SATTOUF Riad

France

11 mars 2019.

Dessinateur de génie et malicieux observateur des déboires de la vie adolescente depuis Manuel du puceau (2003), le bédéiste et cinéaste s’est souvent inspiré de sa propre expérience pour parler de l’âge ingrat. Avec la série des Cahiers d’Esther qui suit les réfléxions d’une gamine depuis ses 10 ans (publié chaque semaine dans L’Obs), le phénomène Sattouf, c’est aussi L’arabe du futur, sa tétralogie autobiographique qui le fait connaître dans le monde entier. De son trait noir, il y retrace avec humour et subtilité son enfance en Libye puis en Syrie, aux côtés d’un père aux idées fantasques. Dans son dernier tome au gigantesque succès, l’auteur relate son passage à l’adolescence, tiraillé entre deux cultures - française et syrienne.

 

Quand il ne raille pas le culte religieux avec Ma circoncision ou celui de la virilité à travers le personnage de Pascal Brutal - dont le tome 3 fut primé au festival d’Angoulême 2010, Riad Sattouf tente de se glisser dans la peau des adolescents : « À cet âge-là, les jeunes sont assez bruts de décoffrage dans leurs émotions, leur façon de bouger et de voir le monde. Ça en fait des personnages rugueux, très intéressants à observer. »

D’origine franco-syrienne, né à Paris en 1978, il passe les dix premières années de sa vie entre la Libye et la Syrie, puis son adolescence en Bretagne, à Rennes. Ne pouvant concrétiser son rêve de devenir pilote de ligne, le jeune Riad Sattouf se consacre très vite au dessin et étudie plus tard le cinéma d’animation à l’école des Gobelins, à Paris. Sa première série, Petit verglas (2000-2003), publié chez Delcourt et scénarisé par Éric Corbeyran, prend place dans la Vendée du début du XXe siècle et conte les destins croisés de deux enfants.

C’est en 2003, avec la publication du Manuel du puceau et du premier volume des Pauvres aventures de Jérémie, son alter ego adolescent (prix René Goscinny la même année), que l’auteur de bandes-dessinées est révélé au grand public.
À partir de 2004, il publie chaque semaine une nouvelle histoire de La vie secrète des jeunes dans Charlie Hebdo ; en cases et en bulles, il dresse un portrait cinglant de la jeune génération à travers des anecdotes entendues dans le métro, le bus, ou à la terrasse d’un café. Ces bouts de quotidien de l’adolescent moyen sont compilés dans trois recueils, parus en 2007, 2010 et 2012.
C’est sur le même thème qu’il se lance en 2009 dans le cinéma, en réalisant Les beaux gosses, le récit désopilant d’un collégien débordé par ses hormones, Hervé, qui découvre le monde compliqué des sentiments. Acclamé par la critique et le public, il reçoit en 2010 le César du meilleur premier film.
Pour son second long-métrage, Jacky au Royaume des filles (2014), Riad Sattouf revisite le conte de Cendrillon en inversant les genres. L’action se déroule ainsi dans un pays imaginaire, la république démocratique et populaire de Bubunne, où les femmes gouvernent d’une main de fer et où les hommes portent le voile. Le cinéaste retrouve à cette occasion Vincent Lacoste, qui tenait déjà le rôle-titre dans son premier film.

Depuis 2014, il dessine chaque semaine Les Cahiers d’Esther dans L’Obs, d’après les histoires vraies d’Esther A. Le premier recueil des histoires de cette petite fille (Les Cahiers d’Esther – Histoires de mes 10 ans) a paru en janvier 2016 chez Allary Éditions, deux autres volumes et une adaptation animée (2018) ont suivi.

Avec L’Arabe du futur, Tome 4, paru en 2018, Riad Sattouf signe un tome plus prenant que jamais. Tout en finesse et en élégance, le nouvel opus de son récit autobiographique raconte un passage à l’adolescence déchiré entre la Syrie et la France, son père et sa mère, mais nous livre également une part plus sombre de son histoire.


Bibliographie

Filmographie

 

DERNIER OUVRAGE

 
Bande Dessinée

L’Arabe du futur 4

Allard Éditions - 2018

Ce quatrième tome du succès mondial L’ Arabe du futur couvre les années 1987-1992.
Âgé de neuf ans au début de ce volume, le petit Riad devient adolescent. Une adolescence d’autant plus compliquée qu’il est tiraillé entre ses deux cultures – française et syrienne – et que ses parents ne s’entendent plus. Son père est parti seul travailler en Arabie saoudite et se tourne de plus en plus vers la religion… Sa mère est rentrée en Bretagne avec les enfants, elle ne supporte plus le virage religieux de son mari. C’est alors que la famille au complet doit retourner en Syrie…
Dans le premier tome (1978-1984), le petit Riad était ballotté, de sa naissance à ses six ans, entre la Libye de Kadhafi, la Bretagne de ses grands-parents et la Syrie de Hafez Al-Assad.
Le deuxième tome (1984-1985) racontait sa première année d’école en Syrie.
Le troisième tome (1985-1987) était celui de sa circoncision.
Ce quatrième tome, exceptionnel par son format (288 pages) et par ce qu’il révèle (le coup d’État de son père), est le point d’orgue de la série.
La série L’Arabe du futur est traduite dans 22 langues.