WEBER Olivier

France

29 avril 2021.

Ecrivain et grand reporter, Prix Albert Londres, Prix de l’Aventure, Prix des Romancières et Prix Joseph Kessel, Olivier Weber est notamment l’auteur du Faucon afghan (Robert Laffont), du Barbaresque et de L’Enchantement du monde (Flammarion). Longtemps reporter de guerre pour la presse française et britannique, puis ambassadeur de France pendant cinq ans et désormais romancier, il a couvert une vingtaine de conflits, de l’Erythrée à l’Afghanistan, du Sahara à l’Irak. Ses romans et récits de voyage ont été traduits dans une dizaine de langues. Défenseur de la cause kurde, il s’est rendu en Syrie et en Irak pour rencontrer les « combattants de la mort » qui se battent pour leur liberté ; il en sort en 2020 un livre engagé percutant. Parallèlement, dans un nouveau récit de voyage paru ce mois-ci, le grand reporter s’aventure en Himalaya, dans le royaume oublié du Mustang ; là, perché sur le toit du monde, il nous offre un moment suspendu, hors du temps, terreau d’une réflexion sur nos sociétés.

 

Devenu grand reporter à l’hebdomadaire Le Point, écrivain et auteur de documentaires, Olivier Weber a parcouru la planète, des États-Unis à la place Tian’anmen à Pékin en passant par l’Afrique, mais avec une attirance finalement persistante pour ces contrées où le soleil se lève. Après des études d’anthropologie et d’économie, Olivier Weber s’envole pour la Californie, pour une première enquête sur les traces de Jack London.

L’écrivain-voyageur et journaliste a couvert de nombreux conflits dont la guerre en Afghanistan, le Kurdistan, l’Érythrée, le Cambodge, le Sud-Soudan, l’Irak, le Sahara occidental, la Tchétchénie, l’Algérie, les guérillas de Birmanie... De ces expériences, il tire la matière de ces récits.
En Afghanistan, il fut l’un des rares occidentaux à pouvoir approcher les talibans et publiera plusieurs ouvrages : Le faucon afghan : un voyage au pays des talibans, La mémoire assassinée et Éternités afghanes. En 2013, douze ans après l’assassinat du commandant Massoud, l’auteur revient sur cette personnalité afghane qui incarnait le guérillero moderne. Fiction documentée, La confession de Massoud dresse le tableau de tout un pan de l’Histoire afghane et la volonté de créer un Islam des Lumières.

Largement reconnu par ses pairs, Olivier Weber a reçu de nombreux prix pour une œuvre aussi bien journalistique que littéraire qui forme un tout renouant avec la tradition du grand reportage telle que la concevait Joseph Kessel (Prix Albert Londres, prix Lazareff, prix Mumm, prix Joseph Kessel, prix de l’Aventure, prix spécial Ouest-France, lauréat de la Fondation Journaliste Demain…)

Olivier Weber est également membre de plusieurs jurys de prix littéraires consacrés au reportage et aux voyages, dont le prix Joseph Kessel. En 2006, il publie précisément un récit de voyage et un essai littéraire sur ce dernier, Kessel, l’Eternel nomade (Arthaud). Olivier Weber a enfin écrit et réalisé une dizaine de documentaires pour Arte, Canal Plus, Voyage, France 5 et France 2, dont L’Opium des talibans et Sur la Route du Gange, qui ont obtenu plusieurs prix internationaux. Le journaliste a aussi longtemps enquêté sur les trafiquants de drogue et il a publié La mort blanche (Albin Michel, 2007), un grand roman-document sur le narcotrafic, qui nous entraîne de Paris à Kaboul, en passant par San Francisco, Monte-Carlo et Karachi. Nommé ambassadeur itinérant, il publie également un récit de voyage sur les chercheurs d’or en Amazonie, J’aurai de l’or (Robert Laffont), après une expédition dont il a tiré un documentaire de cinéma La fièvre de l’or.

Dans Joseph Kessel : le nomade éternel (2010), il rendait hommage à son illustre prédécesseur, la légende du journalisme, de la littérature et de la Résistance qu’est Joseph Kessel, en retranscrivant ses carnets de voyages, mêlant tranches de vie et vieilles photos en noir et blanc du mythique reporter.
Il revient en 2013 au Cambodge avec Les impunis, grand reportage sur la méconnue « zone de Pailin », au nord du pays, véritable État de non-droit fondé par les anciens khmers rouges reconvertis et contrôlé par leurs descendants, formidable mafia-État où chacun sait qui sont les anciens bourreaux, et dont l’économie repose sur les casinos, les bordels, le trafic de rubis et le recyclage d’argent sale des mafias régionales… Comme souvent dans les zones de « post-conflit » s’y mêlent les victimes et ceux qui les ont traquées, et Phnom Penh ferme les yeux, comme le reste du monde, sur cette enclave du crime organisé, pas même inquiétée par les tribunaux internationaux qui ont récemment jugés les bourreaux du génocide cambodgien dans la capitale.
2015 voit publier L’Enchantement du monde, un roman d’aventures, parabole sur la tolérance et contre le fanatisme.
En 2016, Frontières est l’occasion de portraits en tout genre, teintés d’humour, d’enchantement, parfois graves, mais aussi de réflexions sur la mondialisation, les fissures des confins et la planète de demain, le tout dans la tradition des grands récits de voyages littéraires.

Dans Jack London, l’appel du grand ailleurs, Olivier Weber s’intéresse au père de tous les aventuriers dans l’imaginaire collectif. Un livre qui entend rendre justice à l’étendue de son œuvre, lutter contre les malentendus et mettre en avant les contradictions et paradoxes qui font tout l’intérêt et le magnétisme de ce personnage hors du commun.

Dans L’arrière-pays, nous suivons l’itinéraire d’un jeune berger captivé par les lumières de la ville, entre impunité et humiliation. Olivier Weber esquisse ici une ample fresque de la corruption sur la Côte d’Azur, aux allures de roman noir.

Il publie la même année Si je t’oublie, Kurdistan : défenseur de la cause kurde depuis longtemps, l’auteur s’est à nouveau rendu sur le ­terrain à la rencontre de ces militants de la liberté et des peshmergas, «  les combattants de la mort  ». En Syrie et en Irak, il a vu des partisanes et des parti­sans prompts à se battre encore, dans l’attente de l’aide internationale ou de volontaires comme lors de la guerre d’Espagne. L’Occident va-t-il achever de leur faire croire en leur proverbe, selon lequel ils n’ont «  pour amis que les montagnes  », ou va-t-il enfin se montrer à la hauteur ?

Ce mois-ci, bâton de marche dans une main, carnet dans l’autre, Olivier Weber nous emmène dans une contrée mythique et oubliée, le Mustang. « Fermé aux étrangers jusqu’en 1992, ce petit royaume en Himalaya désormais rattaché au Népal est un "petit Tibet’ à la culture protégée et sans la tutelle de la Chine », raconte-t-il. Il s’aventure ici dans des vallées perdues et offre une brillante réflexion sur le temps, sur nos sociétés au rythme effréné, et sur notre rapport à l’autre.


Filmographie

Bibliographie

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais
Récit

Si je t’oublie Kurdistan

L’Aube - 2020

Défenseur de la cause kurde depuis longtemps, Olivier Weber s’est à nouveau rendu sur le terrain à la rencontre de ces militants de la liberté et des peshmergas, « les combattants de la mort ». En Syrie et en Irak, il a vu des partisanes et des parti sans prompts à se battre encore, dans l’attente de l’aide internationale ou de volontaires comme lors de la guerre d’Espagne. Désireux de bâtir un Moyen-Orient en paix. Impatients de reconstruire la mémoire de la Mésopotamie. Fiers de montrer leur expérience démocratique avec le respect des minorités, l’égalité entre les femmes et les hommes, un modèle de société qui représente un véritable laboratoire des droits de l’Homme au Moyen-Orient.
L’Occident va-t-il achever de leur faire croire en leur proverbe, selon lequel ils n’ont « pour amis que les montagnes », ou va-t-il enfin se montrer à la hauteur ?

Olivier Weber est écrivain, ancien reporter de guerre. Ses romans et essais ont remporté plusieurs prix, notamment le prix Joseph-Kessel, le prix du Livre européen et méditerranéen, le prix de l’Aventure et le prix des Romancières.