Écrire pour inventer sa langue

Avec Guy Junior Régis, Coutechève Lavoie Aupont, Emmanuelle Colas, Ananda Devi

20 juin 2017.
 

Avec Guy Junior Régis, Coutechève Lavoie Aupont, Emmanuelle Colas, Ananda Devi
Animé par Eduardo Castillo

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Fardo

Cambourakis - 2020

Deuxième texte publié en coédition avec le musée des Confluences (à Lyon). Ananda Devi a été interpellée par une momie de femme péruvienne. Elle imagine la trajectoire de cette femme qui a beau avoir vécu à l’autre bout du monde il y a des siècles, elle lui semble extrêmement proche. À partir de cet "objet" troublant et terriblement humain, elle réfléchit à sa propre vie, aux impasses qu’elle peut rencontrer dans son écriture, à la condition des femmes en général et au pouvoir de l’art. Un texte bouleversant.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Les cinq fois où j’ai vu mon père

Gallimard - 2020

Abandonné par son père, comme beaucoup d’enfants haïtiens, Guy Régis Jr grandit auprès de sa mère dans des conditions difficiles et ne rencontrera son père, de façon fugace, que cinq fois dans sa vie. La première rencontre est aussi son premier souvenir.L’enfant est assis, entouré par la nature exubérante d’Haïti. Soudain s’approche une ombre qui masque le soleil. C’est un homme grand et mince qui le prend et le soulève vers le ciel. Il a une tête d’oiseau. Cet homme, qui lui dit être son père, lui propose un jeu : « Tu sais jouer aux ombres ? – C’est quoi jouer aux ombres ? – Tu fermes les yeux, je disparais. »Quand l’enfant ouvre les yeux, l’homme a disparu. Il s’est envolé comme un véritable oiseau.C’est le début d’une quête sans fin. Cette première rencontre, cette découverte du père n’aurait pu être qu’une fêlure dans l’équilibre des choses, un souvenir relégué à jamais dans un coin de sa mémoire. Mais, quelques mois plus tard, par une journée torrentielle, le père apparaît à nouveau. Les années passent et l’image de cet homme le hante. Ce n’est plus un oiseau : il est grand, maigre, a de longues moustaches luisantes. L’enfant croit l’apercevoir au marché, parmi les paysans. Il se présente le jour de sa première communion pour participer à la fête, puis repart.Un jour, à la saison des mangues, sous un soleil brûlant, il le voit réapparaître. L’enfant ne peut dire un mot, son père lui déclare son amour et s’en va, l’air triste. C’est un adieu. Quelques jours plus tard, il l’aperçoit embarquant sur un navire, exil vers une destination inconnue. Avec une imagination forte et un style chamarré, Guy Régis Jr tente d’évoquer l’image d’un père absent et d’apporter une réponse à un besoin fondamental : faire la lumière sur sa propre histoire. Il retrouve, dans un style résurrectif, les scènes et les personnages qui ont marqué son enfance.

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Make pa

(Editions Ruptures, 2016) - 2016

« Make pa » est un recueil de poèmes en créole de 138 pages de Coutechève Lavoie Aupont. Il est publié aux Éditions Ruptures cette année dans la collection l’Enraciné. Ce recueil comme première parution du poète dans la langue de Frankétienne est préfacé par l’écrivain Jean Emmanuel Jacquet et est composé de trois poèmes-fleuves, « Nan depale », « San blese » et « Pwomès ».

Dans le premier poème, Coutechève Lavoie Aupont semble converser avec une femme. Ce qui fait dire qu’il s’agit ici d’un dialogue. Mais paradoxalement, il est à la fois locuteur et interlocuteur, c’est-à-dire que c’est surtout un monologue. Un monologue-dialogue ou l’inverse. Il raconte à cette femme les lieux symboliques de Port-au-Prince dans leur éclat, mais surtout dans leur cruauté. Leurs contes à eux et également ce dont on ignore : Ri Lantèman, Granri, Pòtay Lawogan, Madan kolo, Channmas, Katedral et Pòtay Sen Jozèf, sont de ces lieux qui hantent l’imaginaire du poète errant et baladeur. Coutechève Lavoie Aupont retrace la carte de la ville, non pas avec des instruments géométriques, mais avec des mots. Combien parmi eux savent que les mots servent parfois à tracer de lignes de vie ! Coutechève Lavoie Aupont est un poète maudit, puisqu’il insulte Dieu dans sa bonté et son infinitude.


Revue de presse :