Dim. 11h45, Magic Mirror 2 (Grands Débats)

Le temps de la colère

8 juin 2019.
 

La colère, dit-on, n’est que rarement bonne conseillère, quand bien même se dit une souffrance réelle. Et la foule déchaînée, rappelle Hugo, est bien souvent l’ennemie du Peuple. Sensation que plus personne n’écoutant personne, tous s’abandonnant à la rumeur et aux mensonges, chacun brûle d’en découdre. Sommes-nous, écrit Mireille Delmas-Marty, entrés dans un « pot au noir » où soufflent des vents en sens contraire qui se neutralisent ou se combattent ?

Avec Mireille Delmas-Marty, Tristan Garcia, Marc Weitzmann, Michel Agier.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Sortir du pot au noir - L’humanisme juridique comme boussole

Buchet Chastel - 2019

L’humanité serait-elle entrée dans le « pot au noir », cette zone au milieu des océans où les vents qui soufflent en sens contraires se neutralisent ou se combattent ? Dans un monde pris dans ces tourbillons, entre paralysie et naufrage, où trouver la boussole qui permettrait d’en sortir ?

Pour échapper au désordre, stabiliser l’instable et penser l’imprévisible, il ne suffit pas de placer l’humanité et ses valeurs au centre du monde, comme a tenté de le faire la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948. Il faut réguler les vents autour de principes communs et inventer la boussole d’un humanisme élargi à la planète qui guiderait les humains sur les routes imprévisibles du monde.

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

Un temps pour haïr

Grasset - 2018

Et si la France était devenu le pays où la haine s’exerce, se déploie, et parfois assassine  ? Le cœur d’un brasier qui, depuis la fin de la guerre froide, d’Alger à Varsovie, de New York à Moscou et Istanbul, menace la planète  ?
La France a été en 2002 le premier pays occidental à mettre un leader populiste aux portes du pouvoir. Dans les années 2010, elle est devenue le premier pays d’Europe en terme d’envoi de djihadistes vers l’Irak et la Syrie. Depuis 2015 enfin, avec près de 300 morts, elle est numéro 1 en terme de victimes d’attentats majeurs, tandis que les agressions antisémites ne faiblissent pas...
Marc Weitzmann nous livre la première grande enquête « totale  », factuelle, intellectuelle, historique, littéraire, qui tente de dénouer ces différents fils. Fruit d’un travail de quatre années, Un Temps pour haïr est fondé sur des écoutes des services secrets ; sur les compte-rendus de procès terroristes  ; sur des rencontres avec les familles de djihadistes, des psychiatres, des enseignants ; sur l’analyse sémiotique des dialogues entre les équipes de tueurs ; mais aussi sur la reconstitution de chapitres méconnus de la colonisation et sur celle des réseaux d’extrême droite dans les années 1990. 
Le livre, qui reconstitue le parcours de multiples personnages à l’épaisseur romanesque, frappe autant par l’ampleur du tableau qu’il brasse que par sa forme. Enquête sur la psychopathologie du djihad, plongée historique aux sources de la colonisation et réflexion personnelle se mêlent non pour apporter une explication dogmatique définitive mais pour guider le lecteur dans une méditation sur le rôle des images, de l’idéologie, la question de l’authenticité, des vérités simultanés. Aucune porte ne se tient devant nous – porte de la guerre ou de la paix qu’il suffirait de franchir ou de refermer – mais au moins serons-nous mieux armés pour comprendre…

 

DERNIER OUVRAGE

 
Essais

L’Étranger qui vient. Repenser l’hospitalité

Seuil - 2018

La condition d’étranger est appelée à se répandre. Mais la mobilité que l’on se plaît à célébrer se heurte aux frontières que les États-nations dressent face aux « migrants », traités en ennemis plutôt qu’en hôtes.

Mis en demeure de pallier l’hostilité de leurs gouvernants, beaucoup de citoyens se sont retrouvés acculés à faire quelque chose : accueillir, nourrir ou transporter des voyageurs en détresse. Ils ont ainsi réveillé une vieille tradition anthropologique qui semblait endormie, celle de l’hospitalité. Cette façon d’entrer en politique par la petite porte de chez soi qu’on ouvre montre toutefois ses limites. Chaque hébergement est une goutte d’eau dans l’océan de l’errance globale et la faveur dont procèdent de tels gestes ne saurait durablement faire office de sauf-conduit.

Michel Agier nous invite à repenser l’hospitalité au prisme de l’anthropologie, de la philosophie et de l’histoire. S’il en souligne les ambiguïtés, il révèle aussi sa capacité à déranger l’imaginaire national. Car l’étranger qui vient nous demande de penser autrement la place de chacun et chacune dans le monde.