Jean-C. Denis, la couleur des antipodes

BANDES DESSINÉES / Du 21 MAI 16 JUIN 2019 / LE 4e LIEU, MÉDIATHÈQUE LA GRANDE PASSERELLE

2 mai 2019.

Quand on se penche sur l’œuvre de Jean-C. Denis, il est frappant de voir combien la couleur, sa couleur, est une composante fondamentale de son œuvre. Ses accords, ses gammes, ses tons rompus captent la lumière des instants fragiles, et distillent des harmonies pleines de douceur et de sensibilité.

Qu’il crée une bande dessinée, qu’il dessine sur le motif, ou qu’il travaille en atelier des souvenirs de voyages, une petite musique récurrente imprègne le papier...

 

À travers une cinquantaine d’originaux, l’exposition explore les différentes facettes du travail de Jean-C. Denis, son travail d’auteur de bande dessinée inscrit dans la ligne claire, ses voyages, ses aquarelles sur le motif... autant de pratiques différentes qui se nourrissent les unes des autres.

Écrits à vingt-cinq ans d’intervalle, deux albums évoquent des peintres, qui ont fait de la peinture toute leur vie, mais n’ont pas eu de succès de leur vivant. Quand L’ombre aux tableaux (Albin Michel 1991) se penche sur les difficultés liées à la condition d’artiste et les leurres du marché de l’art, Plutôt plus tard (Futuropolis 2016) bouscule les siècles et imagine une rencontre réjouissante entre Luc Leroi, le double fétiche de Jean-C. Denis, et Gauguin dans un album où la grisaille parisienne cède à l’explosion des couleurs tahitiennes.

Chaque ville, chaque paysage a sa lumière. Du soleil intense du désert, Les rameaux de Jericho (éditions DS 1994) aux rivages de Belém, un mirage à l’envers (Futuropolis, 2005) Jean-C. Denis saisit à merveille les couleurs d’ailleurs, les horizons lointains. Mais il sait aussi s’immerger dans la campagne, Bois brut et herbes folles (éditions PLG Obliques 2014), à l’écoute du vent dans les graminées, attentif aux variations lumineuses de chaque heure du jour jusqu’à cet instant particulier entre chien et loup.

Du trait au lavis, de la plume au pinceau, de la pénombre à la lumière, de la table à dessin au motif, Jean-C. Denis nous offre une partition sensible au cœur de son travail.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Bande Dessinée

La Terreur des hauteurs

Futuropolis, 2018 - 2018

Jean-C. Denis est sujet au vertige. Et le vertige est le sujet de son nouveau livre. Sujet autant personnel qu’universel ! Après Nouvelles du monde invisible et ses arômes subtils, Jean-C Denis poursuit avec élégance sa singulière autobiographie, dont La Terreur des hauteurs est le deuxième volet…

Déambulant avec sa compagne sur un chemin des douaniers, au bord de la mer, l’auteur s’arrête tout soudain : « Ça a commencé par une vague sensation de tristesse, un sentiment diffus d’absence et d’abandon. Rien de très remarquable au fond. Je ne me suis pas méfié du tout. »
Mais de quoi l’auteur ne s’est-il pas méfié ? De la peur du vide. De la terreur des hauteurs, ce monstre issu de l’imagination qui toujours triomphe de la raison. Autrement dit, le vertige, qui « absorbe et retient toute pensée cohérente ». Poursuivant, tant bien que mal, sa marche sur le sentier littoral – « Enfoirés de douaniers ! » –, l’auteur se remémore ces « paniques à bord » qui ont marqué, ô combien, sa vie.
Souvenirs discrets ou envahissants, parfois peu glorieux, toujours précis, Jean-C. Denis raconte ces moments, aussi étranges que familiers, avec l’humour, la profonde légèreté et la délicatesse qui caractérisent toute son oeuvre.