Peut-on parler de littérature nationale ?

Ouverture par Velibor Colic

1er juillet 2013.
 

Malheureux écrivains, toujours sommés de se mettre au service d’une cause, d’un clan, d’une classe, d’un groupe ! À libération nationale, affirmation identitaire et nécessité, en somme, d’une littérature « nationale ». Mais quelle place encore pour le poète qui affirme comme Rimbaud que « Je est un autre » ? « J’ai été le témoin, en ex- Yougoslavie, de comment une littérature “élitiste“ devient soudainement une “littérature nationale“ », écrit Velibor Colic, « ou comment les écrivains, avec leurs livres et une ‘“langue nationale“ définissent un espace spirituel et national avant qu’arrivent les généraux pour ‘arrondir les frontières’ : le triple crime (génocide, urbicide, mémoricide) n’est jamais que le sous-produit d’une littérature ‘nationale’ »

Ouverture par Velibor Colic
Lire le texte : "Le chant des guerriers – La littérature nationaliste"

Avec la participation au débat de : Murray BAIL, Elliot PERLMAN, Geneviève DAMAS,
Alain MABANCKOU, Sami TCHAK, Velibor COLIC, Lyonel TROUILLOT, Janis OTSIEMI, Insa SANE, Maryse CONDE, Henry KENOL, Yanick LAHENS, Henri LOPES, Julien MABIALA BISSILA, Anne NIVAT, Atiq RAHIMI, Gary VICTOR, Olivier WEBER, Helon HABILA, Kenneth WHITE, Ian MCDONALD, Nick STONE

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le livre des départs

Gallimard - 2020

« Je suis un migrant, un chien mille fois blessé qui sait explorer une ville. Je sors et je fais des cercles autour de mon immeuble. Je renifle les bars et les restaurants ».

Velibor Čolić, à travers le récit de son propre exil, nous fait partager le sentiment de déréliction des migrants, et l’errance sans espoir de ceux qui ne trouveront jamais vraiment leur demeure. Il évoque avec ironie ses rapports avec les institutions, les administrations, les psychiatres, les écrivains, et bien sûr avec les femmes, qui tiennent une grande place ici bien qu’elles aient plus souvent été source de désir ardent et frustré que de bonheur. Son récit est aussi un hommage à la langue française, à la fois déchirant et plein de fantaisie.