RAHIMI Atiq

Afghanistan

16 avril 2019.

Exilé afghan à Paris depuis les années 1980, aujourd’hui naturalisé Français, il s’est imposé comme un auteur contemporain incontournable, aussi bien pour son œuvre romanesque que cinématographique, et reçu notamment le prix Goncourt en 2008. Pour notre grand plaisir, l’auteur revient cette année avec Les porteurs d’eau, véritable bijou, empreint de poésie et de sincérité. Poignante fable sur l’exil, la mémoire et l’amour, cet ouvrage polyphonique chante comme jamais l’inlassable quête de liberté qui sommeille en chacun.

 

Né à Kaboul en 1962, aujourd’hui naturalisé Français, il a réussi à s’imposer en quelques années comme un auteur de premier ordre en France, aussi bien pour son œuvre romanesque que cinématographique. Réfugié à Paris, il jongle constamment entre le persan et le français au fil de ses œuvres, n’oubliant jamais son pays d’origine, qu’il ne manque pas de revisiter fréquemment depuis la chute des Talibans. Se considérant plus comme réfugié culturel que politique, il décrit dans ses romans les guerres et les malheurs qui accablent l’Afghanistan depuis des décennies.

L’auteur étudie au lycée franco-afghan Estiqlal de Kaboul, puis quitte son pays natal à seulement 22 ans. Fuyant la guerre et le service militaire, il rejoint le Pakistan et demande l’asile politique à l’Ambassade de France. Arrivé à Paris, il étudie le cinéma à la Sorbonne, dont il sort avec un doctorat en audiovisuel.

Déjà réalisateur de documentaires, ce passionné de Marguerite Duras fait une entrée remarquée dans le monde de la fiction en 2004 en remportant à Cannes le prix du regard vers l’avenir avec Terre et cendres. Ce film, tourné dans une mine de charbon au Nord de l’Afghanistan, est l’adaptation éponyme de son premier roman, paru en France en 2000 et traduit depuis en vingt-et-une langues.

Auteur et cinéaste reconnu, il accède à la consécration en 2008. Lauréat du prix Goncourt pour Syngué Sabour - pierre de patience, son quatrième livre (mais le premier rédigé en Français), Atiq Rahimi est aujourd’hui un représentant privilégié de la culture afghane en Europe. Conscient de la force de son roman, Atiq Rahimi l’a adapté pour le cinéma en 2013, avec l’aide du scénariste et réalisateur Jean-Claude Carrière.

Accompagné par l’illustrateur Olivier Charpentier, il s’essaie à la littérature jeunesse et publie en 2015 Compte comme moi !, comptine tendre et intelligente qu’il avait écrite pour son petit garçon à propos de l’éveil des sens. La même année voit paraître chez L’Iconoclaste un récit de vie, La Ballade du calame, témoignage romanesque sur l’exil, la perte ou l’affirmation de ses racines, dépeignant les multiples identités que l’écrivain a désormais faites siennes. Celui qui se dit « né en Inde, incarné en Afghanistan et réincarné en France » invente là une langue puissante, singulière et libre.

Cette année, l’auteur signe Les porteurs d’eau, un roman où se mêlent les contes et la sagesse d’autrefois, avec la cruauté de l’histoire contemporaine, et deux destins parallèles, tragiques et bouleversants, qui sans jamais se croiser livrent un grand récit poignant, polyphonique, sur l’exil, la mémoire, l’amour et la liberté. 


Bibliographie

Filmographie :

Documentaires :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Les porteurs d’eau

P.O.L. - 2019

L’action de ce nouveau roman d’Atiq Rahimi se concentre en une seule journée : le 11 mars 2001. Ce jour-là, les Talibans détruisent les deux Bouddhas de Bâmiyan, en Afghanistan…
Un couple à Paris au petit matin. Tom se lève et s’apprête à partir pour Amsterdam. Il a décidé de quitter sa femme, Rina, qui dort près de lui. Tom est afghan, commis-voyageur, exilé en France. Il souffre de paramnésie, la sensation obsédante de déjà-vu ou déjà-vécu. À Amsterdam, il a rendez-vous avec sa maîtresse, une mystérieuse Nuria. Mais elle a disparu. Lui croit que sa vie bascule quand une vieille femme, Rospinoza, lui révèlera une toute autre histoire...

Un couple à Kaboul au petit matin. Yûsef se lève pour remplir sa tâche quotidienne de porteur d’eau. Il risque sinon la colère des Talibans et 97 coups de fouet sur le dos. Il doit s’arracher à la contemplation de Shirine, la femme de son frère, parti en exil. Candide et solitaire, il éprouve la naissance d’un sentiment étrange, que lui révèle son ami, un marchand sikh afghan, converti au bouddhisme. Et c’est lui, le petit porteur d’eau, qui alors fera basculer la vie des siens…

Un roman où se mêlent les contes et la sagesse d’autrefois, avec la cruauté de l’histoire contemporaine, et deux destins parallèles, tragiques et bouleversants, qui sans jamais se croiser livrent un grand récit poignant, polyphonique, sur l’exil, la mémoire, l’amour et la liberté.