MOÏ Anna

Vietnam

11 avril 2018.

Enfant de la guerre, son histoire commence à Saïgon (aujourd’hui Ho Chi Minh ville) en 1955 ; elle se prénomme encore Thiên-Nga, qui signifie “ Cygne céleste ”. Après l’indépendance du Vietnam, en 1954, ses parents émigrent vers le Sud. Dès la maternelle, elle est scolarisée en français. Après une dizaine d’années de silence - temps que l’auteure a mis à profit pour le développement de ses activités de styliste et sa boutique à Saigon, elle publie deux romans, l’un est le récit d’une déambulation en compagnie de Marguerite Duras, l’autre est un véritable roman d’apprentissage. Elle est présente lors de cette édition comme jury.

 
©F.Mantovani

Anna Moï est une enfant de la guerre. Son histoire commence à Saïgon (aujourd’hui Ho Chi Minh ville) en 1955 ; elle se prénomme encore Thiên-Nga, qui signifie “ Cygne céleste ”. Après l’indépendance du Vietnam, en 1954, ses parents avaient émigré vers le Sud. Thiên-Nga, dès la maternelle, est scolarisée en français.
Arrivée en France, elle rencontre Agnès B puis Philippe Guibourgé avant de se lancer dans la mode en ouvrant une boutique dans le quartier des Halles. Après avoir longtemps vécu à Paris, à Tokyo et à Bangkok, elle retourne vivre au Vietnam en 1992. Un journal francophone local lui commande quelques récits qui, bientôt, deviennent une rubrique régulière. Rassemblées en 2001 en un recueil, ces chroniques constituent "L’Echo des rizières", le premier livre d’Anna Moï, directement écrit en français.

Après deux romans inspirés par des épisodes sombres de l’histoire du Vietnam, Anna Moï renoue en 2006, dans "Violon" - un roman situé dans le Cotentin - avec la veine (en apparence) légère de ses premiers récits. Parallèlement elle publie un essai sur la langue, Espéranto, désespéranto, toujours chez Gallimard. Quel que soit le sujet de ses livres, Anna Moï écrit dans un bungalow sur pilotis au cœur d’une bananeraie, à Saïgon ; elle partage sa vie entre ce lieu et Paris.
Faite Chevalier des Arts et des Lettres en 2006, signataire du Manifeste pour une littérature-monde, Anna Moï publie en septembre 2008 L’année du cochon de feu, aux éditions du Rocher.

Après une dizaine d’années de silence - temps que l’auteure a mis à profit pour le développement de ses activités de styliste et sa boutique à Saigon, elle revient ces derniers mois avec deux titres inédits (Le pays sans nom, Le venin du papillon) et une réédition (Nostalgie De La Rizière)
Le pays sans nom, publié aux Éditions de l’Aube, est le récit d’une déambulation en compagnie de Marguerite Duras avec qui elle partage le même lieu de naissance : le Vietnam. Chez Gallimard, elle signe en février un roman d’apprentissage, Le venin du papillon.


Bibliographie :


 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le venin du papillon

Gallimard - 2017

Pendant une année de sa vie, Xuân caracole à travers une adolescence qui s’achève en accéléré, sur fond d’ère postcoloniale française et de guerre américaine, dans un pays non nommé qui pourrait être le Vietnam. Ba, son père, est un officier militaire excentrique. Sa mère, Mae, exerce les métiers les plus improbables afin de joindre les deux bouts. Préoccupée par ses seins trop petits, Xuân l’est également par les positions yogiques et politiques de Ba, l’animisme de sa mère, le décompte quotidien des morts de la guerre et le climat urbain explosif. Elle est initiée au sexe par Edgar, un énarque membre des services de renseignement français, et se joint à une bande incontrôlable qui s’adonne aux rodéos à moto dans la ville et à tous les excès : drogue, alcool, sexualité débridée.
Loin du climat nostalgique propre aux réminiscences de la jeunesse enfuie, le ton à la fois caustique et sensuel, très tonique du récit le rend particulièrement attachant. Chez Anna Moï la jeunesse a raison de tout, même des désastres historiques et des tragédies guerrières.