Dimanche dès 14h, Grande Passerelle 2

Après-midi : Woodstock

19 mai 2018.

Un après-midi dimanche dès 14h, Grande Passerelle 2

 

14h : Ce que nous disent les sixties

D’abord une rencontre. Mai 68, à Prague, la foule libérée, et les chars. Et puis, à tous les obsédés de l’embrigadement obligatoire dans l’armée de la Révolution, les images de Woodstock en 1969, cette foule immense, là aussi, qui nous dit tant de choses. De la puissance de la musique à créer de l’être ensemble, et de l’être ensemble lui-même : les pas cadencés des militants de la révolution, encore ? Non : le réveil de cette dimension poétique de l’être humain qui fait que chacun se sent plus grand que lui, l’affirmation d’un vouloir vivre. Une utopie, une illusion vite évanouie ? Mais dans ce cas, pourquoi en parlons-nous encore ?
Avec Frédéric Joignot, Éric Sarner, Gérard de Cortanze et Patrice Blanc-Francard.

15 h 15 : Un film, We blew it

Comment l’Amérique est-elle passée d’Easy Rider à Donald Trump ? Que sont devenus les rêves et les utopies des années  1960 et  1970 ? Qu’en pensent, aujourd’hui, ceux qui ont vécu cet âge d’or ? Ont-ils vraiment tout foutu en l’air ? Ce road-movie mélancolique et élégiaque dresse le portrait d’une Amérique déboussolée, complexe, et chauffée à blanc par une année de campagne électorale. Un film de Jean-Baptiste Thoret.

17 h 45 : Amérique : avons-nous tout raté ?

Trois auteurs américains pour y répondre :

Matthew Neill Null signe Le Miel du lion (Albin Michel), un premier livre saisissant qui nous transporte avec les bûcherons de Virginie au cœur du Gilded Age américain, un roman noir aux allures de tragédie sociale. Une des voix les plus prometteuses du paysage littéraire américain.

Kevin Canty, dans la tradition naturaliste, dresse le portrait d’une Amérique désespérée et rongée par l’alcool, à travers les survivants d’une ville minière touchée par un drame (De l’autre côté des montagnes, Albin Michel).

Et Armistead Maupin : ses Chroniques de San Francisco, portrait poignant et tendre de la ville sur plusieurs décennies ont connu un succès planétaire. Mon autre famille (L’Olivier) retrace son parcours, entre sa famille biologique, ségrégationniste et conservatrice, et sa «  famille logique  », affective, celle d’une Californie tolérante et la transformation d’un jeune républicain en figure de proue du militantisme LGBT+.
Retrouvez-le aussi au Café littéraire, sam. 14 h 15.

 

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Romans

De l’autre côté des montagnes

Albin Michel - 2018

Idaho, début des années 1970. À Silverton, petite bourgade paisible où vit une communauté soudée, la majeure partie des emplois provient de la mine de charbon. La vie y suit son cours, jusqu’au jour où un terrible incendie se déclare dans la mine et fait de nombreuses victimes. Tous les habitants ou presque perdent un être cher dans cette tragédie ; une onde de choc et de chagrin saisit toutes les familles.
À la manière de Russel Banks dans De beaux lendemains, Kevin Canty, en décrivant le destin de plusieurs personnages - dont Jordan, une jeune veuve mère de jumeaux, et David, un étudiant qui cherche à repartir de zéro en s’installant dans une autre ville - ; parvient à saisir la force intérieure des hommes et des femmes quand il s’agit de faire face au drame et à l’inacceptable.
Inspiré de faits réels, De l’autre côté des montagnes nous entraîne dans le passé de ces petites ville où les habitants n’ont comme seule échappatoire à la dureté de leur existence que les soirées à boire entre copains. Mais à travers le parcours et le chagrin des personnages qui peuplent cette histoire, celle-ci acquiert une véritable dimension universelle.

Roman traduit de l’anglais (États-Unis) par Anne Damour.


Revue de presse

 

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Récit

Rock my soul

Calmann-Lévy - 2022

Patrice Blanc-Francard nous conte la folle épopée de la Soul.

C’est l’histoire d’une musique, née dans les communautés d’esclaves noirs, forgée dans la souffrance, et qui devint universelle. Une musique qui continue encore aujourd’hui à parler à la plus mystérieuse partie de notre être, notre âme. Cette âme est devenue verbe, et le verbe musique : soul music.
Mais ce n’est qu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale que la soul prit sa forme la plus populaire, avec les débuts de ce que l’on a appelé le rhythm & blues, fleurissant dans des villes devenues mythiques, de Memphis à Detroit en passant par La nouvelle-Orléans, traversé et façonné par les événements historiques et politiques du XXe siècle américain. Une musique portée par des labels et des producteurs qui ont parfois commencé avec rien, au fond d’un garage, avant d’entrer dans la légende, comme Atlantic ou la Motown.
Rock my Soul retrace le parcours souvent chaotique de stars aux noms qui font rêver : James Brown, Otis Redding, Aretha Franklin, Stevie Wonder, Marvin Gaye, Ray Charles, Diana Ross, Tina Turner, Michael Jackson et Prince, des artistes immenses qui ont porté la gloire de la soul à son zénith ; sans oublier, tout récemment, Anderson Paak ou Leon Bridges, emblèmes de la nouvelle génération...

 

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Essais

Vite ! Une déambulation de Frédéric Joignot en Mai 68

Tohu Bohu - 2018

Frédéric Joignot raconte son Mai 68, ses déambulations, ses tribulations de lycéen en classe de terminale. Pas celui d’un dirigeant, pas celui d’un militant «  pur et dur  », pas celui d’un révisionniste plus ou moins marxiste de ce moment suspendu entre deux mondes, mais celui d’un badaud, d’un piéton, les sens en éveil, pour qui la vie a changé radicalement avec ces événements.

Du début à la fin, il a vécu les événements de mai : les manifs, les débats, les rêves éveillés. Il est sorti de son lycée caserne et comme toute une génération, il a étrenné une Liberté qui ne demandait qu’à chanter.

 

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Autres

Dictionnaire amoureux des Sixties

Plan - 2018

Folles et géniales années soixante !

« Les sixties ? Une décennie qui a révolutionné le monde. Les sixties ? Ce sont des groupes devenus mythiques : The Beatles, The Rolling Stones, The Doors, The Who, The Kings.
Les sixties ? Le Pop Art avec Andy Warhol. La Nouvelle Vague avec Jean-Luc Godard, François Truffaut, Agnès Varda, Éric Rohmer. Mais aussi la mini-jupe, les combats féministes, la société qui craque de toutes parts.
Les sixties ? Des noms qui claquent comme des étendards : Martin Luther King, John Fitzgerald Kennedy, Che Guevara, et en France l’incontournable présence de l’homme de Londres devenu chef de l’État.
Les sixties ? Des événements qui ont changé le monde : l’édification du mur de Berlin, la guerre du Viêt Nam, l’homme qui marche sur la Lune.
Les sixties ? Le temps des grands rassemblements, des larges idéaux : 1968, Woodstock, les hippies, la révolution sexuelle. Et les grandes avancées scientifiques (fibre optique), médicales (la première transplantation cardiaque).
Mais aussi des événements plus anonymes, intimes, liés à la vie quotidienne, à la France de ces années-là : nourriture, design, feuilletons télévisés, habillement. Une France heureuse, sans chômage de masse, avec une croissance annuelle égale à 5 % du PIB. Une France des Trente Glorieuses durablement blessée par le drame algérien. »

En un mot, ce livre, volontairement personnel, très subjectif, comme nombre de photographies, est empli du temps qui passe, des gens, des choses, des faits, des événements, des réflexions, des inventions, des victoires, des défaites. Il en a retenu les tempêtes et les fureurs, les éclats, les instants d’hésitation, les silences, et surtout une immense clameur : celle d’une génération sans peur et sans reproche qui changea, à sa manière, le monde.

 

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Poésie

Sugar suivi de Cœur chronique et de Petit carnet de silence

Gallimard - 2021

Eric Sarner, voyageur infatigable a bâti une oeuvre poétique solide et dense initiée en 1971 sous la tutelle amicale de Joseph Delteil qui préface son premier recueil. Que ce soit dans Sugar, poème de la boxe où la vie défile en noir et blanc comme un combat, ou dans Coeur chronique, lexique des émotions ordinaires dont les fragments de vers et de prose saisissent l’écho au plus près du quotidien, l’écriture est sobre, directe, concrète. La poésie d’Eric Sarner a peu d’équivalents dans le champ poétique francophone contemporain. Nous avons adjoint aux deux recueils majeurs cités, le formidable Petit carnet de silence, carnet de bord de l’expérience rigoureusement vécue d’un mutisme consenti qui ouvre implicitement une vertigineuse réflexion sur notre relation organique au langage.

 

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Biographie

Mon autre famille

L’Olivier - 2018

« À cette époque reculée, j’étais encore trop jeune pour comprendre qu’il n’y aurait jamais de dame à mes côtés, généreuse ou non. (…) Certains enfants en font très tôt l’expérience, bien avant que nous n’apprenions le sens du mot et que nous ne laissions nos coeurs impétueux nous montrer la voie vers le Vrai Nord. Nous grandissons tels les individus d’une espèce entièrement différente, antilopes solitaires parmi le troupeau des bisons de nos proches. Tôt ou tard cependant, où que nous vivions, il nous faut partir en diaspora, nous aventurer loin de nos parents biologiques pour découvrir notre famille logique, celle qui pour nous fera véritablement sens. Il le faut, si nous ne voulons pas gâcher nos vies. »

Comment quitter une famille conservatrice du Sud pour renaître à San Francisco ? C’est la trajectoire effectuée par Armistead Maupin au cours de sa vie : né en Caroline du Nord dans une famille aux idées très arrêtées, il réalise vite que le Sud est trop petit pour lui, et prend la route en quête d’aventures. Il les trouvera, d’abord dans les jungles du Vietnam où il s’initie à l’homoérotisme, et ensuite, dans l’un des endroits les plus fous qu’on puisse imaginer : San Francisco au début des années 1970.

Derrière tout cela, Armistead Maupin exprime le besoin de se réinventer et d’échapper aux déterminismes de la naissance. C’est à San Francisco qu’il trouve son « autre famille », une famille d’affinités électives et d’amitiés, une famille construite par les luttes. Il retrace l’émergence des mouvements gays et lesbiens, dessine le portrait d’une ville en ébullition. Et entrouvre la porte sur le cabinet d’écriture où sont nés le célèbre 28 Barbary Lane et Anna Madrigal, personnage bigger than life.

Œuvre traduite de l’anglais (États-Unis) par Marc Amfreville.


Revue de presse

« Peu de gens ont retracé avec plus d’élégance qu’Armistead Maupin ce passage du vieux Sud conservateur à San Francisco arborant le drapeau arc-en-ciel, à travers les gouffres du doute et de la maladie tragique. »

(Chris Bryant, New Statesman)

« On y trouve beaucoup de ce qu’on attend de Maupin : de l’esprit et de la peine rassemblés en un ensemble bien ordonné, de sorte que chaque anecdote peut provoquer une douleur mélancolique et un fou rire dans un même paragraphe. »

(New York Times Book Review)

« Les mémoires toujours honnêtes, souvent pleines d’humour, et incroyablement puissantes d’un des auteurs américains les plus influents de notre époque. »

(The Advocate)

 

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Nouvelles

Allegheny River

Albin Michel - 2020

L’histoire est une présence vivante à laquelle il est impossible d’échapper dans les neuf nouvelles réunies ici, qui se déroulent toutes dans les Allegheny Mountains de Virginie-Occidentale. Dans ces histoires, êtres humains et animaux cohabitent dans un équilibre fragile au milieu d’une nature ravagée par la main de l’homme. On y croise un vendeur de matériel agricole qui embobine des fermiers un peu trop crédules en leur vendant sa camelote ; un homme solitaire et délaissé par ses enfants qui est tourmenté par un aigle, espèce protégée dont la chasse est à son grand désarroi désormais interdite ; ou encore des touristes qui affluent suite à la réintroduction des ours dans la région, ce qui ne va pas aller sans complications…


Revue de presse