BESOIN DE POÈME

22 mai 2017.
 

Ce qu’on ramène de ses voyages, de ses lectures

Capteur de sons, d’images, de poèmes partout de par le monde, auteur de magnifiques ouvrages sur tant de musiciens de jazz, globe-trotter de la poésie, Zéno Bianu, prix Ganzo de poésie 2017, fait de ses voyages des quêtes de merveilles – comme pour ses anthologies chinoises, japonaises et indiennes (La Montagne vide, Albin Michel), Anthologie du poème court japonais (Poésie/Gallimard), La Parole et la Saveur (Les Cahiers des Brisant). Bruno Doucey, quant à lui, année après années, a capté le meilleur du Printemps des poètes en de belles anthologies. Rencontre.

Mères méditerranées et remise du Prix Ganzo
Remis à Zéno Bianu

Zéno Bianu © Hélie Gallimard / Azad Ziya Eren © Ubeyd Aslan / Capris Kophidès

Là où tout a commencé. Et pourrait mal finir ? Avec Simon Abkarian, Seyhmus Dagtekin, Gil Jouanard, Cypris Kophides, Azad Ziya Eren. En prélude à la remise du prix Ganzo de poésie à Zéno Bianu, les voix mêlées de poètes venus de toute la Méditerranée. Pour dire, par-delà le malheur, la foi vivante en ce qui fut le berceau de grandes civilisations. Une évocation, aussi, de l’immense Yannis Ritzos, avec des lectures par Sylvia Lacarrière.

Le secret d’une chanson

Alexis Gloaguen © F. Jean Christophe L’espagnol / Aurélia Lassaque © Oumeya El Ouadie / Jean Rouaud © G. Le Ny

Trois notes et viennent des mots qui font chanson, ou bien c’est l’inverse : mystérieuse alchimie de la chanson, qui se trouve soumise aussitôt à l’écoute des autres, à la différence du poème qui peut rester quelque temps au secret. Quelques mots, quelques notes et voilà qu’une multitude parfois s’y reconnaît, s’en empare. Aurélia Lassaque, chanteuse et poète occitane, Alexis Gloaguen, Gérard Delahaye, Jean Rouaud approchent tour à tour le mystérieux pouvoir de la chanson.

Les mains dans le cambouis : est-ce qu’écrire s’apprend ?

Masters de création littéraire, résidences d’écrivains, expérimentations en tous genres : jamais la vieille question de Lautréamont, «  La poésie est faite par tous et non par un  », n’a été autant d’actualité. Alors, comment s’y prendre, pour quoi faire, et quelles questions se trouvent ainsi posées à l’invention de la littérature ? Oui, la littérature est aussi affaire de techniques, qui se peuvent apprendre, comme il vaut mieux apprendre le piano si l’on y veut faire naître une musique, mais le souffle, l’inspiration, s’apprend-elle vraiment ? Combien de Rimbaud, sortis des ateliers d’écriture ? Débat… avec Hubert Haddad (Le nouveau magasin d’écriture, Zulma) et François Bon (Tous les mots sont adultes, Fayard).

Comment choisit-on sa langue

Toute langue est étrangère, disait le poète Guillevic. Qu’en est-il de ceux qui, au départ, en ont deux : l’une plus «  reconnue  » que la seconde. Laquelle choisissent-ils pour écrire au plus profond d’eux-mêmes et au plus près de l’autre ? Et s’ils sont à la fois poète et prosateur, avec quel genre traversent-ils leurs frontières intérieures ?
Avec Coutechève Lavoie-Aupont, Seymhus Dagtekin, Makenzy Orcel et Aurélia Lassaque.

Ceux du large

James Noël © Francesco Gattoni

Exil, exode, errance, migrations – et souffrances souvent, perte de soi et reconquête parfois, pouvoir aussi de la fiction pour mettre en forme les fragments brisés, rendre le monde de nouveau habitable. Avec Laurent Gaudé, James Noël, Ananda Devi, Bruno Doucey, Laurine Rousselet.

La revue des revues

Exil, exode, errance, migrations – et souffrances souvent, perte de soi et reconquête parfois, pouvoir aussi de la fiction pour mettre en forme les fragments brisés, rendre le monde de nouveau habitable. Avec Laurent Gaudé, James Noël, Ananda Devi, Bruno Doucey, Laurine Rousselet.

Paroles, paroles

Exil, exode, errance, migrations – et souffrances souvent, perte de soi et reconquête parfois, pouvoir aussi de la fiction pour mettre en forme les fragments brisés, rendre le monde de nouveau habitable. Avec Laurent Gaudé, James Noël, Ananda Devi, Bruno Doucey, Laurine Rousselet.

Les poètes dans leurs vies

Qui mène le jeu : le poème ou le poète ? Le poète cisèle son poème, fait naître un rythme, un souffle, des mots prennent forme, qui font poème – mais le poème tout autant façonne le poète, le conduit, le guide, parle à travers lui : échange essentiel entre la vie et l’œuvre, le monde et soi, soi et les autres. Dire les hommes, les femmes, derrière les poèmes : Corbière avec Catherine Urien, Verlaine, Desnos et du Bellay avec Bernard Chambaz, Apollinaire et François Villon avec Raphaël Jerusalmy, Jean Follain avec Gil Jouanard. Dire la vie dans le brasier des mots…

De la poésie ailleurs dans le festival…

«  The times they are a-changin’  » : la révolution Bob Dylan avec François Bon, Patrice Blanc Francard, Georges Olivier Chateaureynaud.
Stances, le spectacle de Jean Rouaud, au théâtre Chateaubriand, dim. 21h, Théâtre Chateaubriand.
Rimbaud, le voleur de feu : Le Rimbaud de Jean Rouaud, celui d’Alain Borer, deux matinées à la salle Saint-Anne, le dimanche et le lundi à 11h.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

À l’ouest des ombres

Le Castor Astral - 2016

Ce recueil se présente comme un appel face à la haine. Nous sommes les enfants de Caïn : de ceux qui ont tué et survécu. Comment éveiller la part d’Abel qui reste en nous ? Comment ne jamais oublier que tout vainqueur est un vaincu potentiel ? Comment se mettre en garde contre les Ombres, qui ont vite fait de nous envahir ? Ici, le poète dénonce le temps perdu par l’individu et le collectif à chercher les paradis perdus : l’entre-soi idéal. Pour lui, il y a surtout un avenir commun, à construire ensemble, la poésie apportant sa pierre à l’édifice.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

L’avenir des simples

Grasset - 2020

On a bien compris que l’objectif des « multi-monstres » (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels. Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des « multi-monstres », utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets : « votre appareil ne nous intéresse pas », graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro- écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme. Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, « c’est un éternel Treblinka ».

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Fardo

Cambourakis - 2020

Deuxième texte publié en coédition avec le musée des Confluences (à Lyon). Ananda Devi a été interpellée par une momie de femme péruvienne. Elle imagine la trajectoire de cette femme qui a beau avoir vécu à l’autre bout du monde il y a des siècles, elle lui semble extrêmement proche. À partir de cet "objet" troublant et terriblement humain, elle réfléchit à sa propre vie, aux impasses qu’elle peut rencontrer dans son écriture, à la condition des femmes en général et au pouvoir de l’art. Un texte bouleversant.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie
Théâtre

Nous, l’Europe. Banquet des peuples

Actes Sud - 2019

L’Europe, l’ancienne, celle d’un Vieux Monde bouleversé par la révolution industrielle, et l’Union européenne, belle utopie née sur les cendres de deux grandes guerres, sont l’alpha et l’oméga de cette épopée poétique, sociopolitique et humaniste relatant un siècle et demi de constructions, d’a rontements, d’espoirs, de défaites et d’enthousiasmes. Ce long poème en vers libres rappelle qu’une mémoire commune, même douloureuse, est un ferment d’avenir, et appelle ardemment à la réalisation d’une Europe des di érences, de la solidarité et de la liberté.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Etc.

(Flammation, 2016) - 2016

Ce recueil est composé de cinq séquences autonomes se faisant écho et déclinant des variations, sur le thème de l’automne et de la mélancolie.


Revue de Presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Contre la perte et l’oubli de tout

Albin Michel - 2018

En nous entourant de livres, nous nous efforçons de délimiter autour de nous un enclos d’éternité. Une telle compulsion signe notre appartenance à l’espèce humaine : nous le savons jusque dans nos gènes, rien n’est impérissable, et nous tentons désespérément d’apurer notre éternel débit sur les registres du temps.

Dans notre lutte contre la perte et l’oubli de tout, nous usons d’armes paradoxales. Le fragile papier dure plus que le granit. C’est qu’il se prête à la duplication, à la multiplication, à la dissémination. Les vingt ou trente exemplaires combustibles et putrescibles d’un incunable avaient plus de chances de traverser les siècles qu’une stèle de pierre. Pour celle d’Hammourabi qui nous est parvenue, combien reposent à jamais « sous dix couches de ténèbres » ?

A contrario, a-t-on vraiment perdu une phrase, une ligne, depuis l’invention de l’imprimerie ? Naïfs nazis, gourdifles en chemise brune ! Brûler un livre, c’est brûler Phénix.


 

DERNIER OUVRAGE

 
Autres

Le carnet de 1933

Tiers Livre Editeur - 2017

L’été 2015, en travaillant sur les manuscrits de Lovecraft à la John Hay Library de Providence, dans la liasse du Commonplace Book s’échappe un carnet usé, à la couverture de cuir qui s’effrite. À l’intérieur, je reconnais ces textes sur l’écriture que je connais bien. Mais j’y découvre des listes, et puis des exercices que Lovecraft s’impose à lui-même, véritables « compressions » de ses histoires fantastiques préférées, pour en prendre le noyau vivant. C’est un agenda de 1927, où il a scrupuleusement noté son numéro de téléphone, ses mensurations de faux-cols et caleçons. Mais c’est tout au long de 1933 qu’il y complète ses idées, ses listes, ses procédés. En 1938, dans sa première édition du Commonplace Book, Barlow y a inséré ces « notes sur l’écriture de la fiction surnaturelle », c’est pour cela que ce carnet mi-abandonné a été classé dans cette boîte d’archives, la 18. Si toutes ces notes ont déjà été reproduites, elles l’ont été séparément, dans des annexes ou des notes. Alors que pour moi c’était l’évidence : en 1933, dans sa plus haute période de composition, celle des plus grands récits, Lovecraft ouvre un carnet spécifiquement dédié à l’écriture, l’imagination, l’invention. C’est ce carnet que j’ai tenté, en le traduisant et l’annotant, de suivre le plus fidèlement dans sa genèse. Et c’était comme ouvrir un livre disparu, un livre inédit du plus grand explorateur des gouffres sombres de l’imaginaire. - François Bon

 

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Poésie

Les mains de ma mère

Bruno Doucey - 2019

Entre terre, mer et ciel, une remontée aux sources de l’enfance et du poème Il y a une mère qui plie un mouchoir dans l’armoire. Il y a un homme qui déplie ce mouchoir, et le voilà qui remonte la route des souvenirs. Il y a un enfant qui court sur la plage, apprivoise les oiseaux, joue avec les vagues et cueille ses rêves à la pointe des phares. Il est là, entre terre et ciel. Il interroge les nuages. Il écoute chanter le vent. Se souvient de ces hommes rudes qui refusèrent la guerre. Se souvient de ces inconnus qui ne sont pas des étrangers. Respire l’orange. Dépose la buée sur la vitre du jour. Il cherche l’amour, la vie. Alors vient le poème, alors vient l’image. Il y a un père, qui déplie sa main pour y nicher celle de l’enfant. Et nous les regardons s’éloigner : qu’ils longent le rivage ou cheminent dans le champ de blé, les voici ensemble pour toujours.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Un monstre et un chaos

Zulma Éditions - 2019 - 2019

Dans le ghetto de Lodz, Chaïm Rumkowski est comme une autre figure du diable. Lui, l’autoproclamé Roi des Juifs qui prétendait sauver son peuple, a transformé le ghetto en un vaste atelier industriel au service du Reich. Il parade en calèche et costume trois-pièces, en appelle à la « bonne volonté » des familles, et frappe monnaie et timbres à son effigie.
Face à ce pantin des exigences nazies, dans les caves, les greniers, sourdent les imprimeries et les radios clandestines, les photographes détournent la pellicule du service d’identification, les enfants soustraits aux convois hebdomadaires se dérobent derrière les doubles cloisons...
Et parmi eux Alter, un gamin de douze ans, qui dans sa quête obstinée pour la vie refuse de porter l’étoile. Avec la vivacité d’un chat, il se faufile dans les moindres recoins du ghetto, jusqu’aux coulisses du théâtre de marionnettes de Maître Azoï, où il trouve refuge…
Dans Un monstre et un chaos, Hubert Haddad fait resurgir tout un monde anéanti, où la vie du ghetto vibre des refrains yiddish beaux comme un chant de résistance éperdu – un chaos, plein de bruit et de fureur, où perce la lumière. Et c’est un prodige.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Le géographe des brindilles (de J. Lacarrière)

Hozhoni - 2018

Dans ce nouveau et savoureux recueil, l’auteur de L’Eté grec et de Chemin faisant nous emporte par sa qualité d’écriture, son humour, son appétence pour les mots, sa poésie délicate et sa culture singulière. Il nous entraîne dans Une forêt de signes où l’on respire Le parfum des légendes et où l’on écoute avec ravissement La cantate des chemins. L’Ode à mes amis les arbres, L’offertoire des vents ou L’homme qui voulut rencontrer le printemps sont autant d’agréables moments à passer en compagnie de celui qui fut aussi un arpenteur émerveillé des chemins et un attentif écrivain-voyageur nous emmenant avec délectation au pays des arganiers, dans sa Bourgogne ou sa Grèce tant aimée. Féru de botanique et de biologie, l’amoureux des jardins et des "jardineurs" savait errer dans les bois, discourir savamment sur Le privilège de l’abeille, La mémoire des Libellules ou la Sagesse serpentine, esquisser le portrait d’une vache, passer (au microscope !) Un été chez les Infusoires, déceler La mélancolie du géranium, s’inquiéter de La nostalgie de l’anguille ou réclamer Justice pour les Crapauds. La relation de Lacarrière avec la nature est, nous dit Gil Jouanard dans sa belle préface, celle "des nomades du Paléolithique qui habitaient le monde en le nommant"...

 

DERNIER OUVRAGE

 
Théâtre

L’Envol des cigognes

Actes Sud - 2017

Pénélope ô Pénélope, paru en 2009, racontait l’obstination amoureuse d’une femme qui savait attendre. Le Dernier Jour du jeûne, en 2014, racontait l’histoire des femmes qui s’émancipent du diktat des hommes et du religieux. Le troisième et dernier tome de cette trilogie se situe en fait au milieu, il parle, bien plus que de la guerre, du paradis perdu qui s’abîme.

A propos de ce texte, Simon Abkarian explique : "Lorsque la guerre entra chez nous, j’avais treize ans. Il faisait beau. Il faisait chaud. Dans notre quartier, lorsque les armes automatiques crépitèrent, notre mère nous couvrit de ses bras. Ce soir-là, ils me semblèrent immenses. Ce soir-là, le monde bascula dans une dimension où le pire comme le meilleur prirent des allures de mirages. Ce soir-là allait donner au pain et à l’eau leur aspect le plus vital. Les rires, les pleurs, les fêtes, les enterrements, les mariages, tout allait continuer, mais avec au-dessus de nos têtes les bras de nos mères qui allaient nous protéger d’un torrent de feu."

Mise en scène de Simon Abkarian

Avec Simon Abkarian, Ariane Ascaride, Serge Avedikian, Assaâd Bouab, Pauline Caupenne, Marie Fabre, Eric Leconte, Océane Mozas, Clara Noël, Chloé Réjon, Catherine Schaub, Igor Skreblin.

 

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Dictionnaire amoureux du jazz

Plon - 2018

Dès l’âge de seize ans, au moment où je découvrais le Jazz avec le Creole Jazz Band de King Oliver - dont le jeune Louis Armstrong était à vingt ans le deuxième trompette, je n’ai cessé de fureter, d’écouter, ou de découvrir de nouveaux sons, de nouvelles formes de cette musique de Jazz.
Déambuler avec passion dans ce paradis privé est l’un de mes grands bonheurs. Mais la musique est un art mystérieux. Et les codes de certaines formes de Jazz peuvent parfois sembler incompréhensibles, si l’on ne s’arme pas d’une certaine forme de connaissance et de curiosité, qui est je crois le meilleur défaut du monde.
C’est pourquoi j’ai voulu aborder autrement cette musique, la passion de toute ma vie, et faire de ce Dictionnaire Amoureux du Jazz une collection d’histoires, de destins, presque de légendes du Jazz, que je raconte dans cette ouvrage. Des histoires de musiciens (et de musiciennes !), de lieux, d’évènements, de disques qui ont marqué pour moi l’histoire de cette musique.
A l’évidence - c’est le principe même, je crois, de la collection, cette sélection d’une soixantaine de chapitres représente un choix parfaitement subjectif, le mien. C’est en quelque sorte ma petite histoire du Jazz à moi. A la fin de chacune de ces histoires, vous trouverez aussi un mini-guide de conseils variés (à écouter, à lire, à voir…)
Alors venez donc faire un tour avec Charlie Parker ou John Coltrane, soyez les témoins du génie de Louis Armstrong en 1927, ou frottez-vous aux multiples et abrasives dimensions de la musique de Thelonious Monk, l’un des grands pianistes et compositeurs de ce dernier siècle.
Voici quelques unes des pistes que je vous propose, dans ce Dictionnaire Amoureux, d’une musique que j’aime, si violemment, et depuis si longtemps…

 

DERNIER OUVRAGE

 

Belle Merveille

Zulma - 2017

12 janvier 2010, jour fatidique du séisme ravageur. Un survivant ténu – autoproclamé Bernard – rencontre Amore, Napolitaine œuvrant comme bénévole dans une ONG. Le coup de foudre sonne comme un regain. Pour sortir du grand chaos de la ville soliloque et disloquée, et aider Bernard à se délivrer de son effondrement, Amore, belle tigresse de Frangipane, lui propose un voyage à Rome.
À bord d’Ici-Bas Airlines, Bernard décolle, les yeux fermés. Une étrange mappemonde, entre autres belles merveilles – comme on dit l’extraordinaire dans le parler en Haïti –, se dessine dans la pensée de celui qui rêve de retourner au pays en héros…
Belle merveille est un roman flash. Qui nous dit, avec un humour et une causticité débridés, l’amour, le sexe salutaire, la confusion, la folie, et puis l’absurdité de l’aide internationale quand elle tire à elle la couverture des désastres. Écrit dans une langue syncopée, magnifiquement inventive, Belle merveille est un premier roman qui porte si bien son nom.

Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 

L’Emporte-voix

La Passe du vent - 2018

L’Emporte-voix est le premier recueil de poésie de Bruno Doucey publié à La passe du vent.
Des poèmes au fil de l’eau, cherchant à dire que la mise en voix du poème est bien autre chose qu’un entre-deux, mi silencieux mi joué. Un acte poétique en soi, totalement assumé. Un partage de l’émotion.
« Chaque semaine, du 1er janvier au 1er juillet 2017, j’ai écrit un poème pour Mots Dits Mots lus. Poème consacré à la question de la lecture à haute voix, du partage, de la transmission, du rapport aux autres. Je n’ai pas cherché à jouer aux doctes ou à théoriser mes propres pratiques de lecture. » Bruno Doucey
Le recueil est suivi d’une conversation inédite avec l’auteur.
Écrire Lire
deux solitudes
deux silences
Mais voici qu’une voix murmure à mon oreille
voici qu’un sens
un rythme
une parole vive
font ce que fait la mer au fond d’un coquillage
Mots dits
Mots lus
nous ne sommes plus seuls
Un fil d’or relie nos vies
comme les étoiles d’une constellation
Un enregistrement de certains de ces textes en studio, quelques lectures publiques, une émission de radio ont permis de donner un timbre, une voix, du grain à cette expérience poétique. Certains poèmes de L’Emporte-voix ont fait l’objet d’une publication antérieure.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Les roses blanches

Phébus - 2016

Pour raconter une vie bien remplie mais ratée, il en faut de l’humour. Surtout quand il s’agit d’un être proche.
 
Gil Jouanard relate l’épopée picaresque et pathétique de Juliette, née dans le Gévaudan du début du xxe siècle, l’un des endroits les plus reculés de la galaxie européenne. Ou comment une quasi-esclave, bergère à huit ans, s’invita une décennie plus tard à la fête du Front Populaire. Puis, au fil des mariages, à l’idyllique Far East Américain et à l’Allemagne profonde de l’après-guerre. Car la rage de vivre de Juliette lui ouvrit toutes les portes, sauf la seule qui sauve, celle qui mène à soi-même.
 
Dans les circonvolutions de sa plume, le poète Gil Jouanard cache un sourire qui ressemble à de l’amour et à de la sagesse. Il donne une portée universelle à son deuxième « roman vrai » : une fresque hilarante à force de bagout, au vibrato pourtant déchirant, en hommage à tous les sans-culture.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

L’Ardeur – ABC poétique du vivre plus

Bruno Doutey - 2018

A comme Allumette, B comme Brûlure, C comme Colibri, R comme Rage, S comme Soleil, W comme Watt… En 2018, c’est sous la forme d’un abécédaire que se décline l’anthologie du 20ème Printemps des Poètes consacrée au thème de l’ardeur. D’où viennent-ils, les 90 poètes que mon ami Thierry Renard et moi-même avons convoqués pour une fête de la vitalité créatrice ? De tous les territoires où la vie fait entendre son chant avec entrain, avec fougue, élan, désir, conviction, résistance. De ces lieux où la passion se fait brûlure. Où l’on aime à en perdre la raison. Où l’on parcourt le monde avec une vigueur contagieuse. Qu’on ne s’étonne pas de voir la majeure partie de ces poètes appartenir au domaine contemporain : c’est d’une énergie bien trempée dont nous avons aujourd’hui besoin. Pour vivre mieux et vivre plus. Pour tenir dans la tempête. Pour rester en éveil. Écoutez-le : ce cœur qui bat au cœur du monde, c’est le nôtre.
Parmi lesquels : Capitaine Alexandre, Maram al-Masri, Samantha Barendson, Claude Ber, Zéno Bianu, Alain Borer, Katia Bouchoueva, Marion Collé, Jacques Darras, Flora Devatine, Ananda Devi, Nassuf Djailani, Hélène Dorion, Patrick Dubost, Vénus Khoury‑Ghata, Aurélia Lassaque, Jean-Pierre Lemaire, Yvon Le Men, Emmanuel Merle, Rita Mestokosho, Laure Morali, Nimrod, Pasolini, Anthony Phelps, Marc Porcu, Seghers, Jean-Pierre Siméon, Frédéric Jacques Temple, André Velter, Paul Wamo…

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Une boîte de nuit à Calcutta

Robert Laffont - 2019

Après la parution de son premier livre, Les Immortelles, Makenzy Orcel confirme ici la magie d’une écriture violente et généreuse. Nicolas Idier, au rythme de ses écrits et de ses nombreux voyages, poursuit sa quête d’une autre vision de la littérature. La rencontre de ces deux auteurs reconnus bien au-delà des limites hexagonales témoigne d’une sagesse nouvelle, où la beauté et l’amour triomphent du doute et de la peur.
Makenzy Orcel et Nicolas Idier se sont rencontrés à Pékin en 2012, revus à Paris et, après plusieurs années, se retrouvent à Calcutta. Ils ont mille choses à se raconter : l’amour de leurs mères, la naissance de leurs enfants, leurs projets d’écriture, la révolte contre toutes les injustices, les grandes amitiés qui leur donnent le courage d’écrire. L’un vit entre Port-au-Prince et Paris, l’autre entre Pékin et Delhi, mais ce soir-là, ils sont assis au comptoir d’une boîte de nuit. La musique est si forte qu’elle emporte leurs paroles. C’est alors que l’un se penche vers l’autre et lui propose l’idée d’écrire un livre à deux. Voilà comment est né ce livre qui réunit deux voix de la littérature française et haïtienne. La sincérité absolue et incarnée de leur dialogue est une preuve de confiance et de fraternité comme on en trouve peu dans la littérature contemporaine.
Oscillant entre le roman, la poésie, l’essai, la confidence, sans aucun respect des catégories, Une boîte de nuit à Calcutta traverse toutes les frontières pour atteindre à l’universel.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Roman graphique

La Vallée des Iris

Éditions Dialogues - 2018

Les chemins des iris est le récit d’une équipée de l’auteur et de l’illustrateur de ce livre, sac au dos, dans le Haut-Atlas marocain au printemps. Nono y donne libre cours à son activité de carnettiste, tandis que les textes d’Alexis Gloaguen, poète du paysage, dans leurs formes brèves, sont toujours attentifs au détail révélateur.

Depuis plus de quinze ans, Nono est un habitué du Haut-Atlas. Les impressions de voyage qui conduisit les deux marcheurs, complices, amis, des vallées chauffées à blanc aux cols de grande altitude encore pris dans la neige et les restes de l’hiver, sont dans la tradition des récits de voyage de la littérature française. Textes et dessins furent composés à mesure, augmentés de croquis complémentaires de Nono, choisis dans ses carnets précédents.

De l’aridité des pentes caillouteuses aux zones irriguées et cultivées en terrasses – céréales en herbe, vergers en fleurs et iris omniprésents – on suit l’itinéraire de deux Bretons chez les Berbères.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Make pa

(Editions Ruptures, 2016) - 2016

« Make pa » est un recueil de poèmes en créole de 138 pages de Coutechève Lavoie Aupont. Il est publié aux Éditions Ruptures cette année dans la collection l’Enraciné. Ce recueil comme première parution du poète dans la langue de Frankétienne est préfacé par l’écrivain Jean Emmanuel Jacquet et est composé de trois poèmes-fleuves, « Nan depale », « San blese » et « Pwomès ».

Dans le premier poème, Coutechève Lavoie Aupont semble converser avec une femme. Ce qui fait dire qu’il s’agit ici d’un dialogue. Mais paradoxalement, il est à la fois locuteur et interlocuteur, c’est-à-dire que c’est surtout un monologue. Un monologue-dialogue ou l’inverse. Il raconte à cette femme les lieux symboliques de Port-au-Prince dans leur éclat, mais surtout dans leur cruauté. Leurs contes à eux et également ce dont on ignore : Ri Lantèman, Granri, Pòtay Lawogan, Madan kolo, Channmas, Katedral et Pòtay Sen Jozèf, sont de ces lieux qui hantent l’imaginaire du poète errant et baladeur. Coutechève Lavoie Aupont retrace la carte de la ville, non pas avec des instruments géométriques, mais avec des mots. Combien parmi eux savent que les mots servent parfois à tracer de lignes de vie ! Coutechève Lavoie Aupont est un poète maudit, puisqu’il insulte Dieu dans sa bonté et son infinitude.


Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

La Rose de Saragosse

Actes Sud - 2018

La rose de Saragosse s’ouvre sur un crime et se clôt sur une envolée. C’est un roman d’élans rapides et de gestes vifs, une histoire en mouvements qui raconte la rébellion au cœur de l’Inquisition espagnole - et au cœur de cette rébellion, une rivalité artistique qui ne dit pas son nom. L’élaboration d’un langage. Une danse de séduction codée. Le timide frôlement de deux solitudes sauvages. Et comme toujours avec Jérusalmy, la conquête de la liberté.
Saragosse, 1485. Tandis que Torquemada tente d’asseoir sa terreur, un homme aux manières frustes pénètre le milieu des conversos qui bruisse l’urgence de fuir. Plus encore que l’argent qui lui brûle les doigts, cette brute aux ongles sales et aux appétits de brigand aime les images et les visages.
Il s’appelle Angel de la Cruz, il marche vite et ses trajectoires sont faites d’embardées brutales. Où qu’il aille, un effrayant chien errant le suit. Il est un familier : un indic à la solde du plus offrant, une sorte d’espion, de balance professionnelle. Mais un artiste, aussi.
La toute jeune Léa est la fille du nobre Ménassé de Montessa, riche seigneur converti. Orpheline de mère, élevée dans l’amour du beau, des livres et de l’art, elle est le raffinement et l’espièglerie. L’esprit d’indépendance.
Dans la nuit que l’Inquisition fait tomber sur l’Espagne, Raphaël Jerusalmy déploie le ténébreux ballet qui s’improvise et se joue entre ces deux-là, dans un décor à double-fond, au cœur d’une humanité en émoi où chacun joue sa peau, où chacun porte un secret.

Alliant le souffle de La confrérie des chasseurs de livres et l’acuité de Sauver Mozart, le nouveau roman de Raphaël Jerusalmy exalte la puissance d’évocation et l’économie de moyens d’un langage unique, un art de l’esquisse : la gravure. La rose de Saragosse est un roman vif et dense, où le mystère, la séduction et l’aventure exaltent la conquête de la liberté.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

D’un univers funambule

Gallimard - 2017

Avec ce nouveau recueil, D’un univers funambule, Zéno Bianu présente sans doute son livre le plus accompli, en ce sens qu’il orchestre avec une stupéfiante maîtrise et une véritable harmonie l’ensemble de toutes ses « voix ». Il est actuellement le seul qui puisse passer ainsi par tant de portes à la fois sans qu’il y ait dispersion ni dissonance. Rare prodige, en effet, que celui d’un poète qui, dans un même livre, convoque l’héritage du Grand Jeu, le jazz, le rock, l’Orient, voire les dernières découvertes de l’astrophysique ! Car cet univers funambule, accueillant à la lumière, au vertige et à l’amour, ne tient pas qu’à un fil. Il explore un espace aimanté par-delà le chaos des temps. Il se veut le grand continuum des éclats d’éternité qui échappent aux tisseuses de néant. Il entend faire vibrer encore et toujours la haute note insubmersible de la vie.

 

DERNIER OUVRAGE

 

Zagros, fils de Chronos

Bleu Autour - 2018

Zagros, enfant kurde, voit sa ville assaillie par les forces du mal et se trouve jeté sur les chemins de l’exil avec sa famille de tisserands de kilims. Les voici bientôt ballotés par les mers où les enfants perdent le sillage des parents. Zagros grandira trop vite au fil de son périple entre le golfe Persique et l’Atlantique. Il croise les noirs desseins du capitaine Achab de Moby Dick. Le Prince Dakkar cher à Jules Verne le mène sur l’île d’Elysion où échouent les petits naufragés d’aujourd’hui. Et le gardien de l’île, Chronos, l’enserre dans sa tenaille… Le tragique de l’exil est de tous les temps, nous dit ce roman fantastique et moderne, mythologique et littéraire, où apparaissent encore le paon sacré des Yézidis et les yeux profonds comme les mers des étonnants voyageurs de Baudelaire…

Traduit du Turc par Jean Lescat

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Nuit témoin

Isabelle Sauvage - 2016

« tout tourne / le corps comme un tourbillon du réel / l’encrier dégoulinant dans la nuit témoin » – « écrire vient et interroge / les racines du chaos / un râle dans la gorge »… Nuit témoin pourrait s’ouvrir sur l’un ou l’autre de ces vers pris au fil des pages tant ils résument le « propos » de ce long poème comme haletant.
Une rupture amoureuse, une fuite suggérée, et la solitude à affronter dans le huis clos d’une chambre, l’hiver, la nuit. Reste alors « la lampe de bureau / sa couronne de clarté / les brouillons sous la main / ni rêve ni conscience / juste enregistrer des couloirs de stupéfaction », s’impose d’« écarquiller les yeux sur l’obscur » – de « crire », seule la nuit pour témoin. Dans l’urgence (« cavaler », « courir » et ses dérivés reviennent souvent), poser le désir sur la table. Et résister à la douleur, et vivre encore, s’« accrocher à la délivrance ». C’est qu’il y a, aussi, les enfants, « derrière la cloison / deux petites têtes qui dorment », il y a « en travers de ma table / des quantités de feutres / des colliers de perles / coloriages jacinthes et caprices ».
Seule l’écriture, pour Laurine Rousselet, plongée « dans le ventre de la langue souveraine », peut empoigner la douleur au plus intime du corps. Peut convoquer – et affronter – la mémoire, remonter « au loin » des corps désormais désunis, du désir passé et présent dans l’absence déchirante – son corps brûlant de désir, toujours. Seul « crire », au bout du compte, est à même de transformer la nuit témoin en « nuit charnière ».


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

En Quête d’un Visage

Bruno Doucey - 2017

Le mot de l’éditeur : Une femme attend un homme depuis longtemps… Et cet homme, parti au loin, espère que la femme ne l’oubliera pas… Histoire banale et universelle des amants séparés par le destin ? Oui et non, car l’histoire de cet homme est chantée depuis la nuit des temps, puisqu’il s’appelle Ulysse. Et voilà qu’Aurélia Lassaque nous entraîne derrière son Ulysse, l’homme qui dialogue avec « Elle », amoureuse qui n’a pas de nom. Dans ces longs chants poétiques entrelacés, composés en deux langues, l’occitan et le français, l’auteure donne vie à deux personnages qui peuplent son imaginaire depuis toujours. Et surgit l’évidence première de la poésie : l’amour tire sa force de la mort qui suspend le dialogue des amants ; le temps enlise nos saisons mais nos joies sont tenaces et tiennent tête au néant. Pour nous qui aimons la Grèce, ce livre est un cadeau de la vie.

Extrait :

« il n’est pas de territoire plus vaste
que celui de ma mémoire
j’ai creusé ses montagnes, vidé ses rivières
retourné les pierres de toutes ses murailles
en attendant le retour de mon amant barbare

cet homme qui rassemble vos voix
endure vos délires
et porte tous les masques

cet homme que vous appelez Ulysse »

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Au pays de Tristan Corbière

Diabase - 2017

« Il sourit au soleil. Il a vingt-cinq ans. Il sait qu’il lui reste très peu de temps à vivre. Il offre les paumes de ses mains à la brûlure du soleil. Il songe à ses vers écrits à l’aube dans la salle de la maison de Roscoff… »

Du cliquetis des bateaux aux éperons rocheux, du trafic du port aux parfums du large, Catherine Urien entrelace l’éternel du paysage aux sentiments et aux écrits. Elle fait surgir de la terre de Bretagne le poète cinglant et moqueur des Amours Jaunes, Tristan Corbière, au vif de son présent. Les amitiés, l’averse de l’amour, la pulsion créatrice, se mêlent dans l’urgence de vivre.

« Ma Patrie… elle est par le monde ; / Et, puisque la planète est ronde, / Je ne crains pas d’en voir le bout… / Ma Patrie est où je la plante : / Terre ou mer, elle est sous la plante / De mes pieds - quand je suis debout. »