MATINÉÉ LITTÉRATURE-MONDE

Puissances de la littérature

8 juin 2014.
 

JMG LE CLÉZIO : « POURQUOI MES RÊVES NE SERAIENT PAS VOS RÊVES ? »

Une matinée littérature-monde, lun. 10h, à l’Auditorium
JMG Le Clézio, qui fut des premiers signataires
du « Manifeste pour une littérature-monde en
français », lancé à notre initiative en mars 2007,
nous fait l’amitié d’être présent cette année au
festival – après avoir été des nôtres à Rabat.
Occasion de lui rendre hommage, alors qu’il publie
un recueil de deux magnifiques « novellas » (Tempêtes
chez Gallimard). Un film, d’abord, subtil et
inventif, d’Antoine de Gaudemar, qui l’a suivi en
Corée du Sud, au Mexique, en Bretagne, et entremêle
paysages, villes, nature et mots en intimité
avec l’écrivain (Jean-Marie Gustave Le Clézio -
entre les mondes
). Puis une rencontre entre JMG
Le Clézio
et Antoine de Gaudemar, pour en
prolonger l’écho jusqu’à Tempêtes.
La matinée sera ouverte à 10h par une rencontre
autour des prix « Littérature-monde » décernés
le samedi.


LE POUVOIR MAGIQUE DES MOTS : POUR SAULER GABRIEL GARCIA MARQUEZ

Lun. 16h45, Maupertuis
On dit d’un écrivain qui impose sa singularité
qu’il a un souffle, un ton, un rythme, un « grain
de voix » à nul autre pareil – et si la littérature
était cela même : faire trembler le mot écrit, faire
surgir au coeur de l’écrit ce qui fait la force même
de l’oralité ? Gabriel Garcia Marquez, qui vient de
nous quitter, était de ces écrivains rares dont on
peut dire qu’ils ont marqué leur siècle, tout à la
fois intensément ancré dans l’Amérique latine et
véritablement universel, qui plus que tout autre
peut-être aura incarné le courant du « réalisme
magique ». Claude Durand, un des très grands
éditeurs de ces dernières décennies, l’a découvert
et traduit, avec sa femme Carmen, en 1976. Et
pour les accompagner, quatre écrivains, Hubert
Haddad, Georges-Olivier Chateaureynaud,
Yahia Belaskri
et Julien Delmaire, diront ce
qu’ils doivent à Garcia Marquez.


FACE À L’HISTOIRE : LE ROMAN

Sam. 14h, Maupertuis
Le « roman historique » n’a pas bonne presse :
genre mineur, à l’écart de la voie royale de la
« vraie » littérature – où l’histoire ne serait que
béquille offerte aux écrivains d’imagination limitée.
Ce n’est pas faux – si l’on entend par là « l’histoire
romancée ». Mais ne permet pas de comprendre
ce qui est en train de se produire, partout, dans
le monde : le retour en force du roman – le grand,
qu’on ne peut plus ranger dans la « littérature
de genre » – dans le champ de l’histoire. Ou plus
exactement l’interrogation, par lui, des limites de
l’histoire : que dit-il, que ne peut pas dire l’autre ?
François Taillandier, Raphaël Jerusalmy,
Gérard De Cortanze, Joseph Boyden, Tim
Willocks
.


SOLJENITSYNE, GABRIEL GARCIA MARQUEZ : AVEC CLAUDE DURAND, LEUR ÉDITEUR

Dim. 18h, ENSM3
Un des très grands éditeurs de notre temps, longtemps
patron des éditions Fayard, après avoir fait
carrière aux éditions du Seuil. Dont 2 des titres
de gloire auront été de découvrir en 1967 Gabriel
Garcia Marquez et d’éditer en 1973 Alexandre Soljenytsine.
Garcia Marquez, grand ami d’Alvaro
Mutis, vient de nous quitter, en laissant une oeuvre
immense. Claude Durand évoquera sa rencontre
avec ce géant de la littérature et leur amitié (lun.
17h45, Maupertuis). Et il reviendra sur l’aventure
que fut pour lui l’édition de l’Archipel du Goulag
et des livres qui suivirent du grand dissident.
40 années après, alors qu’il va publier aux éditions
du Seuil une édition de poche en un seul
volume de l’Archipel, quel bilan en tire-t-il ?


ÉCRITURES MIGRANTES

Lun. 10h, Maupertuis
Ils disent l’entre-deux, le télescopage des
cultures, l’expérience de l’exil – et la force alors
du roman, pour habiter l’inconnu du monde, lui
donner forme et visage…
Avec Fabienne Kanor, Nigel Thomas, Nii Ayikwei
Parkes, Julien Delmaire, Hippolyte


MÉDITERRANÉE DES 2 RIVES

Sam. 15h45, Maupertuis
Quand les artistes disent l’identité méditerranéenne,
diverse, tragique, déchirée, et pourtant
une.
Avec Paolo Rumiz, François Beaune, Mathias
Énard, Benny Ziffer, Georgia Makhlouf, Elisabeth Leuvrey, Yahia Belaskri


PASSAGE DES FRONTIÈRES, CONSTRUCTION DE L’ÉTRANGER

Lun. 11h30, Univers
Comment se construit la figure de l’étranger,
selon les époques, les cultures ? Comment penser
– et franchir, ou habiter – les frontières ?
Comment accueillir l’autre, en soi ?
Avec Sanjay Subramanyam, Michel Agier


DANS LA FORÊT DES CONTES

Dim. 14h, Maupertuis
Pour découvrir que les contes n’éclairent qu’en
projetant de l’ombre…
Avec Michel Le Bris, Claudine Glot Pierre
Dubois, Victor Dixen, Andrus Kivirähk, Nii
Ayikwei Parkes
.


DE L’HISTOIRE AU ROMAN : LE DÉCENTREMENT DU REGARD

Dim. 11h45, Maupertuis
Sanjay Subrahmanyam est une des figures
majeures de l’histoire globale » dite encore
« world history » : cette exigence nouvelle d’un
décentrement du regard, quand seul le regard
occidental prédominait. Mais n’est-ce pas ce à
quoi s’attachent aussi les écrivains, attachés à
la rencontre de l’autre ?
Belle rencontre avec
Sanjay Subrahmanyam, William Darlrymple et
Joseph Boyden.

 

DERNIER OUVRAGE

 

At(h)ome

Plus de cinquante ans après la fin de la guerre de libération, une cinéaste française et un photographe algérien nous ramènent en 1962 en plein Sahara. D’une zone désertique irradiée aux faubourgs d’Alger, ils suivent le parcours des retombées d’une explosion nucléaire dont les traces dramatiques interrogent la responsabilité des nations. Un film d’une grande rigueur formelle sur un sujet choquant et inconnu.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Beaux livres

Itinéraire en Brocéliande

Ouest France - 2022

Une découverte de Brocéliande à travers des itinéraires géographiques déclinés sur les thématiques légendaire, nature, patrimoine, histoire et aussi à travers des chemins inattendus. Ces itinéraires sont interactifs : à l’approche d’un point d’intérêt, le lecteur est invité à flasher un QR code qui le renvoie à un contenu numérique : musique, contes, interventions de spécialistes de la forêt, botanistes, artisans. Chaque circuit peut se faire en boucle ou se raccorder aux autres. L’expérience du voyage peut se faire sur place ou chez soi. 120 photographies, 20 dessins, une carte détaillée.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Chanson bretonne

Gallimard - 2020

Ce livre évoque des souvenirs de séjours réguliers que Le Clézio a passés dans la ville de Sainte Marine, à l’embouchure du fleuve Odet, dans le Finistère, lors de son enfance entre 1948 et 1954. Bien que l’auteur se défende de respecter une chronologie, le texte poursuit néanmoins l’ordre de la mémoire, allant de l’enfance vers la maturité. Le lieu de Sainte Marine est placé sous le signe de la mère. La Bretagne, et particulièrement le pays bigouden, que Simone Le Clézio aimait par dessus tout, ce pays où elle a reçu la demande en mariage de son père, ou elle a accouché de son frère et où elle est revenue se réfugier trois mois après la naissance de l’auteur à Nice, à cause de la seconde guerre mondiale. Au fil des chapitres, qui sont présentés comme des « chansons », le narrateur fait revivre une époque où Sainte Marine n’avait pas encore été arraisonnée par les boutiques, les carrefours giratoires, ni les bistrots en tout genre… À travers ces « chansons », l’auteur propose un vrai récit sur son enfance en Bretagne, qui s’enrichit également d’une réflexion plus large sur les changements de la géographie bretonne. Malgré son dépit face à ces bouleversements, Le Clézio ne cultive pas le goût de la nostalgie, car pour l’auteur « la nostalgie n’est pas un sentiment honorable ». Son intention est plutôt de rendre compte de la magie ancienne dont il fut le témoin, par les mots empruntés à la langue bretonne et les motifs d’une nature magnifique. Le texte est bercé par une douceur pastorale, qui fait vibrer les images des moissons en été, la chaleur des fêtes de nuit à Sainte Marine ou la beauté simple d’un verger en fleur – autant une ode à la campagne éternelle que la réminiscence de souvenirs intimes.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

À cause de l’éternité

Grasset - 2021

A cause de l’éternité constitue le seconde volet de L’Autre rive, qui remporta en 2007 le Grand Prix de l’Imaginaire. L’action se déroule de nos jours au château d’Eparvay, dans l’arrière-pays d’Ecorcheville, ville bâtie au bord du Styx. Cette région présente nombre de particularités. L’esclavage n’y a jamais été aboli. La proximité relative des Enfers, par-delà l’infranchissable fleuve des morts, entraîne des précipitations insolites (pluies d’animaux et d’insectes divers) ainsi que l’échouage occasionnel de créatures venues de l’autre rive (centaure, sirène, satyre, minotaure...). Un Musée de Tératologie les rassemble ; les étudie et les expose. Enfin, l’économie comme la politique locales sont sous le contrôle de trois grandes familles, les Propinquor, les Esteral et les Bussettin, qui se disputent et se partagent de longue date le pouvoir.

Dans ce nouvel opus, Alphan Bogue, jeune diplômé du Courtauld Institute de Londres, docteur PhD en histoire de l’Art, rentre à Ecorcheville pour s’y marier. Sa fiancée, Delia Spencer-Churchill, doit le rejoindre pour la cérémonie. Le père d’Alphan, brocanteur à la retraite, pensionnaire de l’EHPAD d’Ecorcheville, le presse de dérober pour lui un autoportrait supposé de Rembrandt adolescent, inconnu de tous, qui se trouve au château d’Eparvay. Spécialiste de la peinture baroque et de Rembrandt, Alphan se laisse convaincre de s’introduire dans le château pour examiner le tableautin et se faire une idée de son authenticité. Quand il franchit une porte basse
donnant sur les soubassements de l’énorme édifice métamorphique, l’aventure commence...

L’imaginaire qui se déploie dans ce roman-monde n’a pas d’équivalent dans la littérature française contemporaine.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Roman graphique

La fantaisie des Dieux

Les Arènes - 2014

Il n’y avait plus de mots. Juste ce silence. Épais, lourd. C’était un génocide, celui des Tutsis du Rwanda, le troisième du xxe siècle. Il faisait beau, il faisait chaud. Sur les collines de Bisesero, nous avions pénétré le monde du grand secret. Des instituteurs tuaient leurs élèves, des policiers menaient la battue. C’était la « grande moisson ». François Mitterrand niait « le crime des crimes ». Comment raconter ?
Patrick de Saint-Exupéry est le co-fondateur et le rédacteur en chef de la revue XXI. Prix Albert Londres, il a été témoin du génocide tutsi. Il est l’auteur de L’Inavouable, La France au Rwanda (Les Arènes) devenu un classique depuis sa parution en 2004.
Hippolyte est l’auteur d’une dizaine d’albums de reportage en BD ou de séries, notamment L’Afrique de papa (Des bulles dans l’océan), Les ombres (Phébus) et Le Maître de Ballantrae, adaptées de Robert-Louis Stevenson (Denoël Graphic). Il avait 17 ans lors du génocide tutsi. Il s’est rendu pour la première fois au Rwanda en 2013.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Dans le grand cercle du monde

Albin Michel - 2014

Ce roman a fait événement au Canada où il a été salué par la presse comme un chef-d’œuvre et considéré comme l’un des meilleurs livres de 2013.
C’est un roman époustouflant, palpitant, dont on tourne les pages sans même s’en rendre compte, et qui entraîne le lecteur dans le Canada du XVIIe siècle pour un voyage inoubliable.

Un jeune jésuite français est venu avec d’autres en Nouvelle-France évangéliser les Indiens. Il n’est là que depuis un an quand ses guides l’abandonnent et le laissent à la merci des Iroquois lancés à leurs trousses. Ainsi commence pour le jeune homme une odyssée incroyable où très vite les Hurons le font prisonnier à leur tour ainsi qu’une jeune captive iroquoise à la personnalité mystérieuse. Leur ravisseur, un grand guerrier qui a perdu toute sa famille, sait qu’un grand et nouveau danger menace son peuple.
Ce roman épique, qui restitue l’atmosphère des premiers contacts entre Indiens et Blancs en Amérique du Nord, est enraciné tout à la fois dans la beauté naturelle et la brutalité de la colonisation de ce continent.
Les trois personnages principaux dont les voix tissent l’écheveau de cette fresque saisissante nous entraînent dans un monde où se côtoient la guerre et l’espoir, la méfiance et la concorde, la destruction et la vie, la haine et l’amour.
C’est à un vrai voyage dans le temps que nous invite Joseph Boyden dans ce livre fort, inoubliable, incroyablement dépaysant et émouvant, qui réussit le tour de force d’être d’une incroyable modernité.

Traduit anglais (Canada) par Michel Lederer

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Le Retour d’un Roi

Noir sur Blanc - 2014

Le Retour d’un Roi est l’histoire magistrale de la première guerre d’Afghanistan.
Au printemps de 1839, les Britanniques ont envahi l’Afghanistan pour la première fois. En pénétrant dans le pays, les Britanniques n’ont rencontré que peu de résistance en face. Mais après deux ans d’occupation, le peuple afghan s’est montré plus farouche : lançant l’appel au djihad, il a précipité le pays dans une rébellion violente. La première guerre anglo-afghane s’est achevée sur la plus grande humiliation militaire que la Grande-Bretagne ait connue au XIXe siècle : toute une armée de la nation qui est alors la plus puissante du monde se voit mettre en déroute par des tribus mal équipées.
William Dalrymple nous raconte cette guerre à travers la vie d’inoubliables personnages de chaque camp, et révélant pour la première fois des comptes rendus afghans du conflit, datant de l’époque. À travers cette retentissante déconfiture de l’Empire britannique, voici une parabole puissante du choc des cultures, de la folie et de l’orgueil des puissances coloniales.

« Une histoire peuplée de tant de méchants, de voleurs, de politiciens, d’aventuriers, d’espions, d’assassins et de héros : voilà qui serait une aubaine pour n’importe quel écrivain. Mais aucun ne s’en sortirait aussi brillamment que William Dalrymple dans ce passionnant Retour d’un Roi... En lisant ce livre, vous serez maintes fois frappé par les extraordinaires similitudes que l’auteur fait apparaître entre cette première campagne afghane et celles du XXe siècle, jusqu’à aujourd’hui. » James Delingpole, Mail on Sunday.

 

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Poésie

Portiques de l’instant

Project’îles - 2022

Portiques de l’instant est le livre d’un poète conscient de la vie présente. L’immédiateté parcourt ces poèmes et fait prendre conscience de la fragilité de notre passage sur terre. L’instant disparait aussitôt apparu, et chaque instant porte l’inconnu du monde. Des portiques où la lumière le dispute à l’obscurité, l’éclat du soleil aux échos de la nuit, un tissage et des nervures qui nous façonnent. Hubert Haddad se rappelle ainsi du fol amour, ô morte à l’envers. Le poète ne cesse de nous emmener vers ces espaces inconnus, entre les lieux qu’il a visités, et l’érudition qui le caractérise, nous faisant voyager dans les mythes, dans la connaissance de l’humain et du monde. Quels sont ces êtres qui apparaissent et qui disparaissent aussitôt de notre existence ? Sont-ils d’ici ? Sont-ils de l’essence du monde déjà ? Le vide est-il l’équivalent de l’infini ? Portiques de l’instant est parsemé des peintures de Michel Haddad, frère du poète, parti – volontairement – trop tôt, des travaux gardés inachevés par le peintre lui-même, qui donnera ou détruira ses tableaux, ses esquisses, ses dessins, selon son humeur. Critique d’art, Hubert Haddad qualifie l’œuvre de son frère comme « un journal hâtivement crayonné d’une intimité, [une] sorte de livre discontinu aux pages éparses où les phrases se succèdent poétiquement, sans pose de style ni clin d’œil à la postérité ». Ces peintures du frère disparu font de Portiques de l’instant une œuvre spéciale dans la biographie gigantesque du poète. Recueil de poèmes inspirés, musicaux, Portiques de l’instant succède à La Verseuse du matin (Prix Mallarmé 2014), et approfondit l’aspect métaphysique et résolument engagé dans la défense des libertés de l’œuvre de Hubert Haddad, après Palestine (Folio, prix Renaudot-poche 2009), Opium Poppy ou encore un Monstre et un chaos (Zulma poche, 2022). Hubert Haddad est par ailleurs l’initiateur et le rédacteur en chef de la revue internationale Apulée.

 

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Romans

Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs

Actes Sud - 2020

Pour les besoins d’une thèse consacrée à “la vie à la campagne au XXIe siècle”, l’apprenti ethnologue David Mazon a quitté Paris et pris ses quartiers dans un modeste village des Deux-Sèvres. Logé à la ferme, bientôt pourvu d’une mob propice à ses investigations, s’alimentant au Café-Épicerie-Pêche et puisant le savoir local auprès de l’aimable maire – également fossoyeur –, le nouveau venu entame un journal de terrain, consigne petits faits vrais et mœurs autochtones, bien décidé à circonscrire et quintessencier la ruralité.

Mais il ignore quelques fantaisies de ce lieu où la Mort mène la danse. Quand elle saisit quelqu’un, c’est pour aussitôt le précipiter dans la Roue du Temps, le recycler en animal aussi bien qu’en humain, lui octroyer un destin immédiat ou dans une époque antérieure – comme pour mieux ressusciter cette France profonde dont Mathias Enard excelle à labourer le terreau local et régional, à en fouiller les strates historiques, sans jamais perdre de vue le petit cercle de villageois qui entourent l’ethnologue et dessinent (peut-être) l’heureuse néoruralité de nos lendemains.

Mais déjà le Maire s’active à préparer le Banquet annuel de sa confrérie – gargantuesque ripaille de trois jours durant lesquels la Mort fait trêve pour que se régalent sans scrupule les fossoyeurs – et les lecteurs – dans une fabuleuse opulence de nourriture, de libations et de langage. Car les saveurs de la langue, sa rémanence et sa métamorphose, sont l’épicentre de ce remuement des siècles et de ce roman hors normes, aussi empli de truculence qu’il est épris de culture populaire, riche de mémoire, fertile en fraternité.

 

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Littérature jeunesse

Vampyria livre 3 : La Cour des Ouragans

Robert Laffont - 2022

" À la Cour des Ouragans, les navires se fracassent et les coeurs se brisent. "

Un océan à feu et à sang.
Le commerce avec les Amériques, qui depuis des siècles assure la richesse de la vieille Europe vampyrique, est menacé par des hordes de pirates. Le plus sinistre d’entre eux, le capitaine Pâle Phoebus, sème un vent de terreur sur toute la côte atlantique. Louis XIV l’Immuable ordonne à sa protégée Diane d’épouser ce flibustier sanguinaire afin d’en faire un corsaire à la solde de la France.

Un coeur à la dérive.
Diane se nomme en réalité Jeanne : c’est une roturière qui sert secrètement la Fronde. L’organisation rebelle lui demande elle aussi de séduire Pâle Phoebus, mais pour l’enrôler dans la lutte contre le joug des vampyres. Quelle que soit l’issue, le destin de la jeune fille ne lui appartient plus. Est-elle Diane ? Est-elle Jeanne ? À moins que les ouragans n’emportent tous ses masques, pour révéler un terrifiant visage qu’elle n’a jamais osé regarder en face...

À travers ce roman-opéra mené tambour battant, Victor Dixen orchestre l’âge d’or de la piraterie, entre batailles fracassantes et sombres sortilèges.

Embarquez pour une traversée symphonique jusqu’au coeur des Ténèbres, menée fortissimo furioso !

 

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Autres

Dictionnaire amoureux des Sixties

Plan - 2018

Folles et géniales années soixante !

« Les sixties ? Une décennie qui a révolutionné le monde. Les sixties ? Ce sont des groupes devenus mythiques : The Beatles, The Rolling Stones, The Doors, The Who, The Kings.
Les sixties ? Le Pop Art avec Andy Warhol. La Nouvelle Vague avec Jean-Luc Godard, François Truffaut, Agnès Varda, Éric Rohmer. Mais aussi la mini-jupe, les combats féministes, la société qui craque de toutes parts.
Les sixties ? Des noms qui claquent comme des étendards : Martin Luther King, John Fitzgerald Kennedy, Che Guevara, et en France l’incontournable présence de l’homme de Londres devenu chef de l’État.
Les sixties ? Des événements qui ont changé le monde : l’édification du mur de Berlin, la guerre du Viêt Nam, l’homme qui marche sur la Lune.
Les sixties ? Le temps des grands rassemblements, des larges idéaux : 1968, Woodstock, les hippies, la révolution sexuelle. Et les grandes avancées scientifiques (fibre optique), médicales (la première transplantation cardiaque).
Mais aussi des événements plus anonymes, intimes, liés à la vie quotidienne, à la France de ces années-là : nourriture, design, feuilletons télévisés, habillement. Une France heureuse, sans chômage de masse, avec une croissance annuelle égale à 5 % du PIB. Une France des Trente Glorieuses durablement blessée par le drame algérien. »

En un mot, ce livre, volontairement personnel, très subjectif, comme nombre de photographies, est empli du temps qui passe, des gens, des choses, des faits, des événements, des réflexions, des inventions, des victoires, des défaites. Il en a retenu les tempêtes et les fureurs, les éclats, les instants d’hésitation, les silences, et surtout une immense clameur : celle d’une génération sans peur et sans reproche qui changea, à sa manière, le monde.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Le phare : Voyage immobile

Hoëbeke - 2015

Paolo Rumiz pour son nouveau livre a fait un voyage auquel même lui sans doute ne s’attendait pas. Lui qui a longé les 6 000 kilomètres des frontières de l’Europe du nord au sud, traversé les Balkans, franchi les montages à la recherche d’Hannibal, ramé tout au long du fleuve le Pô, lui, le grand voyageur italien, décide de vivre et de nous faire vivre son premier voyage immobile dans un phare perdu au milieu de la Méditerranée, loin de tout et de tous, hormis les gardiens.
Soudain libéré de tout contact avec le monde extérieur – il n’a ni radio, ni télé, ni internet, ni même un téléphone – il se consacre, quand le temps le permet, à l’exploration de son environnement plutôt réduit puisque le phare est perché sur un récif où il n’y a aucune autre habitation. Il nous présente donc tour à tour la nature, la faune domestique (il y a quand même un âne et une poule) et la faune sauvage (dominée par les innombrables oiseaux), les poissons, le bâtiment où il loge, ceux qui l’habitent ou qui l’ont habité jadis, sans oublier d’autres occupants de phares qu’il a connus dans son enfance, il nous parle du temps qu’il fait, des vents, des bateaux qui passent, de ses pensées, de ce qu’il mange et de bien d’autres choses encore. Bref, il nous dit tout, sauf le nom de cet archipel mystérieux, qu’il tient à cacher, de peur d’y voir déferler des hordes béotiennes. Il livre certes quelques indices, mais ceux-ci amènent le lecteur à se demander si la vérité ne serait pas plus compliquée qu’il n’y paraît et à conclure que le phare du récit pourrait bien être, en réalité, un savant amalgame d’expériences diverses. En tout cas, le récit est prenant, et inoubliable. C’est avec une indéniable volupté que ceux qui rêvent d’une tour d’ivoire se laisseront entraîner jusqu’à ce lieu austère, à l’écart du monde, même s’il faut en repartir.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le silence des dieux

Zulma - 2021

Un matin comme un autre, après avoir avalé une gorgée de thé et un morceau de galette, Abdelkrim traverse les étroites ruelles du village de la Source des Chèvres et s’éloigne sur la piste de terre pour aller en ville. Le long de l’oued asséché, la route au-delà de la montagne pelée se perd dans les sables alentour. Mais le car ne viendra pas. Des soldats bloquent l’accès : la route est coupée, le village isolé, rentrez chez vous.
Les villageois stupéfaits accueillent la nouvelle avec fatalisme, ce jour-là comme les suivants, sans plus même vérifier si les soldats sont toujours en poste. Ils consentent à cet enfermement, persuadés peut-être de l’avoir mérité. Oubliés des dieux.
Entre le café et la mosquée, la petite place résonne encore du dernier passage des commerçants itinérants, du porteur d’eau et des conteurs, mais le fragile équilibre vacille. Le maire se débat dans des fonctions devenues obsolètes, l’imam et doyen tente d’apaiser les colères, le riche Abbas fomente une prise de pouvoir à l’ombre de la palmeraie. Bientôt ils vont désigner un coupable, puisqu’il en faut un, et s’en débarrasser comme d’un mauvais sort.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Delta Blues

Grasset - 2021

Printemps 1932, dans le delta du Mississippi. Une chaleur suffocante écrase la campagne et menace les récoltes. Un assassin sans visage frappe la nuit, et une injustice sans nom règne le jour. Des croix brûlent sous la lune, les cavaliers fantômes du Ku Klux Klan font régner la terreur et le Mississippi prend les couleurs de l’enfer. Au milieu du désastre, deux amants : Betty et Steve. Ils sont jeunes, Noirs et pauvres, mais persuadés que leur amour les sauvera...
Vaste fresque historique et musicale, aux accents faulknériens, Delta Blues déploie une galerie de personnages : Noirs, Blancs, Indiens et métis, planteurs et bluesmen errants, prêcheurs, sorcières, politiciens véreux, bagnards, trafiquants d’alcool et Legba, le dieu vaudou, « Maître des carrefours » qui, tel un détective d’outre-monde, veille sur le destin de chacun.

Au fil des pages, un monde renaît : le Delta, la terre où naquit le blues, où des femmes et des hommes opprimés trouvèrent les voix qui firent écho à leur humanité.

Inspiré par le réalisme magique, écrit dans une langue vibrante et poétique, Delta Blues est un chant universel, bouleversant.

 

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Essais

L’Inde sous les yeux de l’Europe

Alma - 2018

Comment l’Europe a-t-elle vu l’Inde avant la colonisation britannique ? A travers une étonnante galerie de portraits, Sanjay Subrahmanyam invite à de surprenants voyages dans le temps et dans l’espace du XVIe au XVIII siècle.

Quand, au XVe siècle, les Portugais franchirent le cap de Bonne-Espérance pour aborder le sous-continent indien ils ne disposaient guère de témoignages directs sur ces immenses contrées connues depuis l’Antiquité mais essentiellement légendaires. Très vite les Anglais, les Hollandais, les Français les Italiens et les Allemands leur emboîtèrent le pas. Marchands, diplomates, missionnaires, militaires et savants : ils furent nombreux à tenter l’aventure. Dans cette étonnante suite de portraits, Sanjay Subrahmanyam montre que leurs points de vue sur l’Inde – ou les Indes – dépendent largement de leur nationalité et de leur profession, sans compter les traits de caractère personnels. Du XVIe siècle jusqu’à la veille du XIXe siècle et de la colonisation britannique c’est tout un savoir sur l’Inde qui se constitua mais aussi une certaine manière de penser… l’Europe et le christianisme.
Enquêtant aussi bien dans les registres des diverses Compagnies des Indes, que dans les archives des jésuites, les mémoires, les correspondances diplomatiques ou les communications des sociétés savantes, le grand historien indien étudie comment le regard européen (histoire, géographie, politique, religion) fut orienté par les collections de manuscrits, de peintures et d’objets qui passèrent de l’Orient à l’Occident. Il montre une nouvelle fois combien il est difficile de parler d’une « rencontre » des cultures : l’objet « Inde » construit par les Européens a nourri leur réflexion sur le langage, la religion et le commerce plus qu’il ne leur en a appris sur l’Inde elle-même. La connaissance que l’on a de l’autre doit toujours être comprise en tenant compte des circonstances de son élaboration.

Traduit de l’anglais par Johanna Blayac

 

DERNIER OUVRAGE

 
Nouvelles

La lune dans le puits : Des histoires vraies de méditerranée

Verticales - 2013

« Ceux qui parlent dans ce livre sont moi. J’ai digéré toutes leurs histoires, je les écoute, les réécoute, je me parcoure et je retrouve dans l’écho du miroir mes histoires miennes. »

Entre décembre 2011 et avril 2013, François Beaune est parti collecter des histoires vraies autour du bassin méditerranéen. Il a choisi d’en retranscrire environ deux cents, dont les siennes, et d’en ordonner la matière au fil des âges de l’existence – depuis l’enfance jusqu’à la mort –, telle l’autobiographie imaginaire d’un seul et même individu-collectif. La lune dans le puits dessine ainsi l’odyssée insolite, populaire et iconoclaste de celles et ceux qui portent les légendes contemporaines du berceau de l’humanité. 


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

La Rose de Saragosse

Actes Sud - 2018

La rose de Saragosse s’ouvre sur un crime et se clôt sur une envolée. C’est un roman d’élans rapides et de gestes vifs, une histoire en mouvements qui raconte la rébellion au cœur de l’Inquisition espagnole - et au cœur de cette rébellion, une rivalité artistique qui ne dit pas son nom. L’élaboration d’un langage. Une danse de séduction codée. Le timide frôlement de deux solitudes sauvages. Et comme toujours avec Jérusalmy, la conquête de la liberté.
Saragosse, 1485. Tandis que Torquemada tente d’asseoir sa terreur, un homme aux manières frustes pénètre le milieu des conversos qui bruisse l’urgence de fuir. Plus encore que l’argent qui lui brûle les doigts, cette brute aux ongles sales et aux appétits de brigand aime les images et les visages.
Il s’appelle Angel de la Cruz, il marche vite et ses trajectoires sont faites d’embardées brutales. Où qu’il aille, un effrayant chien errant le suit. Il est un familier : un indic à la solde du plus offrant, une sorte d’espion, de balance professionnelle. Mais un artiste, aussi.
La toute jeune Léa est la fille du nobre Ménassé de Montessa, riche seigneur converti. Orpheline de mère, élevée dans l’amour du beau, des livres et de l’art, elle est le raffinement et l’espièglerie. L’esprit d’indépendance.
Dans la nuit que l’Inquisition fait tomber sur l’Espagne, Raphaël Jerusalmy déploie le ténébreux ballet qui s’improvise et se joue entre ces deux-là, dans un décor à double-fond, au cœur d’une humanité en émoi où chacun joue sa peau, où chacun porte un secret.

Alliant le souffle de La confrérie des chasseurs de livres et l’acuité de Sauver Mozart, le nouveau roman de Raphaël Jerusalmy exalte la puissance d’évocation et l’économie de moyens d’un langage unique, un art de l’esquisse : la gravure. La rose de Saragosse est un roman vif et dense, où le mystère, la séduction et l’aventure exaltent la conquête de la liberté.


Revue de presse

 

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Romans

Notre quelque part

Zulma - 2014

« Nous étions à notre quelque part quand ils sont arrivés. D’abord la fille avec ses yeux qui ne voulaient pas rester en place. Hmm, puisque tu es là, laisse-moi te raconter cette histoire avant qu’elle ne refroidisse. »
C’est Yao Poku, vieux chasseur à l’ironie décapante et grand amateur de vin de palme, qui nous parle. Un jour récent, une jeune femme rien moins que discrète, de passage au village, aperçoit un magnifique oiseau à tête bleue et le poursuit jusque dans la case d’un certain Kofi Atta. Ce qu’elle y découvre, dans l’épouvante, entraîne l’arrivée tonitruante de la police criminelle d’Accra, et bientôt celle de Kayo Odamtten, jeune médecin légiste tout juste rentré d’Angleterre. Renouant avec ses racines, ce quelque part longtemps refoulé, Kayo se met peu à peu à l’écoute d’Oduro, le féticheur du village, et de ses légendes étrangement éclairantes…
Porté à merveille par une traduction qui mêle français classique et langue populaire d’Afrique de l’Ouest, ce roman époustouflant nous laisse pantelants, heureux de la traversée d’un monde si singulier.

Traduit anglais (Ghana) par Sika Fakambi

 

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Romans

Port-au-Prince aller-retour

L’Orient des livres - 2019

L’émigration vers les Amériques est en marche dès la fin du XIXe siècle. Port-au-Prince Aller-Retour explore celle, peu connue, des Syro-Libanais qui s’établissent en Haïti et raconte l’histoire hors du commun du jeune Vincent-Mansour qui, à vingt ans, quitte son village de la montagne libanaise sous domination ottomane pour aller vers l’inconnu et s’établit à Port-au-Prince.

Le roman s’ouvre sur son second départ pour Haïti, après un mariage au Liban. Vincent a hâte de fonder une famille et de continuer à développer ses affaires à Port-au-Prince. Il est pourtant encore amoureux de l’admirable Louisa, Haïtienne de souche, qui a partagé sa vie pendant les quinze années de son premier séjour.

Georgia Makhlouf dessine la fresque familiale en donnant voix à chacun des protagonistes : Vincent, Louisa, Edma, Joseph, Fatek et Anis, chacun déployant sa version de l’histoire, son vécu, ses sentiments et sa part d’ombre, au coeur de la beauté envoûtante de l’île.

Si Vincent réussit son pari professionnel, la pérennité de tout ce qu’il a construit avec force et rudesse vacille au regard des événements. Il doit concilier ses deux vies, faire face à l’instabilité politique, à l’occupation américaine qui s’annonce et à la montée du sentiment anti-syrien, lui qui n’imagine pas un instant devoir quitter cette île qui est devenue sienne...

Dans ce roman fascinant, exil, identité, intégration et tensions raciales font écho aux questionnements du temps présent.

 

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Romans

L’homme qui savait la langue des serpents

Le Tripode - 2012

Voici l’histoire du dernier des hommes qui parlaient la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu’il aimait tant, d’une jeune fille qui croyait en l’amour, d’un sage qui ne l’était pas tant que ça, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui pourchassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu horrifiés par tout ce qui précède. Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas islandaises, L’homme qui savait la langue des serpents révèle l’humour et l’imagination délirante d’Andrus Kivirhk. Le roman, qui connaît un immense succès en Estonie depuis sa parution en 2007, retrace dans une époque médiévale réinventée la vie d’un homme qui, habitant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l’emporter. Une fable ? Oui, mais aussi, comme le souligne dans une postface bien renseignée le traducteur, un regard acéré sur notre époque.

 

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Nouvelles

Des vies cassées

Mémoire d’Encrier - 2014

Tout un peuple d’immigrants invisibles croupissent à côté de leurs rêves. Manière différente de vivre et de voir l’exil quand on est anglophone noir dans un Montréal francophone blanc. Dans ces nouvelles, qui explorent l’identité, la migration et l’errance, H. Nigel Thomas rend vivants ces êtres reclus, dans une langue hachée, parfois brutale et sans concession. Entre les pays d’origine – Jamaïque, Barbade, Saint-Vincent, Grenade, Guyane anglaise, Aruba – et le pays d’accueil, se jouent tous les fantasmes. Récits, chroniques et portraits dévoilent ces visages marqués par la violence et l’exclusion. L’auteur révèle, à travers une mosaïque bariolée, une meute de solitudes : Côte-des-Neiges en noir et blanc.
Traduit de l’anglais par Alexie Doucet.

 

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Romans

Les douze enfants de Paris

Sonatine - 2014

23 août 1572 : De retour d’un séjour en Afrique du nord, Mattias Tannhauser, Chevalier de Malte, arrive à Paris. Il doit y retrouver sa femme, la Comtesse Carla de La Pénautier, qui, enceinte, est venue assister au mariage de la sœur du Roi avec Henri de Navarre. À son arrivée, Mattias trouve un Paris en proie au fanatisme, à la violence et à la paranoïa. La tentative d’assassinat contre l’Amiral de Coligny, chef des réformistes, a exacerbé les tensions entre catholiques et protestants. Introduit au Louvre par le Cardinal de Retz, Mattias se retrouve bientôt au cœur des intrigues de la cour et comprend dans les heures qui suivent que le sang va couler dans les rues de Paris.
Dans une capitale déchaînée, où toutes les haines se cristallisent, Carla se retrouve au centre d’une terrible conspiration. Plongé dans un océan d’intrigues et de violences, Mattias n’aura que quelques heures pour la retrouver et la sauver d’un funeste destin.



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Rue de Babylone

De Fallois - 2014
 

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Récit

Entre nous, les Levantins : Carnets de voyage

Actes Sud - 2014

Du Caire à Amman, en passant par Istanbul, Athènes et Paris, Entre nous, les Levantins est un carnet de voyage écrit d’une plume de poète voyou qui évoque Chatwin, Artaud, Rimbaud.
Avec l’art des détours et des rencontres, dans la fréquentation des marges, Benny Ziffer déploie une utopie sobre et sceptique, un plaidoyer superbe- ment provocateur et subversif pour un avenir proche-oriental réconcilié (réinventé ?) avec tous ses passés.

 

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Essais

Babels. Enquêtes sur la condition migrante

Seuil Points - 2022

Menée par une équipe d’une quarantaine de spécialistes, une monumentale enquête anthropologique pour comprendre ce que les frontières contemporaines font aux migrants et à l’Europe.
D’Alep à Lesbos, de Beyrouth à Calais, de Lampedusa à Paris, à partir d’ethnographies comparées, une quarantaine de chercheurs et chercheuses en sciences sociales ont, pendant trois, ans mené des enquêtes et recueillis des témoignages pour analyser ce que l’on a appelé « la crise migratoire » en France, en Europe et en Méditerranée.
Suivre les parcours des migrants aujourd’hui, c’est rendre compte des périls de la traversée, des mobilisations citoyennes de soutien comme des répressions policières, c’est découvrir l’hostilité publique et l’hospitalité privée. Particulièrement attentives aux villes comme lieux de passage, d’accueil, d’installation et de vie, ces études interrogent conjointement les solutions que les États, les villes et les sociétés apportent à la mobilité contrainte par les crises politiques, sociales, environnementales. Frontières, carrefours ou refuges, les villes, villages et leurs habitants se transforment en croisant les chemins des migrants… qui eux-mêmes changent dans ces nouvelles Babels…
Associant enquêtes de terrain et témoignages, ce livre propose un panorama très documenté sur ce qu’est être un migrant et sur la crise migratoire en Europe et en Méditerranée depuis 2015. Sujet régulièrement au cœur de l’actualité, la question migratoire est ici pensée dans sa globalité, interrogeant les frontières contemporaines, les impacts de la politique migratoire européenne, les politiques de l’asile et de l’hospitalité, le rôle des centres urbains, les mobilisations ou les rejets à l’égard des migrants.