Le Dimanche 14h, salle Maupertuis. Avec Paul Berman, Pascal Bruckner, Pascal Blanchard, Fawzia Zouari, Nathalie Heinich, Fethi Benslama.

LES SOCIOLOGUES SONT-ILS DEVENUS FOUS ?

5 mai 2016.
 

Une ligne rouge a été franchie par la « fatwa » lancé dans les colonnes du
Monde par un collectif de sociologues contre Kamel Daoud, accusé d’avoir
mis en cause, à propos de Cologne, la relation aux femmes dans le monde
musulman. Une ligne rouge franchie, qui révèle crûment un impensé qui
n’a de « scientifique » que l’arrogance des signataires. Nous avons bien lu :
« clichés orientalistes éculés », « discours racistes affublés des oripeaux d’une
pensée humaniste », « projet disciplinaire, aux visées à la fois culturelles et
psychologiques… Des valeurs doivent être “ imposées ” à cette masse malade,
à commencer par le respect des femmes. Ce projet est scandaleux ». Ce
texte a frappé de stupeur nombre d’artistes en lutte dans les pays arabes,
et musulmans, qui se sont sentis trahis, abandonnés – il est vrai que pour
eux la France, l’Europe, incarnent des valeurs émancipatrices, tandis que
les donneurs de leçons n’y voient que puissances d’oppression responsables
de tout… Nous interpelle le climat d’excommunication, qui après avoir fait
subir à des sociologues « dissidents » de véritables lynchages, s’en prend à
ce qu’incarne un Kamel Daoud, ou un Boualem Sansal ? Tendance lourde
de la discipline ? Conséquence d’une pensée pour laquelle nous sommes,
comme les choses, mus par des causes, non par des buts ? Professant que
nous sommes déterminés de part en part par le social ?
Le clivage est si profond qu’il valait, avons-nous pensé, un grand débat. Non
pas en forme de punching-ball mais de réflexion, depuis des expériences
différentes. Nous en avons besoin.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Voix d’écrivaines francophones

Regain de lecture - 2019

Coordonnée par Fawzia Zouari, préface de Youma Fall.
Elles viennent des quatre coins du monde mais elles ont une seule passion, l’écriture. Elles sont issues de diverses cultures mais elles ont choisi de s’exprimer publiquement dans une seule langue, le français. Elles s’estiment libres de toute obédience mais elles ont accepté de faire partie du Parlement des écrivaines francophones, une plate-forme inédite destinée à faire entendre la voix des femmes auteures. Ce livre présente quelques unes d’entre-elles en retraçant brièvement leur parcours et en donnant à découvrir leurs œuvres.

Marie-Rose Obomo-Maurin, Maram Al-Masri, Ysiaka Anam, Safiatou Ba, Emna Belhaj Yahia, Nassira Belloula, Sophie Bessis, Tanella Boni, Chahla Chafiq, Sonia Chamkhi, Miniya Chatterji, Bettina de Cosnac, Catherine Cusset, Nafissatou Dia Diouf, Suzanne Dracius, Rocío Durán-Barba, Alicia Dujovne Ortiz, Sedef Ecer, Lise Gauvin, Laurence Gavron, Flore Hazoumé, Françoise James Ousénie, Fatou Keïta Fatoumata Keïta Dora (Carpenter-)Latiri Liliana Lazar, Sylvie Le Clech, Catherine Le Pelletier, Madeleine Monette, Marie-Soeurette Mathieu, Hala Moughanie, Cécile Oumhani, Émeline Pierre, Gisèle Pineau, Michèle Rakotoson, Édith Serotte, Shumona Sinha, Leila Slimani, Élizabeth Tchoungui, Audrée Wilhelmy, Hyam Yared, Fawzia Zouari

 

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Essais

Décolonisations françaises : la chute d’un empire

La Martinière, 2020 - 2020

L’empire colonial français se développe au XIXe siècle et devient le deuxième empire le plus vaste du monde, après celui du Royaume-Uni. Les contestations se multiplient dès l’entre-deux-guerres. Mais les bouleversements liés à la Seconde Guerre Mondiale accentuent la remise en question de la domination française. Commence dès lors un long processus de décolonisation, qui est aussi le plus long conflit de la France au XXe siècle, depuis les premiers soulèvements en 1943 jusqu’aux dernières indépendances au milieu des années 1970.

Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire évoquent toutes les facettes et les contradictions de ce processus, tantôt marqué par des épisodes d’une violence inouïe, tantôt accompagné de réformes et d’accords bilatéraux maintenant, des décennies plus tard, une forte dépendance des pays décolonisés vis-à-vis de la France. À travers près de 250 photographies, documents de presse ou affiches, ils décryptent l’un des plus grands basculements de l’histoire récente, et posent un regard renouvelé sur les deux faces du miroir colonial.

 

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Essais

La Sociologie à l’épreuve de l’art

Les Impressions Nouvelles - 2015

Sociologue de l’art, auteur d’une trentaine d’ouvrages et d’un grand nombre d’articles dans des revues de sciences sociales françaises et étrangères, traduite dans le monde entier, Nathalie Heinich revient dans cet entretien sur son parcours atypique : des études de philosophie en province au séminaire de Pierre Bourdieu à Paris, des années noires de l’« intello précaire » au CNRS et à l’École des hautes études en sciences sociales, de l’après-68 à l’entrée dans le XXIe siècle, elle raconte concrètement comment se fait une carrière de chercheur, comment émergent les thèmes de recherche, comment se fabriquent les enquêtes, comment s’écrivent et se publient les articles et les livres, à quelles lectures parfois inattendues ils donnent lieu. Elle propose surtout une remarquable introduction à la sociologie de l’art. Cet ouvrage constitue la version remaniée et actualisée de celui paru sous le même titre aux éditions « Aux lieux d’être », en 2006 (premier volume) et 2007 (second volume), et qui était depuis longtemps introuvable.

 

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Essais

La Sagesse de l’argent : essai

Grasset - 2016

« L’argent est une promesse qui cherche une sagesse. L’expression doit s’entendre au double sens : il est sage d’avoir de l’argent, il est sage de s’interroger sur lui. Il rend tout homme philosophe malgré lui : bien penser, c’est aussi apprendre à bien dépenser, pour soi et pour autrui. Avec l’argent, nul n’est à l’aise : ceux qui croient le détester l’idolâtrent en secret. Ceux qui l’idolâtrent le surestiment. Ceux qui feignent de le mépriser se mentent à eux-mêmes. Engouement problématique, réprobation impossible. Telle est la difficulté. Mais si la sagesse ne consiste pas à s’attaquer à cela même qui paraît à tous le symbole de la folie, à quoi bon la philosophie ? »

 

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Essais

Cours vite camarade ! : La génération 68 et le pouvoir

Denoël - 2006

En janvier 2001, le magazine Stern publia plusieurs photographies de Joschka Fischer, alors ministre allemand des Affaires étrangères, prises lors d’une échauffourée en 1973. Sur ces clichés, le jeune Fischer frappe violemment un policier à l’issue d’une manifestation.
Ces images déclenchèrent un scandale. Derrière la personnalité d’un homme politique qui comptait parmi les plus populaires de son pays, c’est toute une génération qui était sommée de se justifier sur son itinéraire, son esprit de rébellion, ses engagements et son influence. Le procès de la génération 68 venait de s’ouvrir. Daniel Cohn-Bendit fut l’un des premiers accusés à la faveur d’une lecture biaisée de ses écrits de jeunesse.
Les affaires Fischer et Cohn-Bendit ne sont pourtant rien d’autre que l’histoire d’individus qui ont connu dans leur vie une évolution incompréhensible si elle est détachée des traumatismes de notre temps.
Joschka Fischer, Bernard Kouchner, Daniel Cohn-Bendit et André Glucksmann sont les figures les plus éminentes de cette Nouvelle Gauche qui refuse toute compromission avec le totalitarisme, quel qu’il soit. Une internationale de la contestation dont la guerre d’Irak a révélé les failles mais aussi les relais dans le monde musulman.

Figure éminente de la gauche américaine, ancien soixante-huitard et, surtout, spécialiste de l’Europe et de la France, Paul Berman était le mieux placé pour raconter avec le détachement nécessaire cette aventure collective. Cours vite camarade ! raconte la fin de l’idéalisme et la découverte du pouvoir. Le roman d’une génération.
Paul Berman est l’auteur des Habits neufs de la terreur (Hachette littératures, 2004).