Guerre : avant-gardes et années folles

24 juin 2014.
 

Avec Pierre Schoentjes, Sami Tchak, Michel Le Bris, Serge Bramly
Animé par Willy Persello

Futurisme, dadaïsme, constructivisme, cubisme, expressionnisme… S’il est vrai que les artistes donnent à voir l’inconnu du monde qui vient et les mutations des sensibilités, alors on peut dire que les révolutions esthétiques du début du XXe siècle disaient tout à la fois la fin d’un monde et le surgissement d’un nouveau. Nombre d’entre elles verront dans la révolution de 1917 comme un écho à leurs attentes – idéologies esthétiques et politiques entameront alors un dialogue parfois difficile… Années folles, « roaring twenties » … un vent de liberté, au sortir de la guerre balaie le vieux monde, des deux côtés de l’Atlantique : « flappers », « garçonnes », mouvement
de la jeunesse comme le monde n’en avait jamais connu, revendication d’une sexualité plus libre, « âge du jazz », Harlem Renaissance, début de la fin des empires, utopies révolutionnaires, cours nouveau de l’ethnologie, en quête de manières d’être nouvelles, mais aussi cultures et communication de masse, mutations technologiques, et naissance de la société de consommation, comme si, sans plus de visée d’un futur l’on s’entendait à vivre au présent, à tout brûler dans l’instant – jusqu’à ce que la crise de 1929 sonne la fin de la partie. Films,
romans, sont nombreux à se tourner de nouveau vers ces années de fièvre. Qu’ont-elles encore à nous dire ?

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Pour l’amour des livres

Grasset - 2019

« Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde, jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles.

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, « roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi…

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque.

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »


 

DERNIER OUVRAGE

 
Biographie

Léonard de Vinci

- 2019

Une nouvelle édition de l’ouvrage de Serge Bramly, entièrement mise à jour et enrichie d’illustrations in-texte

Le 2 mai 2019, le monde commémore le cinq-centième anniversaire de la mort de Léonard de Vinci.

Serge Bramly a entièrement remis à jour et enrichi sa biographie de l’artiste, parue en 1988. Cette nouvelle édition tient compte de nouvelles découvertes et sera enrichie de nombreuses illustrations, afin de donner une image encore plus cohérente de la vie et de l’œuvre de cet « homme absolu ».

 

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Romans

Les fables du moineau

Gallimard - 2020

"Le volcan, un instant tranquillisé, s’est à nouveau éveillé. Les œufs, autour de nous, se sont craquelés. Il en sortait des moineaux et des poules, des vipères et des tortues, des chauves-souris et des agoutis, des solitaires et des anguilles. Ces dernières se sont faufilées vers nous, s’entortillant autour de nous comme si nous étions leurs parents. La vie comme un œuf, as-tu dit...

J’ai été écartelée. Au-dessus de moi, un bec attendait de percer mon cœur. Mais au moment où il s’abaissait, tu t’es jeté sur moi. Le bec du moineau a traversé ton cœur et le mien... Chien noir, ange noir, baobab ou moineau, bébé balafré à la mèche d’albinos, ou bien autre chose encore. Regard noir dans le ventre du monde."

Extraits de la postface d’Ananda Devi ; Un lumineux détour d’admiration et d’amour baigné d’une extrême tendresse pour dire l’auteur et son moineau, au fil, au cœur cruels de cette fable africaine et universelle.

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Ce qui a lieu, Essai d’écopoétique

Wildproject Editions - 2015

Quelle place les littératures contemporaines font-elles à la nature ? Comment représentent-elles nos relations au monde naturel ?
Schoentjes propose ici le premier panorama français et européen d’écopoétique : l’étude du rapport entre la littérature et l’environnement naturel. À contre-pied des approches dominantes, Schoentjes s’intéresse à une littérature de nature plus cosmopolite, moins engagée et davantage tournée vers le monde concret.
Ce qui a lieu explore l’oeuvre d’auteurs célèbres ou à redécouvrir, entre écriture du réel et récits de nature – comme Claude Simon, Jean-Loup Trassard, Pierre Gascar, mais encore l’Italien Mario Rigoni-Stern, le Finlandais Arto Paasilinna…
Là où l’écocritique américaine est centrée sur la nature sauvage, cet essai propose de mettre au coeur de l’écopoétique européenne l’idée de lieu. Ce qui a lieu voudrait contribuer à ouvrir un nouveau champ critique.