Le printemps des voyageurs

8 mai 2015.
 

Dans Les ailes du dragon, Lieve Joris suit ses amis congolais sur la nouvelle route du commerce jusqu’en Chine. Dans Nuits tranquilles à Belem, Gilles Lapouge, flâneur enchanté, imagine le voyage comme un exercice de disparition. Alexandre Najjar publie un Dictionnaire amoureux du Liban. Bernard Ollivier fait de la marche un exercice de sagesse, Marche et invente ta vie. Paolo Rumiz revient avec Le phare : Voyage immobile, récit d’un long séjour dans un phare de l’Adriatique. Marie-Hélène Fraïssé publie une anthologie sur les contacts entre Amérindiens et Européens, L’impensable rencontre. Cédric Gras nous dit ses pérégrinations dans l’extrême Orient russe dans L’hiver aux trousses. Dans Le fil des kilomètres Christian Guay-Poliquin imagine le voyage d’un homme qui abandonne tout, poussé par un sentiment d’urgence... Jean-Claude Perrier nous livre un de ses essais les plus personnels, Comme des barbares en Inde. « Nous usons de la géographie pour donner des ailes à nos rêves » nous dit Sami Tchak dans La couleur de l’écrivain. L’Amérique des écrivains de Guillaume Binet et Pauline Guena en forme de récit de voyage est un livre tout simplement indispensable !

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Dictionnaire amoureux du Liban

Plon - 2014

Alexandre Najjar fait voyager le lecteur dans l’espace et le temps et lui permet de découvrir un pays méditerranéen très attachant qui, malgré ses contradictions, a toujours été un symbole de liberté dans le monde arabe.
« Au fil des siècles, le Liban a accueilli sur son sol plusieurs civilisations qui lui ont légué des vestiges archéologiques de première importance comme les temples de Baalbek, la citadelle de Byblos ou l’hippodrome de Tyr. J’ai voulu, à travers cet abécédaire, raconter ce qui constitue l’âme du Liban, loin de la politique et des querelles intestines, mettre en exergue son histoire, depuis les Phéniciens jusqu’à nos jours, décrire ses sites connus et méconnus, évoquer les personnalités qui l’ont visité et aimé, d’Alphonse de Lamartine à Ernest Renan, sans occulter les difficultés qu’il rencontre et ses contradictions. Kalil Gibran a écrit un jour : « Si le Liban n’était pas mon pays, je l’aurais choisi pour patrie. » Cette formule, je voudrais que chacun, en re­­fermant ce livre, puisse la faire sien­ne. » A.N.


Revue de presse

Quand je parle de Byblos, du Kesrouan, de Beyrouth ou de Baalbek, on sent que je suis épris de ces lieux.
https://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=33&nid=4700

 

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Essais

Comme des barbares en Inde

Fayard - 2014

En 1899, l’officier Julien Viaud, alias Pierre Loti, s’immergeait avec extase dans « l’Inde des palmes », rencontrant maharadjah, fakirs, fidèles sur le Gange… et rédigea l’un de ses chefs d’oeuvre L’Inde (sans les Anglais). Michaux, découvrant l’Inde en 1931 (il aurait pu y croiser Malraux cette même année), allait lui consacrer la moitié de son Barbare en Asie. Si Malraux, qui séjourna en Inde plusieurs fois, dont en 1974 –comme un pèlerinage avant de mourir–, n’écrivit jamais de grand livre sur l’Inde, il lut notamment Tagore et les grands textes sacrés et noua une relation privilégiée avec Nehru et Indira Gandhi. Quant à Gide, traducteur de Tagore et de Kabîr, sous l’invocation duquel Michaux plaça son Barbare, il connut aussi Nehru et soutint avec ferveur les oeuvres de Malraux et de Michaux. Dans cet essai littéraire, hymne à l’Inde et à ces quatre écrivains si différents qui éprouvèrent une attirance commune pour ce pays « d’antique civilisation », apparaissent aussi beaucoup de belles figures de passeurs, tels Ravi Shankar et George Harrison.
Il y a trente-cinq ans, Jean-Claude Perrier, journaliste et écrivain, posait le pied pour la première fois en Inde, qui deviendra un peu sa deuxième patrie. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages dont André Malraux et la tentation de l’Inde (Gallimard, 2004), Les mystères de Saint-Exupéry (Stock, 2009), prix Louis-Barthou de l’Académie française 2010, et André Gideou la tentation nomade (Flammarion, 2011).

 

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Récit

L’Eldorado polaire de Martin Frobisher

Albin Michel - 2017

Partis d’Angleterre en juin 1576 à bord du modeste Gabriel, le jeune Martin Frobisher et son équipage cinglent vers le nord-ouest dans l’espoir de découvrir le mythique Passage du Nord-Ouest. Ils dépassent ainsi le Groenland, dernière terre connue, et croient trouver enfin « la mer occidentale par laquelle on peut passer en Chine ». Selon une coutume déjà bien établie, ils embarquent de force quelques autochtones, « des tartares aux longs cheveux noirs, au large visage et au nez écrasé, habillés de peaux de phoque », mais le plus extraordinaire reste à venir : de gros blocs de pierre noire à fleur de sol et aux brillantes facettes dorées, dont les géologues et alchimistes de Sa Majesté ne tarderont pas à établir qu’il s’agit de « poudre d’or ».

Dès lors, la fièvre gagne les milieux de la banque et du commerce, faisant se bousculer les investisseurs. Les expéditions se multiplient, et de nouveau on enlève des indigènes, tandis que sur le Vieux Continent les « essayeurs » de la Reine s’affairent au traitement du minerai déjà rapporté. Mais l’été arctique de 1578 mettra à mal les folles ambitions de Frobisher, qui pousse d’abord trop loin vers l’ouest et peine à retrouver le site du gisement soi-disant aurifère. À son retour à l’automne, il apprendra que sa mirifique cargaison est tout juste bonne à servir au remblai des digues…

 

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Romans

Fonny

Actes Sud - 2019

Alors qu’elle travaille à un nouveau livre, l’auteur apprend que son frère Fonny, le “mouton noir” de la famille, est dans le coma à la suite d’un accident de voiture. S’ensuivent de multiples appels téléphoniques à ses parents, ses nombreux frères et sœurs, et plusieurs voyages pour se rendre au chevet du blessé. En racontant ce moment particulier de leur vie, qui les réunit tous, Lieve Joris laisse affleurer les souvenirs de son enfance et ceux, plus anciens, qu’elle a reçus en héritage. Habituellement cantonnée dans son rôle de témoin, elle livre ici un texte bien plus intime, esquissant un autoportrait à travers le récit de ce drame et l’exploration de son histoire familiale.

 

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Beaux livres

Atlas des paradis perdus

Arthaud - 2017

Rares sont les réussites. Pourtant, faute de savoir édifier des paradis doués d’une éternelle espérance de vie, les civilisations ont parfois réussi à manufacturer des petits bouts d’édens, des olympes provisoires capables de luire quelques jours ou quelques siècles à l’horizon de nos mélancolies. Des jardins d’Eden à la nouvelle Cythère de Bougainville, aux paradis de l’enfance de Walt Disney : voyage au cœur des paradis terrestres…

Revue de presse

"L’humanité a tendance à se bâtir des eldorados, réels ou imaginaires. Gilles Lapouge en dresse un inventaire érudit et joyeux dans cet ouvrage joliment illustré." (Bernard Lehut, RTL)

"Voyageur de toujours, Gilles Lapouge établit la carte des paradis perdus, réels ou imaginaires." (Un livre un jour, France TV)

 

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Romans

Les fables du moineau

Gallimard - 2020

"Le volcan, un instant tranquillisé, s’est à nouveau éveillé. Les œufs, autour de nous, se sont craquelés. Il en sortait des moineaux et des poules, des vipères et des tortues, des chauves-souris et des agoutis, des solitaires et des anguilles. Ces dernières se sont faufilées vers nous, s’entortillant autour de nous comme si nous étions leurs parents. La vie comme un œuf, as-tu dit...

J’ai été écartelée. Au-dessus de moi, un bec attendait de percer mon cœur. Mais au moment où il s’abaissait, tu t’es jeté sur moi. Le bec du moineau a traversé ton cœur et le mien... Chien noir, ange noir, baobab ou moineau, bébé balafré à la mèche d’albinos, ou bien autre chose encore. Regard noir dans le ventre du monde."

Extraits de la postface d’Ananda Devi ; Un lumineux détour d’admiration et d’amour baigné d’une extrême tendresse pour dire l’auteur et son moineau, au fil, au cœur cruels de cette fable africaine et universelle.

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Revue de presse :

 

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Le phare : Voyage immobile

Hoëbeke - 2015

Paolo Rumiz pour son nouveau livre a fait un voyage auquel même lui sans doute ne s’attendait pas. Lui qui a longé les 6 000 kilomètres des frontières de l’Europe du nord au sud, traversé les Balkans, franchi les montages à la recherche d’Hannibal, ramé tout au long du fleuve le Pô, lui, le grand voyageur italien, décide de vivre et de nous faire vivre son premier voyage immobile dans un phare perdu au milieu de la Méditerranée, loin de tout et de tous, hormis les gardiens.
Soudain libéré de tout contact avec le monde extérieur – il n’a ni radio, ni télé, ni internet, ni même un téléphone – il se consacre, quand le temps le permet, à l’exploration de son environnement plutôt réduit puisque le phare est perché sur un récif où il n’y a aucune autre habitation. Il nous présente donc tour à tour la nature, la faune domestique (il y a quand même un âne et une poule) et la faune sauvage (dominée par les innombrables oiseaux), les poissons, le bâtiment où il loge, ceux qui l’habitent ou qui l’ont habité jadis, sans oublier d’autres occupants de phares qu’il a connus dans son enfance, il nous parle du temps qu’il fait, des vents, des bateaux qui passent, de ses pensées, de ce qu’il mange et de bien d’autres choses encore. Bref, il nous dit tout, sauf le nom de cet archipel mystérieux, qu’il tient à cacher, de peur d’y voir déferler des hordes béotiennes. Il livre certes quelques indices, mais ceux-ci amènent le lecteur à se demander si la vérité ne serait pas plus compliquée qu’il n’y paraît et à conclure que le phare du récit pourrait bien être, en réalité, un savant amalgame d’expériences diverses. En tout cas, le récit est prenant, et inoubliable. C’est avec une indéniable volupté que ceux qui rêvent d’une tour d’ivoire se laisseront entraîner jusqu’à ce lieu austère, à l’écart du monde, même s’il faut en repartir.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Saison du Voyage

Stock - 2018

« Le voyage est d’abord rêvé. Il le reste et je l’ignorais. Je voulais voir le monde autant que m’en échapper. Je suis parti, moi aussi, aiguillonné par l’esprit d’aventure – on n’était déjà plus explorateur – et ses chantres. Quand il restait des mystères sur Terre. Les classiques de la littérature de voyage m’ont fait halluciner les yeux grands ouverts. Mais à quoi bon poursuivre désormais des fantômes, dans les confettis de forêts vierges pixellisées par Google Earth ? »
C. G.

Qu’est-ce qui fait le départ ? Partir, fuir, rêver, s’échapper. Cédric Gras, qui appartient de livre en livre à ces écrivains-voyageurs, sans cesse partis pour mieux revenir, nous relate quelques-unes de ses tribulations, du Tibet à l’Albanie en passant par toute l’Eurasie. Les hautes solitudes en guise de bout du monde, les rencontres en partage d’un fragment de vie, l’apprentissage d’une langue comme plus belle exploration, ce qui fait sa sensibilité à l’ailleurs.

Les Saisons du voyage sont celles que l’auteur talonne, l’automne, le printemps, mais aussi celles qui ne reviendront pas, qu’il traverse sans nostalgie, mais dans la conscience d’un passé qui ne l’a pas attendu. Les lieux et les hommes ont changés, le rapport au temps aussi. Pour les jeunes générations, l’initiation au monde se fait à travers une planète métamorphosée par le progrès, la politique et la démographie, rétrécie. Qu’est devenu le voyage au xxie siècle ?

 

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Beaux livres

L’Amérique des écrivains

Robert Laffont - 2014

Un road trip familial enthousiasmant à la rencontre des plus grands écrivains américains.

Pauline Guéna, romancière, et Guillaume Binet, photographe, sont partis un an en camping-car avec leurs quatre enfants, à la rencontre de vingt-six des plus grands écrivains américains. Ils en rapportent un livre fascinant, d’un nouveau genre, fait de portraits et d’entretiens, en forme de récit de voyage et illustré de cent cinquante photographies.
Lieux d’écriture, lieux d’inspiration, lieux romanesques : l’esprit des lieux est la trame souterraine du livre. Pauline Guéna et Guillaume Binet ont traversé les paysages légendaires qui ont façonné et influencé les grands écrivains, paysages que nous connaissons par leurs livres, images que nous voyons à travers leurs mots. Ils nous entraînent ainsi de l’ancienne maison de pêcheur de homard de Richard Ford dans le Maine au repaire de Russell Banks dans les sauvages Adirondacks, en passant par le studieux bureau blanc de Siri Hustvedt dans la maison qu’elle partage avec son mari Paul Auster à Brooklyn...
Écrire, est-ce simplement coller le fond de son pantalon au fond de sa chaise, comme le disait Hemingway ? Pauline Guéna parvient avec beaucoup de finesse à faire parler comme jamais les écrivains de leur métier, de leurs méthodes, de leurs sources d’inspiration et de leurs doutes. Ils parlent sans fausse pudeur de la création et en lèvent certains mystères.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Beaux livres

Politique Paillettes

Robert Laffont - 2017

Une immersion visuelle dans les coulisses de la campagne présidentielle. La campagne présidentielle de 2017 promet d’être frénétique, trépidante, passionnante. Les photojournalistes de l’agence Myop nous racontent de l’intérieur et en photographies ce grand rendez-vous du printemps. Loin des photos officielles mises en scène par les communicants qui illustrent souvent une histoire qu’ils veulent déjà écrite, Politique Paillettes choisit les coulisses. Le lecteur est entraîné au cœur de la mêlée, parmi les militants, les journalistes, dans l’ambiance survoltée des meetings, du désordre au spectacle.
En ces temps accélérés où la quantité des images et des informations prime sur leur profondeur, le collectif Myop arrête la course et montre ce que l’on veut cacher sous les paillettes présidentielles. Le livre, qui mêle photographies, textes d’auteurs (Russel Banks, LAurent Gaudé parmi d’autres) et documents extraits des réseaux sociaux (Twitter, Instagram…), a pour ambition de dénoncer la boulimie d’images qui caractérise notre époque.

 

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Romans

Le poids de la neige

La Peuplade - 2016

Dans une véranda cousue de courants d’air, en retrait d’un village sans électricité, s’organise la vie de Matthias et d’un homme accidenté qui lui a été confié juste avant l’hiver. Telle a été l’entente : le vieil homme assurera la rémission du plus jeune en échange de bois de chauffage, de vivres et, surtout, d’une place dans le convoi qui partira pour la ville au printemps.

Les centimètres de neige s’accumulent et chaque journée apporte son lot de défis. Près du poêle à bois, les deux individus tissent laborieusement leur complicité au gré des conversations et des visites de Joseph, Jonas, Jean, Jude, José et de la belle Maria. Les rumeurs du village pénètrent dans les méandres du décor, l’hiver pèse, la tension est palpable. Tiendront-ils le coup ?


Revue de presse