Savants Fous

Avec Phillipe Curval, Alain Rey et Pierre Cassou-Nogues avec Joëlle Winterbet

3 juin 2015.
 

Avec Phillipe Curval, Alain Rey et Pierre Cassou-Nogues avec Joëlle Winterbet

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Akiloë ou le souffle de la forêt

La Volte - 2015

Pour Akiloë, le jeune indien Wayana qui se baigne dans le fleuve, au cœur d’une réserve dans la forêt amazonienne, l’univers des blancs ne s’exprime qu’à travers la voix du transistor de radio Paramaribo ou dans les reflets d’aluminium des ustensiles de cuisine qui s’empilent comme des totems divins sous les “carbets”, ces fragiles habitations des Indiens de Guyane. Son avenir semble dicté par l’esprit des arbres et du fleuve, par le “souffle de la forêt”. Passer de l’âge de pierre à celui d’Ariane en assimilant la culture républicaine devient alors un parcours initiatique d’une singulière complexité dont le jeune Indien triomphe peu à peu. Le parcours original d’un enfant qui sera formé par une jeune institutrice à l’âme de missionnaire, adopté par un réfugié polonais restaurateur et physicien, avant de s’élever vers le ciel : Akiloë sera sauteur à la perche avant de passer toutes les épreuves pour devenir astronaute. Jusqu’au jour où il s’envolera enfin pour l’espace, porté par le souffle de la forêt.

Quels effets “l’éducation occidentale” peuvent produire sur un enfant surdoué, fort imaginatif, dont la culture originelle n’a pas été définitivement fixée par l’expérience ? Tel est le thème de ce roman nourri d’émotion où les éléments du savoir sont soumis au filtre d’une sensualité native, celle d’un habitant de la forêt. Philippe Curval a su trouver la fraîcheur inventive de l’imagination indienne pour écrire une fable cruelle et magique, celle des tribus amazoniennes face à l’invasion de la civilisation blanche, dans le décor déconcertant d’une Guyane confrontée à l’oubli d’un passé peu glorieux, à ses contradictions économiques, sociales, raciales, juste au moment où l’avenir spatial s’affirme sur son territoire.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Virusland

Editions du Cerf - 2020

Extrapolant les leçons du confinement, Pierre Cassou-Noguès nous offre le plus saisissant mythe contemporain sur ce point de bascule où, contagieusement, la fiction prend le pas sur la réalité. Une leçon de philosophie sur la contamination de l’étrangeté et de la peur, de la machine et de la régulation qui se lit comme un roman.

La réalité ressemble à un film parce que notre monde se modèle désormais sur la fiction. Telle est, pour Pierre Cassou-Noguès, l’une des leçons de la pandémie et du confinement.

Virusland ne désigne pas une région du globe, mais une forme de vie qui se propage par contagion. Quitte à muter localement, elle touche indistinctement les régimes politiques, renvoie à une science qui se prétend univoque, modifie nos gestes, nos habitudes, notre rapport aux corps, au " normal ", au moral et à l’immoral. Fondée sur l’image d’une guerre contre un ennemi invisible, elle nourrit un sentiment de peur et d’étrangeté que redoublent la restriction drastique de nos libertés et les appareillages toujours plus complexes de surveillance, de communication et de distraction.

Recourant aux oeuvres classiques et futuristes, tenant avec humour et profondeur, le journal d’un Robinson contemporain, Pierre Cassou-Noguès interroge le mauvais rêve dans lequel nous avons été plongés pour savoir s’il n’est pas promis à devenir notre quotidien.

Un exercice époustouflant de philosophie qui se lit comme un roman.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Causa

Jean-Claude Lattès - 2015

Cet échange de correspondances entre Stéphane Paoli et Alain Rey exprime les doutes d’un témoin, le journaliste, et d’un lettré, le lexicographe, quant à l’usage fait des mots et de la mémoire dans le récit de notre histoire collective.

Pour l’un, le journaliste, ses interrogations sont nourries par quarante-cinq ans de pratique, à la télévision, la radio, en presse écrite. Pour l’autre, le lexicographe, par une vie consacrée à l’élaboration du dictionnaire Le Robert.

L’un et l’autre, par leurs expériences personnelles, se sont retrouvés sur une question, celle posée par Montaigne : Que sais-je ?