Lun. 10h45, Grande Passerelle 2

Matinée : un parfum d’année 30 ?

9 juin 2019.
 

Un film tout d’abord : La France de l’entre-deux-guerres : Les Années trente, la course à l’abîme de Romain Icard. La crise économique qui frappe le monde occidental est sans précédent. Les Français, d’abord épargnés, découvrent avec effroi le chômage, la misère et les tensions qui vont avec. L’étranger devient le bouc émissaire, alors que grondent dès 1934 les manifestations d’extrême droite. Comment n’a-t-on rien vu venir ? Pourquoi fermons-nous à nouveau les yeux face à la montée des populismes à l’échelle de la planète ?

Rencontre avec Marc Weitzmann qui explore dans Un temps pour haïr (Grasset) sous une multitude d’angles les dérives fanatiques, la violence terroriste et l’antisémitisme. La Turque Ece Temelkuran mène une analyse profonde et indispensable sur la résurgence des populismes et sur leurs dérives dictatoriales, un phénomène global grandissant et aux dangers multiples. Pierre Haski qui signe Liu Xiaobo l’homme qui a défié Pékin (Hikari Éditions) et Les années 50 : Et si la guerre froide recommençait ? (La Martinière).

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Un temps pour haïr

Grasset - 2018

Et si la France était devenu le pays où la haine s’exerce, se déploie, et parfois assassine  ? Le cœur d’un brasier qui, depuis la fin de la guerre froide, d’Alger à Varsovie, de New York à Moscou et Istanbul, menace la planète  ?
La France a été en 2002 le premier pays occidental à mettre un leader populiste aux portes du pouvoir. Dans les années 2010, elle est devenue le premier pays d’Europe en terme d’envoi de djihadistes vers l’Irak et la Syrie. Depuis 2015 enfin, avec près de 300 morts, elle est numéro 1 en terme de victimes d’attentats majeurs, tandis que les agressions antisémites ne faiblissent pas...
Marc Weitzmann nous livre la première grande enquête « totale  », factuelle, intellectuelle, historique, littéraire, qui tente de dénouer ces différents fils. Fruit d’un travail de quatre années, Un Temps pour haïr est fondé sur des écoutes des services secrets ; sur les compte-rendus de procès terroristes  ; sur des rencontres avec les familles de djihadistes, des psychiatres, des enseignants ; sur l’analyse sémiotique des dialogues entre les équipes de tueurs ; mais aussi sur la reconstitution de chapitres méconnus de la colonisation et sur celle des réseaux d’extrême droite dans les années 1990. 
Le livre, qui reconstitue le parcours de multiples personnages à l’épaisseur romanesque, frappe autant par l’ampleur du tableau qu’il brasse que par sa forme. Enquête sur la psychopathologie du djihad, plongée historique aux sources de la colonisation et réflexion personnelle se mêlent non pour apporter une explication dogmatique définitive mais pour guider le lecteur dans une méditation sur le rôle des images, de l’idéologie, la question de l’authenticité, des vérités simultanés. Aucune porte ne se tient devant nous – porte de la guerre ou de la paix qu’il suffirait de franchir ou de refermer – mais au moins serons-nous mieux armés pour comprendre…

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Comment conduire un pays à sa perte. Du populisme à la dictature

Stock - 2019

« Comment et pourquoi un populiste sans pitié, avec l’aide d’une bande de partisans toujours plus nombreux, a pu mettre fin à la démocratie turque au cours de la nuit du 15 juillet 2016 est une histoire longue et compliquée. Le propos de ce livre n’est pas de raconter comment nous avons perdu notre statut de démocratie, mais d’essayer d’en tirer des leçons au profit du reste du monde. Chaque pays, bien évidemment, s’inscrit dans un contexte qui lui est propre, et certains choisissent de croire que leur démocratie bien éprouvée et leurs solides institutions les protègent de pareilles « complications ». Toutefois, les similitudes, si frappantes, entre ce que la Turquie a traversé et ce que le monde occidental a commencé à vivre peu après, sont trop nombreuses pour être ignorées. »

Dans ce livre ambitieux, passionné et provocateur, Ece Temelkuran dissèque la montée du populisme dans le monde. Elle révèle les schémas et explore les causes profondes et les différentes façons dont les pays, mêmes les nôtres, peuvent sortir de la démocratie sans s’en apercevoir. Pour la journaliste, les soulèvements récents survenus en Turquie font partie d’un phénomène mondial qui doit servir d’avertissement aux pays occidentaux ayant encore la possibilité de rompre avec ce schéma. Puisant aussi bien dans sa propre expérience que dans l’Histoire, Ece Temelkuran expose une pensée clairvoyante et incisive pour la défense de la démocratie.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Biographie

Liu Xiaobo, l’homme qui a défié Pékin

Hikari Éditions - 2019

iu Xiaobo. C’est un nom que le monde a déjà presque oublié. Ce n’est pas un hasard. Le régime chinois fait tout pour que nous l’oubliions, multipliant la censure à l’intérieur de ses frontières et les pressions envers le reste du monde.

Car les maîtres de Pékin considèrent toujours Liu Xiaobo, pourtant mort dans une prison chinoise en 2017, comme la pire menace pour leur contrôle absolu du pays.

En 2010, lorsqu’il a reçu le Prix Nobel de la Paix, il est devenu l’égal d’un Nelson Mandela ou d’un Vaclav Havel, l’un de ses modèles. Mais le monde savait si peu de choses sur lui.

Dans ce livre, Pierre Haski révèle enfin le destin de ce héro méconnu. Au fil d’une longue enquête de Taipei à New York en passant par Berlin, ses proches parlent de leur Liu Xiaobo, l’homme libre qu’il était, d’un courage insensé. Depuis la place Tiananmen où il était le grand frère des étudiants en révolte jusqu’aux JO de Pékin, pendant lesquels il rédigeait avec des centaines d’intellectuels chinois la charte 08, programme pour une transition démocratique pour la Chine.

Voici donc un destin qu’il ne faut pas oublier. Parce qu’il traverse et questionne l’histoire d’un pays qui est installé dans nos vies. Parce qu’il réécrit, sans concession, une éthique de l’existence universelle.

Voici l’histoire de Liu Xiaobo, l’homme qui a défié Pékin.