CHAR Yasmine

Suisse

22 février 2012.
 

Biographie

© C. Hélie Gallimard

Auteur suisse d’origine libanaise, Yasmine Char est encore adolescente lorsque le Liban sombre dans la violence. En pleine guerre, elle s’engage comme volontaire dans les camps de réfugiés où elle donne des cours de français. Elle rejoint ensuite la Croix Rouge Internationale et recueille les témoignages des survivants des massacres de Sabra et de Chatila. Fuyant le conflit, elle immigre en Suisse à 25 ans. Elle multiplie alors les missions humanitaires à travers le monde. « Ces voyages ont servi de sas de décompression. Passer directement de Beyrouth à Lausanne aurait été impossible. »

Lorsqu’elle pose ses valises pour de bon à Lausanne, c’est vers le spectacle vivant et le théâtre qu’elle se tourne. Engagée comme administratrice puis programmatrice du Théâtre de l’Octogone à Pully, elle se tourne naturellement vers la dramaturgie avant d’en venir au roman. Elle écrit deux pièces : Les grandes gueules, et Souviens-toi de m’oublier, un huis-clos entre un mari amoureux et une femme, journaliste talentueuse atteinte d’une maladie grave, qui décide de partir prématurément, mais dans la dignité, plutôt que de subir sa maladie. Cette dernière pièce est mise en scène en 2001 au Studio des Champs Élysées.

Après un roman érotique, À deux doigts en 2004, puis La main de Dieu en 2008, dans lequel elle revient sur ses années libanaises, sur la violence de l’histoire, mais aussi l’espoir d’une jeune fille, Yasmine Char livre un nouveau roman poignant, Le Palais des Autres Jours . Évocation de son passé d’immigrée libanaise et de la difficulté d’effacer les souvenirs de la guerre, le roman met en scène Fadi et Lila, deux jumeaux qui, fuyant les violences des années 1990, découvrent Paris et sa froideur. Yasmine Char signe un texte fort sur l’exil, les ravages de la guerre, et la violence dont on ne sait se défaire, mais aussi une histoire de courage féminin et d’espoir.

In English


Bibliographie :


Présentation du Palais des Autres Jours

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« Je cracherai dans ta bouche quand tu seras morte » : tel est le mot d’adieu écrit par Fadi à sa sœur jumelle, Lila, qui nous raconte leur histoire. Unis par une relation exclusive et passionnelle qui semblait impossible à détruire, ils ont quitté le Liban et ses ravages dès qu’ils ont eu 18 ans, comme ils se l’étaient promis. Ils arrivent dans le Paris des années quatre-vingt-dix, secoué par une vague d’attentats terroristes. Les jumeaux tentent dès lors de trouver leur place dans un monde qui les rejette. Peu à peu, Fadi part à la dérive tandis que Lila essaie d’être raisonnable pour deux. Mais la rencontre d’un « ami » libanais va les ramener vers la violence qu’ils avaient fuie…
On retrouve ici l’héroïne de La main de Dieu, premier roman de Yasmine Char. L’auteur décrit avec force le sentiment de déracinement éprouvé par ces deux personnages à peine sortis de l’adolescence, plongés dans un Paris froid et humide, loin du soleil de Beyrouth. Elle sait aussi rendre les moments de bonheur, la mélancolie des liens qui se défont, le courage d’une jeune femme déterminée à ne pas se laisser dominer par la peur qui gagne l’ensemble de la société, et à faire valoir son droit au bonheur.

Résumé de La main de Dieu

Il y a une jeune fille, quinze ans, qui court le long d’une ligne de démarcation.
Il y a le Liban, ce pays depuis si longtemps en guerre qu’on oublie parfois que la guerre est là.
Et puis dans la guerre, il y a l’amour. L’amour de la jeune fille, pur comme un diamant : pour le père, pour l’amant, pour la patrie. Grande absente, la mère ne sait rien de cet amour. Elle est partie sans laisser d’adresse.
La jeune fille ne sait pas comment faire pour grandir là, tiraillée entre deux cultures, happée par la violence.
Alors elle court.
C’est l’histoire d’une fille en robe verte qui virevolte dans les ruines, qui se jette dans les bras d’un étranger, qui manie les armes comme elle respire. L’histoire d’une adolescente qui tombe et qui se relève toujours.