Écoutez la chanson bien douce qui ne pleure que pour vous plaire…

Avec Yvon Le Men, Jean Rouaud, Emmanuel Delloye, Thierry Robin, Wilfried N’Sonde

5 juin 2015.
 


Avec Yvon Le Men, Jean Rouaud, Emmanuel Delloye, Thierry Robin, Wilfried N’Sonde

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

L’avenir des simples

Grasset - 2020

On a bien compris que l’objectif des « multi-monstres » (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels. Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des « multi-monstres », utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets : « votre appareil ne nous intéresse pas », graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro- écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme. Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, « c’est un éternel Treblinka ».

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Je t’ai bue sans sucre, mon amertume

Riveneuve - 2019

La poésie est une source d’inspiration constante de la musique de Titi Robin. Il s’y confronte depuis trente cinq ans, ne publiant ses textes qu’intégrés à ses compositions musicales et estimant que cette forme esthétique très exigeante appelait une maturité et un recul que seul le temps pouvait lui procurer. Dans le disque « L’ombre d’une source » (2014), soutenu par la voix du comédien Michael Lonsdale, puis pour les spectacles « Le goût du sel » et « Rebel Diwana » (2018), sa parole poétique prend déjà en partie son autonomie. Certains de ces textes sont réunis dans le présent recueil. On y retrouve la même inspiration méditerranéenne qui l’a fait connaître musicalement et la recherche d’un équilibre sur le fil entre une forme épurée à l’extrême et la densité nue de l’émotion.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

La Baie vitrée

Bruno Doucey - 2021

N’avoir nulle part où aller sauf à l’intérieur de soi… Être assigné à résidence avec des livres pour seuls compagnons… Regarder le monde à travers une vitre en se demandant si le temps ne s’est pas arrêté… Telle est la situation évoquée par Yvon Le Men dans La baie vitrée. Le poète est enfermé à son domicile, seul mais relié aux autres, à l’écoute des mauvaises nouvelles du monde et des chants d’oiseau qui l’apaisent. Il lit et écrit. Écoute et observe. Des poèmes naissent de ce quotidien empêché. Les mots de l’écrivain découpent alors des morceaux de ciel pour les oiseaux en cage. Des mots qui ouvrent portes et fenêtres, conjurent l’absence et invitent des hôtes essentiels à sa table de silence. Avec La baie vitrée, le poète a écrit le livre du réenchantement dont nous avons besoin. Jamais la poésie ne lui est apparue si nécessaire.

« Quand l’humanité reviendra
les hommes et les femmes
corps et âmes touchés
caressés embrassés
mélangés partagés

traversés comme on traverse un pont
entre des bras »


Revues de presse