Haïti Plurielle

Avec Louis-Philippe Dalembert, Guy-Junior Régis, Makenzy Orcel, Coutechève Lavoie Aupont

19 juin 2017.
 

Avec Louis-Philippe Dalembert, Guy-Junior Régis, Makenzy Orcel, Coutechève Lavoie Aupont

Animé par Yves Chemla

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Mur méditérranée

Sabine Wespieser - 2019

À Sabratha, sur la côte libyenne, les surveillants font irruption dans l’entrepôt des femmes. Parmi celles qu’ils rudoient, Chochana, une Nigériane, et Semhar, une Érythréenne. Les deux se sont rencontrées là après des mois d’errance sur les routes du continent. Depuis qu’elles ont quitté leur terre natale, elles travaillent à réunir la somme qui pourra satisfaire l’avidité des passeurs. Ce soir, elles embarquent enfin pour la traversée.
Un peu plus tôt, à Tripoli, des familles syriennes, habillées avec élégance, se sont installées dans des minibus climatisés. Quatre semaines déjà que Dima, son mari et leurs deux fillettes attendaient d’appareiller pour Lampedusa. Ce 16 juillet 2014, c’est le grand départ.
Ces femmes aux trajectoires si différentes – Dima la bourgeoise voyage sur le pont, Chochana et Semhar dans la cale – ont toutes trois franchi le point de non-retour et se retrouvent à bord du chalutier unies dans le même espoir d’une nouvelle vie en Europe.
Dans son village de la communauté juive ibo, Chochana se rêvait avocate avant que la sécheresse ne la contraigne à l’exode ; enrôlée, comme tous les jeunes Érythréens, pour un service national dont la durée dépend du bon vouloir du dictateur, Semhar a déserté ; quant à Dima, terrée dans les caves de sa ville d’Alep en guerre, elle a vite compris que la douceur et l’aisance de son existence passée étaient perdues à jamais.
Sur le rafiot de fortune, l’énergie et le tempérament des trois protagonistes – que l’écrivain campe avec humour et une manifeste empathie – leur seront un indispensable viatique au cours d’une navigation apocalyptique.
S’inspirant de la tragédie d’un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l’été 2014, Louis-Philippe Dalembert, à travers trois magnifiques portraits de femmes, nous confronte de manière frappante à l’humaine condition, dans une ample fresque de la migration et de l’exil.


Revue de presse

« L’écrivain haïtien décrit avec réalisme les trajectoires de femmes candidates à une vie meilleure en Europe. » La Croix

« S’inspirant de la tragédie d’un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l’été 2014, Louis-Philippe Dalembert, à travers trois magnifiques portraits de femmes, nous confronte de manière frappante à l’humaine condition, dans une ample fresque de la migration et de l’exil. » France Culture

« Dans son livre magistral, Louis-Philippe Dalembert raconte de manière poignante le drame des migrants qui se noient en Méditerranée. » Le Point

 

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Romans

Les cinq fois où j’ai vu mon père

Gallimard - 2020

Abandonné par son père, comme beaucoup d’enfants haïtiens, Guy Régis Jr grandit auprès de sa mère dans des conditions difficiles et ne rencontrera son père, de façon fugace, que cinq fois dans sa vie. La première rencontre est aussi son premier souvenir.L’enfant est assis, entouré par la nature exubérante d’Haïti. Soudain s’approche une ombre qui masque le soleil. C’est un homme grand et mince qui le prend et le soulève vers le ciel. Il a une tête d’oiseau. Cet homme, qui lui dit être son père, lui propose un jeu : « Tu sais jouer aux ombres ? – C’est quoi jouer aux ombres ? – Tu fermes les yeux, je disparais. »Quand l’enfant ouvre les yeux, l’homme a disparu. Il s’est envolé comme un véritable oiseau.C’est le début d’une quête sans fin. Cette première rencontre, cette découverte du père n’aurait pu être qu’une fêlure dans l’équilibre des choses, un souvenir relégué à jamais dans un coin de sa mémoire. Mais, quelques mois plus tard, par une journée torrentielle, le père apparaît à nouveau. Les années passent et l’image de cet homme le hante. Ce n’est plus un oiseau : il est grand, maigre, a de longues moustaches luisantes. L’enfant croit l’apercevoir au marché, parmi les paysans. Il se présente le jour de sa première communion pour participer à la fête, puis repart.Un jour, à la saison des mangues, sous un soleil brûlant, il le voit réapparaître. L’enfant ne peut dire un mot, son père lui déclare son amour et s’en va, l’air triste. C’est un adieu. Quelques jours plus tard, il l’aperçoit embarquant sur un navire, exil vers une destination inconnue. Avec une imagination forte et un style chamarré, Guy Régis Jr tente d’évoquer l’image d’un père absent et d’apporter une réponse à un besoin fondamental : faire la lumière sur sa propre histoire. Il retrouve, dans un style résurrectif, les scènes et les personnages qui ont marqué son enfance.

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Revue de presse :

 

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Romans

Une boîte de nuit à Calcutta

Robert Laffont - 2019

Après la parution de son premier livre, Les Immortelles, Makenzy Orcel confirme ici la magie d’une écriture violente et généreuse. Nicolas Idier, au rythme de ses écrits et de ses nombreux voyages, poursuit sa quête d’une autre vision de la littérature. La rencontre de ces deux auteurs reconnus bien au-delà des limites hexagonales témoigne d’une sagesse nouvelle, où la beauté et l’amour triomphent du doute et de la peur.
Makenzy Orcel et Nicolas Idier se sont rencontrés à Pékin en 2012, revus à Paris et, après plusieurs années, se retrouvent à Calcutta. Ils ont mille choses à se raconter : l’amour de leurs mères, la naissance de leurs enfants, leurs projets d’écriture, la révolte contre toutes les injustices, les grandes amitiés qui leur donnent le courage d’écrire. L’un vit entre Port-au-Prince et Paris, l’autre entre Pékin et Delhi, mais ce soir-là, ils sont assis au comptoir d’une boîte de nuit. La musique est si forte qu’elle emporte leurs paroles. C’est alors que l’un se penche vers l’autre et lui propose l’idée d’écrire un livre à deux. Voilà comment est né ce livre qui réunit deux voix de la littérature française et haïtienne. La sincérité absolue et incarnée de leur dialogue est une preuve de confiance et de fraternité comme on en trouve peu dans la littérature contemporaine.
Oscillant entre le roman, la poésie, l’essai, la confidence, sans aucun respect des catégories, Une boîte de nuit à Calcutta traverse toutes les frontières pour atteindre à l’universel.

 

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Poésie

Make pa

(Editions Ruptures, 2016) - 2016

« Make pa » est un recueil de poèmes en créole de 138 pages de Coutechève Lavoie Aupont. Il est publié aux Éditions Ruptures cette année dans la collection l’Enraciné. Ce recueil comme première parution du poète dans la langue de Frankétienne est préfacé par l’écrivain Jean Emmanuel Jacquet et est composé de trois poèmes-fleuves, « Nan depale », « San blese » et « Pwomès ».

Dans le premier poème, Coutechève Lavoie Aupont semble converser avec une femme. Ce qui fait dire qu’il s’agit ici d’un dialogue. Mais paradoxalement, il est à la fois locuteur et interlocuteur, c’est-à-dire que c’est surtout un monologue. Un monologue-dialogue ou l’inverse. Il raconte à cette femme les lieux symboliques de Port-au-Prince dans leur éclat, mais surtout dans leur cruauté. Leurs contes à eux et également ce dont on ignore : Ri Lantèman, Granri, Pòtay Lawogan, Madan kolo, Channmas, Katedral et Pòtay Sen Jozèf, sont de ces lieux qui hantent l’imaginaire du poète errant et baladeur. Coutechève Lavoie Aupont retrace la carte de la ville, non pas avec des instruments géométriques, mais avec des mots. Combien parmi eux savent que les mots servent parfois à tracer de lignes de vie ! Coutechève Lavoie Aupont est un poète maudit, puisqu’il insulte Dieu dans sa bonté et son infinitude.


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