L’esprit du voyage, le sens de la marche

Avec : COATALEM Jean-Luc, FRAISSE Marie-Hélène, LACARRIERE Jacques, THIBAUDAT Jean-Pierre

10 novembre 2012.
 
 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

L’Eldorado polaire de Martin Frobisher

Albin Michel - 2017

Partis d’Angleterre en juin 1576 à bord du modeste Gabriel, le jeune Martin Frobisher et son équipage cinglent vers le nord-ouest dans l’espoir de découvrir le mythique Passage du Nord-Ouest. Ils dépassent ainsi le Groenland, dernière terre connue, et croient trouver enfin « la mer occidentale par laquelle on peut passer en Chine ». Selon une coutume déjà bien établie, ils embarquent de force quelques autochtones, « des tartares aux longs cheveux noirs, au large visage et au nez écrasé, habillés de peaux de phoque », mais le plus extraordinaire reste à venir : de gros blocs de pierre noire à fleur de sol et aux brillantes facettes dorées, dont les géologues et alchimistes de Sa Majesté ne tarderont pas à établir qu’il s’agit de « poudre d’or ».

Dès lors, la fièvre gagne les milieux de la banque et du commerce, faisant se bousculer les investisseurs. Les expéditions se multiplient, et de nouveau on enlève des indigènes, tandis que sur le Vieux Continent les « essayeurs » de la Reine s’affairent au traitement du minerai déjà rapporté. Mais l’été arctique de 1578 mettra à mal les folles ambitions de Frobisher, qui pousse d’abord trop loin vers l’ouest et peine à retrouver le site du gisement soi-disant aurifère. À son retour à l’automne, il apprendra que sa mirifique cargaison est tout juste bonne à servir au remblai des digues…

 

DERNIER OUVRAGE

 

Le géographe des brindilles (de J. Lacarrière)

Hozhoni - 2018

Dans ce nouveau et savoureux recueil, l’auteur de L’Eté grec et de Chemin faisant nous emporte par sa qualité d’écriture, son humour, son appétence pour les mots, sa poésie délicate et sa culture singulière. Il nous entraîne dans Une forêt de signes où l’on respire Le parfum des légendes et où l’on écoute avec ravissement La cantate des chemins. L’Ode à mes amis les arbres, L’offertoire des vents ou L’homme qui voulut rencontrer le printemps sont autant d’agréables moments à passer en compagnie de celui qui fut aussi un arpenteur émerveillé des chemins et un attentif écrivain-voyageur nous emmenant avec délectation au pays des arganiers, dans sa Bourgogne ou sa Grèce tant aimée. Féru de botanique et de biologie, l’amoureux des jardins et des "jardineurs" savait errer dans les bois, discourir savamment sur Le privilège de l’abeille, La mémoire des Libellules ou la Sagesse serpentine, esquisser le portrait d’une vache, passer (au microscope !) Un été chez les Infusoires, déceler La mélancolie du géranium, s’inquiéter de La nostalgie de l’anguille ou réclamer Justice pour les Crapauds. La relation de Lacarrière avec la nature est, nous dit Gil Jouanard dans sa belle préface, celle "des nomades du Paléolithique qui habitaient le monde en le nommant"...

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Mes pas vont ailleurs

Stock - 2017

Mai 1919. Victor Segalen est retrouvé mort, couché dans un petit bois, au cœur du Finistère. Partant du mystère qui entoure la mort de Segalen, suicide ? accident ?, Jean-Luc Coatalem suit les empreintes de l’écrivain-voyageur, breton, comme lui, Brestois, aussi. Militaire, marin et poète, auteur d’une œuvre labyrinthique que, de son vivant, personne n’aura soupçonnée.
En 1903, Segalen pélerine sur les traces de Gauguin, aux îles Marquises. En 1905, à Djibouti, sur celles de Rimbaud. En 1909, il traverse la Chine, en jonque, en train et à cheval, et il recommencera. En 1910, il se risque dans le dédale de la Cité interdite de Pékin, derrière un séduisant jeune homme, espion et amant de l’impératrice. Puis il réside seul à Hanoi, rêve au Tibet, et achète son opium. Il meurt à quarante et un ans, dans la forêt légendaire du Huelgoat, un Shakespeare à la main, la jambe entaillée, au-dessus d’un Gouffre, loin de son épouse et de cette autre femme qu’il aime.
Revisitant l’œuvre de Segalen, les lettres à ses deux amours, ses nombreux voyages, Coatalem fait apparaître les résonances, nombreuses, la complicité littéraire et l’écrivain compagnon, composant par ces prismes mêlés, le roman de sa vie, au plus près d’un Segalen vivant et vibrant.

Mes pas vont ailleurs a été couronné du Prix Femina Essai 2017, et du Prix de la langue française de la ville de Brive.


Revue de presse