l’imprimerie ? Naïfs nazis, gourdifles en chemise brune ! Brûler un livre, c’est brûler Phénix.