HUSTON Nancy

France - Canada

2 mars 2016.
 
© Guy OBERSON

Romancière et essayiste franco-canadienne, féministe convaincue, Nancy Huston signe depuis 30 ans une œuvre forte et riche, couronnée de prix, très souvent inspirée d’une expérience personnelle mouvementée, et toujours à l’écoute des soubressauts du monde.

Nancy Huston est née à Calgary (Canada) en 1953, après des études à Cambridge et à New York elle s’intalle définitivement en France en 1973. Sous la direction de Roland Barthes, elle obtient son diplôme de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales pour son travail sur le tabou linguistique. À cette époque, elle collabore à différents journaux et revues défendant la cause des femmes (Sorcières, Histoires d’elles, Les Cahiers du GRIF) puis enseigne à l’Institut des Études Féministes, Université de Columbia, à Paris. Elle épouse alors le sémiologue français Tzvetan Todorov.

Elle publie en 1981 son premier roman, Les Variations Goldberg puis alterne romans, essais, livres pour enfants (avec sa fille Léa) et scenarii (avec Yves Angelo ou Léa Pool), en langue anglaise et française. En 2006, son roman Lignes de failles la projette sur le devant de la scène en remportant le prix Femina. Une récompense méritée pour un roman fort, qui exprime toute la violence du monde à travers le regard et le vécu de quatre enfants d’une même famille, remontant les générations, depuis l’Amérique contemporaine aux prises avec le terrorisme jusqu’à l’époque de l’Allemagne nazie.
Dans son roman suivant, Nancy Huston convoque sa propre expérience et celle des artistes qui l’entourent pour analyser avec beaucoup de finesse les influences qui façonnent la femme contemporaine. Portant un regard attentif sur les grandes figures féminines qui ont marqué le siècle, Reflet dans un œil d’homme propose une réflexion percutante à la lisière du politique et de l’art, et interroge avec talent les angles morts de la pensée féministe.
Danse noire sublime l’écriture de l’auteure, on peut y entendre la voix de l’exil, incarnant sa force riche et douloureuse. Bad girl : classes de littérature est une fiction qui raconte aussi le drame vécu par l’écrivain quand elle était jeune : l’abandon d’une mère, et la construction psychologique d’une enfant délaissée, entre apprentissages, doutes et envies. Ici, la romancière met au jour les sources de ses inspirations littéraires et de ses obsessions.

En 2016, Actes Sud publie deux livres de l’auteure : Carnets de l’incarnation, un recueil qui rassemble des textes choisis et divers (chroniques, articles, extraits de conférences…) où il est question des folies et des horreurs qui façonnent notre monde, à travers le corps physique, existant, de l’écrivain ; Le Club des miracles relatifs narre l’histoire d’un jeune garçon qui voit son père quitter la maison, un père pêcheur qui disparaît à l’horizon, une nouvelle histoire dont le terreau est l’exil, le monde comme blessure et possibilité de se réinventer…


Bibliographie :

Romans :

Essais :

Livres pour enfants :

Théâtre :


 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le Club des miracles relatifs

Actes Sud - 2016

Dans un pays situé quelque part au nord d’un continent puissant, naît un enfant très sensible, surdoué, inquiet. Quand son père quitte la maison, n’ayant plus en tant que pêcheur le droit d’exercer son métier sur un océan surexploité, le jeune Varian perd pied. Quelque temps plus tard, sans plus aucune nouvelle il part à la recherche de ce père sacrifié, est embauché dans cet autre monde où le sol est sondé, retourné bouleversé, le sable violenté comme les êtres.