Dernier jour : les grands débats

21 mai 2018.
 

L’art du pamphlet, la guerre des mots

Tout le contraire des injures échangées aujourd’hui sur les plateaux de télévision. Car le pamphlet exige une pensée affûtée, et pour la servir, par-dessus tout, du style – tout le contraire des débondages actuels. Face aux maîtres du genre, autrefois, nous vient le sentiment que nous jouons aujourd’hui trop souvent « petit bras ». Le pamphlet, une hygiène de la pensée ? L’art du pamphlet toujours vivant.
Avec Patrick Rambaud, Gérald Bronner, André Versaille et Pierre Jourde.
Lundi 10h, Maupertuis

Hugo-Chateaubriand, ce que l’on doit aux romantiques

Les Péremptoires, les Infaillibles, avaient cru s’en débarrasser en les accablant des clichés qui leur étaient en réalité à peu près étrangers. L’effondrement des idéologies invite à redécouvrir ce que furent les grands rêves romantiques. On a pu dire de la révolution de 1848 qu’elle fut celle du romantisme et ce n’est pas faux. « Le peuple, cette âme immense » écrivait Hugo. Il est temps de lire Hugo. De lire Chateaubriand.
Avec Mona Ozouf, Michel Le Bris, Hubert Haddad.
Lundi 11h15, Maupertuis

Romanciers de la mémoire

Opposer mémoire et création est pure stupidité. L’une est la condition de l’autre. Nous vivons et avançons dans le bruissement des livres qui nous ont précédés, de la mémoire gardée de monuments et de musées, des milles souvenirs que nous composons et recomposons sans cesse, blessures, moments de grâce avec le sentiment diffus que le monde cesserait d’exister si venait s’effacer le temps de la mémoire.
Avec Eka Kurniawan, Jean-Marie Blas de Roblès, Yahia Belaskri, Marc Biancarelli, Michel Le Bris.
Lundi 14 h, Maupertuis

Écrire la guerre

Guerres justes (s’il en existe), guerres injustes : vient un moment où la guerre que l’on croit faire vous fait, prend possession de vous, vous précipite dans gouffres que vous ne soupçonniez pas, en vous. Commence alors la littérature, pour tenter d’approcher ce mystère, qui est peut-être le mystère même du monde…
Avec : Carsten Jensen, Sinan Antoon, Antoine Agoudjian, Pierre-Yves Vanderweerd.
Lundi 15h15, Maupertuis

ET AUSSI...

La langue appartient à tous
Lun. 11h15, Auditorium

En finir avec le déni ?
Lun. 14h, Rotonde Surcouf


Les débats passés

Le tragique du monde

L’idéologue, vendeur de paradis, rêve d’un monde lisse, sans contradiction – qui à tout coup débouche sur un cauchemar. L’écrivain, lui, le sait divisé, contradictoire, tragique. Et les grandes leçons du théâtre antique, de la puissance des mythes pour dire les temps présents ne sont jamais loin…
Avec David Vann, Eka Kurniawan, Kossi Efoui, Kettly Mars.
Samedi 14h, Maupertuis

Roman et histoire

Pour penser comme pour voir, trop de proximité nuit. On ne pose dans le fond au passé que les questions du présent, pour donner à celui-ci sens et profondeur. D’où la multiplication probablement de romans historiques : autant de manières de tenter de déchiffrer l’inconnu de ce qui vient. Et une question posée à l’historien, de ce qui nécessairement lui échappe…
Avec Alexis Jenni, Marc Biancarelli, Raphaël Jerusalmy, Giles Milton.
Samedi 15h30, Maupertuis

Fin du communisme

On ne fait l’histoire que de ce dont on estime l’aventure arrivée à son terme. Après Les bourreaux (2015) et Les victimes (2015), Thierry Wolton publie Les complices (Grasset). Dernier volet d’un travail monumental qu’il aura tenu pendant dix ans.
Avec Thierry Wolton.
Samedi 17h, Maupertuis

Une patrie littéraire

Ce que nous dit à sa manière – quelle manière ! – Mona Ozouf de livre en livre, et particulièrement dans le gros volume d’œuvres et d’articles rassemblés sous le titre Une patrie littéraire (Fayard) : comment la littérature a contribué à façonner de manière originale l’imaginaire de la société française, en sachant composer avec la rigueur jacobine pour rendre habitable l’espace public. « Ses réflexions procurent des clés pour la France des siècles récents, et peut-être du nôtre », résume l’éditeur. On ne peut mieux dire.
Avec Mona Ozouf, Michel Le Bris.
Samedi 18h, Maupertuis

Comment porter un texte ?

Dans le cadre de la matinée Robert Ganzo
Au commencement il y a le souffle, le grain de la voix, ses intonations, le rythme. Et si la littérature, le poème, était une manière de réintroduire l’oralité dans la langue écrite, pour lui donner vie. La parole, qui bouscule la langue, la réinvente, sans laquelle cette dernière deviendrait langue morte…

Dans le cadre de la matinée dédiée au Prix Robert Ganzo.
Avec Yvon Le Men, Erik Orsenna, Kossi Efoui, Nathalie Papin, Bruno Doucey, Wilfried N’Sondé.
Dimanche 10h, Maupertuis
Et la Remise du prix Ganzo à Patrick Laupin
Avec Alain Borer, Patrick Laupin, Yvon Le Men, Margarita Perez-Ganzo.
Dimanche 11h30, Maupertuis

Le sociologue et le romancier

« Considérer les faits sociaux comme des choses », « Expliquer le social par le social » : les paradigmes de la sociologie, de Durkheim à Bourdieu. On voit ce que ça a donné : des sociologues devenus idéologues, envahissant le débat public. Mais sommes-nous des choses, de part en part déterminés ? Ou sommes-nous mus, aussi, par des buts ? Les sciences humaines, sous le prétexte de science, ont chassé les écrivains de l’espace humain qui était le leur – réduisant leur domaine aux jeux sur la langue. Le temps venu pour les écrivains de retrouver leur place, ou, à tout le moins, d’engager le dialogue avec les sociologues ? L’idée même de l’être humain s’y trouve en jeu.
Avec Jean Rouaud, Gérald Bronner, Jean Viard, Hubert Haddad.
Dimanche 14h, Maupertuis

Leur cauchemar encore nos rêves ?

« Comment se peut-il que notre cauchemar soit encore vos rêves ? » avait lancé Vidosav Stevanovic, à la foule rassemblée du festival en 2003 : « parce que si vous voulez savoir ce qu’est réellement le communisme, nous sommes tous là, venus de l’Est. Nous pouvons tout vous expliquer, le règne du mensonge et de la peur. Mais nous avons compris que vous ne voulez pas, pour pouvoir continuer à tourner votre moulin à prières. ». La question est plus que jamais posée. À débattre… Cette fois avec ceux qui l’ont vécu, ou approché.
Avec Thierry Wolton, Jan Rubes, Bogdan Teodorescu, Velibor Čolić et Enki Bilal.
Dimanche 15h30, Maupertuis

La découverte de l’autre

Nous sommes des êtres fondamentalement dévorés de curiosité, fascinés par l’inconnu. Pour le meilleur et pour le pire. Entre conquêtes et découvertes, miroirs où nous ne faisons que nous lire, difficiles sont les chemins vers l’autre. De part et d’autre…

Avec Olivier Grenouilleau, Sanjay Subrahmanyam, Robert Whitaker, Éric Hoesli
Dimanche 17h15, Maupertuis

Guerre des mémoires, temps de l’histoire

Les mémoires se font la guerre, nous le voyons chaque jour, empreintes de douleurs, de frustrations, de nostalgies, magnifiant un passé parfois imaginaire, mais nécessaires aussi pour maintenir ce que le temps efface. Pour que s’ouvre un futur doit venir le temps de l’histoire – et d’une histoire partagée, là où il y eut jadis conflit.
Avec Rachid Benzine, Pascal Blanchard, Pascal Ory, André Versaille.
Dim. 14h, Grande Passerelle 1

Et aussi…

Aux frontières du réel
Avec Sabrina Calvo, Céline Lapertot , Audrée Wilhelmy, S. E. Grove
Sam. 10h, Maupertuis

Y a-t-il des valeurs universelles ?
Sam. 14h, Auditorium

Nécessité de l’utopie
Sam. 14h, Théâtre Chateaubriand

L’attente
Sam. 16h15, Vauban 1

Culture et développement
Sam. 11h30, Vauban 1

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

L’avenir des simples

Grasset - 2020

On a bien compris que l’objectif des « multi-monstres » (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels. Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des « multi-monstres », utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets : « votre appareil ne nous intéresse pas », graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro- écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme. Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, « c’est un éternel Treblinka ».

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Romans

Briser en nous la mer gelée

Gallimard - 2020 - 2020

Voici l’histoire d’un amour fou.
Et voici une lettre, une longue lettre envoyée à Madame la juge, vice-présidente aux affaires familiales.
En nous divorçant, Suzanne et moi, le 10 octobre 2011, elle a soupiré : « dommage, je sentais beaucoup d’amour en vous ».
Comme elle avait raison !
Mais pour nous retrouver, pour briser en nous la mer gelée, il nous aura fallu voyager. Loin en nous-mêmes, pour apprendre à ne plus trembler.
Et loin sur la planète, jusqu’au Grand Nord, vers des territoires d’espions d’autant plus invisibles que vêtus de blanc, dans la patrie des vieux chercheurs d’or et des trésors perdus, refuge des loutres de mer, des libraires slavophiles et des isbas oubliées.
Le saviez-vous ? Tout est Géographie.
Qu’est-ce qu’un détroit, par exemple le détroit de Béring ? Un bras de mer resserré entre deux continents.
A l’image exacte de l’amour.
Et c’est là, entre deux îles, l’une américaine et l’autre russe, c’est là que court la ligne de changement de date.

Après L’exposition coloniale, après Longtemps, l’heure était revenue pour moi de m’embarquer pour la seule exploration qui vaille : aimer.

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Revue de presse :

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Pour l’amour des livres

Grasset - 2019

« Nous naissons, nous grandissons, le plus souvent sans même en prendre la mesure, dans le bruissement des milliers de récits, de romans, de poèmes, qui nous ont précédés. Sans eux, sans leur musique en nous pour nous guider, nous resterions tels des enfants perdus dans les forêts obscures. N’étaient-ils pas déjà là qui nous attendaient, jalons laissés par d’autres en chemin, dessinant peu à peu un visage à l’inconnu du monde, jusqu’à le rendre habitable  ? Ils nous sont, si l’on y réfléchit, notre première et notre véritable demeure. Notre miroir, aussi. Car dans le foisonnement de ces histoires, il en est une, à nous seuls destinée, de cela, nous serions prêt à en jurer dans l’instant où nous nous y sommes reconnus – et c’était comme si, par privilège, s’ouvrait alors la porte des merveilles.

Pour moi, ce fut la Guerre du feu, « roman des âges farouches  » aujourd’hui quelque peu oublié. En récompense de mon examen réussi d’entrée en sixième ma mère m’avait promis un livre. Que nous étions allés choisir solennellement à Morlaix. Pourquoi celui-là  ? La couverture en était plutôt laide, qui montrait un homme aux traits simiesques fuyant, une torche à la main. Mais dès la première page tournée… Je fus comme foudroyé. Un monde s’ouvrait devant moi…

Mon enfance fut pauvre et solitaire entre deux hameaux du Finistère, même si ma mère sut faire de notre maison sans eau ni électricité un paradis, à force de tendresse et de travail. J’y ai découvert la puissance de libération des livres, par la grâce d’une rencontre miraculeuse avec un instituteur, engagé, sensible, qui m’ouvrit sans retenue sa bibliothèque.

J’ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l’oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture  : qu’il est en chacun de nous un royaume, une dimension d’éternité, qui nous fait humains et libres. »


 

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Récit

Villeglé l’anarchiviste : 100 « grammes » pour Jacques Villeglé

Gallimard - 2019

« Je n’ai vu la Beauté que trois fois dans ma vie, la Beauté absolue, celle qui vous prend sur ses genoux, évidence indiscutable, coup de poing au plexus souffle coupé, extase instantanée, satori au cours duquel tout comprendre et se taire à la fois… » Qu’ils soient théoriques, d’exposition ou mélogrammes, les 100 grammes d’Alain Borer sont une indiscutable éclaircie posée sur l’oeuvre de Jacques Villeglé, ambitionnant de regarder le monde comme un tableau.

 

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Romans

Cantique de l’acacia

Seuil - 2017

L’enfant n’était pas encore née, mais Io-Anna s’était tatoué son prénom futur dans le bas du dos : Joyce. Et Grace, la belle-mère, devineresse, enchanteresse et guérisseuse, avait été visitée par une vision prometteuse.

"Confiance est le chemin de ce qui échappe au malheur." Cette parole, Io-Anna l’a laissée en dépôt auprès de Grace afin qu’elle soit transmise plus tard à Joyce. Car elle ne sait pas si elle aura le cœur à lui dire, elle-même, ce qu’elle a eu pourtant le cœur à vivre : comment, pour échapper à un ordre patriarcal honni, elle s’est enfuie sur un vélo, à travers la boue des marais, avec Sunday le colporteur qui deviendra plus tard le père de l’enfant ; comment la petite Joyce leur est arrivée, inanimée, sur un radeau flottant. "Il faut se mettre à trois pour faire un enfant, dit Grace, le mâle, la femelle et l’Invisible."

Au pied de l’acacia, l’arbre de l’innocence, un magnifique hymne au courage de vivre, porté par trois générations de femmes en révolte dans l’Afrique d’aujourd’hui.


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Récit

Winter is coming

« Après coup, on ne peut pas s’empêcher de revenir sur les jours d’avant, comme pour prendre la mesure de son aveuglement d’alors. On se regarde ne pas savoir, on se regarde vivre alors que cela n’est pas encore arrivé, on s’étonne de ce fragile bonheur. Et ce sont tous les moments de la vie, toutes les joies, les naissances, les après-midi dans le jardin, les journées sur la plage, les histoires racontées le soir aux enfants, les photographies et les souvenirs du passé que vient rétrospectivement infecter de son venin le jour où l’on a su. Ta photographie d’enfant joyeux est celle, à jamais, d’un enfant qui va bientôt mourir. »
Un des trois fils de Pierre Jourde, Gabriel, est mort à vingt ans. Le récit évoque la dernière année de ce jeune homme plein de charme et de joie de vivre, doué pour les arts plastiques et la musique. La figure radieuse de « Gazou » hante le récit de la maladie : les anecdotes du bonheur enfui ponctuent l’élégie. Un texte poignant sur le deuil et l’amour paternel.


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Romans

Les Saboteurs de l’ombre. La guerre secrète de Churchill contre Hitler

Noir sur Blanc - 2018

Au printemps 1939, une organisation top secret est fondée à Londres par Churchill : son objectif est d’organiser la destruction de la machine de guerre d’Hitler, au moyen d’actes de sabotage spectaculaires.
La guérilla qui suivit s’avéra aussi extraordinaire que les six gentlemen qui dirigèrent les opérations. Churchill les avait choisis pour leur créativité et leur mépris des convenances. L’un d’eux, Cecil Clarke, était un ingénieur fou qui avait passé les années 1930 à inventer des caravanes futuristes. Son talent fut employé dans un but bien plus dangereux : c’est lui qui construisit la bombe destinée à assassiner le favori de Hitler, Reinard Heydrich. Un autre membre de l’organisation, William Fairbairn, était un retraité corpulent à la passion peu commune : il était le spécialiste mondial des techniques d’assassinat sans bruit. Sa mission consistait à entraîner les hommes qui étaient parachutés derrière les lignes ennemies.
Dirigés par Colin Gubbins, un pimpant Écossais, les six hommes formaient un cercle secret qui planifia les sabotages les plus audacieux de la Deuxième Guerre mondiale. Winston Churchill les appelait « son ministère de la Guerre sale ». Les six « ministres », assistés d’un groupe de femmes formidables, furent si efficaces qu’ils changèrent le cours de la guerre.
Raconté sur le ton d’un récit d’aventure, avec la verve remarquable de Giles Milton et son subtil sens du détail, Les Saboteurs de l’ombre se base sur de vastes recherches historiques et sur des archives inédites jusqu’ici.


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Romans

Un océan, deux mers, trois continents

Actes Sud - 2018

Au tout début du XVIIe siècle, Nsaku Ne Vunda, ordonné prêtre et baptisé Dom Antonio Manuel, est chargé par le roi des Bakongos de devenir son ambassadeur auprès du pape. En faisant ses adieux à son Kongo natal, il ignore que le long voyage censé le mener à Rome va passer par le Nouveau Monde, et que le bateau sur lequel il s’apprête à embarquer est un navire négrier. De quoi mettre à mal sa foi en Dieu et en l’homme...
Wilfried N’Sondé s’empare avec ardeur d’un personnage méconnu de l’Histoire pour dénoncer les horreurs d’une époque d’obscurantisme et exalter la beauté de l’espérance.


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Romans

L’heure hybride

Port-au-Prince - Grandi dans les jupes d’une mère qui faisait commerce de ses charmes, Rico L’Hermitte, profession gigolo, beau gosse des quartiers pauvres, vend son corps. Comme le goût des fruits défendus, "L’heure hybride" dresse le portrait d’un monde qui se bat entre luxure et survie. Ce roman jette un regard lucide sur la société haïtienne, le tout sur fond de nostalgie de la fin des années 1970, où la vie nocturne était intense à Port-au-Prince.


Revue de presse :

 

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Quand j’aurai mille et un ans

L’Ecole des Loisirs - 2018

Cendi a onze ans et rêve de vivre jusqu’à 117 ans. Avant d’y parvenir, elle doit fuir son pays en guerre et prendre le risque de se noyer en voyageant dans de vieux rafiots. Grâce à sa capacité à vivre sous l’eau, en apnée pendant de longues minutes, Cendi réchappe à un naufrage. Lorsqu’elle se réveille, elle a la surprise de se retrouver dans une station sous-marine. Une vieille muette la regarde ainsi qu’un jeune garçon.
Pas si jeune, en fait, le garçon. Immortel.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Récit

Emmanuel Le Magnifique

Grasset - 2019

Un soleil nouveau s’est levé sur la France. Est-ce Austerlitz ? Ou bien le sacre ? Au printemps de l’an de grâce 2017, Emmanuel le Magnifique est entré dans l’histoire, costume de banquier et sceptre à la main : jeune prince à la voix grêle, aux régiments start-up, annonçant un monde rénové. Fini, les rois fainéants ! Adieu, les rois chevelus ! Aux oubliettes, François le Petit, gaffeur, trempé, roi de la parlotte à l’embonpoint d’employé modèle. Aux barbaresques, Nicolas le Flambard, et son cortège d’embrouilles à talonnettes !

Après le dernier règne socialiste, voici la nouvelle saison du Royaume made in France : inattendue, pleine d’espoirs, impérieuse. Make France great again ! Dans le temps nouveau, Arcole est sur le câble, et les ennemis se nomment Plenel et Bourdin, non Mélenchon et Olivier Faure…

Entre House of cards et Game of thrones, voici la chronique facétieuse, attendue, hilarante, d’un règne si neuf qu’il ressemble au précédent. Petit guépard deviendra peluche ?

Chaque président espère sa chronique par notre grognard de la littérature : Voici le président Macron servi !

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Les mains de ma mère

Bruno Doucey - 2019

Entre terre, mer et ciel, une remontée aux sources de l’enfance et du poème Il y a une mère qui plie un mouchoir dans l’armoire. Il y a un homme qui déplie ce mouchoir, et le voilà qui remonte la route des souvenirs. Il y a un enfant qui court sur la plage, apprivoise les oiseaux, joue avec les vagues et cueille ses rêves à la pointe des phares. Il est là, entre terre et ciel. Il interroge les nuages. Il écoute chanter le vent. Se souvient de ces hommes rudes qui refusèrent la guerre. Se souvient de ces inconnus qui ne sont pas des étrangers. Respire l’orange. Dépose la buée sur la vitre du jour. Il cherche l’amour, la vie. Alors vient le poème, alors vient l’image. Il y a un père, qui déplie sa main pour y nicher celle de l’enfant. Et nous les regardons s’éloigner : qu’ils longent le rivage ou cheminent dans le champ de blé, les voici ensemble pour toujours.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le livre des départs

Gallimard - 2020

« Je suis un migrant, un chien mille fois blessé qui sait explorer une ville. Je sors et je fais des cercles autour de mon immeuble. Je renifle les bars et les restaurants ».

Velibor Čolić, à travers le récit de son propre exil, nous fait partager le sentiment de déréliction des migrants, et l’errance sans espoir de ceux qui ne trouveront jamais vraiment leur demeure. Il évoque avec ironie ses rapports avec les institutions, les administrations, les psychiatres, les écrivains, et bien sûr avec les femmes, qui tiennent une grande place ici bien qu’elles aient plus souvent été source de désir ardent et frustré que de bonheur. Son récit est aussi un hommage à la langue française, à la fois déchirant et plein de fantaisie.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Un monstre et un chaos

Zulma Éditions - 2019 - 2019

Dans le ghetto de Lodz, Chaïm Rumkowski est comme une autre figure du diable. Lui, l’autoproclamé Roi des Juifs qui prétendait sauver son peuple, a transformé le ghetto en un vaste atelier industriel au service du Reich. Il parade en calèche et costume trois-pièces, en appelle à la « bonne volonté » des familles, et frappe monnaie et timbres à son effigie.
Face à ce pantin des exigences nazies, dans les caves, les greniers, sourdent les imprimeries et les radios clandestines, les photographes détournent la pellicule du service d’identification, les enfants soustraits aux convois hebdomadaires se dérobent derrière les doubles cloisons...
Et parmi eux Alter, un gamin de douze ans, qui dans sa quête obstinée pour la vie refuse de porter l’étoile. Avec la vivacité d’un chat, il se faufile dans les moindres recoins du ghetto, jusqu’aux coulisses du théâtre de marionnettes de Maître Azoï, où il trouve refuge…
Dans Un monstre et un chaos, Hubert Haddad fait resurgir tout un monde anéanti, où la vie du ghetto vibre des refrains yiddish beaux comme un chant de résistance éperdu – un chaos, plein de bruit et de fureur, où perce la lumière. Et c’est un prodige.

 

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Romans

Le Rituel des dunes

Zulma - 2019

Fin des années quatre-vingt dans la Chine communiste, Roetgen vient de quitter Tientsin. Il laisse derrière lui le petit milieu des expatriés, joyeusement délétère et décalé, pourtant en prise avec le quotidien souvent absurde du régime. Plus que tout, c’est son histoire avec Beverly, une Américaine de vingt ans son aînée, que Roetgen cherche à comprendre.
Beverly, qui a vécu (ou fantasmé) mille vies rocambolesques, des plus sordides aux plus éclatantes, est exubérante, excessive, jalouse, elle n’a aucune limite, elle ne vit que par passion. D’emblée Roetgen est fasciné, mais Beverly a aussi sa face obscure.
Beverly réclame sans cesse à son amant des histoires à la hauteur de sa propre biographie. Il lui raconte les affres d’un empereur chinois au double visage, une folle nuit au cœur de la Cité Interdite, un vrai faux polar dont il ne livre qu’un chapitre sur deux – récits haletants, volontiers désopilants, qui vont à leur tour nourrir la folie de Beverly.
Roetgen, Loisinger, le Brésil, Fortaleza, le perroquet Heidegger, Thaïs... Écrit avant Là où les tigres sont chez eux, et entièrement remanié, Le Rituel des dunes nous offre également de magnifiques retrouvailles avec des lieux, des personnages, une atmosphère, et ce ton si particulier, fougueux, incroyablement stimulant.


 

DERNIER OUVRAGE

 

L’Emporte-voix

La Passe du vent - 2018

L’Emporte-voix est le premier recueil de poésie de Bruno Doucey publié à La passe du vent.
Des poèmes au fil de l’eau, cherchant à dire que la mise en voix du poème est bien autre chose qu’un entre-deux, mi silencieux mi joué. Un acte poétique en soi, totalement assumé. Un partage de l’émotion.
« Chaque semaine, du 1er janvier au 1er juillet 2017, j’ai écrit un poème pour Mots Dits Mots lus. Poème consacré à la question de la lecture à haute voix, du partage, de la transmission, du rapport aux autres. Je n’ai pas cherché à jouer aux doctes ou à théoriser mes propres pratiques de lecture. » Bruno Doucey
Le recueil est suivi d’une conversation inédite avec l’auteur.
Écrire Lire
deux solitudes
deux silences
Mais voici qu’une voix murmure à mon oreille
voici qu’un sens
un rythme
une parole vive
font ce que fait la mer au fond d’un coquillage
Mots dits
Mots lus
nous ne sommes plus seuls
Un fil d’or relie nos vies
comme les étoiles d’une constellation
Un enregistrement de certains de ces textes en studio, quelques lectures publiques, une émission de radio ont permis de donner un timbre, une voix, du grain à cette expérience poétique. Certains poèmes de L’Emporte-voix ont fait l’objet d’une publication antérieure.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

La première pierre

« Ils ont quitté un continent pour atterrir à mi-chemin d’un autre. Des montagnes, des déserts, des fleuves et des mers. Des points dans le désert signalent un village. Le Danemark pourrait tenir tout entier ici, enclos entre deux chaînes de montagnes. Ils n’ont pas remarqué qu’ils quittaient l’espace aérien iranien pour franchir la frontière afghane — mais qu’est-ce qu’une frontière à dix kilomètres d’altitude ? »
 
L’Afghanistan, au début du XXIe siècle. Au cœur du désert, une trentaine de jeunes militaires danois sont impatients d’en découdre, alors que la coalition internationale peine à maintenir la paix dans la province de Helmand, à la frontière avec le Pakistan.
 
Entraînés dans une fuite enragée par leur charismatique chef de section au passé mystérieux, ils connaîtront la trahison, l’errance, et le désespoir d’une guerre sans fin. Dans ce pays qui leur échappe, ils ne se battent bientôt plus que pour garder leur humanité. Sous le soleil afghan, les masques tombent, les hommes dansent, les soldats continuent de mourir.
 
Dans ce grand roman de violence et de pitié, qui doit autant à Conrad qu’à Malraux, le romancier le plus populaire du Danemark, Carsten Jensen, interroge les naïvetés et les aveuglements de nos sociétés occidentales face à la guerre et à la colère du monde.

Lauréat du Prix Transfuge du meilleur roman scandinave 2017, ce roman a été traduit du danois par Nils Ahl.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Décolonisations françaises : la chute d’un empire

La Martinière, 2020 - 2020

L’empire colonial français se développe au XIXe siècle et devient le deuxième empire le plus vaste du monde, après celui du Royaume-Uni. Les contestations se multiplient dès l’entre-deux-guerres. Mais les bouleversements liés à la Seconde Guerre Mondiale accentuent la remise en question de la domination française. Commence dès lors un long processus de décolonisation, qui est aussi le plus long conflit de la France au XXe siècle, depuis les premiers soulèvements en 1943 jusqu’aux dernières indépendances au milieu des années 1970.

Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire évoquent toutes les facettes et les contradictions de ce processus, tantôt marqué par des épisodes d’une violence inouïe, tantôt accompagné de réformes et d’accords bilatéraux maintenant, des décennies plus tard, une forte dépendance des pays décolonisés vis-à-vis de la France. À travers près de 250 photographies, documents de presse ou affiches, ils décryptent l’un des plus grands basculements de l’histoire récente, et posent un regard renouvelé sur les deux faces du miroir colonial.

 

DERNIER OUVRAGE

 

L’Obscure clarté de l’air

Gallmeister - 2017

“Née pour détruire les rois, née pour remodeler le monde, née pour horrifier et briser et recréer, née pour endurer et n’être jamais effacée. HécateMédée, plus qu’une déesse et plus qu’une femme, désormais vivante, aux temps des origines”. Ainsi est Médée, femme libre et enchanteresse, qui bravera tous les interdits pour maîtriser son destin. Magicienne impitoyable assoiffée de pouvoir ou princesse amoureuse trahie par son mari Jason ? Animée par un insatiable désir de vengeance, Médée est l’incarnation même, dans la littérature occidentale, de la prise de conscience de soi, de ses actes et de sa responsabilité.

Dans une langue sublime et féroce, David Vann fait une relecture moderne du mythe de Médée dans toute sa complexe et terrifiante beauté. Le portrait d’une femme exceptionnelle qui allie noirceur et passion dévorante.

Revue de Presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Revue

Apulée #4 - Traduire le monde

Zulma Éditions - 2019

On accède majoritairement aux cultures du monde par la traduction. Plus une langue s’emploie à traduire, plus s’éploient ses capacité inventives. Les grandes heures d’une culture correspondent aux apports décisifs des langues autres, étrangères, toujours plus ou moins apparentées, ne serait-ce que par la vigoureuse, multiforme analogie des espaces symboliques.
« Quand une langue n’emprunte plus à une autre, elle se fige », disait justement Alain Rey. Et plus encore peut-être quand elle ne voyage pas dans une, dans plusieurs autres.
Ainsi visitera-t-on les langues enfouies, archéologiques, et leurs trésors, les langues vernaculaires, les langues vivantes sino-tibétaines, sémitiques ou subafricaines. Ce numéro sera illustré de multiples graphies avec un soin particulier dans la mise en page. Les systèmes d’écriture alphabétiques y côtoieront les formes logographiques et syllabiques.
Il s’agit plus que jamais de relancer et d’exalter l’aventure existentielle dans ses grandes largeurs, à commencer par ces lointains qui nous rassemblent, fidèles à l’appel constant des autres rives et des antipodes, à savoir cette idée toujours neuve de la liberté, dans l’interdépendance et l’intrication vitale des cultures.
La traduction sera donc à l’honneur. Langue source, langue cible : c’est ainsi que les époques et cultures s’enlacent et se répondent, se tissent et se métissent.

 

DERNIER OUVRAGE

 

J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond

Éditions Paulsen - 2020

Né en Écosse en 1838, débarqué à 10 ans dans la région des Grands Lacs, aux États-Unis, le jeune Muir s’échine chaque jour dans les champs et lève parfois la tête pour regarder la nature environnante qui l’émerveille. Le soir, il imagine et crée des objets mécaniques qu’il présente ensuite en ville comme, par exemple, cet appareil pour le sortir automatiquement du lit à l’heure du lever. Très vite, John Muir s’interroge sur le sens de cette vie de labeur, alors qu’il pourrait vivre en autonomie dans la nature. Il quitte le Wisconsin, sillonne le pays à pied du nord au sud et d’est en ouest, participe aux transhumances de bergers isolés, vit en ermite dans les bois, fasciné et nourri par la vie qui l’entoure. Dans la Californie de la ruée vers l’or, on fait fortune en creusant une dette écologique abyssale, que personne ne voit encore. Sauf Muir, qui la pressent grâce à son attention aux hommes et son amour du paysage. Figure mythique aux États-Unis, fondateur des parcs nationaux, sauveur du Yosemite, John Muir posa clairement la question du sens de la vie dans la nouvelle société industrielle et industrieuse et il y a répondu, par son mode de vie, en termes tout aussi clairs. Ancêtre du concept d’écologie, il fut, selon Roosevelt, « l’homme le plus libre que j’ai jamais rencontré ».


Revue de presse :

« L’histoire et le cheminement physique et intérieur de Munir apparait comme exemplaire à l’aune de nos existences contemporaines. Il est une légende inspirante, un modèle d’aventure. » France Culture

« Alexis Jenni trace son chemin d’un bon pas, avec une joie qui se teinte d’une légère nuance de mysticisme à mesure qu’il dessine le portrait de cet homme dans lequel il voit “le dieu des enfants curieux”. » Le Monde

 

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Essais

L’Inde sous les yeux de l’Europe

Alma - 2018

Comment l’Europe a-t-elle vu l’Inde avant la colonisation britannique ? A travers une étonnante galerie de portraits, Sanjay Subrahmanyam invite à de surprenants voyages dans le temps et dans l’espace du XVIe au XVIII siècle.

Quand, au XVe siècle, les Portugais franchirent le cap de Bonne-Espérance pour aborder le sous-continent indien ils ne disposaient guère de témoignages directs sur ces immenses contrées connues depuis l’Antiquité mais essentiellement légendaires. Très vite les Anglais, les Hollandais, les Français les Italiens et les Allemands leur emboîtèrent le pas. Marchands, diplomates, missionnaires, militaires et savants : ils furent nombreux à tenter l’aventure. Dans cette étonnante suite de portraits, Sanjay Subrahmanyam montre que leurs points de vue sur l’Inde – ou les Indes – dépendent largement de leur nationalité et de leur profession, sans compter les traits de caractère personnels. Du XVIe siècle jusqu’à la veille du XIXe siècle et de la colonisation britannique c’est tout un savoir sur l’Inde qui se constitua mais aussi une certaine manière de penser… l’Europe et le christianisme.
Enquêtant aussi bien dans les registres des diverses Compagnies des Indes, que dans les archives des jésuites, les mémoires, les correspondances diplomatiques ou les communications des sociétés savantes, le grand historien indien étudie comment le regard européen (histoire, géographie, politique, religion) fut orienté par les collections de manuscrits, de peintures et d’objets qui passèrent de l’Orient à l’Occident. Il montre une nouvelle fois combien il est difficile de parler d’une « rencontre » des cultures : l’objet « Inde » construit par les Européens a nourri leur réflexion sur le langage, la religion et le commerce plus qu’il ne leur en a appris sur l’Inde elle-même. La connaissance que l’on a de l’autre doit toujours être comprise en tenant compte des circonstances de son élaboration.

Traduit de l’anglais par Johanna Blayac

 

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Essais

L’entre-deux-Mai

Alma - 2017

Écrite en 1982, parue en 1983, la première version d’Entre-deux-mai avait eu de quoi troubler. On n’avait encore, à l’époque, jamais rien publié de tel. L’audace était double : proposer une « histoire culturelle » de la France, et l’écrire à chaud. C’était la première fois qu’on parlait aussi bien de l’IRCAM que de Pif gadget, qu’on situait l’importance respective d’un Ivan Illich et d’un Louis Pauwels, qu’on éclairait l’ouverture du premier dojo « zen » par le triomphe du film musical Grease dix ans plus tard, etc.
La réédition – mise à jour et augmentée – de ce livre pionnier présente donc l’intérêt de réactiver des moments fondateurs : ces fameuses années 1970 vécues sous les signe de toutes les « libérations », qu’elles soient libertaires ou libérales, marquées par les nouveaux gauchismes aussi bien que par les néo-conservatismes, par le souci écologique aussi bien que par l’appétit de consommation. Mais, alors que la France se penche sur le cinquantenaire de mai 1968, l’historien s’interroge : la crise culturelle dont nous venons touche-t-elle à son terme ? Ou, au contraire, trouve-t-elle de nouvelles voies, contradictoires, voire conflictuelles, déchirée entre utopisme hédoniste et pessimisme millénariste, comme jadis on passa de Paradise Now (1968) à Apocalypse Now (1979)…

 

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Entretiens

Des mille et unes façons d’être juif ou musulman - Dialogue

Seuil - 2017

Pourquoi ce livre ?
Intervenant l’une et l’autre sur la scène intellectuelle et médiatique française et sur des thèmes assez semblables, il était inévitable que nous ayons envie de nous rencontrer et que nous y parvenions un jour.
L’une est rabbin, l’autre est islamologue. L’une est femme et l’autre homme, et ce n’est pas une mince différence ! Juive ou musulman, nous le sommes chacun de manière singulière… Il y a mille et une façons d’être juif ou musulman !
Mais au-delà de nos différences, nous avons tous deux compris que la Bible et le Coran n’étaient pas étrangers l’un à l’autre. Et tous deux nous revendiquons la liberté de la recherche et de la parole religieuses : une liberté responsable, qui prend en charge les questions et affronte les conflits. Or, de nos jours, partout des fondamentalismes et des mouvements identitaires se prévalent de traditions anciennes qu’ils croient pouvoir faire remonter aux origines de leur foi.
Nous en sommes convaincus : être « héritier » ne consiste pas à mettre ce qui a été reçu dans un coffre fermé à clé, mais à le faire fructifier. Cela ne consiste pas à reproduire à l’identique ce qui a été reçu, mais à le renouveler.
Nous espérons que notre parole libre et résolument fraternelle fera surgir beaucoup d’autres paroles libres et fraternelles !

D. H. et R. B.


Revue de presse

 

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Romans

La Rose de Saragosse

Actes Sud - 2018

La rose de Saragosse s’ouvre sur un crime et se clôt sur une envolée. C’est un roman d’élans rapides et de gestes vifs, une histoire en mouvements qui raconte la rébellion au cœur de l’Inquisition espagnole - et au cœur de cette rébellion, une rivalité artistique qui ne dit pas son nom. L’élaboration d’un langage. Une danse de séduction codée. Le timide frôlement de deux solitudes sauvages. Et comme toujours avec Jérusalmy, la conquête de la liberté.
Saragosse, 1485. Tandis que Torquemada tente d’asseoir sa terreur, un homme aux manières frustes pénètre le milieu des conversos qui bruisse l’urgence de fuir. Plus encore que l’argent qui lui brûle les doigts, cette brute aux ongles sales et aux appétits de brigand aime les images et les visages.
Il s’appelle Angel de la Cruz, il marche vite et ses trajectoires sont faites d’embardées brutales. Où qu’il aille, un effrayant chien errant le suit. Il est un familier : un indic à la solde du plus offrant, une sorte d’espion, de balance professionnelle. Mais un artiste, aussi.
La toute jeune Léa est la fille du nobre Ménassé de Montessa, riche seigneur converti. Orpheline de mère, élevée dans l’amour du beau, des livres et de l’art, elle est le raffinement et l’espièglerie. L’esprit d’indépendance.
Dans la nuit que l’Inquisition fait tomber sur l’Espagne, Raphaël Jerusalmy déploie le ténébreux ballet qui s’improvise et se joue entre ces deux-là, dans un décor à double-fond, au cœur d’une humanité en émoi où chacun joue sa peau, où chacun porte un secret.

Alliant le souffle de La confrérie des chasseurs de livres et l’acuité de Sauver Mozart, le nouveau roman de Raphaël Jerusalmy exalte la puissance d’évocation et l’économie de moyens d’un langage unique, un art de l’esquisse : la gravure. La rose de Saragosse est un roman vif et dense, où le mystère, la séduction et l’aventure exaltent la conquête de la liberté.


Revue de presse

 

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Essais

Pour rendre la vie plus légère

Stock - 2020

"Pourquoi la littérature ? Parce que la littérature nous pourvoit de dons que nous n’avons pas. Elle nous pourvoit immédiatement de l’ubiquité. Grâce à la littérature, nous vivons dans des pays, des villes où nous n’avons jamais posé le pied. Grâce à la littérature, nous pouvons reculer vers des époques révolues. Il y a une sorte d’immense liberté que donne la pratique des livres, et que nous n’avons pas. La démultiplication de l’existence dans la littérature est une chance précieuse". Ce volume contient les principales émissions faites par Mona Ozouf à "Répliques" , sous la direction d’Alain Finkielkraut : sur les femmes et la singularité de leur écriture ; sur les livres comme "patrie" ; sur la galanterie française ; sur la civilité ; sur le Panthéon ; sur la Révolution française ; sur Henry James ; sur George Eliot. Les partenaires avec lesquels elle dialogue ici sont Diane de Margerie, Claude Habib, Pierre Manent, Geneviève Brisac, Philippe Belaval, Philippe Raynaud, Patrice Gueniffey. C’est tout un parcours intellectuel qui est ici dessiné, depuis ses travaux fondateurs sur la Révolution française jusqu’à ce qu’elle appelle ses "échappées belles" en littérature. Mona Ozouf est une "figure aussi discrète que rayonnante de la scène intellectuelle française", comme l’écrit Jean Birnbaum dans Le Monde. A bonne distance de tous les enrôlements et de toutes les assignations identitaires, elle maintient inébranlable le souci d’une ligne originale.

Entretiens avec Alain Finkielkraut, dans l’émission Répliques

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Romans

Le Corps des bêtes

Grasset - 2018

Dans un paysage de roches, de glace et d’eau, au sommet d’une tour longeant une plage désertique, Mie attend que son oncle vienne l’initier aux mystères de l’amour. Mais Osip l’ignore ; il préfère passer ses journées à scruter les bateaux qui arrivent du large et à observer Noé, la femme de son frère aîné et mère de ses neveux et de sa nièce. L’étrangère n’a rien de commun avec les autres femmes. Elle est sauvage, mutique, énigmatique. Ses chants percent parfois le silence et attirent à elle ses enfants qui n’ont pas droit de cité dans sa maison mais peuvent venir l’écouter. C’est elle qu’Osip désire. Alors, en attendant que son oncle daigne venir la retrouver, Mie imagine : elle emprunte par la pensée le corps des bêtes qui l’entourent, là un ours, ici une grue, pour comprendre d’où elle vient, de quelle lignée, et tâcher de percer l’énigme de la chair. Mais Osip osera-t-il ?

Audrée Wilhelmy nous plonge ici dans un univers fantasmagorique, à la lisière de la légende et du mythe, pour explorer les contrées du désir et la part bestiale que chacun porte en lui. D’une langue envoûtante et magnifique, elle invente une nouvelle mythologie aussi belle que puissante.


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Beaux livres

Le Cri du silence

Flammarion - 2015

Il y a 27 ans, Antoine Agoudjian, petit-fils de rescapés du génocide de 1915, s’est lancé à la recherche des lieux imprégnés de l’histoire de son peuple. Après l’Arménie et le Caucase, il poursuit son travail sur la mémoire à Jérusalem, au Liban, en Syrie, en Turquie, en Irak, en Iran...
Par la puissance esthétique de ses photographies comme par l’intégrité de sa démarche, Antoine Agoudjian se pose en témoin, questionne et transmet un message d’espoir, celui de la puissance indomptable de l’esprit humain.

La photographie, devenue vecteur de ses émotions, a su donner tout son sens à sa quête identitaire.
A l’occasion du centenaire du génocide arménien, il publie l’œuvre d’une vie, dont l’histoire de son peuple constitue le fil directeur, tout en devenant le reflet des luttes contemporaines face à l’intolérance.
Comme l’affirme l’auteur, « il faut immortaliser la mémoire afin qu’elle n’appartienne pas qu’au passé. »

©Electre 2015

 

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Essais

Le sacre de la terre

L’Aube - 2020

Pour se nourrir à dix milliards sur une seule petite Terre, se vêtir, se chauffer, se déplacer, produire de l’énergie renouvelable, capter le carbone, le travail de la terre redevient chaque jour un peu plus l’avenir de l’Homme, avec la science et l’art. Les objets et leur fabrication ne sont plus le tout de l’humain. Avec la révolution écologique et numérique, la mondialisation, il faut retrouver du sens, du local, du faire-pousser, du territoire, des lieux. Le bio et le local, le soleil et le vent, le sol et les forêts sont nos nouveaux futurs.

Re-naturons la ville et ré-humanisons la campagne, dit Edgar Morin.
Et pour entrer dans ce monde-là, il faut à la fois du conservatisme - celui de l’infiniment petit de millions de savoirs locaux - et du progrès des sciences, des arts et des techniques. Un ouvrage essentiel qui mêle monographies et grande Histoire, sociologie rurale et désirs urbains, combat climatique et besoin de sens. Signé de l’un des meilleurs spécialistes français des questions agricoles et territoriales, cette véritable somme est un plaidoyer pour une urgente révolution écologique.

Jean Viard est sociologue, directeur de recherche associé au Cevipof-CNRS. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont, aux éditions de l’Aube, Nouveau portrait de la France (2012) et Le triomphe d’une utopie (2015).

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Ave Maria

Youssef, un vieil Irakien chrétien, refuse obstinément de quitter Bagdad, sa ville natale. À la suite d’un attentat, il accueille chez lui une proche parente et son mari. Maha, elle, ne rêve que de partir, et le plus rapidement possible. L’un après l’autre, ils racontent leur histoire, opposant deux générations d’Irakiens, celle des nostalgiques irréductibles et celle qui cherche par-dessus tout à fuir l’horreur du présent.
Sinan Antoon poursuit son exploration de la violence qui s’est emparée de son pays, dressant ses composantes confessionnelles l’une contre l’autre. Il aborde ici un sujet particulièrement douloureux : le sort de la communauté chrétienne d’Irak, enracinée dans le pays depuis deux millénaires.

 

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Essais

La révolution abolitionniste

Gallimard - 2017

Dans cette nouvelle étude d’histoire globale, Olivier Grenouilleau revisite à neuf les trois grandes dimensions d’un très vieux sujet : chronologiques, en remontant dans le passé à partir des XVIIIe et XIXe siècles, parfois jusqu’à l’Antiquité ; géographiques, en portant le regard au-delà du monde occidental, jusqu’à la Chine, au Japon et aux mondes musulmans ; thématiques, en dépassant l’histoire des religions, pour se pencher sur l’analyse de la pensée et des pratiques politiques, la géopolitique et les relations internationales.Loin de se réduire à la France et à Victor Schœlcher ou aux États-Unis et à l’Atlantique colonial, la question de l’abolitionnisme couvre en effet un large spectre. Si l’esclavage n’est jamais allé de soi (sinon pourquoi aurait-on inventé tant d’alibis pour le légitimer ?), ce n’est qu’à partir de la fin du XVIIIe siècle que des hommes se sont élevés afin non de le réformer ou de l’« humaniser », mais de l’abolir.L’auteur montre que ce caractère profondément révolutionnaire (et largement méconnu) du projet abolitionniste se conjuguait avec un réformisme de l’action. Apparu autour de quelques hommes inscrits dans des réseaux internationaux, il s’est incarné dans la création de sociétés abolitionnistes, qui, via la Grande-Bretagne, parviendront à le transformer en une croisade planétaire.Quoique fondé sur des valeurs profanes et religieuses, l’abolitionnisme dut sans cesse se justifier sur le terrain de l’utile, et notamment de l’économie politique. Cela n’alla pas sans des relations ambiguës entre abolitionnisme et colonisation, au nom d’un « commerce légitime » avec l’Afrique en particulier. Au final, Olivier Grenouilleau montre comment le projet abolitionniste a pu s’élever d’un combat solitaire de quelques individus à un phénomène global inaugurant une liste ininterrompue de conquêtes au nom des droits de l’homme.


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Romans

Les Belles de Halimunda

Sabine Wespieser Editeur - 2017

Fondée par une princesse à la beauté fatale, Halimunda est une ville imaginaire de la côte sud de Java. Eka Kurniawan y déploie l’histoire d’une lignée de femmes marquée par une malédiction dont l’origine remonte à la fin de l’occupation néerlandaise.
Le livre s’ouvre au moment où Dewi Ayu, la prostituée la plus célèbre de la ville, sort de sa tombe vingt et un ans après sa mort. Couverte de son linceul, sa très longue chevelure flottant au vent, elle traverse Halimunda pour rentrer chez elle. Dans la véranda est assise une jeune fille d’une insoutenable laideur. Dewi Ayu comprend que son vœu a été exaucé : épouvantée par la succession de catastrophes qui s’étaient abattues sur ses trois filles aînées, aussi séduisantes que leur mère, sur leurs familles et sur la région entière, elle avait tout mis en œuvre pour que la quatrième fût laide. La repoussante jeune femme reçoit pourtant la nuit les visites d’un mystérieux prince charmant.
L’identité du visiteur nocturne, et la raison pour laquelle Dewi Ayu est revenue parmi les vivants, seront élucidées à la faveur d’une époustouflante plongée dans le passé. La difficile conquête de l’indépendance, les massacres des communistes en 1965 et la dictature de Soeharto constituent la toile de fond de cette tragédie de la vengeance où destinées individuelles et collectives sont intimement liées.
Alternant réalisme historique et figures légendaires, convoquant à loisir spectres et esprits, passant de l’émotion la plus pure à un humour ravageur, de l’idylle romantique à la violence la plus crue, Eka Kurniawan impressionne par la diversité de ses registres. Et la maîtrise narrative avec laquelle il mène au pas de charge son lecteur éberlué vers le dénouement l’inscrit d’emblée parmi les grandes voix de la littérature mondiale.

Traduit de l’indonésien par Etienne Naveau.


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Romans

Le dictateur qui ne voulait pas mourir

Agullo - 2018

“Le troisième mandat avait été le plus terrible… Après ça, tout était allé de soi. Il était devenu dictateur.”

Que se passerait-il si le passé faisait irruption dans le présent, une irruption concrète, visible, palpable ? Telle est la question que rumine le Président, à la veille de lancer son grand défi à l’Histoire.
Enfermé dans une serre au verre sali par la pluie, d’où il dirige la Roumanie d’une main de fer depuis plus d’un demi-siècle, le dictateur s’apprête à offrir à son pays la gloire et une revanche éclatante sur le mépris du « monde civilisé ». Au passage, il compte bien acquérir l’immortalité. Pour éterniser son pouvoir et échapper à l’érosion du temps, il a fait construire en secret un prototype unique. Un portail entre présent et passé, capable de ramener
les morts. Et demain, il ramènera le plus illustre d’entre eux : un grand homme, un grand guerrier, un grand patriote… Michel le Brave.
Mais que fera Michel le Brave au xxie siècle ? Quand le leader d’une époque où empaler ses adversaires et leur arracher la langue étaient pratiques courantes débarque dans notre réalité, c’est la violence brute du Moyen-Âge qui déferle et provoque des réactions en chaîne pour le moins imprévisibles…

Dans ce roman énigmatique, Bogdan Teodorescu nous confronte à un passé qui, sortant brutalement des manuels d’histoire, vient rappeler que l’homme, avec son léger vernis de civilisation, reste un loup pour l’homme.

Traduit du roumain par Jean-Louis Courriol.

 

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Le danger sociologique

PUF - 2017

Le monde contemporain a plus que jamais besoin des éclairages de la sociologie : post-truth society, instabilité politique dans les pays démocratiques, montée des populismes… Mais cette discipline à vocation scientifique est prise en otage par ceux qui veulent en faire un « sport de combat » politique. Ce livre s’adresse donc à tous ceux qui s’intéressent aux faits sociaux et sont inquiets ou étonnés des dérives intellectuelles de certaines figures reconnues des sciences humaines et sociales. Les sociologues ne sont pas immunisés contre les biais cognitifs qui peuvent nous égarer dans des récits idéologiques et outranciers : dans ce cas, toutes les conditions sont présentes pour que la sociologie « tourne » en une production plus militante que proprement scientifique. Il est donc temps pour eux de sortir de leur sommeil dogmatique et de s’astreindre aux règles qui régissent la cité des sciences. C’est ce que ce livre propose, en convoquant des données issues tout aussi bien de la sociologie que des sciences du cerveau dans le but de rendre accessibles aux non-spécialistes les enjeux fonda­mentaux que représente ce continent de la pensée.

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Biographie

La femme du cartographe

Payot - 2018

Un dimanche d’octobre 1769, la fille du gouverneur de Riobamba, dans la vice-royauté du Pérou, prit la tête d’une expédition de 41 personnes pour retrouver son mari qu’elle n’avait pas revu depuis vingt ans. Son nom : Isabel Gramesón. Son époux, Jean Godin des Odonais, était l’un des savants de la première exploration scientifique française en Amérique latine, emmenée par Charles Marie de La Condamine et destinée à mesurer un arc de méridien sur l’équateur afin de déterminer la forme exacte de la Terre. Le couple vécut ensemble huit ans avant que le désir de regagner la France n’éloigne Jean en Guyane française. Vingt ans durant, il tenta d’obtenir les papiers nécessaires pour faire venir sa femme à lui. Prévenue qu’un bateau l’attendait depuis deux ans à l’embouchure de l’Amazone, Isabel entama enfin un périple exténuant de 4 800 kilomètres d’un bout à l’autre du continent, à travers la cordil- lère des Andes et la jungle amazonienne. Après avoir vu périr un à un ses deux frères, son neveu et tous ceux qui l’accompagnaient, elle erra seule huit jours dans la jungle avant de prendre pied sur le bateau qui la mena à son époux. Ils finirent leurs jours à Saint-Amand-Montrond dans le Cher d’où Jean était originaire.

Une histoire palpitante, servie par un sens du récit et du suspense indéniable, qui réunit habilement érudition, histoire d’amour, intrigue et meurtre ! Consacré à sa parution comme l’une des meilleures biographies par l’American Library Association et déjà traduit en neuf langues, le livre a rencontré aux États-Unis un succès critique immédiat. Les droits d’adapta- tion en ont été achetés par un producteur de films en vogue au Royaume-Uni, Alan Moloney (L’Île au trésor, 2013 ; Albert Nobbs, 2012).

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Odile Demange.

 

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Romans

Toxoplasma

La Volte - 2017

Après la Révolution, l’île de Montréal est assiégée — ses ponts bloqués par l’armée fédérale. Partout dans les rues se déchirent les partisans de l’ancien monde libéral et ceux qui aspirent à une société anarchiste, transformant le paysage urbain en un champ de ruines festif où survivent des communautés humaines en pleine recomposition.

Au cœur de ce chaos, Nikki Chanson bosse dans un vidéo-club. Paumée mais pleine de talents cachés, elle partage son temps entre la refourgue de mauvais films aux mauvaises personnes, les enquêtes sur des faits divers sordides et les soirées film en compagnie de Kim, coureuse de bois virtuels.

Mais entre ses hallucinations en VHS et ses rêves de forêts détruites, le quotidien de Nikki menace de s’engouffrer dans une conspiration meurtrière à laquelle elle ne pourra échapper que grâce au soutien de sa copine et d’une marionnette d’un show pour enfants qui n’est autre qu’un chien mort.

À la fois portrait drôle et poétique d’une société contemporaine qui part en capilotade, thriller antispéciste et déclaration d’amour aux nanars d’horreur, Toxoplasma emporte le lecteur à l’orée d’un monde fantastique, qui pourtant est bel et bien le nôtre.


Revue de presse

 

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Les éternels

Les êtres humains qui ont expérimenté un choc tellement fort que même la mort ne leur fait plus peur tombent parfois (cela arrive souvent aux rescapés des génocides) dans ce que l’on appelle un sentiment ou une « mélancolie » d’éternité. Ils vivent dans une forme de « sortie » du temps, un mode d’existence extra-temporel, dans l’attente du jour où ils seront libérés de leurs souffrances.

Ce sont ces personnes, presque des fantômes ayant survécu au conflit du Haut-Karabagh entre Arméniens et Azéris qui dure depuis près de vingt ans, que le cinéaste montre et écoute dans son film. Derrière eux, derrière leurs corps errants, derrière leurs délires, ce qui reste de l’effondrement de l’Union Soviétique au Caucase : des ruines, des espaces inhabités, des tombes, des vestiges de guerre, des tranchées d’où des soldats guettent un ennemi invisible.

Avec une composition inspirée d’images et de sons, Pierre-Yves Vandeweerd transforme la matière de l’histoire en poésie, là où la condamnation de l’Homme sur terre est celle de vivre et non de mourir.

 

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Récit

L’Épopée sibérienne. La Russie à la conquête de la Sibérie et du Grand Nord

Éditions des Syrtes / Éditions Paulsen - 2018

L’ouvrage est consacré à l’exploration de la Sibérie et du continent eurasien du XVIe au XXIe siècle : la spectaculaire « conquête de l’Est ». C’est un récit d’aventures grandiose, une véritable épopée, dont le fil conducteur est la recherche d’un nouvel eldorado, jusqu’aux bordures ultimes du monde.
Tout commence par la saga des Stroganov, une famille de marchands qui construit un empire au nord de la Moscovie et finance l’expédition du cosaque Ermak en 1582, ouvrant la porte de la Sibérie. La deuxième partie retrace la longue et difficile avancée jusqu’au Pacifique à travers un désert de glace. Les premières expéditions sont des expériences de survie, puis revêtent un caractère scientifique : l’énigme d’une séparation entre l’Asie et l’Amérique conduit à la découverte du Kamtchatka, du détroit de Béring et de l’Alaska aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les explorateurs sont des savants qui, par leurs découvertes d’espèces inconnues ou disparues, leurs rencontres avec des peuples indigènes, participent à la mise en œuvre d’une grande encyclopédie du monde. Dans la troisième partie, l’auteur montre comment la Russie élargit sa sphère d’influence en Extrême-Orient et entre en concurrence avec l’Amérique, la Chine et l’Europe pendant la révolution industrielle. La quatrième partie est consacrée au Transsibérien, la cinquième partie à l’organisation du système concentrationnaire, du bagne tsariste au Goulag soviétique. La sixième partie à la conquête de l’Arctique et, enfin, la septième, aux enjeux contemporains des hydrocarbures.

 

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Littérature jeunesse

Les Cartographes (trilogie)

Nathan Jeunesse - 2015
Nathan Jeunesse - 2016
Nathan Jeunesse - 2017

Dans ce monde bouleversé, les Etats-Unis sont au XIXe siècle, le Groenland est plongé dans la Préhistoire, l’Afrique du Nord est revenue au temps des Pharaons… Quelle est la carte qui permettra de réunifier le monde en une seule et même époque ? Sophia vit à Boston, en Nouvel Occident. Depuis huit ans, lorsque ses parents explorateurs ont disparu en mission, elle est élevée par son oncle Shadrack, le plus célèbre cartographe de Boston. Mais voilà qu’il est brutalement kidnappé… La jeune fille s’élance alors sur ses traces. Elle n’a qu’une piste : une mystérieuse carte de verre accompagnée d’un message, que Shadrack est parvenu à lui laisser. Avec son nouvel ami Théo, elle va traverser terres, mers… et se confronter à des mondes complètement différents.

Trilogie traduite de l’anglais (États-Unis) par Sophie Dabat.

 

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L’Alphabet des oubliés

La Rumeur libre - 2017

« L’écriture ça sauve les instants. » Il est extraordinaire de constater comment un enfant se saisit de l’écoute dès qu’il perçoit l’issue possible avec quelqu’un. Il entend sa voix et il cueille l’écoute des émotions qui viennent а sa rencontre. Des mots les plus muets а tous les mots parlants qu’il devine. C’est la porte de passage « du petit mot mystérieux en autre ». C’est le fil sonore d’un geste intérieur qui relie les enchantements du monde et les démons de profondeur. Dans cette écriture chacun retrouve un songe qui n’a pas peur des autres....

 

DERNIER OUVRAGE

 

Ne préfère pas le sang à l’eau

Viviane Hamy Editions - 2018

« Cette sensation de fin du monde, quand tu as dix ans et que tu comprends, du haut de ton mètre vingt, qu’il va falloir abandonner la sécheresse de ton ocre si tu ne veux pas crever. Je serais restée des millénaires, agenouillée contre ma terre, si je n’avais pas eu une telle soif.

Maman a caressé la peau de mon cou, toute fripée et desséchée, elle m’a vue vieille avant d’avoir atteint l’âge d’être une femme. Elle a fixé les étoiles et, silencieusement, elle a pris la main de papa. On n’a pas besoin de discuter pendant des heures quand on sait qu’est venu le moment de tout quitter. J’étais celle à laquelle on tient tant qu’on est prêt à mourir sur les chemins de l’abîme.

J’étais celle pour laquelle un agriculteur et une institutrice sont prêts à passer pour d’infâmes profiteurs, qui prennent tout et ne donnent rien, pourvu que la peau de mon cou soit hydratée. J’ai entendu quand maman a dit On boira toute l’humiliation, ce n’est pas grave. On vivra. Il a fallu que je meure à des milliers de kilomètres de chez moi. »

 

DERNIER OUVRAGE

 
Entretiens

À vrai dire… livre de l’après-pouvoir de Václav Havel

L’Aube - 2007

" Je suis un homme très peu sûr de moi, je suis presque névrosé, je panique, j’ai souvent peur - je doute de moi et comme si j’étais masochiste, je ne cesse de me culpabiliser et de me maudire.
En même temps, on me considère comme un homme sûr de lui et de ce qu’il a fait, admirablement équilibré, judicieux, persévérant, pragmatique et défendant avec réalisme ses opinions. Je suis rationnel, ordonné, discipliné, fiable, parfois même bureaucratiquement minutieux, et en même temps hypersensible, presque sentimental, attiré par ce qui est mystérieux, magique, illogique, inexplicable, grotesque et absurde ; bref tout ce qui est étranger à l’ordre ou qui le rend discutable.
" A vrai dire - livre-bilan qui vient en hommage, vingt ans après, à Interrogatoire à distance - est un patchwork construit à partir d’un entretien de Vàclav Havel avec Karel Hvizd’ala réalisé en 2006, d’extraits de ses carnets et du journal tenu pendant ses mandats de président. Vàclav Havel dessine ici le portrait de sa vie - et quelle vie !

Vàclav Havel, Tchèque né à Prague en 1936, dramaturge, dissident, prisonnier, président de la République : un livre hors du commun, paru à Prague en 2006 et bientôt traduit aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Espagne, en Italie..., pour un destin hors du commun.