Orient-occident, le rêve impossible ?

Avec Jean-Pierre Perrin, Tahar Ben Jelloun, Hakan Günday, Olivier Weber

20 juin 2017.
 

AvecJean-Pierre Perrin, Tahar Ben Jelloun, Hakan Günday, Olivier Weber
Animé par Yann Nicol

Cette union, ce dialogue, furent le rêve eurasien d’Alexandre le Grand. Comment se peut-il que ce territoire coïncide avec, aujourd’hui, la zone d’extension du djihadisme ? s’interroge Jean-Pierre Perrin dans un essai-récit de voyage, prix Kessel de cette année (Le Djihad contre le rêve d’Alexandre, Le Seuil), Tahar Ben Jelloun, tenant résolu d’un Islam des Lumières est comme un pont exemplaire entre les deux continents, et a multiplié les ouvrages sur ce thème, Olivier Weber, grand reporter, a arpenté cet espace en tout sens, fait de ce face à face la matière de plusieurs de ses livres, et dans son dernier roman, Hakan Gunday, le nouveau grand des lettres turques, a pour personnage central, qui prend une dimension symbolique sur le rapport Orient-Occident, un jeune passeur turc tout à la fois tortionnaire et victime (Encore, Galaade). Un rêve véritablement impossible ? Ou bien impose-t-il, aussi, une interrogation de l’Occident sur lui-même ?

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais
Récit

Si je t’oublie Kurdistan

L’Aube - 2020

Défenseur de la cause kurde depuis longtemps, Olivier Weber s’est à nouveau rendu sur le terrain à la rencontre de ces militants de la liberté et des peshmergas, « les combattants de la mort ». En Syrie et en Irak, il a vu des partisanes et des parti sans prompts à se battre encore, dans l’attente de l’aide internationale ou de volontaires comme lors de la guerre d’Espagne. Désireux de bâtir un Moyen-Orient en paix. Impatients de reconstruire la mémoire de la Mésopotamie. Fiers de montrer leur expérience démocratique avec le respect des minorités, l’égalité entre les femmes et les hommes, un modèle de société qui représente un véritable laboratoire des droits de l’Homme au Moyen-Orient.
L’Occident va-t-il achever de leur faire croire en leur proverbe, selon lequel ils n’ont « pour amis que les montagnes », ou va-t-il enfin se montrer à la hauteur ?

Olivier Weber est écrivain, ancien reporter de guerre. Ses romans et essais ont remporté plusieurs prix, notamment le prix Joseph-Kessel, le prix du Livre européen et méditerranéen, le prix de l’Aventure et le prix des Romancières.

 

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Romans

Le mariage de plaisir

- 2016

Dans l’islam, il est permis à un homme qui part en voyage de contracter un mariage à durée déterminée pour ne pas être tenté de fréquenter les prostituées. On le nomme « mariage de plaisir ».

C’est dans ces conditions qu’Amir, un commerçant prospère de Fès, épouse temporairement Nabou, une Peule de Dakar, où il vient s’approvisionner chaque année en marchandises. Mais voilà qu’Amir se découvre amoureux de Nabou et lui propose de la ramener à Fès avec lui. Nabou accepte, devient sa seconde épouse et donne bientôt naissance à des jumeaux. L’un blanc, l’autre noir. Elle doit affronter dès lors la terrible jalousie de la première épouse blanche et le racisme quotidien.

Quelques décennies après, les jumeaux, devenus adultes, ont suivi des chemins très différents. Le Blanc est parfaitement intégré. Le Noir vit beaucoup moins bien sa condition et ne parvient pas à offrir à son fils Salim un meilleur horizon. Salim sera bientôt, à son tour, victime de sa couleur de peau.

 

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Essais

Iran, la prière des poètes

Nevicata - 2017

L’Iran est un jardin que les mots font fleurir. Sous les coupoles des mosquées d’Ispahan et des mausolées de Chirâz, une somme de fascinantes contradictions persanes est à l’œuvre.

Les Iraniens aiment les sciences et sont superstitieux. Ils sont mystiques et amoureux des plaisirs plus terrestres. L’Iran des poètes est celui du pardon. Mais l’Iran des juges islamiques condamne à mort le plus grand nombre de mineurs au monde. Les omniprésents mollahs y sont sans cesse moqués, affublés de sobriquets ridicules, maudits, voire insultés. Mais peu d’Iraniens voudraient qu’ils disparaissent de leur paysage.

Ce petit livre n’est pas un guide. C’est un décodeur. L’Iran est un poème persan dont ces pages vous aident à saisir les dérangeantes ambiguïtés. Il dit l’âme d’un pays qui, de tout temps, a figuré au panthéon des voyageurs. Il explique le mystère et les secrets d’un grand peuple. Parce qu’en Iran, comprendre n’est qu’une étape sur le sinueux chemin des sentiments.

Un grand récit suivi d’entretiens avec Clément Therme (Comment les mollahs ont fabriqué l’homo islamicus) et Leili Anvar (Le mythe de la Taverne).

 

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Romans

Malafa

Galaade - 2016

Antalya, située au sud de la Turquie, est la destination touristique bon marché par excellence. A des prix si alléchants, vous, le touriste, devrez faire le tour de tous les magasins, un par un, qu’il s’agisse de cuirs, de tapis ou de bijoux. Vous voici arrivé devant le Grand Bazar, immense magasin et pôle d’attraction de toute la ville. Son nom : Topaze. Vous serez forcé d’y entrer, et vous vous dirigerez vers ce qu’il y a de moins coûteux. Evidemment ! Mais vous vous heurterez alors à Kozan. Kozan est là pour vous convaincre d’acheter les plus beaux bijoux du monde ! Il vendrait n’importe quoi, Kozan, du moment qu’il vend. Il a même son argot, Kozan, pour mieux vous faire oublier le monde extérieur. Topaze, c’est un monde à part, une langue à part, et quand on entre chez Topaze, quand on parle à Kozan, le monde entier s’évanouit. Chez Topaze, on est ailleurs, terre de rêves et de mensonges, bling-bling et arnaques assurés. Hakan Günday, l’auteur d’Encore, Prix Médicis étranger 2015, choisit avec Malafa d’explorer d’un tout autre point de vue les relations entre Orient et Occident, n’hésitant pas à comparer tourisme et diplomatie et offrant au lecteur une critique sociale et économique drôle, acerbe et sans concession du tourisme de masse en Turquie.