Tout savoir sur le Prix Littérature - Monde

15 avril 2016.
 

Prix AFD Littérature-monde du festival Étonnants Voyageurs
en partenariat avec Télérama

Une « Littérature-monde » ?

En mars 2007, à l’initiative de Michel Le Bris et Jean Rouaud, paraissait dans Le Monde des Livres le manifeste « Pour une Littérature-monde en français » signé par 44 écrivains. Le texte affirme l’urgence d’une littérature soucieuse de « dire le monde », de se frotter à lui pour en capter le souffle – autrement dit, d’une littérature libérée des idéologies qui jusqu’alors prétendaient la régenter. naît alors le concept de « littérature-monde » ; délivrant la langue française de son pacte exclusif avec la nation pour devenir l’affaire de tous, sans d’autres frontières que celles de l’esprit.

Six ans plus tard, l’association Étonnants Voyageurs, présidée par Michel Le Bris, et l’agence Française de Développement se sont associées afin de créer le prix du même nom.

En 2019, l’Agence Française de Développement et Étonnants Voyageurs accueillent Télérama dans cette aventure commune destinée à mettre en valeur auprès des lecteurs une littérature soucieuse de « dire le monde ».

Le prix « Littérature-monde » est double : l’un allant à un roman de langue française, l’autre à un roman étranger traduit, porteurs de cette idée de la littérature, tous deux publiés en France lors des douze derniers mois. Ce prix, décerné par un jury d’écrivains, est devenu un grand prix littéraire de Printemps. Il est remis dans le cadre du festival Étonnants Voyageurs, et proclamé quelques jours avant. Les deux lauréats se verront attribuer une dotation d’une valeur de 3.000€.

Pour plus d’informations en direct, n’hésitez pas à suivre la page Facebook dédiée à ce prix !


Le jury


Les lauréats

Prix Littérature-monde français
2019 - Lola Gruber, Trois concerts (Phébus)
2018 - Mohamed Mbougar Sarr, Silence du Choeur (Présence Africaine)
2017 - Anna Moï, Le Venin du papillon (Gallimard)
2016 - Makenzy Orcel, L’ombre animale (Zulma)
2015 - Simone Schwarz-Bart, L’ancêtre en solitude (Le Seuil)
2014 - Carole Zalberg, Feu pour feu (Actes Sud)

Prix Littérature-monde étranger
2019 - Jamey Bradbury, Sauvage (Gallmeister)
2018 - Einar Már Guðmundsson, Les Rois d’Islande (Zulma)
2017 - Abdelaziz Baraka Sakin, Le Messie du Darfour (Zulma)
2016 - Ondjaki, Les Transparents (Métailié)
2015 - Philipp Meyer, Le fils (Albin Michel)
2014 - Joseph Boyden, Dans le grand cercle du monde (Albin Michel)


L’Agence Française de Développement

Banque publique et solidaire, l’AFD est l’acteur central de la politique de développement française. Le groupe Agence française de développement (AFD) finance, accompagne et accélère les transitions vers un
monde plus juste et durable.

La mondialisation des échanges, intellectuels ou physiques, a bouleversé les échelles. Les enjeux se font globaux. Climat, biodiversité, paix, éducation, urbanisme, santé, gouvernance… Nos équipes sont engagées dans plus de 4000 projets à fort impact social et environnemental dans plus de 115 pays et dans les Outremer français. Nous contribuons ainsi à l’engagement de la France et des Français en faveur des Objectifs de développement durable (ODD).

Depuis 2013, l’AFD et le festival Étonnants Voyageurs se sont associés pour créer le prix Littérature-monde. L’Agence Française de Développement est depuis toujours attachée à cette idée que nous sommes tous
des citoyens du monde, des témoins autant que des acteurs des grandes mutations qui l’animent.

C’est pourquoi, l’AFD est partenaire du festival Étonnants Voyageurs, pour saluer et soutenir ces écrivains qui embrassent le monde, qui repoussent les frontières et témoignent de ce délicat équilibre qu’est celui de la planète. Parce que l’avenir du monde s’écrit maintenant, ici et là-bas. Un monde plus juste et plus durable. Un monde en commun.


Télérama

Aujourd’hui fort d’une communauté de plus de 4 millions de lecteurs et plus de 4,3 millions de visiteurs uniques par mois sur notre site, Télérama continue à mettre sa capacité à diffuser, à médiatiser, au service
du plus grand nombre.

Chaque semaine par ses critiques et ses articles dans l’hebdomadaire, à chaque instant sur son site et sur sa nouvelle appli, et au-delà par l’organisation d’événements et ses partenariats, Télérama se passionne pour
la littérature, le cinéma, la musique, les arts, le spectacle vivant...

Partenaire depuis plus de 20 ans d’Etonnants Voyageurs, Télérama se réjouit cette année de s’associer au prix Littérature-monde. Donner à entendre, à lire, dire le monde, permettre les rencontres, montrer les richesses des œuvres, c’est ce qui nous rapproche.Cette association naturelle nous remplie d’enthousiasme.


Pour toute correspondance ou proposition d’ouvrages, contactez Gaëlle Guiho qui a en charge les relations éditeurs pour le Littérature Monde :

Association Etonnants Voyageurs - Prix Littérature-Monde
Gaëlle Guiho
24, avenue des Français Libres
35000 Rennes
Tél. 02 99 31 36 47
gaelle.guiho@etonnants-voyageurs.com

 

DERNIER OUVRAGE

 
Biographie

Vers d’autres rives

L’Aube - 2019

J’ai toujours cru que la différence première était entre les nomades et les sédentaires. Je dis nomade sans voir uniquement le corps. L’esprit, le cœur, peut l’être. J’englobe aussi les idées, les formes, les couleurs, les sensations, les sentiments comme les émotions. Quel tourbillon ! La toupie de mon enfance. Quelle joie d’aller vers d’autres rives, même douloureuses.

J’ai toujours rêvé d’une biographie qui exclurait les dates et les lieux pour ne tenir compte que des émotions ou des sensations, mêmes fugaces. La première fois que j’ai vu une libellule. La fois que je suis entré dans la mer en ignorant qu’il fallait savoir nager. La fois que j’ai assisté à l’exécution d’un prisonnier politique près du cimetière de Port-au-Prince. Le dernier regard de ma mère me voyant partir en exil. Ma première promenade dans la cour de l’Académie. Et toutes les fois que j’ai regardé dans un ciel étoilé en espérant trouver la Niña Estrellita.

 

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Essais

L’avenir des simples

Grasset - 2020

On a bien compris que l’objectif des « multi-monstres » (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels. Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des « multi-monstres », utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets : « votre appareil ne nous intéresse pas », graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro- écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme. Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, « c’est un éternel Treblinka ».

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Revue de presse :

 

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Romans

Fardo

Cambourakis - 2020

Deuxième texte publié en coédition avec le musée des Confluences (à Lyon). Ananda Devi a été interpellée par une momie de femme péruvienne. Elle imagine la trajectoire de cette femme qui a beau avoir vécu à l’autre bout du monde il y a des siècles, elle lui semble extrêmement proche. À partir de cet "objet" troublant et terriblement humain, elle réfléchit à sa propre vie, aux impasses qu’elle peut rencontrer dans son écriture, à la condition des femmes en général et au pouvoir de l’art. Un texte bouleversant.

 

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Essais

Pour l’amour des livres

Grasset - 2019

« Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde, jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles.

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, « roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi…

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque.

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »


 

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Romans

Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu

Gallimard - 2018

« Je plaisante, je plaisante, mais la situation est affreusement désespérée. L’affaire était louche dès le début pourtant, l’ennemi n’est pas tombé du ciel, il sortait bien de quelque trou, verdammt, un enfant l’aurait compris. Quand avons-nous cessé d’être intelligents ou simplement attentifs ? »
Ute Von Ebert, dernière héritière d’un puissant empire industriel, habite à Erlingen, fief cossu de la haute bourgeoisie allemande. Sa fille Hannah, vingt-six ans, vit à Londres. Dans des lettres au ton très libre et souvent sarcastique, Ute lui raconte la vie dans Erlingen assiégée par un ennemi dont on ignore à peu près tout et qu’elle appelle « les Serviteurs », car ils ont décidé de faire de la soumission à leur dieu la loi unique de l’humanité. La population attend fiévreusement un train qui doit l’évacuer. Mais le train du salut n’arrive pas.
Et si cette histoire était le fruit d’un esprit fantasque et inquiet, qui observe les ravages de la propagation d’une foi sectaire dans les démocraties fatiguées ?
Comme dans 2084, Boualem Sansal décrit la mainmise de l’extrémisme religieux sur les zones fragiles de nos sociétés, favorisée par la lâcheté ou l’aveuglement des dirigeants.


 

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Romans

Les porteurs d’eau

P.O.L. - 2019

L’action de ce nouveau roman d’Atiq Rahimi se concentre en une seule journée : le 11 mars 2001. Ce jour-là, les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyan, en Afghanistan…
Un couple à Paris au petit matin. Tom se lève et s’apprête à partir pour Amsterdam. Il a décidé de quitter sa femme, Rina, qui dort près de lui. Tom est afghan, commis-voyageur, exilé en France. Il souffre de paramnésie, la sensation obsédante de déjà-vu ou déjà-vécu. À Amsterdam, il a rendez-vous avec sa maîtresse, une mystérieuse Nuria. Mais elle a disparu. Lui croit que sa vie bascule quand une vieille femme, Rospinoza, lui révèlera une toute autre histoire...

Un couple à Kaboul au petit matin. Yûsef se lève pour remplir sa tâche quotidienne de porteur d’eau. Il risque sinon la colère des Talibans et 97 coups de fouet sur le dos. Il doit s’arracher à la contemplation de Shirine, la femme de son frère, parti en exil. Candide et solitaire, il éprouve la naissance d’un sentiment étrange, que lui révèle son ami, un marchand sikh afghan, converti au bouddhisme. Et c’est lui, le petit porteur d’eau, qui alors fera basculer la vie des siens…

Un roman où se mêlent les contes et la sagesse d’autrefois, avec la cruauté de l’histoire contemporaine, et deux destins parallèles, tragiques et bouleversants, qui sans jamais se croiser livrent un grand récit poignant, polyphonique, sur l’exil, la mémoire, l’amour et la liberté.