Tous les après-midi à partir de 14h30

Maison du Québec

19 mai 2018.

Tous les après-midi à partir de 14h30.

 

Des rencontres et des lectures pour une plongée dans la diversité québécoise : Audrée Wilhelmy, Jean-François Caron, Hélène Dorion, Caroline Vu, Blaise Ndala, Dany Laferrière, Sabrina Calvo...
Mais aussi, comme chaque année, une ouverture aux littératures de langue française, de Maurice, des Caraïbes, d’Algérie, du Togo, du Congo et d’ailleurs.

 

DERNIER OUVRAGE

 

L’exil vaut le voyage

Grasset - 2020

Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l’âge de 23 ans sous les aboiements d’une meute de chiens, il entame une vie d’exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir jamais vraiment quitté Montréal.

Après l’Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L’Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l’exil : est-ce une expérience aussi terrible qu’on le dit ? En revenant sur ce qu’on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l’esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : « Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage ».

Si les exils ont leur part d’arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l’Amérique à l’Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d’autres.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Le Corps des bêtes

Grasset - 2018

Dans un paysage de roches, de glace et d’eau, au sommet d’une tour longeant une plage désertique, Mie attend que son oncle vienne l’initier aux mystères de l’amour. Mais Osip l’ignore ; il préfère passer ses journées à scruter les bateaux qui arrivent du large et à observer Noé, la femme de son frère aîné et mère de ses neveux et de sa nièce. L’étrangère n’a rien de commun avec les autres femmes. Elle est sauvage, mutique, énigmatique. Ses chants percent parfois le silence et attirent à elle ses enfants qui n’ont pas droit de cité dans sa maison mais peuvent venir l’écouter. C’est elle qu’Osip désire. Alors, en attendant que son oncle daigne venir la retrouver, Mie imagine : elle emprunte par la pensée le corps des bêtes qui l’entourent, là un ours, ici une grue, pour comprendre d’où elle vient, de quelle lignée, et tâcher de percer l’énigme de la chair. Mais Osip osera-t-il ?

Audrée Wilhelmy nous plonge ici dans un univers fantasmagorique, à la lisière de la légende et du mythe, pour explorer les contrées du désir et la part bestiale que chacun porte en lui. D’une langue envoûtante et magnifique, elle invente une nouvelle mythologie aussi belle que puissante.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Poésie

Comme résonne la vie

Bruno Doucey - 2018

Il y a chez elle comme une clarté inquiète. Des mots de givre et de grands vents. De vastes espaces et des anfractuosités où la pensée s’engouffre. Des sentes qui partent de soi et mènent aux autres. Des brumes de mémoire et cette lumière étrange que l’inachèvement dépose sur les choses de la vie. Plus encore peut-être, un vacillement. Un trépignement. Une interrogation tenace sur les raisons de notre présence au monde. Car Hélène Dorion approche « le mystère qui nous hante » sans lâcher le fil qui lui permet d’habiter en poète « le labyrinthe des jours ». Fidèle à l’enfant qu’elle était, à l’écoute de la femme qu’elle devient, elle cherche le passage « vers l’autre saison ». Lisez-la, écoutez-la : vous sortirez fortifié de cette fragilité consentie. Comme moi, vous sentirez davantage « comme résonne la vie ».

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Palawan

Pleine lune - 2017

Palawan est l’histoire d’une bouleversante quête d’identité. Dès la première page, l’authenticité des lieux et des personnages captive l’attention.

Vietnam, 1979. Par une nuit sombre, la jeune Kim, effrayée, embarque à contrecœur dans un bateau. Le rafiot dérive pendant deux semaines avant d’atteindre le camp de réfugiés de Palawan, aux Philippines. Le long jeu de l’attente commence alors. Kim se débat pour survivre et n’hésite pas à mentir sur son identité pour quitter cet enfer.

Aux membres de sa famille adoptive américaine qui ne se doutent de rien, elle raconte les tristes histoires qu’ils veulent entendre et s’invente un passé. Mais sa véritable histoire lui échappe.

Des années plus tard, ses recherches la conduiront de Montréal à Los Angeles puis, à nouveau à Palawan, où vivent encore, dans les années 90, des réfugiés qui n’ont pu quitter le camp. Leurs récits bouleversants l’obligeront à se rappeler ce qu’elle avait oublié et l’aideront à faire la paix avec elle-même.

Caroline Vu met en scène ses personnages avec compassion et un profond souci de vérité : victimes innocentes des conflits et des guerres, tous se débattent pour survivre. La jeune réfugiée Kim s’accroche au rêve d’une vie meilleure et poursuit son périple, la tête haute. Nous suivons ses pas sur ce chemin rempli d’embûches, mais aussi de promesses.

Traduit de l’anglais (Canada) par Ivan Steenhout.

 

DERNIER OUVRAGE

 

De bois debout

La Peuplade - 2017

Le coup est parti. Alexandre a vu mourir son père, abattu par erreur. Alors il a couru, fonçant à travers les branches, affolé, vers la première maison, chez celui qu’on appelle Tison. La chasse à l’aube, les sandwichs de pain blanc, les bûches qu’il faut corder droit, en un instant tout s’est évanoui dans la paix de la forêt.

Alexandre quitte Paris-du-Bois, marche dans la solitude, il a perdu les gens qu’il aime. Des voix – des chœurs, des airs volatiles – se joignent à la sienne durant ses lectures. Engoncé dans le silence de ce père sans passé, il se tourne vers l’unique refuge possible : les livres. Le père, lui, il n’aimait pas les livres.

Jean-François Caron signe un roman sensible qui affirme, en dépit de toute douleur, que rien – aucun amour, aucun monde – n’est détruit à jamais.


Revue de presse

 

DERNIER OUVRAGE

 
Romans

Sans capote ni kalachnikov

Mémoire d’Encrier - 2017

Point de vue de l’éditeur : Au-delà de la guerre, de ce qui l’a provoquée et des dérapages, racontés par deux ex-soldats rebelles, Blaise Ndala fait le récit d’un monde obsédé par la célébrité et par la marchandisation de la misère. Tout ceci avec comme trame de fond un capitalisme sauvage où la guerre sert à exploiter les richesses minières des pays africains.

Rwenzori, Afrique des Grands Lacs. Fourmi Rouge et Petit Che traquent les ombres fuyantes du conflit le plus meurtrier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils se sont rebellés contre le dictateur qui a coincé le pays entre une espérance de vie en chute libre et une constipation électorale bien carabinée. Ce qui hante pourtant leur esprit dépasse les aléas du jeu politique. Leur obsession a un nom : Véronique Quesnel, cinéaste attirée par cette république déclarée « centre de gravité de la misère nègre ». Connaîtront-ils le vrai visage de celle qui, de Montréal à Hollywood, draine les foules ? Parviendront-ils à découvrir la vérité et à s’inventer un avenir ?

Point de vue de l’auteur : Si la misère ne faisait pas le bonheur, pas une seule célébrité n’irait au soleil voir si elle y est moins pénible ; et si elle n’était pas cotée en bourse, aucun riche n’y investirait sa fortune. Ce roman est une auto-dénonciation : je viens avouer au lecteur que j’appartiens à ce e société du spectacle qui participe, d’une crise à l’autre, à la mise en abîme de « l’aide » aux pauvres. Je viens lui tendre ma joue pour qu’il y balance la gifle qui me rappellera mon statut de comparse. Du Kivu au Congo, aux Gonaïves en Haïti, la danse du ventre de « l’egocharité » n’aurait peut-être pas séduit autant si j’avais fait de moi-même un homme qui s’interroge. Si je n’avais pas feint d’ignorer que nous ne donnons plus pour vaincre la misère que nous montre CNN, mais bien pour nous assurer que nous sommes le nombril du monde. C’est donc pour sortir de ma torpeur que j’ai écrit cette fiction, car si elle est auto-dénonciation, elle est avant tout monologue.